Prières de M. l’Abbé Jean-Baptiste La Sausse
avant, pendant et après la Sainte Messe
Voici une Prière et une Résolution pour chaque Jour de la Sixième Semaine après la Pentecôte « Nourrissez-moi, ô mon Sauveur, du Pain vivant descendu du Ciel, qui est au-dessus de toute substance » sur l’Évangile du Miracle de la multiplication des sept pains (Marc 8, 1-9) de la Sainte Messe du Sixième Dimanche après la Pentecôte de Monsieur l’Abbé Jean-Baptiste La Sausse (1740-1826), Prêtre sulpicien, directeur de séminaire à Tulle puis du petit séminaire de Paris, qui a publié un grand nombre de livre de piété.
Saint Évangile du « Miracle de la multiplication des sept pains » selon Saint Marc du Sixième Dimanche après la Pentecôte :
En ce temps-là : Comme il y avait avec Jésus une nombreuse foule qui n’avait pas de quoi manger, Il appela Ses disciples et leur dit : « J’ai compassion de cette foule, car voilà trois jours déjà qu’ils restent près de moi, et ils n’ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, les forces leur manqueront en chemin ; or plusieurs d’entre eux sont venus de loin. » Ses disciples Lui répondirent : « Comment pourrait-on ici, dans un désert, rassasier de pain ces gens ? » Et Il leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept ». Alors Il fit asseoir la foule par terre, prit les sept pains, et, après avoir rendu grâces, Il les rompit et les donna à Ses disciples pour les servir ; et ils les servirent à la foule. Ils avaient (en outre) quelques petits poissons ; après avoir prononcé la Bénédiction sur eux, Il dit de les servir aussi. Ils mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta sept corbeilles des morceaux qui restaient. Or ils étaient environ quatre mille. Et Il les renvoya. (Marc 8, 1-9)
Les Prières et Résolutions pour chaque Jour de la Sixième Semaine après la Pentecôte de l’Abbé Jean-Baptiste La Sausse « Nourrissez-moi, ô mon Sauveur, du Pain vivant descendu du Ciel, qui est au-dessus de toute substance » :
Sixième Dimanche après la Pentecôte :
« J'ai pitié de ce peuple » (Marc 8, 1-9)
Prière : Accordez-moi, ô mon Sauveur de Vous suivre constamment, avec fidélité et par amour. Etant avec Vous, qu'est-ce qui me manquera ? N'aurez-Vous pas compassion de moi, Vous qui êtes Tout-Puissant et la Bonté même ? Vous qui m'avez aimé d'un Amour si ancien, si durable et si désintéressé, d'un Amour si tendre, si généreux, et qui sera si magnifique dans la Récompense que Vous me donnerez, si je persévère à Vous être fidèle.
Résolution : Je suivrai Jésus-Christ ou son Amour L'a conduit ; je Le suivrai dans l'Etable, dans le Jardin des Oliviers, dans le Prétoire, sur le Calvaire, dans le Ciel et dans nos Temples ; je Le suivrai, afin qu'Il fasse entendre à mon cœur les Paroles de la Vie éternelle ; je Le suivrai, en imitant les vertus dont Il m'a donné l'Exemple ; je Le suivrai, en Le servant d'esprit ; je me souviendrai continuellement de Lui ; de cœur, je Lui rendrai tous les hommages de la Religion; par mes œuvres, aidé de la Grâce, je n'agirai que pour Le glorifier, accomplir sa Volonté et Lui plaire.
Sixième Lundi après la Pentecôte :
« Il y a déjà trois jours qu'ils sont avec moi, et ils n'ont rien à manger » (Marc 8, 1-9)
Prière : Ô Jésus, je me confie en Vous, Vous êtes mon Rédempteur et mon Sauveur ; comment n'espérerais-je pas que Vous me ferez Miséricorde, que Vous m'accorderez tout ce que Vous savez m'être nécessaire pour ma Sanctification et mon Salut ? Je Vous prie de donner à ma confiance les qualités qu'elle doit avoir, afin qu'elle Vous honore, et qu'elle me soit salutaire.
Résolution : Ma confiance en Dieu doit être ferme. Pour l'affermir dans mon cœur, je penserai qu'elle est appuyée sur la Bonté de Dieu, qui n’a point de bornes ; sur sa Fidélité dans ses Promesses, qui est parfaite, et sur les Mérites du Sang de Jésus-Christ, dont la valeur est infinie. Ma confiance en Dieu doit être vive ; afin de l'animer, je penserai que plus elle sera grande, plus elle honorera Dieu et sera digne de Lui. Ma confiance doit être accompagnée de fidélité à observer tout ce qui est de précepte, à me défier de moi-même, et à prier beaucoup. Sans cette fidélité, ma confiance serait présomptueuse et injurieuse à Dieu. Je dirai souvent : Trinité Sainte, Père, Fils, et Saint-Esprit, je me confie en Vous, que ma confiance Vous soit agréable, et me mérite le Ciel.
