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La Prière pour le Dimanche dans l'Octave de Noël « Ô mon Jésus, donnez-moi le mépris des richesses, l'esprit de détachement, l'esprit de pauvreté » d’Adolphe Baudon de Mony :

« Ô Jésus, je Vous adore sous les traits d'un enfant ; Votre beauté dépasse celle de tous les enfants des hommes, car Vous êtes le Fils de l'Eternel, du Très-Haut, et Vous êtes Vous-même le Tout-Puissant et l'Auteur de toute beauté, de toute Sainteté. Mais ce qui charme mon cœur, ce n'est pas tant cette splendeur de la Divinité qui rayonne dans Vos traits mortels, c'est cette Divinité même que j'entrevois cachée sous les voiles de notre frêle humanité, et qui se manifeste à moi par l'amour dans l'auguste Eucharistie. Oui, ô mon Jésus, quoi qu'en disent mes yeux et ma raison, je Vous reconnais pour mon Dieu, non-seulement dans la Crèche, mais aussi lorsque Vous descendez dans mon cœur ; je Vous y aime avec autant de foi, avec une conviction aussi entière, que si j'étais transporté face à Face de votre Majesté Sainte, et que si je La voyais dans l'immensité des Cieux ! Car Vous êtes ici aussi Grand, aussi Puissant, aussi Infini, et la faiblesse seule de ma nature m'empêche de Vous reconnaitre avec les yeux de ma chair. Gloire donc, Hommage et Adoration à ce Dieu qui s'abaisse ainsi pour nous ! Ne cessons jamais de L'adorer et de Lui offrir le pur sacrifice de nos hommages ! Ô mon Jésus ! Satan, Votre ennemi, vient souvent frapper à la porte de mon âme, et il me représente que votre Église est sans cesse battue par l'orage, que la Foi de plusieurs est faible, et que Celui qui ne sait pas mieux triompher de la malice des hommes ne peut être véritablement un Dieu. Mais, ô mon Jésus, Vous répondez admirablement à cette objection de l'enfer ; car le jour même où Vous Vous confiez aux bras du Saint vieillard Siméon, il prophétise que Vous serez un Signe de contradiction, et chaque page de votre Évangile répète cette effrayante Prophétie. Vous ne promettez pas à Vos disciples et à vos Apôtres les gloires de ce monde, mais les flagellations dans les synagogues, mais les supplices et les croix, et, après dix-huit siècles de luttes, votre Église porte encore ce caractère. Ici, Ses missionnaires sont flagellés, jetés dans les cachots, torturés et mis ignominieusement à mort ; là, on ébranle la Foi des populations par le rire, par le doute railleur, par les mensonges de l'orgueil. Vos ennemis Vous contredisent, Vos enfants se déchirent entre eux, et les hérésies, les schismes affligent votre Église éplorée. La voie des contradictions est donc celle que Vous avez choisie pour votre Église. Aussi, lorsque la tempête souffle sur Elle, il faut que nous fortifiions nos cœurs, et que nous répétions avec assurance : « L'enfer ne prévaudra pas contre Elle ». Plus Vous êtes attaqué, ô Jésus, plus votre Nom adorable est traîné dans la boue, plus nous devons nous serrer autour de votre Personne sacrée. Si nous avions assisté au supplice de Votre flagellation, il semble que nous aurions bien voulu mettre nos corps entre le Vôtre et les fouets des bourreaux, afin d'épargner Votre chair adorable. Mais ce que nous n'avons pu faire alors, nous pouvons le faire pour votre Église, en La protégeant autant qu'il est en nous contre Ses ennemis, en Lui faisant un bouclier de notre Foi ; de notre amour et de notre vie. Car avec Elle est le Salut et la Vie, et nous ne devons jamais espérer qu'en Elle. Mon Sauveur Jésus, Vous avez voulu naître pauvre, lorsque Vous êtes descendu à Bethléem sur la terre ; Vous êtes pauvre encore lorsque Vous vivez dans nos Tabernacles sous les apparences, si viles à nos yeux, des Espèces Eucharistiques. Faites-moi comprendre le sens de ce Mystère inexplicable à la faiblesse humaine, en me donnant l'amour de la pauvreté chrétienne. De nos jours, la passion des richesses s'est emparée de toutes les âmes ! Le pauvre ne veut plus souffrir et être pauvre ; le riche n'aspire qu'à s'enrichir ; il semble à tous que cette terre qui passe si vite soit le seul but et le seul terme de leur existence, et les Chrétiens eux-mêmes ne savent pas se défendre de ces coupables désirs. Ô mon Jésus, donnez-moi le mépris des richesses, l'esprit de détachement, l'esprit de pauvreté. A la vue de Votre vie rude et dénuée, apprenez-moi à me contenter de peu, à ne point rechercher pour ce corps destiné à périr les jouissances dont le monde est si avide, et à ne jamais murmurer des privations, même dans les choses nécessaires. Si cet esprit a disparu du monde, il faut au moins qu'il se retrouve dans les Chrétiens, dans ceux qui Vous adorent et Vous reçoivent dans la Sainte Communion. Envoyez-le-moi, Seigneur, je Vous le demande comme une grande Grâce. Je ferai en ce Jour une aumône spéciale afin de pratiquer l'esprit de détachement ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », Dimanche dans l'Octave de Noël, pages 25-28, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour le Premier Dimanche de l'Avent d’Adolphe Baudon de Mony « Mon Sauveur Jésus, le monde entier est dans l'attente de Votre venue »
