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« En ce temps-là, Jésus s’étant approché de Jérusalem, voyant la ville, Il pleura sur elle, en disant : Si tu connaissais, toi aussi, au moins en ce jour qui t’est donné, ce qui te procurerait la Paix ! Mais maintenant cela est caché à tes yeux. Il viendra sur toi des jours où tes ennemis t’environneront de tranchées, où ils t’enfermeront et te serreront de toutes parts ; et ils te renverseront à terre, toi et tes enfants qui sont au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas connu le temps où tu as été visitée » (Luc 19, 41-44).


La Prière sur la Compassion de Dieu du Révérend Père Antoine Boissieu « Ô mon Jésus, je Vous demande Une de Vos Larmes Précieuses pour laver mes péchés » :

« Ah ! Mon adorable Jésus, pourrais-je bien Vous voir aujourd'hui verser des larmes, sans avoir compassion de Vous ? Je ne saurais voir le moindre de mes amis dans cet état, sans que j'en sois sensiblement touché ; je mêle mes larmes avec les siennes ; cependant je ne sens aucune tendresse pour Vous. Ah ! Cœur de marbre, cœur insensible, ne deviendras-tu point susceptible de la Douleur de Jésus ? Je Vous rends mille Grâces, ô mon doux Jésus, de toutes les Larmes que Vous répandez ; que ne puis-je Les recueillir dans l'or et les pierres précieuses, mais plutôt dans mon cœur, non seulement pour l'amollir, mais pour lui donner toutes les impressions du Vôtre ! Que les Anges qui Les ont recueillies Vous donnent mille Bénédictions pour moi. N'est-ce pas assez, ô mon âme, pour t'embraser de l'Amour de Jésus, de Le voir pleurer si tendrement pour toi, qu'Il avait en vue aussi bien que Jérusalem, de tant de larmes, en est-il Une qu'Il n'ait offerte à son Père pour toi ! Oui, mon aimable Sauveur, vos Larmes méritent tout mon amour, et je voudrais que mon cœur en fût tellement allumé, qu'il en fût entièrement consumé. Je veux donc mêler mes larmes avec les Vôtres, et tâcher de pleurer souvent avec Vous, pour Vous témoigner mon amour. Donnez-moi la Grâce de Vous imiter parfaitement. Il faut avouer, ô mon Jésus, que Vos sentiments sont bien différents des nôtres ; Vous pleurez quand on Vous témoigne de la joie de Votre élévation, et Vous ne pleurez pas quand on Vous charge d'injures ; et nous pleurons quand on nous fait des outrages, et nous sommes hors de nous-mêmes quand on nous applaudit : qui est-ce qui agit mieux, ou Vous qui êtes la Sagesse infinie, ou nous qui ne sommes que des ignorants et des criminels. Que j'ai de honte, ô mon Jésus, de paraître aujourd'hui devant Vous, puisque bien loin de pleurer dans les jours qui sont agréables et qui me donnent du plaisir, je m'y laisse tout aller, sans penser qu'ils devraient être le sujet de mes larmes, puisqu'ils me font oublier le soin de mon Salut ; bien loin de pleurer, je ne cherche que ces joies mondaines, je m'y abandonne entièrement. C'est le sujet de ma compassion, lorsque je vois tant d'âmes qui courent après les plaisirs et après les divertissements du monde. Ah ! Pauvres insensés, regardez Jésus qui pleure, tandis que vous riez ; ne connaîtrez-vous jamais votre misère, et ne serai-je jamais assez puissant auprès de Dieu pour vous en retirer ? Je ne veux donc plus me réjouir avec le monde, et parmi les plus grands sujets de joie, je me veux toujours souvenir des Larmes de Jésus, pour pleurer avec Lui. Donnez-moi, mon Jésus, Vos sentiments de compassion pour mes amis, j'aime tant ceux qui prennent part à mes misères ; et je n'ai ni compassion ni amour pour Jésus ; et cependant je me flatte de dévotion et de reconnaissance. Eh quoi ! Après cela pourrais-je ne pas Vous aimer, ô mon doux Jésus ! Mais si je Vous aime, puis-je rechercher les plaisirs, les honneurs et les divertissements du monde, puisque Vous y renoncez pour pleurer mes misères ! Ô Amour ! Ô Bonté de Jésus ! Ô stupidité ! Ô cruauté de mon cœur, qui ne veut point entrer dans les Sentiments de Jésus. Le Fils de Dieu est plein de Compassion pour moi : je veux en avoir pour Lui, et pour tous les malheureux qui Lui sont chers ; je veux penser à eux et les soulager dans leurs misères. Mais, mon Jésus, puisque la Compassion que Vous avez pour moi, Vous fait répandre des Larmes précieuses, je Vous en demande Une pour laver mes péchés, et pour amollir mon cœur, afin que je devienne susceptible de votre Amour, et que je commence à ressentir mes misères pour en guérir ».

Ainsi soit-il.


R-P. Antoine Boissieu (1623-1691) – « Le Saint Évangile de Jésus-Christ expliqué en méditations pour chaque jour de l'année », Tome II, Méditation pour le IXe Dimanche après la Pentecôte : Jésus pleure sur la ville de Jérusalem (Lc 19, 41-44), pages 590-594, chez J. B. Pélagaud et Cie, ancienne maison Rusand, 1844

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Voir également du Révérend Père Antoine Boissieu :
- La Prière du R. P. Antoine Boissieu pour l’Annonciation « Soyez donc bénie, ô Marie, parmi toutes les femmes, puisque Vous possédez l’Auteur de tous les biens »
- La Prière du R. P. Antoine Boissieu pour aimer ses ennemis « Mon doux Jésus, donnez-moi ce courage et cette force »
- La Prière du Révérend Père Antoine Boissieu à Saint Joseph « Ô Saint Joseph, faites-moi la Grâce de mourir comme vous entre les bras de Jésus et de Marie »
- La Prière du Révérend Père Antoine Boissieu pour craindre Dieu « Ô mon Dieu, percez mon cœur de cette Sainte Crainte que Vous donnez à Vos enfants »
- La Prière sur la Compassion de Dieu du Révérend Père Antoine Boissieu « Ô mon Jésus, je Vous demande Une de Vos Larmes Précieuses pour laver mes péchés »