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La Prière du matin du R. P. Antoine Franc « Courage, voilà le Seigneur qui t'appelle, lève-toi vite ! » :

« Mon Seigneur et mon Dieu, c'est pour vôtre Service, pour Vous prier et pour méditer vôtre Loi, que je m'éveille de bonne heure. Combien qui Vous ont déjà rendu leurs hommages ? Combien même qui ont interrompu pour cela le repos de la nuit ? Tandis que ces âmes ferventes chantaient à l'envie Vos louanges, j’étais, serviteur, lâche et paresseux, j'étais plongé dans un profond sommeil. Après tant d'heures perdues, ne dois-je pas du moins employer celle-ci à votre Service ? Courage donc, voilà le Seigneur qui t'appelle, lève-toi vite, prends tes vêtements, et vas Lui rendre le tribut que tu Lui dois. Je le ferai, Seigneur, du meilleur de mon cœur ; je me lèverai dès le point du jour, et me tournant d'abord vers Vous, je Vous adorerai comme mon Créateur, mon Sauveur et mon Dieu. J’exalterai vôtre Miséricorde et vôtre Puissance, qui se sont unies pour me conserver durant la nuit. Je prierai Vôtre infinie Majesté de me daigner continuer son Secours. Je me jetterai à Vos pieds, Majesté redoutable, et pour me prémunir contre les occasions, je considèrerai que Vous êtes un Dieu saint, qui haït infiniment l’iniquité, que Vous chassez les pécheurs loin de vous, et les précipitez dans le fond des abimes. La méditation, Seigneur, sera mon exercice de tous les matins, et pour la faire avec un esprit plus libre et moins distrait, je m'y emploierai dès le commencement de la journée : quelle affaire plus importante que celle de mon salut ? Et quelle conversation préférable à la Vôtre, ô mon Dieu ! Vous êtes mon souverain Bienfaiteur, ma Défense et mon Salut : n’est-il donc pas juste qu'avant que de m'engager dans le commerce et l'embarras du monde, je consacre quelque temps à m’entretenir avec Vous dans le silence et loin du bruit ? Beni soyez-Vous, ô mon Dieu, de tant de biens, qu’il Vous a plu de me faire ».

Ainsi soit-il.


R. P. Antoine Franc (1669-1774) – « Méthode pratique pour converser avec Dieu », pages 407-408, chez les Frères Bruyset, 1741