Assomption-Vierge-Marie.jpg

La Prière pour l'Assomption de la Sainte-Vierge de Madame Louise de France « Ô Marie, l'univers tout entier se réunit au Ciel, en ce Jour, pour célébrer votre Triomphe » :

« Ô mon âme, réjouis-toi ; voici la Fête des Cieux : participe, autant qu'il est possible à une créature aussi faible, aux saints transports de l'allégresse qui anime les cœurs des Bienheureux : Ô Marie ! Ô ma Patronne ! L'univers tout entier se réunit au Ciel, en ce Jour, pour célébrer votre Triomphe. Aujourd'hui, surtout, Vous semblez partager la Toute-Puissance de votre Fils. Je L'implore pour ce Royaume qui Vous est consacré, pour moi-même, qui ai déjà si souvent ressenti les effets de votre Intercession. Agréez les hommages que ma voix mêle aux cantiques, dont retentissent et les Cieux et la terre ; et daignez présenter Vous-même à mon esprit les objets de méditations, qui doivent m'occuper dans cette intéressante Solennité.
Sans m'attacher à considérer les transports du divin Amour, dans lesquels expire la plus Sainte des Vierges, sans fixer même mes regards sur Son entrée triomphante au Ciel, au milieu des hommages de tous les esprits Bienheureux, je réfléchirai sur tous les avantages que me procure Son élévation.
Quel attrait plus favorable à ma confiance, que celui qui m'est offert dans ce Jour si Glorieux à Marie ? Je sens tout ce que je dois espérer de Protection de la part d'une Mère Glorifiée, de la part d'une Mère Bienfaisante ; deux Titres qui fondent la certitude où je suis de Sa charité pour moi.

1. Si les Anges forment et accompagnent aujourd'hui le Triomphe de Marie, s'ils font retentir les Demeures éternelles de mille sons harmonieux, s'ils s'écrient dans les douces impressions de leur allégresse et de leur admiration : quelle est cette nouvelle Conquérante, qui de la terre s'élève dans les Cieux, chargée des dépouilles de la mort, et encore plus parée de l'éclat de Ses vertus ? Quel doit être mon empressement à m'intéresser à une distinction, présage glorieux de ma propre félicité ! Le Ciel possède, il est vrai, ma tendre Mère ; Elle y goûte tout ce qu'un Dieu peut prodiguer dans Sa magnificence à Celle de Ses créatures qu'Il ait Le plus chérie ; mais je puis m’assurer, sans présomption, qu'Elle n'est au Ciel que pour me protéger ; au milieu des splendeurs qui L'environnent, toujours Elle se souviendra de moi, toujours je serai présente à son Cœur Miséricordieux ; Elle n'approche, en ce Jour heureux, de la Source des Grâces, que pour me Les ménager avec plus de tendresse ; Sa charité n'aura d'autre règle, ni d'autre terme que la Miséricorde même de son Fils pour moi.
Oui, c'est cette assurance de Protection dans Marie, dont cette Solennité me répond aujourd'hui, plus que jamais, que je découvre dans la dignité de Mère de Dieu, dans la réunion de tous les Mérites qu'Elle a acquis sur la terre, et dans le Pouvoir attaché à Ses ineffables Récompenses.
Mère de mon Dieu, de mon Rédempteur, ne se présente-t-Elle pas à Ses pieds comme une Médiatrice assurée de l'infaillibilité de Son crédit ; comme une Interprète, favorable à tous mes besoins ; comme une Patronne, toujours disposée à m'obtenir le bon usage des Trésors qui me furent promis sur la Croix ? Ah ! Ce Fils adorable qui, pendant trente années d'une vie cachée, daigna Lui témoigner tous les égards d'un amour soumis, ne cesse pas de faire encore découler au Ciel, sur Elle, toutes les Prérogatives de la divine Maternité. Elle peut tout ce qu'Il peut Lui-même, par la communication de puissance qu'Elle tient de Lui : Il est Tout-Puissant par essence, et Elle par Grâce ; Il l'est indépendamment de Marie, et Marie dépendamment de Lui ; Jésus-Christ peut tout par Lui-même, Marie peut tout par Jésus-Christ. Quelle étendue d'espérance ne m'offre donc point cette Mère de Dieu, réunie à Lui dans le séjour de Sa puissance suprême ? Que ne m'obtiendra-t-Elle point de Biens, à la Source même dont ils peuvent uniquement se répandre sur moi ?
Que de Mérites, d'ailleurs, qui enrichirent Marie sur la terre, et qui dans le Ciel où ils forment sa Couronne, parlent et sollicitent en ma faveur ! Cette Pureté sans tache, cette Humilité profonde, cette constante Résignation, cet Amour fervent et fidèle, qui sanctifièrent tous Ses sentiments et toutes Ses œuvres, ne sont-Ils pas, aux yeux du Père céleste, des objets de complaisances, qui m'attireront ses Grâces, toutes les fois que je Les réclamerai auprès de son Cœur ? Quelle Voix plus propre à Le toucher, à Le fléchir, que Celle de Ses dons multipliés sur l'âme qu'Il a le plus aimée sur la terre ?
Quel usage aussi cette Vierge Glorifiée ne fait-Elle pas de Ses récompenses, pour m'y associer un jour ? Non, point d'instant où Elle ne soit disposée à employer pour moi les droits du bonheur dont Elle jouit. Si Elle les présente aux yeux de ma foi, dans son Assomption ; c'est pour m'annoncer tout ce qu'Elle m'obtiendra de Grâces pour y parvenir. Plus Elle possède de gloire et d'honneurs, plus Elle est empressée de me les communiquer ; plus Elle approche du Trône d'où coulent tous les Biens, plus Elle désire de m'en approcher moi-même. La Mère de Dieu, heureuse, n'oubliera point sa fille ; tandis que son Dieu fera Sa récompense, mes intérêts animeront Sa tendresse. Ah ! Quelle vive confiance ne fournit point à mon cœur la vue des Grandeurs de Marie dans son Assomption !

