La Prière de Saint Grégoire de Nazianze contre l’orgueil « J’ai été déçu, ô mon Christ, pour avoir trop présumé » :

« J’ai été déçu, ô mon Christ, pour avoir trop présumé : des hauteurs je suis retombé au fond. Mais relève-moi maintenant, parce que je vois bien que je ne me suis égaré en moi seul ; si à nouveau je me fie trop à moi, je tomberai tout de suite, et la chute sera fatale. Amen. »

Saint Grégoire de Nazianze (329-390)

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Voir également sur Saint Grégoire de Nazianze :
La « Catéchèse de Benoît XVI du mercredi 8 août 2007 » sur Saint Grégoire de Nazianze
La « Catéchèse de Benoît XVI du mercredi 22 août 2007 » sur Saint Grégoire de Nazianze
La Prière à « L'Au-delà de Tout » de Saint Grégoire de Nazianze à Dieu le Père
La « Prière Trinitaire » de Saint Grégoire de Nazianze
La Prière contre l’orgueil « J’ai été déçu, ô mon Christ, pour avoir trop présumé » de Saint Grégoire de Nazianze
La Prière de Saint Grégoire de Nazianze « Reçois-moi, ô mon Sauveur ! Mais ma purification est si incomplète ! » à l’aube de la mort
La Prière du Matin de Saint Grégoire de Nazianze « Voici l’aurore, voici mes mains, Ô mon Dieu, je Te les donne »
La Prière du Soir de Saint Grégoire de Nazianze « Nous Te bénissons, triple Lumière » à la Sainte Trinité
La Prière des Béatitudes de Saint Grégoire de Nazianze « Heureux celui qui mène une vie solitaire »
La Prière Martyrs de Saint Grégoire de Nazianze « Prêtres, mères, enfants, imitons ces grands exemples »
La Prière de Saint Grégoire de Nazianze à Saint Athanase « Ô tête chère et sacrée, illustre et vénérable évêque »
La Prière de Saint Grégoire de Nazianze contre le malin « Tu es venu, malfaiteur : je reconnais tes pensées »
La Prière de Saint Grégoire de Nazianze « Seigneur, continue à me donner pour que je puisse partager »
L’Hymne du Soir de Saint Grégoire de Nazianze « Ô Dieu, que mon sommeil soit toujours habité de Ta présence »


LE PAPE BENOIT XVI CELEBRE L'EPIPHANIE

Saint Grégoire de Nazianze d’après la Catéchèse de Benoît XVI lors de son audience générale du mercredi 22 août 2007:

Chers frères et sœurs !

Dans le cadre des portraits des grands Pères et Docteurs de l'Eglise que je cherche à offrir dans ces catéchèses, j'ai parlé la dernière fois de Saint Grégoire de Nazianze, Evêque du IV siècle, et je voudrais aujourd'hui encore compléter ce portrait d'un grand maître. Nous chercherons aujourd'hui à recueillir certains de ses enseignements. En réfléchissant sur la mission que Dieu lui avait confiée, Saint Grégoire de Nazianze concluait : « J'ai été créé pour m'élever jusqu'à Dieu à travers mes actions » (Oratio 14, 6 de pauperum amore: PG 35, 865). De fait, Saint Grégoire de Nazianze plaça son talent d'écrivain et d'orateur au service de Dieu et de l'Eglise. Il rédigea de multiples discours, diverses homélies et panégyriques, de nombreuses lettres et œuvres poétiques (près de 18.000 vers !) : une activité vraiment prodigieuse. Il avait compris que telle était la mission que Dieu lui avait confiée : « Serviteur de la Parole, j'adhère au ministère de la Parole; que jamais je ne néglige ce bien. Cette vocation je l'apprécie et je la considère, j'en tire plus de joie que de toutes les autres choses mises ensemble » (Oratio 6, 5: SC 405, 134; cf. également Oratio 4, 10).

