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La Prière pour l’Assomption d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Reine des anges et du Ciel, maintenant que Vous êtes dans la Gloire, priez pour moi, afin qu'à Votre exemple je sois humble » :

« Dieu de Bonté et de Générosité sans limites, mon âme se sent en ce moment tout embrasée d'amour par Votre sainte Présence. Ordinairement froide et misérable, elle éprouve en elle-même cette joie et ces ardeurs brûlantes, qui sont l'un de Vos dons les plus précieux. Ô Jésus, je Vous aime, et je Vous aime mille fois. Qui pourrait en effet énumérer les Titres que Vous avez à mon affection ? Vous êtes mon Créateur, vous êtes mon Rédempteur, vous êtes l'Époux de mon âme, Vous êtes son précieux aliment, Vous êtes sa force dans le temps, Vous êtes son héritage dans l'éternité. Au lieu de nous laisser orphelins, Vous venez à chaque instant du jour et sur tous les points du globe descendre sur nos Autels, et Vous résidez avec nous. Enfin, Vous nous donnez pour Mère Celle dont Vous avez daigné être le Fils ; Vous La couronnez de Gloire en ce Jour même ; Vous La recevez dans la triomphante Cité du Ciel, afin qu'Elle nous paraisse plus puissante et que nous soyons plus portés à L'invoquer. Mon Seigneur, je ne pourrai jamais payer tant de Bienfaits : je ne suis qu’une pauvre créature et Vous êtes mon Créateur ; je ne suis que faiblesse et Vous êtes le Tout-Puissant, le Dieu fort, le Dieu des armées ; mais si je ne suis pas en état de Vous rendre ce que je Vous dois, acceptez le sincère hommage de ma bonne volonté, acceptez le désir où je suis de ne plus Vous offenser, et de Vous bénir avec Marie, votre Mère Immaculée, ma Protectrice et mon Avocate. C'est par son Humilité, ô Jésus, que Marie Vous a plu ; c'est par Sa profonde abnégation, par Son oubli si constant d'Elle-même qu'Elle a mérité de devenir notre Mère et d'être couronnée Reine des anges et du Ciel. Vierge Sainte, maintenant que Vous êtes dans la Gloire, priez pour moi, afin qu'à Votre exemple je sois humble. Hélas ! Comme mon pauvre cœur est plein d'orgueil ! Comme il est avide de louanges ! Comme il s'irrite des humiliations ! Comme il cherche les occasions les plus futiles de nourrir sa vanité ! Oh ! Lorsque je pénètre dans ses profondeurs, je suis épouvanté, en pensant que je suis le disciple du Dieu humble, le Fils de l'humble Marie, et que je suis si orgueilleux. Si une pensée hostile s'élève contre moi dans le cœur de mon frère, comme je m’emporte ! Si on ne me loue pas, comme je n’exaspère ! Si le silence se fait sur moi, comme je m'agite pour sortir de cette obscurité qui me pèse ! Ô âme vaine, apprends donc dans la Sainte Communion et en présence de Marie, apprends à te taire, à te cacher. Habitue-toi à supporter les opprobres que tu as tant mérités, à subir les confusions et à t'en réjouir. Jésus, ton Dieu, se cache sous les Espèces sacrées, sous un peu de pain et de vin, et tu veux briller ! Marie passe Sa vie dans la retraite et la modestie, et tu veux être vue et honorée des hommes ! C'est le renversement de toute vérité, de toute justice. Humilie-toi donc généreusement ; brise ton orgueil une fois pour toutes ; c'est la Grâce que tu dois aujourd'hui demander à ton Sauveur. Seigneur Jésus, la Fête de ce Jour est la plus Solennelle de toutes celles que l'Église a établies en l'honneur de Votre sainte Mère : c'est le Couronnement de tous Ses mérites, de toutes Ses vertus, la fin de Ses souffrances et la Récompense de Ses épreuves. Aussi, c'est un Jour de propitiation, où les demandes sont favorablement accueillies. Les pères et les rois ici-bas ont l'usage dans ces Jours solennels d'accorder des Grâces plus abondantes à leurs fils et à leurs sujets. Vous qui êtes infiniment libéral, Vous surpassez ici en générosité Vos faibles créatures. Je viens donc Vous demander pour moi et pour tous les miens toutes les Grâces de l'âme, et du corps. Je suis pécheur, rendez-moi Saint ; près de moi, bien des personnes peut-être sont éloignées de Votre sainte Loi : ramenez-les à Sa stricte observation. Ayez aussi pitié de la France qui Vous a été consacrée en ce Jour solennel. Bénissez-la, purifiez- la, convertissez-la ; Vous avez fait déjà de grandes choses pour elle : complétez-les en la rendant de plus en plus la nation Catholique par excellence, la Fille aînée de l'Église, le soutien de la Foi. Bénissez aussi dans tout le monde votre Église ; étendez Son règne qui est le Vôtre, et tirez de l'hérésie, du schisme, de l'infidélité, de l'idolâtrie tant de millions d'âmes qui sont plongées. Marie, notre Mère, priez Dieu pour nous, et ce vœu sera exaucé. Je prends la ferme résolution de prier avec ardeur la Sainte Vierge et faire en Son honneur quelques actes de dévotion pendant l'Octave ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », Fête de l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie, pages 371-374, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents »
- La Prière pour l’Assomption d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Reine des anges et du Ciel, maintenant que Vous êtes dans la Gloire, priez pour moi, afin qu'à Votre exemple je sois humble »