2. La Bienfaisance n'est pas toujours l'apanage des grandeurs de ce monde, quoiqu'elles soient destinées, dans les vues de la Providence, à faire le bonheur de ceux qu'elle en a privés. Je ne répondrai jamais plus parfaitement à Ses desseins miséricordieux, qu'en faisant servir les prérogatives du rang supérieur où Elle me fait naître, à servir, à secourir, à protéger quiconque réclamerait, avec justice, les effets de mon pouvoir. C'est un devoir de charité, que me prescrit ma Religion. La Sainte Vierge m'en offre aujourd'hui le Modèle le plus instructif.
Élevée au plus haut comble de Gloire, dont une créature puisse être favorisée, Elle devient pour moi, comme pour tous les hommes, le précieux Canal de tous les Trésors du Salut. Si Elle est revêtue de toutes les Splendeurs les plus avantageuses au succès de mes prières, je dois être convaincue aussi de toute la volonté qu'Elle a de les exaucer.
Qui peut mieux m'assurer de ces dispositions Bienfaisantes, de son Cœur maternel, que le souvenir de tant de faveurs dont Elle n'a cessé de me prévenir ? Que ma reconnaissance me les rappelle en ce moment.
Combien de traits marqués de cette Protection singulière, ne retrouve rai-je pas sur chacun de mes jours ?
Sans m'arrêter à l'extrémité des dangers auxquels ma vie a été plus d'une fois exposée, et qu'Elle a daigné écarter ; combien de circonstances critiques pour mon âme, n'a-t-Elle pas jusqu'ici détournées ? Que de Biens spirituels de m'a-t-Elle pas obtenus ; que de Grâces préservatives, que d'Inspirations saintes de constance, de ferveur, de retour au service de mon Dieu, lorsque je commençais à n'y apporter qu'une tiédeur souvent funeste, surtout par les conséquences qu'elle aurait pu entretenir ? Que de reproches secrets dans mes infidélités ? Que j'aie été exacte à les solliciter en vertu de Sa médiation, ou que d'autres s'y soient employés en vue de mes besoins, toujours cette Mère Miséricordieuse a veillé sur moi avec Bonté. Aucune de mes misères spirituelles, qui ait échappé à Sa tendresse toujours active, toujours inquiète pour mon Salut.
Continuité de Protection que cette Fête m'annonce chaque année, par les motifs les plus propres à soutenir ma confiance. Je les lis ces puissants motifs dans le Cœur de Marie, et dans les Vertus qui sont l'accompagnement de son Triomphe ; dans Sa douceur, Sa clémence, Sa compassion, Sa charité : si Elle revoit ce Fils aimable, dont l'absence Lui a coûté tant de larmes, n'est-ce pas pour solliciter auprès de Lui les Grâces qui peuvent m'être nécessaires pour m'obtenir la participation de Son bonheur, pour me préserver de tous les périls qui m'en éloigneraient, et pour animer mon courage par le spectacle de la Gloire qu'Elle possède, et qu'Elle désire de partager avec moi ? Pourrais-je oublier, un seul instant de ma vie, ce que je dois d'amour à une Mère aussi Bienfaisante ».

