Saint Évangile du Vingt-Troisième Dimanche après la Pentecôte :

« En ce temps-là, comme Jésus parlait à la foule, un chef de synagogue s’approcha, et se prosterna devant Lui, en disant : Seigneur, ma fille est morte il y a un instant ; mais venez, imposez Votre main sur elle, et elle vivra. Jésus, se levant, le suivait avec Ses disciples. Et voici qu’une femme, qui souffrait d’une perte de sang depuis douze ans, s’approcha par derrière, et toucha la frange de Son vêtement. Car elle disait en elle-même : Si je puis seulement toucher Son vêtement, je serai guérie. Jésus, se retournant et la voyant, dit : Aie confiance, ma fille, ta Foi t’a sauvée. Et la femme fut guérie à l’heure même. Lorsque Jésus fut arrivé à la maison du chef de synagogue, et qu’Il eut vu les joueurs de flûte et une foule bruyante, Il dit : Retirez-vous ; car cette jeune fille n’est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de Lui. Lorsque la foule eut été renvoyée, Il entra, et prit la main de la jeune fille. Et la jeune fille se leva. Et le bruit s’en répandit dans tout le pays » (Matthieu 9, 18-26).

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La Prière sur la Résurrection de la fille du chef de synagogue (Matthieu 9, 18-26) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous avez su rappeler du tombeau cette jeune fille déjà plongée dans la mort » :

