Saint Évangile sur la « Parabole du Festin » selon Saint Luc du Seizième Dimanche après la Pentecôte :

« En ce temps-là, Jésus entra, un jour de sabbat, dans la maison d’un des principaux pharisiens, pour y manger du pain ; et ceux-ci L’observaient. Et voici qu’un homme hydropique était devant Lui. Et Jésus, prenant la Parole, dit aux docteurs de la Loi et aux pharisiens : Est-il permis de guérir le jour du sabbat ? Mais ils gardèrent le silence. Alors Lui, prenant cet homme par la main, le guérit et le renvoya. Puis, s’adressant à eux, Il dit : Qui de vous, si son âne ou son bœuf tombe dans un puits, ne l’en retirera pas aussitôt, le jour du sabbat ? Et ils ne pouvaient rien répondre à cela. Il dit aussi aux invités cette Parabole, considérant comment ils choisissaient les premières places. Il leur dit : Quand tu seras invité à des noces, ne te mets pas à la première place, de peur qu’il n’y ait parmi les invités une personne plus considérable que toi, et que celui qui vous a conviés, toi et lui, ne vienne te dire : Cède la place à celui-ci, et qu’alors tu n’ailles, en rougissant, occuper la dernière place. Mais, quand tu auras été invité, va, mets-toi à la dernière place, afin que, lorsque celui qui t’a invité sera venu, il te dise : Mon ami, monte plus haut. Et alors ce sera une gloire pour toi devant ceux qui seront à table avec toi. Car quiconque s’élève sera humilié, et quiconque s’humilie sera élevé » (Luc 14, 1-11).



La Prière d’après la Parabole du Festin (Luc 14, 1-11) d’Adolphe Baudon de Mony « Dieu Humble, je veux être Humble comme Vous » :