Ainsi soit-il.


Sœur Thérèse de Saint-Augustin (1737-1787) – « Méditations Eucharistiques dédiées à Madame Adélaïde » par Madame Louise de France, Exercice pour la Fête de l'Assomption de la Sainte-Vierge , pages 204-212, chez Théodore Pitrat, 1810

Therese-de-Saint-Augustin.jpg

Voir également de Mère Thérèse de Saint-Augustin :
- La Prière de Louise-Marie de France « Glorieux Archange Saint Michel, vainqueur des attentats de Lucifer »
- La Prière de Thérèse de Saint-Augustin « Vous m’avez aimée, divin Jésus »
- La Prière de Sr Thérèse de Saint-Augustin « Ô Dieu, faites-nous la Grâce de jouir dans le Ciel de la vue de Celui dont nous honorons le Nom sur la terre »
- La Prière de Sœur Thérèse de St-Augustin « Obtenez-moi, Vierge Sainte, le goût pour l’humilité »
- La Prière de Mère Thérèse de St Augustin « Ô Jésus, que votre Nom forme un doux cantique à mon oreille »
- La Prière de Thérèse de St Augustin « Puissé-je et vivre et mourir comme vous, Saint Joseph, entre les bras de Jésus et de Marie ! »
- La Prière de Sr. Thérèse de St Augustin sur la Visitation « Ô Vierge Sainte, obtenez-moi le même Bonheur et que je le mérite par les mêmes vertus »
- La Prière de Sœur Thérèse de Saint-Augustin « Ô mon Dieu, toute ma vie j’aurai donc le bonheur de m’entretenir avec Vous »
- La Prière pour la Fête-Dieu de Sœur Thérèse de Saint-Augustin « Agréez, ô mon Bien-Aimé, ce cœur qui brûle d’être à Vous »
- La Prière à l’Immaculée Conception de Sœur Thérèse de Saint-Augustin « Je m’unis aujourd’hui, Vierge Sainte, à tous les hommages que Vous rendent le Ciel et la terre »
- La Prière de Mère Thérèse de Saint-Augustin « Ô Croix de mon Jésus, protégez-moi contre tous les ennemis de mon salut »
- La Prière à Saint Jean-Baptiste de Madame Louise de France « Ô grand Saint Jean-Baptiste, obtenez-moi vos vertus qui vous rendirent si grand »
- La Prière pour l'Assomption de la Sainte-Vierge de Madame Louise de France « Ô Marie, l'univers tout entier se réunit au Ciel, en ce Jour, pour célébrer votre Triomphe »