Saint Grégoire de Nazianze était un homme doux, et au cours de sa vie il chercha toujours à accomplir une oeuvre de paix dans l'Eglise de son temps, lacérée par les discordes et les hérésies. Avec audace évangélique, il s'efforça de surmonter sa timidité pour proclamer la vérité de la foi. Saint Grégoire de Nazianze ressentait profondément le désir de s'approcher de Dieu, de s'unir à Lui. C'est ce qu'il exprime lui-même dans l'une de ses poésies, où il écrit : parmi les « grands flots de la mer de la vie, / agitée ici et là par des vents impétueux, / ... / une seule chose m'était chère, constituait ma richesse, / mon réconfort et l'oubli des peines, / la lumière de la Sainte Trinité » (Carmina 2, 1, 15: PG 37, 1250sq.).

Saint Grégoire de Nazianze fit resplendir la lumière de la Trinité, en défendant la foi proclamée par le Concile de Nicée: un seul Dieu en trois personnes égales et distinctes - le Père, le Fils et l'Esprit Saint -, « triple lumière qui en une unique / splendeur se rassemble » (Hymne vespéral: Carmina 2, 1, 32: PG 37, 512). Dans le sillage de saint Paul (1 Co 8, 6), Grégoire affirme ensuite, « pour nous il y a un Dieu, le Père, dont tout procède; un Seigneur, Jésus Christ, à travers qui tout est; et un Esprit Saint en qui tout est » (Oratio 39, 12: SC 358, 172).

Saint Grégoire de Nazianze a profondément souligné la pleine humanité du Christ : pour racheter l'homme dans sa totalité, corps, âme et esprit, le Christ assuma toutes les composantes de la nature humaine, autrement l'homme n'aurait pas été sauvé. Contre l'hérésie d'Apollinaire, qui soutenait que Jésus Christ n'avait pas assumé une âme rationnelle, Saint Grégoire de Nazianze affronte le problème à la lumière du mystère du salut : « Ce qui n'a pas été assumé, n'a pas été guéri » (Ep 101, 32: SC 208, 50), et si le Christ n'avait pas été « doté d'une intelligence rationnelle, comment aurait-il pu être homme ? » (Ep 101, 34: SC 208, 50). C'était précisément notre intelligence, notre raison qui avait et qui a besoin de la relation, de la rencontre avec Dieu dans le Christ. En devenant homme, le Christ nous a donné la possibilité de devenir, à notre tour, comme Lui. Grégoire de Nazianze exhorte : « Cherchons à être comme le Christ, car le Christ est lui aussi devenu comme nous : cherchons à devenir des dieux grâce à Lui, du moment que Lui-même, par notre intermédiaire, est devenu homme. Il assuma le pire, pour nous faire don du meilleur » (Oratio 1, 5: SC 247, 78).

Marie, qui a donné la nature humaine au Christ, est la véritable Mère de Dieu (Theotókos: cf Ep. 101, 16: SC 208, 42, et en vue de sa très haute mission elle a été « pré-purifiée » (Oratio 38, 13: SC 358, 132, comme une sorte de lointain prélude du dogme de l'Immaculée Conception). Marie est proposée comme modèle aux chrétiens, en particulier aux vierges, et comme secours à invoquer dans les nécessités (cf. Oratio 24, 11: SC 282, 60-64).

Saint Grégoire de Nazianze nous rappelle que, comme personnes humaines, nous devons être solidaires les uns des autres. Il écrit : « Nous sommes tous un dans le Seigneur » (cf. Rm 12, 5) , riches et pauvres, esclaves et personnes libres, personnes saines et malades; et la tête dont tout dérive est unique : Jésus Christ. Et, comme le font les membres d'un seul corps, que chacun s'occupe de chacun, et tous de tous ». Ensuite, en faisant référence aux malades et aux personnes en difficulté, il conclut : « C'est notre unique salut pour notre chair et notre âme : la charité envers eux » (Oratio 14, 8 de pauperum amore: PG 35, 868ab). Saint Grégoire de Nazianze souligne que l'homme doit imiter la bonté et l'amour de Dieu, et il recommande donc : « Si tu es sain et riche, soulage les besoins de celui qui est malade et pauvre; si tu n'es pas tombé, secours celui qui a chuté et qui vit dans la souffrance; si tu es heureux, console celui qui est triste; si tu as de la chance, aide celui qui est poursuivi par le mauvais sort. Donne à Dieu une preuve de reconnaissance, car tu es l'un de ceux qui peuvent faire du bien, et non de ceux qui ont besoin d'en recevoir... Sois riche non seulement de biens, mais également de piété; pas seulement d'or, mais de vertus, ou mieux, uniquement de celle-ci. Dépasse la réputation de ton prochain en te montrant meilleur que tous; fais toi Dieu pour le malheureux, en imitant la miséricorde de Dieu » (Oratio 14, 26 de pauperum amore: PG 35, 892bc).

