Saint Évangile sur la Résurrection du fils unique de la Veuve de Naïm selon Saint Luc du Quinzième Dimanche après la Pentecôte :

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« En ce temps-là, Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm ; et Ses disciples allaient avec Lui, ainsi qu’une foule nombreuse. Et comme Il approchait de la porte de la ville, voici qu’on emportait un mort, fils unique de sa mère, et celle-ci était veuve ; et il y avait avec elle beaucoup de personnes de la ville. Lorsque le Seigneur l’eut vue, touché de compassion pour elle, Il lui dit : « Ne pleure point ». Puis Il s’approcha, et toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s’arrêtèrent. Et Il dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ». Et le mort se mit sur son séant, et commença à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu, en disant : « Un grand Prophète a surgi parmi nous, et Dieu a visité son Peuple » (Luc 7, 11-16).


La Prière sur l’Évangile de la Veuve de Naïm (Luc 7, 11-16) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Dieu, mon âme était atteinte du péché et Vous l'avez guérie » :

« Ô mon Dieu, mon âme était atteinte du péché, et Vous l'avez guérie. Vous m'avez rendu à l'Église ma Mère qui gémissait de mes ingratitudes obstinées, et pleurait tristement mes chutes mortelles. Vous m'avez commandé de sortir du tombeau du péché et de rentrer dans l'Assemblée des Fidèles pour vivre de la Vie Chrétienne. Il est donc juste que je Vous aime et que je Vous dévoue cette vie que Vous m'avez rendue. Et comment, d'ailleurs, ne pas Vous aimer au-dessus de toutes les choses de la terre, Vous qui les avez toutes faites ; au-dessus de la Grandeur, de la Puissance, de la Richesse, de la Gloire, Vous qui donnez et retirez ces Biens à Votre gré pour nous en montrer la vanité. Comment ne pas Vous préférer aux hommes si faibles, si impuissants, si ingrats, Vous qui êtes si Libéral dans Vos Dons, si Paternel dans Vos Miséricordes, si Infini dans Votre Bonté ? Ô mon Dieu, qu'ils sont insensés ceux qui ne pensent pas ainsi ! Que leurs illusions sont effroyables, que leur malice est grande ! Quel sort malheureux leur est réservé ! Trop longtemps j'ai été de ce nombre, ne chérissant que le monde, ne recherchant que ses plaisirs et ses vanités ; brisez à tout jamais les attaches qui m'y retenaient, afin que je n'aime plus que Vous, et que je ne m'affectionne plus à rien qu'en Vous et à cause de Vous, Dieu seul Grand, Dieu seul Aimable. Seigneur, ce qui me confond et m'anéantit, c'est l'ingratitude de Vos fidèles. Vous Vous êtes fait homme pour nous, et Vos ingrates créatures Vous ont abandonné lâchement ou Crucifié. Vous êtes pour nous dans le Sacrement de l'Autel, intercédant nuit et jour pour nous dans Vos tabernacles, nous admettant à Votre Table Sainte dès que nous le souhaitons, et nous n'en ressentons pas une reconnaissance profonde. Parmi Vos fidèles, parmi ceux qui croient à votre Présence Réelle, qui Vous reçoivent dans leur âme, quelle froideur pour Vous ne montrent-ils pas sans cesse ! Que de reproches n'ai-je pas à me faire à moi-même ! Ô Seigneur, si, dans Vos temples, on trouvait les vains plaisirs du monde, si on y goûtait l'enivrement des sens, si on y avait des richesses à gagner, quel ne serait pas l'empressement de la foule ! Comme on aurait des forces, du temps, de la santé pour y aller ! Mais parce qu'au lieu des joies du siècle et de la matière, Vous nous donnez les Joies mille fois plus précieuses du Ciel et de l'âme ; parce qu'au lieu de biens corruptibles et misérables, Vous nous apportez des Biens qui ne périront jamais, on Vous délaisse, on Vous abandonne. On n'a jamais de temps pour aller Vous adorer ; on mesure les minutes que l'on passe à Vos pieds, et souvent des Chrétiens, régénérés par votre Baptême, nourris à votre Table Sainte, passent toute une semaine sans Vous rendre leurs hommages, et croient faire beaucoup que de Vous consacrer une demi-heure le Dimanche. Mon Dieu, je rougis à la pensée d'une semblable ingratitude. J'en rougis d'autant plus que moi-même je m'y suis si souvent laissé aller. Aussi, je prends en