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La Prière de Repentance du R. P. Pierre Alexandre Mercier « Mon souverain Créateur, n'oubliez pas que je suis l'ouvrage de Vos mains ! » :

« Oui, mon aimable Sauveur, Vous m'apparaissez majestueusement assis sur le Trône de Vos infinies Miséricordes entre la compatissante Marie et le bon Joseph, qui tous deux prodiguent à leurs enfants bien-aimés les Faveurs qu'ils puisent incessamment dans Votre Sacré Cœur ! Admirable prodige de la divine charité, que Vous êtes attendrissant ! Que Vous êtes digne de ma filiale reconnaissance ! Et cependant, malgré tant d'ineffables Bontés, je suis contraint de m'écrier avec un roi adultère et homicide : Peccavi ! J'ai péché ! Miserere mei, Deus ! Ayez pitié de moi, ô mon Dieu ! Apprenez-moi, je Vous en conjure, à commenter, bien plus par le cœur que par l'esprit, ce Miserere si sublime de repentir, de ce repentir qui désarma Votre colère en faveur d'un monarque pénitent ; et qui, j'ose l’espérer, m'obtiendra Votre Pardon ! Mon souverain Créateur, n'oubliez pas que je suis l'ouvrage de Vos mains ! Ô Vous qui m'avez formé, reformez, s'il Vous plait, votre chef-d'œuvre, car je l'ai défiguré, altéré, souillé, dégradé, avili ! Mais Vous êtes Tout-Puissant et infiniment Bon ! Rendez-lui sa pureté primitive, son premier éclat ! Mon souverain Seigneur, j'ai l'honneur d'être votre petit domestique, votre jardinier, votre régisseur, votre avocat, votre ambassadeur, votre ministre. Ministre et ambassadeur du Très-haut, quel honneur, quelle dignité ! Quel pouvoir ! Quels privilèges ! Si j'y avais donc dignement correspondu ! Mais non, hélas ! J'ai trahi ma sublime vocation et mon céleste ministère ! Mon souverain Propriétaire, je suis à Vous, je Vous appartiens tout entier, corps et âme, esprit et cœur, imagination et mémoire, volonté et liberté. Oh ! Que tout mon être Vous soit donc à jamais consacré ! Par conséquent, Vous êtes mon souverain Juge ; et je ne puis que m'en réjouir, parce que seul Vous savez concilier la justice et la paix, l'équité et la miséricorde. Ah ! Ne me jugez pas selon les rigueurs de votre redoutable Justice, mais selon l'étendue de Votre grande Miséricorde afin que je puisse chanter avec David repentant et pardonné : « En mon Jésus la Justice et la Paix se sont embrassée ». N'êtes-Vous pas, d'ailleurs, mon souverain Sauveur ? Que de fois Vous m'avez sauvé, alors que je voulais me perdre, que je me perdais visiblement ; que je ne précipitais d'iniquités en iniquités, de désordres en désordres, d'impiétés en impiétés, de sacrilèges en sacrilèges, de scandales en scandales, d'ingratitudes en ingratitudes ! Alors que comblé de vos Bienfaits, je Vous huais, honnissais, bafouais, conspuais, flagellais, déchirais, torturais, crucifiais enfin de la manière la plus inhumaine, la plus farouche, la plus sauvage, la plus infernale. Vous, Seigneur Jésus, Vous éleviez vos Mains, votre Tête, votre Cœur ensanglantés par mes crimes, vers votre Père céleste, pour solliciter à grands cris et obtenir mon pardon ! »

Ainsi soit-il.


R. P. Pierre Alexandre Mercier (1791-1857) - « IX Méditation : commentaire sentimental du Psaume 50 Miserere », pages 972-975 dans la Collection intégrale et universelle des orateurs sacrés du premier et du second ordre, chez Jacques-Paul Migne, 1863


Voir également du R. P. Pierre Alexandre Mercier :
- La Prière du P. Pierre Alexandre Mercier « Ô mon Dieu, Vous ne m'affligez que parce que Vous m'aimez »
- La Prière du R. P. Pierre Alexandre Mercier « Ô mon Dieu, je crois que Vous êtes présent parmi nous »
- La Prière du R. P. Mercier sur la nécessité d'étudier la Religion de Jésus-Christ « Ô mon Dieu, oubliez les ignorances de ma jeunesse »
- La Prière de Repentance du R. P. Pierre Alexandre Mercier « Mon souverain Créateur, n'oubliez pas que je suis l'ouvrage de Vos mains ! »