Sixième Mardi après la Pentecôte :
« Il y a déjà trois jours qu'ils demeurent continuellement avec moi » (Marc 8, 1-9)
Prière : Ô Jésus, demeurez toujours avec moi, afin que je demeure toujours avec Vous ; faites que je Vous sois toujours étroitement uni par le souvenir, par la charité et par de saintes affections ; remplissez-moi tellement de votre Esprit, que j'aie Vos pensées et Vos sentiments.
Résolution : Pour être constamment uni à Jésus-Christ mon divin Chef, je m'occuperai souvent de ce qu'Il est, de ce qu'Il a fait, enseigné et souffert, de ce qu'Il exige et désire de moi. J'aurai en horreur le péché mortel, qui éteindrait en moi la divine Charité ; et le péché véniel, qui L'affaiblirait. Je produirai souvent des Actes d'Amour de Jésus-Christ ; je m'appliquerai à agir avec les intentions et dans les dispositions de mon adorable Maître.
Sixième Mercredi après la Pentecôte :
« Quelques-uns d'entr'eux sont venus de loin » (Marc 8, 1-9)
Prière : Ô mon Sauveur, donnez- moi une sainte avidité pour votre Parole, qui est véritablement la Parole de Dieu. Les Ministres de votre Evangile me L'annoncent de Votre part ; ils sont comme Votre bouche qui nous instruit et nous exhorte. Cette divine Parole est encore enseignée dans les Saintes Écritures et dans les livres de Piété, qui les expliquent. Hélas ! Combien de fois ne L'ai-je pas entendue et lue sans en retirer aucun fruit ? Ne permettez point, ô mon Dieu, que cette Parole de Salut soit pour moi une parole de mort, au lieu d'être une Parole de Vie. Faites que, par mes saintes dispositions, elle augmente toujours en moi la Vie de la Grâce, et qu'elle me procure un jour la Vie de la Gloire.
Résolution : J'aurai un grand désir de nourrir mon âme du Pain de la Parole de Dieu ; j'écouterai ceux qui me L'annonceront, comme j'écouterais Jésus-Christ s'Il me parlait Lui-même en Personne ; je m'appliquerai ce qu'on me prêchera et ce que je lirai, comme si la Parole de Dieu n'était annoncée que pour moi seul ; je me hâterai de mettre en pratique ce que j'aurai lu et entendu ; je prierai Jésus-Christ de parler intérieurement à mon cœur, en même temps qu'on parlera extérieurement à mes oreilles.
Sixième Jeudi après la Pentecôte :
« Comment pourrait-on trouver dans ce désert assez de pain ? » (Marc 8, 1-9)
Prière : Ô Jésus, mon Sauveur, Vous êtes Tout-Puissant puisque Vous êtes Dieu ; les plus grands Miracles ne Vous coûtent rien. Qui vit jamais le Juste abandonné et périr de faim ? Si Vous éprouvez quelquefois Vos plus fidèles Serviteurs, c'est afin de leur donner occasion de se purifier de leurs fautes, et de mériter le Ciel en se soumettant à Vous, en recourant à votre Bonté avec confiance. Je vous dirai : Quand Vous me donneriez la mort, j'espérerais en Vous ; je m'abandonne à Vous.
Résolution : Lorsque je réciterai l'Oraison Dominicale, je serai attentif à ce que signifient ces Paroles : Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour, et j'attendrai avec confiance de la Bonté de Dieu, qui est mon Père, la nourriture corporelle et spirituelle dont Il sait que j'ai besoin. Je Le prierai d'avoir encore plus de soin de mon âme qui est immortelle, que de mon corps qui doit être réduit en poussière. Je lui dirai : ô Dieu, mon tendre Père, Vous voyez ma misère, je suis pauvre, refuserez-Vous l'aumône à Votre enfant ?