« Mon Dieu, combien notre adoration doit-elle être profonde envers Votre Majesté ! Vous êtes le Dieu des Miracles et de la Miséricorde. Lorsque Vous parlez, les éléments Vous obéissent, les maladies se dissipent, la mort cède sa proie, et le péché est vaincu. Enfin, par un Prodige qui surpasse tous les autres, Vous comblez la distance qui sépare le Ciel de la terre, Vous venez Vous faire homme pour habiter avec nous, pour mourir pour nous, et Vous renouvelez cette Merveille en descendant tous les jours à la voix du Prêtre sur nos Autels pour nous consoler dans notre exil, nous fortifier dans nos faiblesses et nous nourrir de Votre chair adorable. N'est-il donc pas juste, ô mon Dieu, que je Vous adore avec toutes les puissances de mon âme, que je Vous loue et que je Vous bénisse dans toute l'effusion de mon amour ! Jaïre a bien dû Vous aimer, Vous adorer lorsque Vous lui avez rendu vivante cette fille qui venait de rendre le dernier soupir. Comment Vous aimerai-je moins, ô Jésus, comment ne Vous aimerai-je pas davantage, puisque Vous avez sauvé, non pas mon corps destiné au tombeau, mais mon âme immortelle et qui penchait vers le péché et la damnation éternelle ? Recevez donc mes adorations et mes louanges ; recevez celles de tous les Saints et de toutes les Saintes sur la terre et dans le Ciel. Jamais nous ne pourrons assez multiplier nos chants et nos cantiques en face de Votre infinie Majesté. Seigneur Jésus, Vous avez su rappeler du tombeau cette jeune fille déjà plongée dans la mort. Vous l'avez sauvée pour montrer que Vous êtes le Maître de la vie et de la mort, le Très-Haut, le Tout-Puissant, le Verbe Éternel du Père. Mais si Vous avez pitié de nos misères corporelles, combien n'avez-Vous pas pitié davantage de nos misères spirituelles, de cette âme que Vous avez faite si noble, qui doit vivre toute l'éternité, mais que le péché a défigurée ? Dieu de Bonté, j'espère donc que Vous veillerez sur moi, que Vous m'améliorerez, que Vous me transformerez en un homme nouveau, comme Vous l'avez fait pour Vos Apôtres, et pour un si grand nombre de Saints. Je l'espère, car c'est pour nous sauver que Vous êtes descendu sur la terre et Vous Vous êtes fait homme. Fils de David, sauvez-moi ; mais je Vous en conjure, sauvez aussi ceux qui me sont chers. Parmi eux, Vous le savez, il y a des pécheurs endurcis, qui ferment les yeux à la Lumière, et dont l'âme est ensevelie dans les ténèbres de la mort. Permettez-moi d'espérer pour eux dans Votre infinie Miséricorde, dans l'Intercession de Vos Saints, dans les prières de Votre Sainte Mère, dans les Mérites de Votre Passion. Oui, Seigneur, à un Jour que Vous connaissez, Vous les prendrez par la main et Vous direz à ces morts spirituels de se lever, de vivre de la Vie de la Grâce, et de reconquérir le Ciel par une sincère pénitence. Puissé-je par mes prières, par ma vie pénitente, par mes supplications unies à celles de toutes les Saintes âmes, hâter cet heureux moment ! Fiat, fiat ! Seigneur, quelle n'a pas dû être la ferveur de ces malades guéris miraculeusement, de ces morts ressuscités ! Combien ils ont dû se donner à Vous et à votre Église, à la prédication spirituelle ! J'ai confiance que Vous avez guéri les maladies de mon âme, que Vous l'avez ressuscitée. Que puis-je donc faire, sinon de Vous la consacrer à tout jamais ? Je dis donc pour toujours adieu au péché et à l'occasion du péché ; je dis adieu aux frivolités de la vie qui consument le temps sans profit ; car je veux vivre de la vie des Saints qui Vous offensaient aussi peu qu'il est possible à notre faiblesse, et de la vie de Vos Apôtres, qui n'aspiraient qu'à étendre Votre Règne. Quel bonheur, ô mon Jésus, si Vous acceptez cette offrande, si Vous me débarrassez de toutes mes misères pour me faire embrasser la Sainte Folie de la Croix, la vie austère et pénitente, la vie dévouée aux pauvres et aux bonnes œuvres, la vie consacrée à la propagation de votre Évangile ! Quelle joie dans ce monde, et quelle récompense dans l'Autre, si je suis fidèle à ma résolution ! Je veux donc, ô Seigneur, que soit que je vive ou que je meure, soit que je souffre ou que je sois dans la joie, soit que je puisse faire des choses importantes ou que je reste dans l'obscurité, je veux me faire Votre disciple, Votre serviteur, Votre esclave. Ô la douce servitude ! Qu'elle est belle, en effet, qu'elle nous rend libres ! Encore une fois, acceptez-en l'offrande. Je nourrirai dans mon cœur des sentiments de grande confiance dans la Miséricorde de Dieu ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », XXIIIe Dimanche après la Pentecôte : Résurrection de la fille du chef de synagogue (Matthieu 9, 18-26), pages 235-238, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »
- La Prière lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents »
- La Prière pour l’Assomption d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Reine des anges et du Ciel, maintenant que Vous êtes dans la Gloire, priez pour moi, afin qu'à Votre exemple je sois humble »
- La Prière sur la Guérison du Sourd-Muet (Marc 7, 31-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez ouvert les oreilles du sourd-muet et délié sa langue »
- La Prière sur le Bon Samaritain (Luc 10, 23-37) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, enseignez-nous jusqu'où doit aller notre Charité pour nos frères »
- La Prière sur la Guérison des dix lépreux (Luc 17, 11-19) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, qui avez tant de fois guéri mon âme de la lèpre du péché »
- La Prière sur l’Évangile des deux Maîtres (Mt 6, 24-33) « Seigneur Jésus, je ne veux plus servir deux Maîtres, je suis désormais à Vous sans partage » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière pour la Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix « Ô Seigneur Jésus, comme il est juste dans ce Jour de Vous offrir l'expression de mon ardent amour ! » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière sur l’Évangile de la Veuve de Naïm (Luc 7, 11-16) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Dieu, mon âme était atteinte du péché et Vous l'avez guérie »
- La Prière d’après la Parabole du Festin (Luc 14, 1-11) d’Adolphe Baudon de Mony « Dieu Humble, je veux être Humble comme Vous »
- La Prière pour aimer Dieu et notre prochain (Matthieu 22, 34-46) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous venez aujourd'hui de prendre possession de mon cœur »
- La Prière sur la Guérison du Paralytique (Matthieu 9, 1-8) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon bon Jésus, j'étais le paralytique dont parle votre Évangile »
- La Prière sur le Festin des Noces du Fils d'un Roi (Matthieu 22, 1-14) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Roi de mon cœur, Vous m'avez admis à Votre Festin »
- La Prière sur la Guérison du Fils de l’Officier du Roi à Capharnaüm (Jean 4, 46-53) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Jésus, fortifiez ma Foi comme Celle du Centurion »
- La Prière pour la Fête de la Toussaint d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous m'entrouvrez doublement le Ciel en ce Jour »
- La Prière pour le Jour de la Commémoration des Morts d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Seigneur Jésus, parmi les morts dont la pensée est devant moi, combien jouissent du Repos Éternel ? »
- La Prière sur la Primauté de Dieu (Matthieu 22, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Jésus, confirmez-moi dans l'obéissance à votre Loi Sainte et aux Préceptes de votre Église »
- La Prière sur la Résurrection de la fille du chef de synagogue (Matthieu 9, 18-26) d’Adolphe Baudon de Mony « Seigneur Jésus, Vous avez su rappeler du tombeau cette jeune fille déjà plongée dans la mort »