Saint Évangile selon Saint Luc du Douzième Dimanche après la Pentecôte sur la Parabole du Bon Samaritain :

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En ce temps-là, Jésus dit à Ses disciples : Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car je vous déclare que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu. Et voilà qu’un docteur de la Loi se leva pour Le tenter, disant : Maître, que me faut-il faire pour posséder la Vie éternelle ? Jésus lui dit : Qu’y a-t-il d’écrit dans la Loi ? Comment lisez-vous ? Il répondit : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces et de tout votre esprit ; et votre prochain comme vous-même. Jésus lui dit : Vous avez bien répondu ; faites cela, et vous vivrez. Mais lui, voulant faire paraître qu’il était juste, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ? Or Jésus, prenant la Parole, dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba entre les mains des voleurs qui le dépouillèrent, et s’en allèrent après l’avoir couvert de coups, le laissant à demi mort. Or il arriva qu’un Prêtre descendait par le même chemin, et l’ayant vu il passa outre. De même un Lévite étant venu près du lieu, et le voyant, passa outre. Mais un Samaritain qui voyageait arriva près de lui, et, le voyant, fut ému de compassion. S’approchant donc, il banda ses blessures, versant dessus de l’huile et du vin ; et l’ayant mis sur son cheval, il le conduisit dans une hôtellerie où il prit soin de lui. Le lendemain il tira deux deniers qu’il donna à l’hôtelier en disant : Ayez soin de lui, et tout ce que vous dépenserez de plus, je vous le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois vous parait avoir été le prochain de celui qui est tombé entre les mains des voleurs ? Le docteur répondit : Celui qui a exercé la miséricorde envers lui. Allez donc, lui dit Jésus, et faites de même (Luc 10, 23-37).


La Prière sur la Parabole du Bon Samaritain (Luc 10, 23-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, enseignez-nous jusqu'où doit aller notre Charité pour nos frères » :

« Bienheureux sont les yeux qui voient ce que nous voyons ! Tel est le cri qui s'échappe de mon âme, ô Seigneur Jésus, au moment où elle est enivrée de votre Présence et où elle se sent embrasée de Votre ardeur divine ! Oui, c'est bien ici le moment de dire : Beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que je vois, et ne l'ont pas vu ; entendre ce que j'entends, et ne l'ont pas entendu. Mon Dieu, je veux être tout à cette pensée ineffable, que Vous habitez ma poitrine, que Vous êtes au-dedans de moi avec Vos trésors de Grâce, de Charité et d'Amour. Il n'y a rien qui égale sur la terre un tel Bienfait ; il n'y aurait rien qui Le dépasserait dans le Ciel, si votre Présence au dedans de nous n'était pas aussi passagère. Je veux donc jouir de cette pensée, m'y livrer tout entier ; pendant si longtemps peut-être je me suis privé de ce Bonheur ! Mais maintenant que je suis en possession de mon Dieu, que je suis rentré en Grâce avec Lui, je me nourrirai de cet inestimable Présent qu'Il daigne me faire, je ne vivrai plus que pour Lui, que pour tâcher de mériter fréquemment le Bonheur de la Communion. Comme je serais malheureux, en effet, si, ayant connu cette Félicité si Pure, j'y renonçais pour de viles passions ! Vous m'épargnerez ce malheur, ô mon Sauveur Jésus, j'en ai la douce confiance. Mais, Seigneur, pour être vraiment digne de Vous, il faut que je Vous aime de toutes mes forces, et que j'aime mon prochain comme moi-même. Suis-je arrivé à la pratique de ces Commandements ? Hélas, lorsque je me scrute sérieusement moi-même, je suis obligé de reconnaître que je suis bien loin de cet Idéal de la vie Chrétienne. Celui qui Vous aime, Vous prie avec ardeur, fait ses délices de la Méditation Sainte, de l'assistance aux Cérémonies Saintes de l'Église. En suis-je là, ou bien ne suis-je pas trop porté à m'en dispenser sous les plus légers prétextes pour courir après les joies du monde ? Celui qui Vous aime mortifie son corps, dompte ses passions. Est-ce que je mets sérieusement la main à l'œuvre laborieuse de la Pénitence ? Celui qui Vous aime, craint de Vous offenser, ne fût-ce que de la manière la plus légère. Est-ce que je ne me pardonne pas facilement des péchés graves peut- être, que je pourrais éviter avec un peu de fermeté : Celui qui aime son prochain comme lui-même le secourt dans ses besoins, le soutient dans ses faiblesses, et ne s'épargne ni lui, ni ses richesses, pour le servir. Est-ce ainsi que j'agis ? Mon prochain trouve-t-il en moi un cœur généreux, compatissant ? Ô mon Dieu, Vous savez tout ce qui me manque à tous ces points de vue ; Vous savez combien je suis au-dessous de mes devoirs et de ce que Vous attendez de moi. Aidez-moi à faire mieux à l'avenir et secondez la résolution sincère que je forme en ce moment. Seigneur Jésus, Vous nous proposez aujourd'hui la belle Parabole du Samaritain, afin de nous enseigner jusqu'où doit aller notre Charité pour nos frères. Accordez-moi de comprendre et de pratiquer une Charité aussi haute. C'est à l'amour que nous avons pour nos frères que Vous reconnaissez Vos disciples ; formez-moi donc Vous-même à cet Amour. Oh ! Si je ne suivais que la pente de ma nature et de la froide raison, combien n'aurais-je pas de dégoûts, de haine, de mépris ! Que de fois ne serais-je pas tenté de dire, en parlant des malheureux, qu'ils ont bien mérité leur sort, et par suite combien de fois passerais-je à côté d'eux sans les secourir ! Mais habituez-moi à voir toujours des frères dans les pauvres, et, malgré leurs défauts et leurs vices, à les aimer d'un amour fraternel, à les secourir généreusement, avec intelligence, sans doute, mais avec une Charité sans bornes. Enseignez-moi surtout à aimer leurs âmes impérissables, et à chercher à les guérir de leurs maladies, même les plus hideuses. Alors seulement je sentirai que je suis Votre disciple, et je pourrai me dire sincèrement Chrétien. Je m’exercerai à la pratique personnelle de la Charité, à voir les pauvres, à les assister moi-même ; et, pour le mieux faire, j’entrerai s'il est possible, dans une Association de Charité ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », XIIe Dimanche après la Pentecôte : Parabole du Bon Samaritain, ''pages 196-199, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »
- La Prière lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents »
- La Prière pour l’Assomption d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Reine des anges et du Ciel, maintenant que Vous êtes dans la Gloire, priez pour moi, afin qu'à Votre exemple je sois humble »
- La Prière sur la Guérison du Sourd-Muet (Marc 7, 31-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez ouvert les oreilles du sourd-muet et délié sa langue »
- La Prière sur le Bon Samaritain (Luc 10, 23-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, enseignez-nous jusqu'où doit aller notre Charité pour nos frères »