- La Prière pour le Deuxième Dimanche de l'Avent d’Adolphe Baudon de Mony « Le Temps où nous sommes, Seigneur Jésus, est consacré par votre Église à l'attente de votre Venue »
- La Prière pour le Troisième Dimanche de l'Avent de Gaudete « Entre dans cette Joie, ô mon âme, et prépare-toi ainsi d'avance à célébrer la Fête de Noël » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière pour le Quatrième Dimanche de l'Avent « Seigneur Jésus, faites de moi un Chrétien qui attend avec foi et confiance votre Venue » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière pour la Vigile de Noël « Faites-moi bien comprendre, ô Jésus, à la Veille de votre Fête de Noël, ce doux sentiment de l'abandon et de la confiance » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière pour le Saint Jour de Noël « Ô Jésus, qui ne descend dans la crèche que pour verser bientôt son Sang sur la Croix » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière pour le Dimanche dans l'Octave de Noël « Ô mon Jésus, donnez-moi le mépris des richesses, l'esprit de détachement, l'esprit de pauvreté » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »
- La Prière lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents »
- La Prière pour l’Assomption d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Reine des anges et du Ciel, maintenant que Vous êtes dans la Gloire, priez pour moi, afin qu'à Votre exemple je sois humble »
- La Prière sur la Guérison du Sourd-Muet (Marc 7, 31-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez ouvert les oreilles du sourd-muet et délié sa langue »
- La Prière sur le Bon Samaritain (Luc 10, 23-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, enseignez-nous jusqu'où doit aller notre Charité pour nos frères »
- La Prière sur la Guérison des dix lépreux (Luc 17, 11-19) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez tant de fois guéri mon âme de la lèpre du péché »
- La Prière sur l’Évangile des deux Maîtres (Mt 6, 24-33) « Seigneur Jésus, je ne veux plus servir deux Maîtres, je suis désormais à Vous sans partage » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière pour la Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix « Ô Seigneur Jésus, comme il est juste dans ce Jour de Vous offrir l'expression de mon ardent amour ! » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière sur l’Évangile de la Veuve de Naïm (Luc 7, 11-16) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Dieu, mon âme était atteinte du péché et Vous l'avez guérie »
- La Prière d’après la Parabole du Festin (Luc 14, 1-11) d’Adolphe Baudon de Mony « Dieu Humble, je veux être Humble comme Vous »
- La Prière pour aimer Dieu et notre prochain (Matthieu 22, 34-46) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous venez aujourd'hui de prendre possession de mon cœur »
- La Prière sur la Guérison du Paralytique (Matthieu 9, 1-8) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon bon Jésus, j'étais le paralytique dont parle votre Évangile »
- La Prière sur le Festin des Noces du Fils d'un Roi (Matthieu 22, 1-14) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Roi de mon cœur, Vous m'avez admis à Votre Festin »
- La Prière sur la Guérison du Fils de l’Officier du Roi à Capharnaüm (Jean 4, 46-53) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Jésus, fortifiez ma Foi comme Celle du Centurion »
- La Prière pour la Fête de la Toussaint d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous m'entrouvrez doublement le Ciel en ce Jour »
- La Prière pour le Jour de la Commémoration des Morts d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Seigneur Jésus, parmi les morts dont la pensée est devant moi, combien jouissent du Repos Éternel ? »
- La Prière sur la Primauté de Dieu (Matthieu 22, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Jésus, confirmez-moi dans l'obéissance à votre Loi Sainte et aux Préceptes de votre Église »
- La Prière sur la Résurrection de la fille du chef de synagogue (Matthieu 9, 18-26) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous avez su rappeler du tombeau cette jeune fille déjà plongée dans la mort »
- La Prière sur le Jugement Dernier (Matthieu 24, 15-35) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, inspirez-moi la terreur de vos Jugements »