Saint Évangile selon Saint Luc du Treizième Dimanche après la Pentecôte sur la Guérison des dix lépreux :

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« En ce temps-là, en se rendant à Jérusalem, Jésus côtoyait la frontière de la Samarie et de la Galilée. Et comme Il entrait dans un village, dix lépreux vinrent au-devant de Lui ; et, se tenant éloignés, ils élevèrent la voix, en disant : « Jésus, Maître, ayez pitié de nous ». Lorsqu’Il les eut vus, Il dit : « Allez, montrez-vous aux Prêtres ». Et comme ils y allaient, ils furent guéris. Or l’un d’eux, voyant qu’il était guéri revint, glorifiant Dieu à haute voix. Et il se jeta le visage contre terre aux pieds de Jésus, Lui rendant Grâces ; et celui-là était Samaritain. Alors Jésus, prenant la Parole, dit : « Est-ce que les dix n’ont pas été guéris ? Où sont donc les neuf autres ? Il ne s’en est pas trouvé qui soit revenu, et qui ait rendu Gloire à Dieu, sinon cet étranger ». Et Il lui dit : « Lève-toi, va ; ta Foi t’a sauvé » (Luc 17, 11-19).

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La Prière sur la Guérison des dix lépreux (Luc 17, 11-19) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez tant de fois guéri mon âme de la lèpre du péché » :

« Seigneur Jésus, qui avez tant de fois guéri mon âme de la lèpre du péché, je veux tomber à Vos pieds comme le lépreux Samaritain ; je veux Vous louer en m'abaissant la face contre terre et en reconnaissant ma profonde misère et Votre souveraine Bonté. Je ne veux pas imiter ces ingrats qui, ayant reçu le Bienfait de la guérison complète, ne sont plus retournés au charitable Médecin pour le bénir. Au contraire, ô mon Sauveur, je reviendrai souvent à Vos pieds; s'il m'est possible, tous les jours je Vous adorerai dans votre Tabernacle, au Saint Sacrifice, et je reviendrai m’asseoir à votre Table Sainte aussi fréquemment que Votre ministre me le permettra. Ou bien, si je suis privé du bonheur de venir Vous contempler souvent dans l'habitation que votre Amour Vous faite parmi nous, je Vous ferai au fond de mon cœur un Tabernacle où je me présenterai souvent pour Vous honorer, pour Vous consulter dans mes doutes, Vous implorer dans mes tentations. Ce Tabernacle, personne ne pourra me l’enlever ; aucune occupation, aucune distance ne pourront m'en priver, et je Vous promets, Seigneur, d'être fidèle à Vous y adorer. Notre ingratitude blesse cruellement votre Cœur, ô Dieu d'Amour; et si une fois remonté dans le Ciel Vous pouviez souffrir encore, c'est la froideur de Vos fidèles qui serait pour Vous une passion plus amère que les blasphèmes de Vos ennemis. Aussi je veux Vous être fidèle ; je veux Vous louer, Vous bénir, maintenant, tous les jours et dans tous les siècles des siècles. Vous entendez, Seigneur, mes résolutions ; mais c'est à peine si j'ose les renouveler devant Vous, après tant d'infidélités de ma part. Depuis ma Dernière Communion, ai-je vécu en Saint, en Chrétien couvert du Sang de son Dieu ; ou bien ne suis-je pas encore retombé dans mes misères ? Mes journées ont-elles été toutes remplies de la pensée qu’un Dieu était venu me voir, qu'un Dieu m'avait admis au Banquet céleste, ou bien n'ont-elles pas été toutes au monde et à ses folles maximes ? Et si je remonte plus haut dans ma vie, dans ces années de ma jeunesse, que de fautes graves, que d'omissions, que de négligences ! Véritablement la lèpre du péché avait couvert mon âme, et il n'y avait plus en elle une seule partie qui fut saine encore et exempte de souillures ? Dieu de Sainteté, comment avez-Vous pu supporter un pécheur si ingrat ! Accordez-lui au moins aujourd'hui d'être un pécheur pénitent ! J'espère, Seigneur, que les Eaux salutaires de la Pénitence m'ont purifié, et que mon sacrifice Vous a été agréable ; mais il ne m'est pas moins bon de me remettre devant les yeux la longue suite de mes iniquités, afin que je songe sérieusement à en faire Pénitence. Le monde nous dit souvent que Vous ne recherchez pas si sévèrement les fautes de Vos enfants, et il nous endort dans cette folle confiance ; mais votre Église, en Mère tendre, nous avertit que si Vous êtes Bon, Vous êtes Juste aussi ; que si Vous Pardonnez, c'est à la condition de l'expiation. Je veux donc m'y vouer, Seigneur, et puisque je n'ai pas le mérite de l'innocence, je veux avoir celui du Repentir et de la Pénitence. Vous avez commandé aux lépreux, Seigneur Jésus, de se montrer au Prêtre ; de même Vous commandez à tous les pécheurs de montrer les plaies de leur âme aux Ministres institués par votre Église. C'est la condition que Vous mettez à la guérison des maladies de notre pauvre nature, et je m'y suis soumis avant de m'asseoir à votre Table Sainte. J'espère L'avoir fait avec une bonne Foi entière ; mais, Seigneur, j'ai toujours dans le fond de mon cœur la crainte de ne pas me connaître véritablement, et je viens Vous demander de me révéler moi-même à moi-même, comme je me connaitrai au Jour du Jugement Dernier, afin que je puisse faire une Confession réellement utile. Je suis si ignorant, que souvent je ne vois pas le mal que j'ai commis, et que tandis que je m'exagère certaines fautes légères, je n'attache aucune importance à des défauts bien autrement graves. Je suis si plein d'amour-propre que je n'ose aller, par le regard de ma conscience, jusqu'au fond de mes misères, que je me forge des excuses pour mes péchés, et que je me justifie là où Vous me condamnez. Mon Dieu, faites que je me connaisse, afin que Votre ministre puisse à son tour me bien connaître. Accordez-moi, accordez-lui les Lumières nécessaires, pour qu'avec votre Grâce nous fassions une guerre implacable à nos péchés, et détruisions jusque dans leurs racines les plus secrètes de ces passions subtiles qui se déguisent si facilement. Alors je ferai des progrès dans la vie spirituelle ; alors j'édifierai mon prochain, au lieu de lui offrir le spectacle d'un Chrétien qui Communie et ne se corrige pas ; alors je retirerai un fruit véritable de Votre Corps et de Votre Sang. C'est la Grâce que je Vous demande, Seigneur. Envoyez-moi votre Esprit-Saint pour m'éclairer. Je ferai dans ce jour une Prière au Saint-Esprit pour Le connaître véritablement moi-même et pour obtenir la Grâce de savoir bien me Confesser ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », XIIIe Dimanche après la Pentecôte : Guérison des dix lépreux , ''pages 199-202, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »
- La Prière lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents »
- La Prière pour l’Assomption d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Reine des anges et du Ciel, maintenant que Vous êtes dans la Gloire, priez pour moi, afin qu'à Votre exemple je sois humble »
- La Prière sur la Guérison du Sourd-Muet (Marc 7, 31-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez ouvert les oreilles du sourd-muet et délié sa langue »
- La Prière sur le Bon Samaritain (Luc 10, 23-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, enseignez-nous jusqu'où doit aller notre Charité pour nos frères »
- La Prière sur la Guérison des dix lépreux (Luc 17, 11-19) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez tant de fois guéri mon âme de la lèpre du péché »