« Dieu éternel et tout-puissant, Père adorable, je viens Vous offrir mes hommages ! Uni à Votre divin Fils par la Communion Sainte, j'espère que Vous m'écouterez : car ma prière n'est plus seulement celle d'un pécheur, c'est celle du Sauveur Jésus immolé pour moi ; car les Mérites que je Vous offre ne sont plus mes insuffisantes satisfactions, ce sont les Mérites infinis du Verbe éternel devenu mon Médiateur. Seigneur Jésus, mon Sauveur et mon Père, enseignez-moi à prier, afin que ma supplication Vous soit agréable et plaise à votre Père tout-puissant. Enseignez-moi une prière fervente, mais humble, une prière assidue, mais unie à la Vôtre ; préservez-moi des scrupules, des minuties dans lesquels les Pharisiens tombaient, et pour lesquels ils oubliaient la grande Loi de l'Adoration et de la vraie Charité. Faites surtout que ma prière parte du cœur et non plus seulement des lèvres, que je sois prêt à accomplir ce que je Vous promets, que je sois sincère dans mes résolutions, vrai dans mon repentir. Que de fois ne me suis-je pas fait de déplorables illusions, et n'ai-je pas pris pour une piété véritable ce qui n'était que l'exaltation d'une vaine imagination ! Que de fois n'ai-je pas négligé l'esprit de votre Loi Sainte, en ne pensant qu'à en pratiquer la lettre ! Mon Dieu, aidez-moi, et faites que ma piété ne soit pas celle d'un Pharisien hypocrite, mais bien celle d'un véritable et généreux Chrétien. Ô mon âme, voici le moment d'écouter la Voix de ton divin Époux qui t'invite à l'humilité, qui te dit de fuir l'orgueil des sens et du monde ; Il te dit de ne point désirer les louanges et les honneurs ; de rechercher, au contraire, ce qui est obscur et modeste ; Il te déclare que si tu veux être orgueilleuse tu seras humiliée, et que si tu veux être humble tu seras exaltée. Fais taire le tumulte de tes passions et de ta vanité pour entendre cette grande Voix du Dieu ton Maître. Déchire le voile que l'amour-propre s'efforce de mettre devant ta misère, pour ne voir que ta faiblesse. Ferme tes oreilles à ce monde trompeur qui ne te parle que grandeur, qu'ambition, et écoute les Leçons de la Crèche, du Calvaire et de l'Eucharistie. Sans doute, ce n'est pas l'affaire d'un jour que de te rompre et de te plier à l'obéissance, à l'obscurité, au silence ; sans doute, il faut lutter pour fuir le bruit et les applaudissements ; mais la Grâce de Dieu est si Puissante, qu'avec Elle tu dois te vaincre, si tu le veux fortement. Mets donc la main à l'œuvre : commence par te pénétrer de ta petitesse, et par comprendre le néant de tes bonnes œuvres et, par suite, l'injustice des louanges qui te seraient adressées. Fuis ces louanges ensuite, et, lorsqu'elles te viennent malgré toi, sache t'en humilier à l'exemple des Saints, que les éloges contusionnaient au lieu de les enorgueillir. Enfin, lorsque les humiliations, les mépris te viendront, loin de t'en abattre, réjouis-toi ; car c'est le meilleur préservatif de l'orgueil, et, en les acceptant avec joie, ou du moins avec patience, tu t'assureras une belle Couronne pour le Ciel. Dieu Humble, je veux être Humble comme Vous. Acceptez et confirmez ma résolution. Mon doux Sauveur Jésus, qui pourrait dire les Trésors dont Vous comblez l'âme fidèle qui Vous reçoit dans la Communion, qui entend votre Voix, qui obéit à Vos inspirations, et ne recule devant aucun sacrifice pour Vous obéir ? Qui révélera à notre faiblesse ces Grâces ineffables dont Vous ornez alors le cœur de Vos élus, dont Vous remplissez l'âme de vos Saints ? Mon Dieu, je suis indigne de ces Faveurs ; mais, ce qui m'en éloigne le plus, c'est que je ne sais pas être fidèle aux Inspirations de votre Esprit-Saint. Lorsqu'Il me demande un sacrifice, j'hésite et trop souvent je refuse. Lorsque Vous me parlez de pénitence, je tremble et je m'arrête. Lorsque Vous m'ordonnez d'abandonner mes goûts, mes inclinations, je Vous préfère souvent ce que je serais honteux de ne pas sacrifier à un homme. Voilà, mon Dieu, la cause de mes sécheresses et de mes langueurs ; voilà pourquoi, après la Communion, je demeure sec et distrait, pourquoi j'en retire si peu de fruits et j'avance si peu dans la vie spirituelle. Dorénavant je veux, Seigneur, Vous être fidèle, non-seulement dans les grandes choses, mais dans les petites. Lorsque Vous m'appellerez, je quitterai tout pour Vous dire : « Parlez, Votre serviteur écoute ». Et je marcherai, j'agirai à votre Voix. Fiat, Fiat. Je m'exercerai à ne jamais rejeter une bonne inspiration, pourvu, bien entendu, qu'elle n'ait rien de contraire aux règles de la prudence. En cas de doute, je consulterai mon Confesseur ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », XVIe Dimanche après la Pentecôte : Parabole du Festin (Luc 14, 1-11), pages 210-213, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »
- La Prière lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents »
- La Prière pour l’Assomption d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Reine des anges et du Ciel, maintenant que Vous êtes dans la Gloire, priez pour moi, afin qu'à Votre exemple je sois humble »
- La Prière sur la Guérison du Sourd-Muet (Marc 7, 31-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez ouvert les oreilles du sourd-muet et délié sa langue »
- La Prière sur le Bon Samaritain (Luc 10, 23-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, enseignez-nous jusqu'où doit aller notre Charité pour nos frères »
- La Prière sur la Guérison des dix lépreux (Luc 17, 11-19) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez tant de fois guéri mon âme de la lèpre du péché »
- La Prière sur l’Évangile des deux Maîtres (Mt 6, 24-33) « Seigneur Jésus, je ne veux plus servir deux Maîtres, je suis désormais à Vous sans partage » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière pour la Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix « Ô Seigneur Jésus, comme il est juste dans ce Jour de Vous offrir l'expression de mon ardent amour ! » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière sur l’Évangile de la Veuve de Naïm (Luc 7, 11-16) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Dieu, mon âme était atteinte du péché et Vous l'avez guérie »
- La Prière d’après la Parabole du Festin (Luc 14, 1-11) d’Adolphe Baudon de Mony « Dieu Humble, je veux être Humble comme Vous »