Saint Évangile du Dimanche sur la Guérison du paralytique selon Saint Matthieu du Dix-Huitième Dimanche après la Pentecôte :

« En ce temps-là, Jésus étant monté dans une barque, repassa le lac et vint dans Sa ville. Et voici qu’on Lui présenta un paralytique couché sur un lit. Et Jésus, voyant leur Foi, dit au paralytique : Aie confiance, mon fils ; tes péchés te sont remis. Et voici que quelques-uns des scribes dirent en eux-mêmes : Cet homme blasphème. Et Jésus, ayant vu leurs pensées, dit : Pourquoi pensez-vous le mal dans vos cœurs ? Lequel est le plus aisé, de dire : Tes péchés te sont remis ; ou de dire : Lève-toi et marche ? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le Pouvoir de remettre les péchés : Lève-toi, dit-il alors au paralytique ; prends ton lit, et va dans ta maison. Et il se leva, et s’en alla dans sa maison. Les foules, voyant cela, furent remplies de crainte, et glorifièrent Dieu, qui avait donné un tel pouvoir aux hommes » (Matthieu 9, 1-8).

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La Prière sur la Guérison du Paralytique (Matthieu 9, 1-8) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon bon Jésus, j'étais le paralytique dont parle votre Évangile » :

« Ô mon bon Jésus, j'étais le paralytique dont parle votre Évangile. J'étais incapable de mouvement et de vie pour le bien, et je me consumais en vains désirs ; mais Vous venez me dire dans la Communion Sainte : « Lève- toi, prends ton lit, et va dans ta maison ». Vous venez donner à mon âme la Vie de la Grâce, le mouvement de la Charité : Vous venez la rendre active et Vous lui ouvrez la route du Ciel, qui est sa Patrie. Ô mon Sauveur, comment Vous remercier suffisamment d'une Bonté semblable ! Comment Vous aimer assez pour un tel Bienfait ! Songe en effet, mon âme, à la faiblesse dans laquelle tu étais plongée, songe au vide de tes occupations, de tes bonnes œuvres ! Réfléchis surtout aux périls que courait ton Salut éternel, avant que Dieu t'eût touchée de sa Grâce. Regarde en face et avec les yeux de la Foi le Ciel et l'enfer, le Ciel qui est si beau, qui est si désirable, qui est si magnifique, l'enfer qui est si affreux, si maudit, si lamentable. Aime donc de toute ton énergie ce Dieu qui te donne la Force d'arriver à ta céleste Patrie et de fuir la demeure odieuse de Satan : Par toi seule, tu ne l'aurais jamais pu ; tu aurais été clouée par tes passions, par tes misères ; désormais la liberté t'est rendue ; mais il faut veiller pour ne plus jamais la perdre. Seigneur Jésus, c'est pour amener à la Foi les peuples qui Vous entouraient que Vous avez guéri le paralytique ; c'est pour leur prouver que Vous étiez Maître de la nature tout entière. Oh ! Nourrissez en moi aussi cette Foi ! C'est une prière que je ne cesserai toute ma vie de Vous adresser, et que je ne saurais trop renouveler dans la Communion, puisque la Foi est la nourriture première du Chrétien, et que sans elle les œuvres sont vides. Hélas ! Je sens sans cesse en moi les passions qui s'élèvent pour détruire cette Foi si précieuse. Elles me disent que la vie présente est tout, et qu'il faut tout lui sacrifier ; elles me détournent des pensées austères pour ne me faire aimer que les futilités, que les plaisirs qui absorbent, que les jouissances qui font perdre le Ciel de vue. Mon Dieu, donnez-moi de vaincre ces passions fougueuses qui, semblables au lion rugissant, tournent sans relâche autour de mon âme. Donnez-moi le Bouclier de la Foi pour émousser tous leurs traits. Ne permettez pas que jamais je me laisse entamer. Oui, pour élire Chrétien, il faut bannir loin de soi toute erreur, toute hésitation dans la Croyance et dans la Foi. Aidez-moi dans ce combat trop inégal pour ma faiblesse. Enfin, Seigneur, pour y réussir, accordez-moi l'esprit de Prudence. Si la Foi a été ébranlée dans le cœur de bien des Chrétiens, dans le mien peut être, n'est-ce pas parce qu'on néglige les Sources sacrées auxquelles on y puise la prière, la prédication