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La Prière pour l’Épiphanie de Mgr François-Victor Rivet « Prosternons-nous avec les Rois Mages, baisons la terre et adorons Notre Sauveur » :

« Considérons les Rois venant au premier Appel de Dieu. L'étoile miraculeuse a paru. Ils partent du fond de l’Orient sans être arrêtés par les obstacles. Ils arrivent devant une pauvre demeure, dont l’humble aspect ne les déconcerte pas. Ils entrent et se prosternent le front dans la poussière. Ah ! Prosternons-nous avec eux, baisons la terre et adorons. L’Étoile de Jacob s’est levée, Elle a brillé au ciel de l’Arabie ou de l’Idumée ; son éclat a frappé les regards des Mages, et pendant qu’ils contemplaient cet Astre mystérieux, la Lumière divine éclairait leurs âmes, la Charité enflammait leurs cœurs. Entrainés par le désir d’adorer l’Enfant-Roi qui vient de naître, ils quittent leurs palais, leurs familles, traversent des pays inconnus ; les obstacles, les dangers, les épreuves mêmes ne peuvent triompher de leur générosité. Dieu les conduit et les soutient, ils arrivent à Bethléem, ils y trouvent l’Enfant avec Marie, sa Mère, et se prosternant, ils L’adorent ; puis ouvrant leurs trésors ils Lui offrent les symboliques présents qui nous font connaître la Divinité, la Royauté et l’Humanité du Rédempteur. Le Cœur de Jésus avait attiré les Rois Mages autour de sa Crèche ; l’étoile n’était qu’un pâle reflet du Soleil de justice, dont les rayons avaient inondé leurs âmes. Aussi, qui peut comprendre avec quel Amour le divin Enfant les accueillit, avec quelle Douceur ses Regards divins se reposèrent sur eux, avec quelle Bonté Il leur sourit ? Ses mains chargées de Grâces s’ouvrirent avec bonheur pour les répandre dans leurs cœurs, et si les lèvres de l’Entant-Dieu restèrent muettes, le silence du Verbe incarné fut plus puissant que les plus éloquentes paroles. Les saints Rois ont entendu la Voix divine qui les instruisait, ils ont compris les merveilles de l’Amour d’un Dieu ; ils ont senti la douce influence du Cœur de Jésus, et ils se sont livrés à cette action divine qui conduit les âmes avec force et suavité. Au pied de la Crèche, les Mages avaient oublié les souffrances, les privations, les épreuves de leur voyage ; comblés de joie, de consolation, enivrés de l’Amour de Jésus, brûlants du désir de Le faire connaître au monde et d’annoncer à la terre la Naissance de son Rédempteur, ils quittent l’étable pour retourner dans leur patrie. Apôtres de Jésus, ils sont les prémices des Gentils, les modèles que notre foi et notre générosité doivent s’efforcer d’imiter ; ils ont tout quitté pour le divin Enfant, et Jésus qui ne laisse pas un verre d’eau sans récompense, a daigné payer avec la générosité d’un Dieu, le dévouement et l’amour de Ses fidèles adorateurs. Ah ! Si comme les Mages, nous savions chercher notre Seigneur dans la sainte Communion, nous sentirions aussi les effets merveilleux de Sa divine Présence ; si nous avions à offrir à Jésus l’or de notre charité, l’encens de nos prières et la myrrhe de notre mortification, comme les Mages aussi nous serions comblés de joie et de consolation, et notre âme transformée par l’Amour n’aurait plus qu’une pensée et qu’un désir : faire connaître et aimer Jésus. Les communications de la Tendresse de Jésus aux Rois mages ne sont rien auprès de Celles qu’Il a daigné nous faire à nous-mêmes. Quelle Générosité ! Quelle Miséricorde et quel Amour n’avons-nous pas rencontré aux pieds du divin Maître ? Nous n’avons pas seulement entendu la Voix de notre Dieu, nous avons possédé son Cœur Lui-même ; Il a daigné prendre notre nature de péché, s’identifier à nous pour nous identifier à Lui. Il est devenu notre richesse, notre bien, notre gloire. Et pourquoi ? Dans quel but notre Seigneur a-t-Il agi ainsi envers nous ? Ah ! Il était dominé par une ambition immense, posséder notre cœur comme nous possédons le Sien, être aimé de nous comme nous le sommes de Lui. Tout a été gratuit pour nous de Sa part. Nous ne sommes pas allés Le chercher comme les Mages par un voyage long et périlleux, mais Lui-même nous presse, nous sollicite de Le recevoir ; Il vient frapper à notre porte, Il veut demeurer en nous. Et, trop souvent hélas ! Il nous prodigue en vain les témoignages de sa Tendresse ; tout près de Jésus notre cœur reste froid et sans vie. Nous ne savons rien Lui dire ; nous Le recevons avec indifférence et Il s’éloigne sans avoir allumé en notre âme la Charité dont Il voulait l’embraser. En quittant ses Autels, que nous sommes loin d’être des Apôtres ! Notre bouche ne peut verser l’abondance de notre cœur. Mystère d’iniquité ! Abîme d’indifférence ! Nos lèvres ont parlé dans la prière, et notre cœur a gardé le silence, nos actions sont muettes : « Dicunt et non faciunt ». Ils disent et ne font pas, ainsi nous dépeint le Sauveur ».

Ainsi soit-il.


Mgr François-Victor Rivet (1796-1884) - « Formulaire de Prières au Sacré-Cœur de Jésus dédié aux âmes dévouées à ce Divin Cœur », pages 511-516, chez Pellion et Marchet, 1877

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