Saint Évangile du Dimanche sur la Guérison du fils de l’officier du roi à Capharnaüm selon Saint Jean du Vingtième Dimanche après la Pentecôte :

« En ce temps-là, il y avait un officier du roi, dont le fils était malade à Capharnaüm. Ayant appris que Jésus venait de Judée en Galilée, il alla auprès de Lui, et Le pria de descendre, et de guérir son fils, qui était près de mourir. Jésus lui dit : Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croyez point. L’officier Lui dit : Seigneur, descendez avant que mon fils meure. Jésus lui dit : Va, ton fils vit. Cet homme crut à la Parole que Jésus lui avait dite, et il s’en alla. Comme déjà il descendait, ses serviteurs vinrent au-devant de lui, et lui annoncèrent que son fils vivait. Il leur demanda l’heure à laquelle il s’était trouvé mieux ; et ils lui dirent : Hier, à la septième heure, la fièvre l’a quitté. Le père reconnut que c’était à cette heure-là que Jésus lui avait dit : Ton fils vit ; et il crut, lui, et toute sa maison » (Jean 4, 46-53).

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La Prière sur la Guérison du fils de l’officier du roi à Capharnaüm (Jean 4, 46-53) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Jésus, fortifiez ma Foi comme Celle du Centurion » :

« Père Éternel et Tout-Puissant, Vous êtes le Dieu Grand et Terrible que j'ai offensé. Je n'ai pas obéi à Vos serviteurs les prophètes et à votre Église qui me parlaient en votre Nom. Seigneur, c'est à moi de rougir de confusion ; mais Vous, Vous Vous êtes réservé la Miséricorde et la Propitiation. Détournez, je Vous en prie, Votre colère de votre Cité de Jérusalem et de sa Sainte Montagne. Car ce n'est pas confiants dans nos mérites que nous versons nos prières devant votre Face ; c'est seulement dans votre Miséricorde infinie que nous plaçons notre espoir. Seigneur, telle est la prière que Vos prophètes Vous ont adressée ; je Vous la répète avec confiance dans la Communion. Oui, je Vous adore, mais c'est en Vous présentant Votre Christ et non pas mes très indignes hommages. Écoutez la Voix de son Sang, voyez son Corps tout couvert de plaies pour moi ; entendez le bruit de la flagellation qui retentit sur sa Chair sacrée pour expier mes mollesses, mes lâchetés, mes fautes de toute sorte. Voilà la Victime que je Vous offre, voilà le Médiateur que j'interpose entre Vos justes sévérités et mes misères. Mon Dieu, j'espère que Vous écouterez cette Voix, que Vous m'appliquerez les Mérites de ce Sang répandu, de ces épines déchirantes, de ces soufflets ignominieux, de ces fouets sanglants, de cette Croix si cruelle. C'est en Jésus que j'espère, et en Lui Seul, comme c'est en Lui Seul que j'ose lever mes regards vers Vous pour Vous offrir mes hommages et mes adorations. Mais, Seigneur, l'hommage que Vous désirez plus de moi, c'est celui de ma Foi ! Sans cesse Vous me le rappelez par votre Évangile Saint, parce que Vous saviez combien la Foi de Vos fidèles serait défaillante, combien Elle serait troublée par les scandales et les hérésies, combien surtout Elle serait lâche dans l'immolation de la volonté et le crucifiement de la chair. Seigneur, confirmez-moi donc dans cette Foi. Sans doute il en coûte souvent à ma raison orgueilleuse pour admettre des dogmes qui la dépassent et la confondent. Mais une Foi sans Mystères serait une foi sans mérites. Aussi, quelles que soient les attaques du démon, les railleries des impies, les misères de mon intelligence, je crois avec votre Église, j'admets ce qu'Elle admet, je condamne ce qu'Elle condamne. Mais, Seigneur, ce n'est pas assez d'avoir une Foi intérieure, fût-Elle Celle de Vos plus grands Saints. Il faut encore que je La professe hautement. Le respect humain ne fait que trop de victimes et d'esclaves. Tantôt il retient la vérité captive sur nos lèvres par une fausse prudence, tantôt il nous la fait trahir par une indigne lâcheté. Ô Jésus, fortifiez-moi contre ces coupables faiblesses ; mettez dans ma bouche cette sainte liberté du langage Chrétien, qui, sans ostentation comme sans pusillanimité, proclame les dogmes de votre Église, qui ne sait ce que c'est que rougir, sinon du mensonge. On ne mesure pas assez le mal que l'on produit par ces misérables pactisations avec l'esprit d'erreur, combien de faibles on laisse dans leur faiblesse, combien d'impiétés on encourage, combien de préjugés on perd l'occasion de dissiper. Jésus, Vous êtes le Dieu fort, votre Sacrement adorable s'appelle le Pain des forts. Faites-m'en ressentir les effets en m'aidant à triompher du respect humain. J'aurai donc dans mon langage, dans ma vie la sainte liberté qui convient à un Chrétien ; mais cela ne suffit pas encore à ma reconnaissance. Le Centurion de l'Evangile, dont l'enfant avait été guéri, crut ainsi que toute sa maison. Voilà la règle que je dois prendre, voilà l'exemple que je dois suivre. Ô Jésus, que les premiers Chrétiens étaient différents de nous ! Lorsqu'ils avaient entendu la Parole Évangélique et qu'ils avaient été terrassés par Elle, leur plus ardente préoccupation était de conquérir des disciples au Dieu de leurs âmes. Le père en parlait à son fils et ce fils à son père ; l'esclave à son maître et le maître à son esclave ; l'ami à son ami, l'inconnu à l'inconnu. Et cependant le Christianisme ne conduisait le plus souvent qu'aux cachots, aux tortures et au dernier supplice ! De la sorte la Foi se propageait au lieu de s'éteindre, et malgré les flots de sang versés, le nombre des Chrétiens montait, montait sans cesse pour tout envahir. Mon Dieu, dans la Communion je veux me placer sous les yeux ce tableau, pour voir si je fais ce que je puis et ce que je dois ; suis-je le digne fils de nos ancêtres Chrétiens, ou au contraire ne suis-je pas timide et lâche pour donner le Bienfait inappréciable de la Foi ? Est-ce que je La donne à ma famille, à mes proches, à mes amis, à mes pauvres ? Est-ce qu'au contraire je ne La leur dissimule pas ? Ô mon Dieu, faites-moi rompre avec ces faiblesses ! Je veux être un Chrétien sans peur et sans pusillanimité. Éclairez-moi seulement et aidez-moi ! Je saisirai toutes les occasions que la prudence permet pour faire servir à l'édification mes relations avec mon prochain. »

