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La Prière pour Noël du Comte de Marcellus « Encor quelques instants, et tu verras descendre ton Libérateur et ton Roi » :

« La nuit de sa sombre carrière,
A peine atteignait le milieu,
Quand le Verbe éternel, l'égal, le Fils de Dieu,
L'objet de son Amour, l'éclat de sa Lumière,
Pour fléchir Son juste courroux,
Du trône étincelant où sa Gloire réside,
S'élance d'un essor rapide,
Et vient habiter avec nous...
Dieu de bonté ! Descends sur nos rivages,
Remplis ce temple à ta Gloire élevé :
Vois ce peuple pieux adresser ses hommages
Au Rédempteur qui l'a sauvé.
Mais quelle voix se fait entendre ?...
« Ô mon peuple ! Console-toi ;
Tes cris sont montés jusqu'à moi.
Encor quelques instants, et tu verras descendre
Ton Libérateur et ton Roi.
Ô vous que la douleur accable !
Venez à moi, je vous soulagerai ;
Portez mon joug, le poids en est aimable,
Et pour vous je l'adoucirai.
Ah ! Cessez d'espérer en des vases d'argile,
Dont l'éclat emprunté brille et vous éblouit.
L'homme périssable, fragile,
Comme la fleur des champs, passe et s'évanouit.
Insensés ! Vous comptiez sur un roseau perfide ;
Il a percé la main dont il était l'appui :
Apprenez à chercher un soutien plus solide :
Dans mes bras paternels jetez-vous aujourd'hui.
Pénétrés d'une sainte joie,
Bannissez à jamais l'amertume et l'aigreur ;
Préparez mes sentiers, aplanissez ma voie
Dans la simplicité du cœur.
Plus de chagrins, de craintes, ni d'alarmes ;
Que l’Amour succède à l'effroi.
Ton Dieu paraît ; Il va sécher tes larmes :
Ô mon peuple, console-toi ! »
Il dit : « les chérubins, les vertus, les archanges,
Le précèdent sur nos autels.
J'entends leurs concerts de louanges :
« Gloire au Très-Haut ! Paix aux mortels ! »
Le peuple qui marchait dans l'horreur des ténèbres
A vu luire soudain une grande clarté :
Ceux que la mort couvrait de ses voiles funèbres,
Ouvrent leurs yeux au jour de l'immortalité.
Pontife, commencez le Sacrifice auguste
Faites-nous voir Celui que nous croyons,
Le Prince de la paix, le Dieu fort, le Dieu juste,
Le Désiré des nations. . .
Minuit sonne... Il descend... Je vois s'ouvrir la nue...
Les cieux abaissent leur hauteur...
Des éclairs de Ses yeux l'étincelante ardeur
Du firmament embrase l'étendue.
A Ses pieds, tremblante, éperdue,
La nature, en silence, adore son Auteur...
Mais ce n'est point un juge redoutable
Qui contre nous va s'élever :
Ami compatissant, protecteur charitable,
Il ne vient que pour nous sauver.
C'est peu, pour son Amour, de nous donner sa Vie,
De naître et de mourir pour laver nos forfaits :
Un Sacrement va combler Ses bienfaits !
Dans la divine Eucharistie
Il se donne à nous pour jamais,
Et tous les jours pour nous se sacrifie.
Des passions, sources de nos malheurs,
Son Regard tout-puissant calmera les orages :
Pour chasser leurs impurs nuages,
Le Soleil de justice habite dans nos cœurs...
Hâte-toi, peuple heureux, d'environner Sa table ;
Tous Ses trésors te sont ouverts :
Engraisse-toi de ce Pain délectable ;
C'est le Salut de l'univers.
Ce Dieu, brûlant pour nous d'un Amour sans mesure,
Se revêt de l'humanité :
C'est peu de s'abaisser jusqu'à notre nature ;
Il s'unit à la créature
En l'enivrant de sa divinité !
Mais que vois-je ?... le Dieu fait homme
A mes regards s'évanouit...
Le Sacrifice s'accomplit
Et le Mystère se consomme !
Vous dont Il a guéri les maux,
Qu’Il a nourris de sa Substance,
Retirez-vous en paix, regagnez vos hameaux ;
Dans les bras du sommeil oubliez vos travaux :
Méditez de ce Dieu la tendre Bienfaisance ;
Endormez-vous en sa Présence,
Et goûtez dans Son sein les charmes du repos ».

Ainsi soit-il.


Comte de Marcellus (1795-1861) - « Recueil de poésies lyriques chrétiennes », pages 372-375, chez Joseph Michel Hainglaise, 1854

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Voir également du Comte de Marcellus :
- La Prière du Comte L. M. T. de Marcellus « Ô Marie, priez pour nous ! »
- La Prière de l’Ave Maria du Comte de Marcellus « Salut, Marie, Vierge féconde et pure »
- La Prière pour Noël du Comte de Marcellus « Encor quelques instants, et tu verras descendre ton Libérateur et ton Roi »