Saint Évangile selon Saint Marc du Onzième Dimanche après la Pentecôte sur la Parabole de la Guérison du Sourd et Muet :

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En ce temps-là, Jésus, sortant des confins de Tyr, vint par Sidon vers la mer de Galilée, en passant au milieu de la Décapole. Et voici qu’on Lui amena un homme qui était sourd et muet, en Le priant de lui imposer les mains. Le prenant donc à part du milieu de la foule, Il lui mit Ses doigts dans les oreilles et de Sa salive sur la langue ; et, levant les yeux au Ciel, Il soupira et lui dit : Ephpheta, c’est-à-dire, ouvrez-vous. Aussitôt ses oreilles furent ouvertes et sa langue déliée, et il parlait comme il convient. Il leur défendit de le dire à personne. Mais plus Il le leur défendait, plus ils le publiaient, et plus ils étaient dans l’admiration, disant : Il a bien fait toutes choses ; Il a fait entendre les sourds et parler les muets (Marc 7, 31-37).


La Prière sur la Guérison du Sourd-Muet (Marc 7, 31-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez ouvert les oreilles du sourd-muet et délié sa langue » :

« Mon Dieu, qui est semblable à Vous parmi les puissants de la terre ? Qui approche de votre Grandeur, Dieu si Magnifique, si Saint, si Terrible, si Digne de louanges, si Puissant en choses merveilleuses ? Je Vous louerai donc, mon Dieu et mon Roi, et je bénirai votre Nom dans tous les siècles des siècles. C'est bien dans la Communion que je dois redoubler d'adoration et d'hommages ; car si sur la terre Vous êtes Puissant, où l'êtes-Vous davantage que dans ce Sacrement où Vous multipliez les Miracles pour unir votre Force infinie à notre faiblesse ? Si dans les enfers Vous êtes terrible, Vous nous offrez ici votre Sang pour éteindre ces flammes vengeresses qui ne doivent consumer que nos péchés. Si dans le Ciel Vous êtes Magnifique, ici Vous ne l'êtes pas moins, puisque ce ne sont pas seulement des Dons inestimables que Vous nous offrez, mais Vous-même, le Dieu des Miséricordes et de la Propitiation. Seigneur Jésus, pendant que la foule adore et dit que jamais dans Israël il n'a paru de semblable Prophète, l'hypocrite Pharisien Vous accuse d'être le Prince des ténèbres. Quant à moi, je veux Vous adorer avec les simples, avec les petits, avec les humbles de cœur. J'aurai en horreur cette fausse indépendance d'esprit, cette prétendue liberté qui, au fond, n'est que l'esclavage, et avec votre Église, avec vos Apôtres, avec vos Saints, je Vous reconnaîtrai à la fraction du Pain, et, tombant à Vos genoux sacrés, je Vous dirai : Mon Seigneur et mon Dieu ! Seigneur Jésus, qui avez ouvert les oreilles du sourd-muet et délié sa langue, Vous avez devant Vous un malade qui Vous supplie de faire en sa faveur un semblable Miracle. Je suis, en effet, un sourd-muet spirituel, dont les oreilles sont fermées aux inspirations de la Foi, et dont la langue ne sait pas parler pour défendre cette Foi si Glorieuse et si Infaillible. Dites donc à mon âme fermée à cette Lumière céleste de s'ouvrir à la Vérité. Tirez-la de l'engourdissement où elle est plongée, afin que sa croyance ne soit pas vaine et stérile, mais que au contraire, elle soit active et féconde. La Foi est un Don de Votre largesse et le plus précieux de tous. Accordez-Le-moi, Seigneur, je Vous le demande avec instance, je Vous le demanderai sans cesse ; car nous sommes dans un siècle où la Foi de plusieurs a été diminuée, où le doute s'empare des âmes et les glace, où l'erreur est active et la vérité languissante ; et si je ne prie pas, si je ne supplie pas sans cesse, je tremble d'être emporté par le torrent des doctrines fausses et insensées. Mais si Vous me conservez ce Don précieux, Seigneur Jésus, faites que ce ne soit pas pour moi seul. Brisez mon respect humain, afin que je ne sois pas un muet spirituel, dont la langue est toujours liée lorsqu'il s'agit d'annoncer la Vérité. Que de bien à faire dans ce monde où je vis, par un bon propos, par une parole libre et courageuse pour le Bien, par la réfutation des erreurs ! Et cependant je me suis tu si souvent là où j'aurais dû parler, lutter pour Vous, combattre pour la Foi. Je ne veux plus à l'avenir avoir cette lâcheté. J'en forme en ce Jour la sincère résolution. Seigneur Jésus, Vous nous avez recommandé de prier le Maitre de la moisson pour qu'Il envoie des ouvriers dans Son champ. Je viens, d'après votre Parole, Vous demander et à votre Père céleste, de nous envoyer ces ouvriers dont nous avons tant besoin. Multipliez donc pour votre Église si attaquée par l'impiété, des Saints qui édifient les peuples, des Docteurs qui les éclairent, des Apôtres qui les convertissent : jusqu'à la fin des temps votre Église en aura besoin. Ne Vous lassez donc point de Lui en donner ; donnez-Lui-en dans notre patrie et au dehors, pour les Peuples Catholiques et pour les peuples schismatiques et hérétiques, pour les peuples chrétiens et pour les infidèles. Quelle moisson, grand Dieu ! Créez dans votre Église assez de cœurs d'apôtres pour qu'Elle puisse suffire à la tâche ! Et moi-même, malgré mon obscurité, ne puis-je pas être un de ces ouvriers ? Si je ne l'ai pas été jusqu'à ce jour, n'est-ce pas mollesse et indifférence ? Car si je ne suis pas appelé à exercer le Ministère du Prêtre et de l'Apôtre, je puis néanmoins servir votre Église par mes prières, par mes exemples et mes aumônes, par ma parole au milieu du monde et mon courage Chrétien. Je pourrais, je devrais être un Apôtre de la vraie Foi. Vierge Sainte, priez pour moi votre divin Fils, afin que je le devienne, et que ce soit le fruit de cette Communion. Je m’appliquerai à propager la Vérité, et spécialement en répandant les bons Livres. Les Chrétiens reçoivent sur ce point des exemples humiliants pour eux de la part des ennemis de l'Eglise ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », XIe Dimanche après la Pentecôte : Parabole de la Guérison du Sourd-Muet, ''pages 192-195, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »
- La Prière lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents »
- La Prière pour l’Assomption d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Reine des anges et du Ciel, maintenant que Vous êtes dans la Gloire, priez pour moi, afin qu'à Votre exemple je sois humble »
- La Prière sur la Guérison du Sourd-Muet (Marc 7, 31-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez ouvert les oreilles du sourd-muet et délié sa langue »