ce moment à Vos pieds la résolution sincère de ne plus vivre ainsi. Mon plaisir désormais sera de Vous prier, d'aller Vous remercier dans Vos Temples saints des Grâces que Vous m'avez accordées ; mon bonheur sera d'être auprès de Vous pendant que les hommes Vous abandonnent, de Vous parler de Vos bienfaits pour moi, du Ciel, des besoins de votre Église. Oui, je saurai désormais me créer des loisirs pour accomplir ce Devoir sacré de la Reconnaissance ; et si je le veux sincèrement, rien ne sera plus facile avec Votre Sainte Grâce. Votre Apôtre, ô Seigneur Jésus, nous conseille fortement de ne pas nous laisser emporter par l'envie, cette passion si basse et si subtile. Je viens à Vos pieds Vous demander cette faveur signalée ; car l'envie se glisse si facilement dans nos âmes, qu'elle ne peut en être arrachée que par votre Secours Tout Puissant. Ô mon Dieu, quels ravages ne fait pas dans les âmes le poison de l'envie ! Que de familles ne divise-t-il pas, que de Bien n'empêche-t-il point ! Que de mal ne fait-il pas chaque jour ! Sans aller jusqu'à ses dernières conséquences, n'est-ce pas la source la plus féconde des médisances, des jugements téméraires, des calomnies, des haines ? N'est-ce pas ce qui paralyse tant d'âmes généreuses, qui voudraient faire le Bien, mais qui en sont détournées par la crainte que l'honneur n'en revienne à d'autres qu'elles ? Quelle défiance ne sème-t-elle pas entre les Bons, entre ceux qui travaillent à Votre vigne, et qui, dès que l'envie a parlé, ne savent plus que se soupçonner et se fuir ! Dieu des justices et des vengeances, si Vous nous révéliez, comme Vous le ferez au Jour du Jugement Dernier, toutes les plaies que cette passion a causées à votre Église, nous en frémirions. Je Vous supplie donc instamment de m'en préserver, et de me donner cette Sainte abnégation qui sait toujours s'oublier elle-même, qui se réjouit des succès des autres, qui souffre de leurs douleurs, et travaille simplement, obscurément pour le Bien. Arrachez aussi des âmes de tous Vos fidèles cette herbe maudite qu’a semée l'homme ennemi, afin qu'unis de cœur et d'amour, ils s'efforcent de faire avancer Votre Règne et bénir Votre Saint Nom. Vierge Sainte, Vierge si Humble, si pleine d'abnégation, si éloignée de l'envie, Intercédez avec moi pour que ma prière soit exaucée. Je m’examinerai avec attention sur le défaut si déplorable de l'envie. Voir si elle n'est pas au fond de mon zèle prétendu, de mes critiques du prochain, de mes discours ; et alors je m’efforcerai de la combattre par la pratique de l'abnégation ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », XVe Dimanche après la Pentecôte : Évangile de la Veuve de Naïm (Luc 7, 11-16), pages 206-210, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »
- La Prière lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents »
- La Prière pour l’Assomption d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Reine des anges et du Ciel, maintenant que Vous êtes dans la Gloire, priez pour moi, afin qu'à Votre exemple je sois humble »
- La Prière sur la Guérison du Sourd-Muet (Marc 7, 31-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez ouvert les oreilles du sourd-muet et délié sa langue »
- La Prière sur le Bon Samaritain (Luc 10, 23-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, enseignez-nous jusqu'où doit aller notre Charité pour nos frères »
- La Prière sur la Guérison des dix lépreux (Luc 17, 11-19) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez tant de fois guéri mon âme de la lèpre du péché »
- La Prière sur l’Évangile des deux Maîtres (Mt 6, 24-33) « Seigneur Jésus, je ne veux plus servir deux Maîtres, je suis désormais à Vous sans partage » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière pour la Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix « Ô Seigneur Jésus, comme il est juste dans ce Jour de Vous offrir l'expression de mon ardent amour ! » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière sur l’Évangile de la Veuve de Naïm (Luc 7, 11-16) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Dieu, mon âme était atteinte du péché et Vous l'avez guérie »