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La Prière du P. Antoine Boissieu « Soyez donc bénie, ô Marie, parmi toutes les femmes, puisque Vous possédez l’Auteur de tous les biens » :

« J'ai bien de la joie, ô Vierge Sainte, de Vous voir aujourd’hui élevée sur le Trône, non pas pour commander seulement aux hommes et aux Anges, mais pour commander même à votre Souverain, qui prendra plaisir à Vous obéir avec la soumission la plus profonde : je Vous félicite de tout mon cœur, comme celui qui est le plus obligé de prendre part à votre Gloire. Je Vous remercie, ô Verbe incarné, de ce que Vous élevez si haut votre Mère par Vos abaissements, que tous les Anges et que tous les Bienheureux Vous louent sans cesse dans tous les siècles des siècles de l’honneur que Vous Lui faites ; que ne puis-je Vous rendre autant d'actions de grâces que le Bien que Vous Lui faites le mérite ! Ah ! Vierge Sainte, que Votre élévation me plaît ; je Vous aime et je veux Vous aimer sans intérêt ; mais votre Grandeur est un charme si puissant à mon cœur, que je voudrais avoir toutes les ardeurs des Chérubins pour Vous aimer. Ô quand est-ce que je Vous aimerai parfaitement ? C’est par mes abaissements que j’espère Vous témoigner mon amour, en Vous imitant autant qu’il me sera possible ; c’est la Grâce que je Vous demande, ô Vierge Sainte. Soyez donc bénie, ô Marie, parmi toutes les femmes, puisque Vous ne possédez pas seulement toutes les Grâces, mais l’Auteur de tous les biens, je Vous félicite avec tous les Anges et tous les Saints ; et comme Vos intérêts me sont mille fois plus chers que les miens, ma joie est aussi plus grande que si Dieu m'avait comblé moi-même de toutes Ses richesses. Verbe incarné, que je Vous suis redevable des Trésors infinis que Vous communiquez à Marie, que ne puis-je Vous en rendre des actions de grâces continuelles, et employer toutes les voix des créatures pour Vous bénir, et Vous louer sans cesse des Trésors infinis, que Vous avez communiqués à Votre sainte Mère ? Mais puisque Vous êtes si riche, ô Vierge Sainte, et que tous les trésors du Ciel et de la terre, sont renfermés dans Votre sein, que ne dois-je pas espérer de Vous en quelque misère que je sois ? Je n’ai plus rien à craindre ; Vous avez tout ce qui m’est nécessaire, et Vous avez le pouvoir et la volonté de me donner tout ce que je Vous demanderai. Je veux donc tout abandonner à Marie, et dans tous mes besoins recourir à Elle avec une parfaite confiance en sa Bonté : oui, Vierge Sainte, je mets toute ma confiance en Vous, après Jésus. Ô Grandeur ineffable de Marie ! Qui est-ce qui osera porter sa vue sur Vous, puisqu’il n’y a que Dieu seul qui puisse connaitre ce que Vous êtes, et que quand tous les Anges et les Saints ne parleraient que de Votre dignité de Mère de Dieu durant toute l'éternité, ils ne diraient jamais ce que Vous êtes. Je Vous félicite, ô Vierge Sainte de Votre dignité ineffable et j'y prends toute la part qu’y peut prendre le plus parfait de tous Vos serviteurs, et je m’en fais un plaisir si grand que j’aimerais mieux souffrir toutes les peines de l'enfer, au péché près, que Vous étiez privée de la dignité de Mère de Dieu. Mais puisque Vous êtes si grande, ô ma chère Mère, quelle confiance ne dois-je pas avoir en Vous, puisque Vous avez donné la vie à Dieu ? Ne dois-je pas tout attendre de Vous, quoique je puisse désirer. Mais ne faut-il pas que mon cœur tressaille de joie mille fois le jour, et qu’à cette pensée de Mère de Dieu, il soit tout embrasé de votre Amour. C'est la résolution que je fais maintenant d’aimer Marie, de prendre plaisir à ouïr et parler de la Mère de Dieu et de Lui consacrer tout mon amour. Ah ! Vierge Sainte, donnez-moi une grande idée de votre Grandeur, remplissez mon esprit de toutes les pensées les plus sublimes de Votre élévation ; que tout mon plaisir, que toute ma joie, que toute ma consolation soit de penser à Vous, de Vous estimer, de Vous aimer, de Vous honorer et de Vous servir, dans le temps et dans l’éternité. »

Ainsi soit-il.


R-P. Antoine Boissieu (1623-1691) – « Le Saint Evangile de Jésus-Christ expliqué en méditations pour chaque jour de l'année », Tome II, pages 618-622, chez Jacquenod Père et Rusand, 1786

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