Vierge-Reine-Bethleem.jpg

Le Salve Regina de l’Abbé Combalot « Salut, aimable Souveraine » :

Salve Regina
Salut, aimable Souveraine,
Salut, douce Reine des Cieux,
De vos Bontés la terre est pleine
Sous Votre empire on est heureux.
Vous n’usez de votre Puissance
Qu’au profit des pauvres humains,
Et le signe de la clémence
N'est que le sceptre de Vos mains.

Mater misericordiae
Le Dieu dont Vous êtes la Mère
Voulant nous bénir sans retour
Fit de votre Âme un Sanctuaire
Où se cachait tout son Amour.
Mère de la Miséricorde,
Toujours accessible au pécheur,
La tendresse en longs flots déborde
Des fontaines de votre Cœur.

Vita
La mort avait mis sur nos têtes
Le joug pesant du désespoir,
Du péché les noires tempêtes
Nous emportaient loin du devoir ;
Vous paraissez, tendre Marie,
La mort, le péché sont vaincus,
Et l’univers trouve la vie
Aux doux parfums de Vos vertus.

Dulcedo
Le miel des fleurs n’est qu'amertume
L’agneau lui-même est sans candeur,
Près du beau Nom qui seul résume
Des biens célestes la saveur.
Né du doux sourire des Anges,
Ce Nom sacré ravit les Cieux,
Les Saints cherchent, pour Ses louanges,
Leurs chants les plus mélodieux.

Spes nostra, salve
Quand sous le poids de la misère
Le pécheur se sent écrasé,
En Vous priant, ô tendre Mère !
Son cœur est toujours soulagé.
Votre nom rend la confiance
A ceux qui voyaient les enfers
Les traîner, loin de l’espérance,
Au fond de leurs gouffres ouverts.

Ad te clamamus, exules
Des bords de ces tristes rivages
Où, par nos crimes exilés,
Nous luttons contre les orages
Qui loin de Dieu nous ont jetés ;
Elevant nos voies suppliantes
Vers la Patronne des mortels,
Nous venons, tribus expirantes,
Chercher la vie à vos Autels.

Filii Evae
Enfants d’une mère rebelle,
Au mal nous fûmes tous vendus,
Ayez pitié, Vierge fidèle
De ceux que son crime a perdus.
Brisez l’arrêt de la justice
Qui les destinait à périr,
A leurs malheurs toujours propices
Sauvez ceux qu’Eve a fait mourir.

Ad te supiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle
A nos pleurs soyez attentive
Entendez nos gémissements,
Calmez dans notre âme plaintive
Du remord les cruels tourments.
Au fond de la sombre vallée
Où nous soupirons nuit et jour,
Faites tomber, Vierge sacrée,
Quelques Gouttes de votre Amour.

Eia ergo, Advocata nostra, illos tuos, misericordes oculos ad nos converte
Soyez notre Médiatrice
Près de notre Juge irrité,
Sur une vie accusatrice
Faites descendre sa Bonté.
Tournez sur nous, pieuse Mère ;
Vos yeux, votre Cœur, vos Bienfaits ;
Jésus, par Vous, est notre frère,
Son Cœur devance Vos souhaits.

Benedictus fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende
Après l’exil de cette vie,
Après le tribut de la mort,
Des biens futurs, douce Marie,
Faites-nous toucher l’heureux port.
Découvrez à notre paupière
Le Soleil que voient les élus ;
Nourrissez-nous de la Lumière
Que verse le Cœur de Jésus.

Ô clemens, ô pia, ô dulcis Virgo Maria
La clémence est le diadème
Que porte la Reine du Ciel,
De la bonté l’éclat suprême
Descend de son Front immortel.
La candeur Lui sert de couronne,
Et la Grâce est Son vêtement.
Sa Puissance est une colonne
Plus haute que le firmament.

Ainsi soit-il.


Abbé Théodore Combalot (1797-1873) – « Cantiques nouveaux à l'honneur de la Très-Sainte Vierge », pages 14-19, J.- B. Pélagaud et Cie (1849)

Theodore-Combalot.jpg

Voir également de l’Abbé Théodore Combalot :
- La Prière de l’Abbé Combalot « Ô Douce Reine de l'univers, sauvez-nous de la barbarie »
- La Prière de l’Abbé Théodore Combalot « Bénissons en ce jour la Mère du Dieu d’Amour »
- Le Cantique de l’Angélus de l’Abbé T. Combalot « Ô Marie, le Décret du Seigneur veut que Vous soyez Mère »
- Le Magnificat de l’Abbé Combalot « Magnificat anima mea Dominum »
- Le Stabat Mater de l’Abbé Combalot « Une Mère désolée debout au pied de la Croix »
- Le Regina Cæli de l’Abbé Combalot « Reine du Ciel, Patronne de la terre, priez pour nous ! »
- L’Ave Maris Stella de l’Abbé Combalot « Sur cette mer, ô ma fidèle Étoile »
- Le Salve Regina de l’Abbé Combalot « Salut, aimable Souveraine »