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », XXe Dimanche après la Pentecôte : La Guérison du fils de l’officier du roi à Capharnaüm (Jean 4, 46-53), pages 224-228, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »
- La Prière lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents »
- La Prière pour l’Assomption d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Reine des anges et du Ciel, maintenant que Vous êtes dans la Gloire, priez pour moi, afin qu'à Votre exemple je sois humble »
- La Prière sur la Guérison du Sourd-Muet (Marc 7, 31-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez ouvert les oreilles du sourd-muet et délié sa langue »
- La Prière sur le Bon Samaritain (Luc 10, 23-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, enseignez-nous jusqu'où doit aller notre Charité pour nos frères »
- La Prière sur la Guérison des dix lépreux (Luc 17, 11-19) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez tant de fois guéri mon âme de la lèpre du péché »
- La Prière sur l’Évangile des deux Maîtres (Mt 6, 24-33) « Seigneur Jésus, je ne veux plus servir deux Maîtres, je suis désormais à Vous sans partage » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière pour la Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix « Ô Seigneur Jésus, comme il est juste dans ce Jour de Vous offrir l'expression de mon ardent amour ! » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière sur l’Évangile de la Veuve de Naïm (Luc 7, 11-16) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Dieu, mon âme était atteinte du péché et Vous l'avez guérie »
- La Prière d’après la Parabole du Festin (Luc 14, 1-11) d’Adolphe Baudon de Mony « Dieu Humble, je veux être Humble comme Vous »
- La Prière pour aimer Dieu et notre prochain (Matthieu 22, 34-46) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous venez aujourd'hui de prendre possession de mon cœur »
- La Prière sur la Guérison du Paralytique (Matthieu 9, 1-8) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon bon Jésus, j'étais le paralytique dont parle votre Évangile »
- La Prière sur le Festin des Noces du Fils d'un Roi (Matthieu 22, 1-14) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Roi de mon cœur, Vous m'avez admis à Votre Festin »
- La Prière sur la Guérison du Fils de l’Officier du Roi à Capharnaüm (Jean 4, 46-53) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Jésus, fortifiez ma Foi comme Celle du Centurion »