évangélique, les lectures pieuses ? N’est-ce pas parce qu'on s'expose aux compagnies mauvaises, parce qu'on lit sans précaution et avec une témérité coupable tout ce qui charme les passions, tout ce qui caresse la curiosité ? Ô mon Dieu, donnez-moi donc cette vigilance si recommandée par votre Évangile ! Votre Foi est pour moi le trésor le plus précieux ; il faut que je m'efforce de le garder toute ma vie, pour Vous le représenter au Dernier Jour. Mon Dieu, le paralytique s'est levé après que Vous le lui avez ordonné. Pour moi, à son exemple, je veux me lever ; je veux briser ma paresse, mon apathie, afin de marcher à grands pas dans la voie difficile de la Vie Chrétienne. Le paralytique est allé dans sa maison. Pour moi, j'irai dans ma maison, qui est celle de mon Père ; j'irai dans votre Église, où j'entends désormais vivre et mourir. Je dis adieu aux misères de la vie mondaine, aux défaillances de la Foi, aux attaches misérables qui m'ont retenu. Oh ! Qu’il fait bon vivre avec Vous, dans Vos temples, en face du Tabernacle Saint où Vous résidez, en Présence de Votre Sainte Mère, de Vos Anges, de Vos Saints ! La Vie Chrétienne, c'est le Ciel anticipé, c'est le commencement de l'Éternité Bienheureuse, c'est l'oubli de notre vie misérable, c'est la Force pour lutter contre nos passions. Je veux donc en vivre à tout jamais. Enfin, ô mon Dieu, je veux avoir en horreur ces doutes, ces hésitations contre la Foi auxquels je ne suis que trop porté. Ceux qui doutaient de votre Puissance à remettre les péchés sont ceux qui, plus tard, Vous ont crucifié, et depuis le commencement de notre Sainte Religion, il en a été toujours ainsi. Appelez-moi donc parmi Vos brebis fidèles qui croient en Votre Parole, qui croient dans Celle de votre Église. Je Vous en supplie, ô mon Dieu. Je m’efforcerai, d'ici à la prochaine Communion, de me vaincre sur une habitude vicieuse, en pratiquant la Vertu contraire ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », XVIIIe Dimanche après la Pentecôte : La Guérison du Paralytique (Matthieu 9, 1-8), pages 217-220, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »
- La Prière lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents »
- La Prière pour l’Assomption d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Reine des anges et du Ciel, maintenant que Vous êtes dans la Gloire, priez pour moi, afin qu'à Votre exemple je sois humble »
- La Prière sur la Guérison du Sourd-Muet (Marc 7, 31-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez ouvert les oreilles du sourd-muet et délié sa langue »
- La Prière sur le Bon Samaritain (Luc 10, 23-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, enseignez-nous jusqu'où doit aller notre Charité pour nos frères »
- La Prière sur la Guérison des dix lépreux (Luc 17, 11-19) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez tant de fois guéri mon âme de la lèpre du péché »
- La Prière sur l’Évangile des deux Maîtres (Mt 6, 24-33) « Seigneur Jésus, je ne veux plus servir deux Maîtres, je suis désormais à Vous sans partage » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière pour la Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix « Ô Seigneur Jésus, comme il est juste dans ce Jour de Vous offrir l'expression de mon ardent amour ! » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière sur l’Évangile de la Veuve de Naïm (Luc 7, 11-16) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Dieu, mon âme était atteinte du péché et Vous l'avez guérie »
- La Prière d’après la Parabole du Festin (Luc 14, 1-11) d’Adolphe Baudon de Mony « Dieu Humble, je veux être Humble comme Vous »
- La Prière pour aimer Dieu et notre prochain (Matthieu 22, 34-46) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous venez aujourd'hui de prendre possession de mon cœur »
- La Prière sur la Guérison du Paralytique (Matthieu 9, 1-8) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon bon Jésus, j'étais le paralytique dont parle votre Évangile »