Sixième Vendredi après la Pentecôte :
« Il commanda au peuple de s'asseoir sur la terre » (Marc 8, 1-9)
Prière : Seigneur, accordez-moi les Grâces dont j'ai besoin pour sanctifier mes repas, et m'enrichir de mérites en faisant cette action grossière et animale qui est si périlleuse. Que j'ai sujet de m'humilier et de gémir de ce que j'ai négligé si souvent d'offrir à Dieu cette action que je fais tous les jours, plusieurs fois par jour, et de ce qu'il n'y a eu presque point de repas où je n'aie commis quelque péché en satisfaisant alors ma sensualité, ou en m'affligeant de n'avoir pas occasion de la satisfaire !
Résolution : Je n'oublierai point que c'est pour la Gloire de Dieu que je dois manger et boire, selon le grand Apôtre ; je regarderai la table comme un Autel où Dieu demande de moi que je Lui offre quelque sacrifice. Pour sanctifier mes repas, je me proposerai une fin surnaturelle, et je ne manquerai point de prier le Seigneur de bénir la nourriture qu'Il me donne dans sa Bonté ; je veillerai sur moi-même pour ne blesser en rien la tempérance et la mortification, et pour pratiquer ces vertus ; je remercierai le Seigneur, après mes repas, d'avoir donné la nourriture à mon corps, et je le supplierai de nourrir mon âme de sa Divine Parole et du Pain vivant descendu du Ciel, qui est au-dessus de toute substance.
Sixième Samedi après la Pentecôte :
« Il prit les sept pains... ils mangèrent et furent rassasiés » (Marc 8, 1-9)
Prière : Il n'y a que le Pain du Ciel qui puisse rassasier mon cœur. Ô Jésus ! Grâces infinies Vous soient rendues pendant l'Eternité, de ce que Vous reproduisez tous les jours sur les Autels dans tant d'endroits, par le ministère de vos Prêtres, votre Corps adorable pour être la Nourriture de vos fidèles Disciples. Que ce Pain céleste, qui est le Pain des Anges, le Pain de Vie, est précieux, délicieux, salutaire ! En Le recevant, c'est de Votre propre Substance que je nourris mon âme. Faites que je vive si Saintement, que je mérite de recevoir tous les jours ce Pain céleste.
Résolution : Je demanderai à Jésus-Christ qu'en venant en moi, Il me communique son Esprit, ses Vertus et l'abondance de ses Grâces. Je ne m'approcherai de la Table Sainte, où un Homme-Dieu se donne tout à moi, qu'après avoir purifié et orné mon cœur. Lorsque je L'aurai reçu, je goûterai le bonheur d'avoir en moi et à moi Jésus-Christ, en qui on trouve tout. Je m'offrirai entièrement à Lui, et je Lui rendrai avec amour tous les hommages de la Religion. Pendant la journée je serai pénétré d'étonnement et d'admiration de ce que Celui qui est le Pain des Bienheureux est devenu le Pain d'un misérable mortel qui a péché.
Ainsi soit-il.
Abbé Jean-Baptiste La Sausse (1740-1826) – « Doctrine de l'Évangile ou les Évangiles de l'année médités d'une manière affectueuse et pratique », Sixième Semaine après la Pentecôte, pages 194-202, chez Duprat-Duverger, 1810
Voir également de l’Abbé Jean-Baptiste Lasausse :
- La Prière de l’Abbé J-B Lasausse « Ô mon Dieu, je Vous consacre ma vie d'une manière qui Vous soit très-agréable »
- La Prière de l’Abbé La Sausse devant le Saint Sacrement « Ô Dieu de Charité, rallumez dans nos cœurs le flambeau de cet Amour divin »
- La Prière de désir du Royaume des Cieux de l’Abbé Jean-Baptiste La Sausse « Ô mon Dieu, je soupire après cette céleste Patrie »
- La Prière de l’Abbé Jean-Baptiste La Sausse à la Consécration sur l’Autel « Ô mon Sauveur, accordez-moi la Grâce de participer avec fruit à Votre auguste Sacrifice »
- La Prière de l’Abbé Jean-Baptiste La Sausse pour communier spirituellement « Ô mon aimable Sauveur, si je n'ai pas le bonheur aujourd'hui d'être nourri de votre Chair adorable »
- Les Prières et Résolutions pour chaque Jour de la Cinquième Semaine après la Pentecôte de l’Abbé Jean-Baptiste La Sausse « Enseignez-moi, ô mon Sauveur, la manière dont je dois observer votre Loi pour entrer dans le Royaume du Ciel »
- Les Prières et Résolutions pour chaque Jour de la Sixième Semaine après la Pentecôte de l’Abbé Jean-Baptiste La Sausse « Nourrissez-moi, ô mon Sauveur, du Pain vivant descendu du Ciel, qui est au-dessus de toute substance »