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La Prière du R. P. Nicolas Sanadon « Ô mon Dieu, puisque Vous daignez encore me donner ce jour » :

« Grand Dieu, en qui et par qui tout subsiste, puisque sans avoir égard au mauvais usage que j’ai fait jusqu'ici de la vie, Vous daignez encore me donner ce jour pour réparer mes forces, et pour m'assurer par une conduite chrétienne une bienheureuse éternité ; il est juste que je la commence par Vous rendre les hommages qui Vous sont dus. Prosterné donc humblement devant le Trône redoutable de votre Majesté, je Vous adore : je reconnais que Vous êtes le premier Principe, la dernière Fin, et le Seigneur absolu et souverain de tous les Etres créés ; que tout vient de Vous, que tout Vous appartient, et que tout doit retourner à Vous, en servant uniquement à votre Gloire. Que Vous rendrai-je, ô mon Dieu, pour tant de bienfaits que j’ai reçu et que je reçois de Vous sans cesse ? Après avoir pensé à moi pendant toute une éternité, Vous m’avez créé au temps ordonné par votre Sagesse infinie ; c’est elle qui m’a formé mon corps et qui a tiré mon âme du néant. Vous avez envoyé votre Fils unique sur la terre pour être mon Rédempteur ; Il s’est chargé de mes péchés, Il est mort pour les expier. Vous m’avez fait la Grâce de m’unir à Lui intimement, que j’ai l’honneur d’être un des membres de son sacré Corps ; Il me nourrit de sa Chair, Il m’anime de son divin Esprit ; je reçois à chaque moment de nouvelles marques de sa Protection et de sa Tendresse. Adorable Trinité, que tout ce qui Vous révère dans le Ciel et sur la terre, s’unisse à moi pour Vous remercier de tant de bontés, et pour Vous bénir de ce que Vous ne dédaignez point un ver de terre, une créature si vile et si ingrate. Je proteste, ô mon souverain Seigneur, que je ne veux plus vivre que pour Vous servir, et pour accomplir le juste et indispensable Commandement que Vous m’avez fait, de Vous aimer de tout mon esprit, de tout mon cœur et de toutes mes forces. Mais mon Dieu, je ne puis rien sans Vous, et telle est ma dépendance à Votre égard qu’il m’est impossible de former une seule bonne pensée sans votre Grâce : qu'elle me prévienne donc à chaque instant, qu'elle me remplisse de lumière et de force, et qu'elle me rende continuellement appliqué à la pratique exacte de tous mes devoirs. Apprenez-moi à faire votre Volonté, parce que Vous êtes mon Dieu. Puisque Vous êtes mon Dieu, il est juste que votre Volonté soit la règle unique des miennes. Mais par cette même raison, il est nécessaire que ce soit Vous qui m'appreniez à l'accomplir. C'est à Vous que je dois m'adresser pour la connaitre, mais c'est aussi à Vous que je dois demander la Grâce de la suivre fidèlement. Donnez-moi donc toute l'ouverture et toute la pénétration d'esprit nécessaire, pour entendre parfaitement Vôtre sainte Loi, et ne souffrez pas qu'en me séduisant moi-même, ou en me laissant séduire par quelque imposteur, je substitue en la place de cette Loi si sainte et si pure, les Lois pernicieuses du siècle et de l'amour propre. Je suis à Vous, sauvez-moi, parce que je cherche sincèrement à me rendre agréable à Vos yeux. Cette prière, ô mon Dieu, est trop juste pour être rebutée d'un Dieu si Bon. Sauvez-moi, parce que je suis à Vous : un père protège ses enfants, un maître ses serviteurs. J'ai en Vous et le plus tendre de tous les Pères et le meilleur de tous les Maîtres. Vous appartenant donc par ces deux titres, je puis et je dois espérer de Vous mon salut. C'est mon Dieu, l'unique bien que je désire en ce monde ; c'est le seul que je Vous demande. Disposez de tout le reste comme il Vous plaira ; mais faites que j'assure mon salut en y travaillant efficacement aujourd'hui, et tous les jours de ma vie : que je ne vive plus sur la terre que pour mériter par nôtre Seigneur Jésus-Christ de vivre éternellement avec Vous dans le Ciel. »

Ainsi soit-il.


R. P. Nicolas Sanadon (1651-1720) – « Prières et Instructions Chrétiennes » pour bien commencer et bien finir la journée, pour entendre saintement la Messe haute et basse, et pour approcher avec fruit des Sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, pages 1-6, chez Grégoire Du Puis, rue Saint Jacques, à la Fontaine d'Or, 1714