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La Prière du R P Auguste Valensin « Ô mon Dieu, accordez-moi la Grâce de n'avoir pas peur de Vous !  » :

« Ô mon Dieu, ô mon Père, accordez-moi la Grâce, confirmez-moi la Grâce de n'avoir pas peur de Vous ! Il ne faut pas que je me repose dans une fausse sécurité et m'imagine que, sans prier, je conserverai les dispositions où je me trouve, comme si elles étaient naturelles. Je vois qu'elles sont rares, autour de moi. Il faut que j'aie peur d'avoir peur, et que je prenne des assurances contre. Qu'est-ce que j'ai, moi, pour me présenter devant mon Père ? — La carmélite peut se faire illusion sur moi ; M. aussi ; tout le monde en somme peut se faire des illusions sur moi ; mais moi, je sais ce qu'il en est, et d'ailleurs je n'insiste pas, je ne détaille pas ma misère, je n'ai aucun goût ni naturel ni surnaturel à la regarder ; je la sens plus encore que je ne la vois ; cela suffit pour que je n'aie pas idée d'être content de moi... Mais j'ai une chose, une seule peut-être, et que je ne tiens pas de moi ; je Vous demande, ô mon Père, de me la conserver : c'est un grand sentiment de votre Paternité, de votre Amour pour moi ; c'est une grande « filialité » vis-à-vis de Vous. Quel trésor ! — Il me faut L'envelopper de prières pour Le mettre à l'abri, et veiller sur Lui, jalousement. Je n'exagérerai jamais en parlant du « faible » que Vous avez, j'allais dire, pour Vos enfants, mais c'est de moi qu'il s'agit en ce moment comme si j'étais seul au monde ; et je dois dire : pour moi. Je prends la résolution de me boucher les oreilles, de faire le sourd, si on me parle en sens contraire. Sans doute, il y a votre Justice et que Vous ne pouvez pas me sauver si je refuse obstinément de l'être ; Vous ne pouvez pas m'imposer votre Amitié si je ne l'accepte pas ; mais il n'y a pas là, il n'y a pas dans votre Justice de quoi trembler. En particulier, il faut que je me prémunisse contre l'idée du péché inconnu dont on serait coupable... Simplicité et confiance. C'est Vous honorer qu'aller à Vous sans appréhension ; pourvu, bien entendu, qu'on ne s'appuie pas sur ses propres mérites. Je ne m'acclimaterai jamais assez dans cette pensée que j'ai en Dieu « mon Père ». C'est fou. Quelle action de grâces à Jésus-Christ, pour m'avoir appris cela ! Et comme il y a peu de chrétiens pour qui cette nouvelle, cette « bonne nouvelle », soit le centre de leur religion ! Il faudra qu'à Perugia je prêche surtout cette nouvelle, que je trouve le moyen d'en discourir, car, pour le moment, c'est à la savourer que je suis attiré. Il me semble même que je n'ai rien à en dire. Je ne me lasse pas de retourner cette vérité, mais comme un diamant dont on n'a que faire de parler quand on le mire à la lumière. Ce qui est sûr, c'est que, qui laisse la Paternité de Dieu, au sens privilégié qu'a ce mot dans le Christianisme, tomber au second plan, saccage la Révélation, le Message de Jésus ; et il se prive de ce bonheur, de cette joie ineffable et inépuisable qui est la mienne quand j'y pense. La Tendresse de Dieu pour moi, son Amour est vraiment maternel. Alors, je dois penser à maman, à ma maman, et d'elle aller à Dieu. Lui attribuer les sentiments, les dispositions de maman à mon égard ; et porter cela, je ne dis pas à l'infini, ce qui n'aurait pas de sens ; du moins : au transcendant, par analogie ! Père, Père, Père éperdument ! Oh ! »

Ainsi soit-il.


R. P. Auguste Valensin (1879-1953)

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Voir également du R. P. Auguste Valensin :
La Prière du Révérend Père Auguste Valensin « Père, je me réfugie près de Vous, car j'ai besoin de Vous aimer sans rien dire »
La Prière du Père Valensin pour les Malades « Ô Jésus-Christ, quand vers Toi mon âme en déroute vainement pousserait son cri »
Quelques « Citations » du Révérend Père Auguste Valensin
La Prière d’Auguste Valensin « Ô mon Père, merci de m'aimer ! »
La Prière du « Notre Père » paraphrasée par le R P Auguste Valensin
La Prière du R P Auguste Valensin « Ô mon Dieu, accordez-moi la Grâce de n'avoir pas peur de Vous ! »