Saint Évangile du Vingt-Deuxième Dimanche après la Pentecôte :

« En ce temps-là, les pharisiens, s’étant retirés, tinrent conseil sur le moyen de surprendre Jésus dans ses Paroles. Et ils Lui envoyèrent leurs disciples avec les hérodiens, qui Lui dirent : Maître, nous savons que Vous êtes Véridique, et que Vous enseignez la Voie de Dieu dans la Vérité, sans Vous inquiéter de personne, car Vous ne regardez pas la condition des hommes. Dites-nous ce qu’il Vous en semble : Est-il permis de payer le tribut à César ou non ? Mais Jésus, connaissant leur malice, dit : Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils Lui présentèrent un denier. Et Jésus leur dit : De qui est cette image et cette inscription ? Ils lui dirent : De César. Alors Il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Matthieu 22, 15-21).

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La Prière sur la Primauté de Dieu (Matthieu 22, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Jésus, confirmez-moi dans l'obéissance à votre Loi Sainte et aux Préceptes de votre Église » :

« Seigneur, remplissez mon âme de votre Joie, afin de la dégoûter des joies frivoles de la terre ; enivrez-la de votre Présence, éblouissez-la de votre Beauté, pour la détacher de tout ce qui est vanité humaine. Lorsque mon Sauveur est au dedans de moi, qu'Il y est avec sa Majesté et sa Douceur, que Ses anges et Ses chérubins L'environnent, n'est-il pas juste en effet que je me réjouisse et que je m'exalte dans des cantiques de triomphe ? Trop de fois je me suis réjoui des vains succès de la terre, et je me suis félicité, non pas de ce que mon nom était inscrit sur le Livre de Vie, mais de ce que j'étais riche, puissant, considéré. Il est temps que je règle à l'avenir les mouvements de mon cœur, et que, laissant de côté ce qui doit périr, je ne m'attache qu'à ce qui doit durer. Aussi, Seigneur Jésus, quelque indigne que j'en sois, donnez-moi une goutte de cette Ferveur dont Vous remplissiez l'âme de vos Saints au moment de la Communion ; ne permettez pas que je sois froid et indifférent, parce que mon âme s'abat de ces langueurs ; entrouvrez un instant le Ciel pour moi, afin que mon cœur soit consolé, ma faiblesse fortifiée, et que j'y puise de nouvelles forces pour votre Amour. Dieu Tout-Puissant, nos premiers parents se sont perdus par le défaut d'obéissance, et ils ont été chassés du Paradis terrestre pour avoir foulé aux pieds votre Commandement. Pour moi, je le sens, je ne puis me relever de mes chutes que par l'obéissance à votre sainte Loi ; je ne dirai donc plus : « Je ne servirai pas, je ne courberai pas mon intelligence, ma volonté devant une autre volonté que la mienne » ; au contraire, j'adorerai avec respect les Ordres que Vous me donnerez, et je m'appliquerai à Les suivre avec fidélité. Qu'il est doux d'ailleurs de Vous obéir ! Qu'il est doux de porter Votre joug ! Combien la vie de l'humilité, de la pénitence, de la prière donne de joie et de paix ! Il n'en coûte qu'en apparence ; on en est consolé dans la réalité, et lorsque l'on a le bonheur de recevoir souvent son Dieu dans la Communion, on se sent dévoré de la soif des humiliations, tout comme les mondains aspirent après les honneurs ; on aime la pénitence, les macérations, le crucifiement de la chair, comme les délicats affectionnent la vie molle, sensuelle et commode ; enfin lorsqu'on donne l'hospitalité à cet Hôte adorable, on aime la prière, le silence, la méditation comme le commun des hommes aime le bruit et la dissipation ; on veut voir son Dieu face à Face, on ne pense plus qu'à Lui, on ne trouve plus de charme, de grandeur et de beauté qu'en Lui. Dieu obéissant jusqu'à la Mort de la Croix, confirmez-moi dans l'obéissance à votre Loi Sainte et aux Préceptes de votre Église. Faites que par respect pour cette Loi, j'exécute tous Vos commandements dans leur lettre et dans leur esprit, et que je me soumette à Ceux que Vous n'avez donnés comme supérieurs, adorant en eux l'Ordre de votre Providence. S'il en coûte à mon indocilité, si le frein peut parfois me paraitre dur, si des injustices m'attendent, n'importe, je veux obéir. Vous êtes mort quoique Innocent ; est-ce trop qu'un coupable pécheur subisse ici-bas quelques peines et quelques mortifications ? Mon Dieu, je ne veux pas faire comme les Pharisiens qui ne s'adressaient à Vous que pour Vous