Saint Grégoire de Nazianze nous enseigne tout d'abord l'importance et la nécessité de la prière. Il affirme qu'il « est nécessaire de se rappeler de Dieu plus souvent que l'on respire » (Oratio 27, 4: PG 250, 78), car la prière est la rencontre de la soif de Dieu avec notre soif. Dieu a soif que nous ayons soif de Lui (cf. Oratio 40, 27: SC 358, 260). Dans la prière nous devons tourner notre coeur vers Dieu, pour nous remettre à Lui comme offrande à purifier et à transformer. Dans la prière nous voyons tout à la lumière du Christ, nous ôtons nos masques et nous nous plongeons dans la vérité et dans l'écoute de Dieu, en nourrissant le feu de l'amour.

Dans une poésie, qui est en même temps une méditation sur le but de la vie et une invocation implicite à Dieu, Grégoire écrit : « Tu as une tâche, mon âme, / une grande tâche si tu le veux. / Scrute-toi sérieusement, / ton être, ton destin; / d'où tu viens et où tu devras aller; / cherche à savoir si la vie que tu vis est vie / ou s'il y a quelque chose de plus. / Tu as une tâche, mon âme, / purifie donc ta vie : / considère, je te prie, Dieu et ses mystères, / recherche ce qu'il y avait avant cet univers / et ce qu'il est pour toi, / d'où il vient, et quel sera son destin. / Voilà ta tâche, /mon âme, / purifie donc ta vie » (Carmina 2, 1, 78: PG 37, 1425-1426). Le saint Evêque demande sans cesse de l'aide au Christ, pour être relevé et reprendre le chemin : « J’ai été déçu, ô mon Christ, pour avoir trop présumé : des hauteurs je suis retombé au fond. Mais relève-moi maintenant, parce que je vois bien que je ne me suis égaré en moi seul ; si à nouveau je me fie trop à moi, je tomberai tout de suite, et la chute sera fatale. Amen. »

Saint Grégoire de Nazianze a donc ressenti le besoin de s'approcher de Dieu pour surmonter la lassitude de son propre moi. Il a fait l'expérience de l'élan de l'âme, de la vivacité d'un esprit sensible et de l'instabilité du bonheur éphémère. Pour lui, dans le drame d'une vie sur laquelle pesait la conscience de sa propre faiblesse et de sa propre misère, l'expérience de l'amour de Dieu l'a toujours emporté. Ame, tu as une tâche - nous dit saint Grégoire à nous aussi - , la tâche de trouver la véritable lumière, de trouver la véritable élévation de ta vie. Et ta vie est de rencontrer Dieu, qui a soif de notre soif.

Benoît XVI



Voir également sur Saint Grégoire de Nazianze :
La « Catéchèse de Benoît XVI du mercredi 8 août 2007 » sur Saint Grégoire de Nazianze
La « Catéchèse de Benoît XVI du mercredi 22 août 2007 » sur Saint Grégoire de Nazianze
La Prière à « L'Au-delà de Tout » de Saint Grégoire de Nazianze à Dieu le Père
La « Prière Trinitaire » de Saint Grégoire de Nazianze
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La Prière du Matin de Saint Grégoire de Nazianze « Voici l’aurore, voici mes mains, Ô mon Dieu, je Te les donne »
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