tenter. Je veux au contraire être humble et docile pour recevoir votre Parole. Je ne vous tenterai donc pas, Seigneur, en présumant de mon zèle et de mes forces. Je n'entreprendrai pas par présomption des choses éclatantes, extraordinaires, de peur de tomber ensuite, et de ne pouvoir accomplir les œuvres communes et d'obligation. Je ne rechercherai que ce qui est simple, modeste, que ce qui est conforme à ma faiblesse, afin d'être plus sûr de le mener à bonne fin. Je sais que de grandes âmes se sont égarées par cet orgueil de l'esprit, par cette vanité secrète que le démon s'efforce de mêler à nos bons desseins, et je veux, avec votre Grâce, éviter de tomber dans cet abime. Je ne Vous tenterai pas non plus, ô mon Dieu, en m'exposant légèrement dans des périls qui compromettraient mon Salut. Je n'ai que trop fait l'épreuve de ma fragilité, lors même que je n'avais point été au-devant des tentations. Que serait-ce si, par une confiance folle en moi, par une légèreté orgueilleuse ou par un zèle inconsidéré, je me jetais dans des dangers qui ne sont pas naturellement sur ma route ? Mon Dieu, soutenez-moi dans ces résolutions que la prudence me suggère. Vierge Sainte, priez pour moi, afin que j'y sois toujours fidèle. Je m’examinerai sur l'obéissance envers mes supérieurs et je m’attacherai à leur obéir comme à Dieu même ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », XXIIe Dimanche après la Pentecôte : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu (Matthieu 22, 15-21), pages 231-234, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »
- La Prière lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents »
- La Prière pour l’Assomption d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Reine des anges et du Ciel, maintenant que Vous êtes dans la Gloire, priez pour moi, afin qu'à Votre exemple je sois humble »
- La Prière sur la Guérison du Sourd-Muet (Marc 7, 31-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez ouvert les oreilles du sourd-muet et délié sa langue »
- La Prière sur le Bon Samaritain (Luc 10, 23-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, enseignez-nous jusqu'où doit aller notre Charité pour nos frères »
- La Prière sur la Guérison des dix lépreux (Luc 17, 11-19) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez tant de fois guéri mon âme de la lèpre du péché »
- La Prière sur l’Évangile des deux Maîtres (Mt 6, 24-33) « Seigneur Jésus, je ne veux plus servir deux Maîtres, je suis désormais à Vous sans partage » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière pour la Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix « Ô Seigneur Jésus, comme il est juste dans ce Jour de Vous offrir l'expression de mon ardent amour ! » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière sur l’Évangile de la Veuve de Naïm (Luc 7, 11-16) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Dieu, mon âme était atteinte du péché et Vous l'avez guérie »
- La Prière d’après la Parabole du Festin (Luc 14, 1-11) d’Adolphe Baudon de Mony « Dieu Humble, je veux être Humble comme Vous »
- La Prière pour aimer Dieu et notre prochain (Matthieu 22, 34-46) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous venez aujourd'hui de prendre possession de mon cœur »
- La Prière sur la Guérison du Paralytique (Matthieu 9, 1-8) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon bon Jésus, j'étais le paralytique dont parle votre Évangile »
- La Prière sur le Festin des Noces du Fils d'un Roi (Matthieu 22, 1-14) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Roi de mon cœur, Vous m'avez admis à Votre Festin »
- La Prière sur la Guérison du Fils de l’Officier du Roi à Capharnaüm (Jean 4, 46-53) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Jésus, fortifiez ma Foi comme Celle du Centurion »
- La Prière pour la Fête de la Toussaint d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous m'entrouvrez doublement le Ciel en ce Jour »
- La Prière pour le Jour de la Commémoration des Morts d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Seigneur Jésus, parmi les morts dont la pensée est devant moi, combien jouissent du Repos Éternel ? »
- La Prière sur la Primauté de Dieu (Matthieu 22, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Jésus, confirmez-moi dans l'obéissance à votre Loi Sainte et aux Préceptes de votre Église »