Sainte « Messe de Saint Joseph » (Sancti Ioseph) :

1ère classe - Ornements blancs

« Saint Joseph, Époux de la Sainte Vierge, Patron de l'Église Universelle ».

« De Saint Joseph, l'Écriture nous dit sobrement que c'était « un homme juste ». Mais le rôle qu'il a été appelé à tenir nous aide à entrevoir la hauteur de cette « justice », c'est-à-dire de cette Sainteté dont Dieu l'avait marqué. Époux de la Vierge Marie, il eut un amour assez limpide pour La choisir et pour être aimé d'Elle, alors qu'Elle avait résolu d'être toute à Dieu. Père nourricier de Jésus, il montra une disponibilité parfaite pour entrer dans les vues de Dieu les plus déconcertantes à l'égard de son Fils. Plus encore, il fut cette image terrestre à laquelle Jésus put toujours se référer, pour nous révéler avec tant de vérité humaine le Cœur du Père qui est aux Cieux. Au cours des siècles, la confiance de l'Église envers Saint Joseph n’a fait que croître. Protecteur providentiel du Christ, il continue à être celui de son Corps mystique. Il semble porter spécialement sur les pauvres la sollicitude qu'il avait pour Jésus Lui-même. Le Bienheureux Pie IX l'a proclamé Patron de l'Église Universelle (1870).


INTROÏT : (Psaume 91, 13-14)
Les longues années que Joseph vécut dans la maison de Nazareth, près de l'Enfant Jésus, furent des années passées « dans la Maison du Seigneur » :

IUSTUS ut palma florébit : sicut cedrus Líbani multiplicábitur : plantátus in domo Dómini : in átriis domus Dei nostri.
LE JUSTE fleurira comme le palmier et il se multipliera comme le cèdre du Liban, planté dans la Maison du Seigneur, dans les parvis de la Maison de notre Dieu.

Ps. 91, 2 : Bonum est confitéri Dómino : et psállere nómini tuo, Altíssime.
Ps. 91, 2 : Il est bon de louer le Seigneur et de chanter votre Nom, ô Très-Haut.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « IUSTUS ut palma florébit » . Cette façon de répéter l'Introït s'observe pendant toute l'année.


COLLECTE :
La puissance du très saint Époux de la Mère de Dieu est pour l’Église un de ses plus fermes appuis ; dans la Collecte, couvrons-nous avec elle du crédit de son Intercession près du Fils et de la Mère :
SANCTISSIMÆ Genetrícis tuæ Sponsi, quǽsumus. Dómine, méritis adiuvémur : ut, quod possibílitas nostra non óbtinet, eius nobis intercessióne donétur : Qui vivis.
FAITES Seigneur, que les mérites de l’Époux de votre Mère très Sainte nous viennent en aide ; afin que les Grâces que nous ne pouvons obtenir par nous-mêmes nous soient accordées par son Intercession.


ÉPITRE : (Eccli. 45, 1-6)
Cette Lecture applique à Saint Joseph ce que le Livre de l'Ecclésiastique disait de Moïse, chef du peuple hébreu  :

Lecture du livre de l'Ecclésiastique

DILECTUS Deo et homínibus, cuius memória in benedictióne est. Símilem illum fecit in glória sanctórum, et magnificávit eum in timóre inimicórum, et in verbis suis monstra placávit. Gloríficávit illum in conspéctu regum, et iussit illi coram pópulo suo, et osténdit illi glóriam suam. In fide et lenitáte ipsíus sanctum fecit illum, et elégit eum ; ex omni carne. Audívit enim eum et vocem ipsíus, et indúxit illum in nubem. Et dedit illi coram præcépta, et legem vitæ et disciplínæ.
IL a été aimé de Dieu et des hommes ; sa mémoire est en bénédiction. Le Seigneur lui a donné une Gloire égale à celle des Saints ; Il l’a rendu grand et redoutable à ses ennemis, et Il a fait cesser les prodiges par ses Paroles. Il l’a glorifié en présence des rois, Il lui a donné Ses ordres devant son Peuple, et lui a montré sa Gloire. Il l’a sanctifié dans sa foi et dans sa douceur, et Il l’a choisi entre tous les hommes. Il l’a écouté et a entendu sa voix, et Il l’a fait entrer dans la nuée. Il lui a donné Ses préceptes face à Face, et la Loi de la vie et de la science.


GRADUEL : (Psaume 20, 4-5)
Le Graduel et le Trait viennent bien à la suite de l’Épître, pour chanter les augustes privilèges de l’homme qui, plus qu’aucun autre, a justifié ce verset du psaume : La Gloire et les Richesses sont dans Sa maison, et sa Justice demeure dans les siècles des siècles :
DOMINE, prævenísti eum in benedictiónibus dulcédinis : posuísti in cápite eius corónam de lápide pretióso.
SEIGNEUR, Vous l’avez prévenu des plus douces Bénédictions ; Vous avez mis sur sa tête une couronne de pierres précieuses.
V/. Vitam pétiit a te, et tribuísti ei longitúdinem diérum in sǽculum sǽculi.
V/. Il Vous a demandé la vie, et Vous lui avez accordé des jours qui dureront dans les siècles des siècles.


TRAIT : (Psaume 111, 1-3)
BEATUS vir, qui timet Dóminum : in mandátis eius cupit nimis.
HEUREUX l’homme qui craint le Seigneur et qui met ses délices dans ses Commandements.
V/. Potens in terra erit semen eius : generátio rectórum benedicétur
V/. Sa race sera puissante sur la terre ; la postérité des justes sera bénie.
V/. Glória et divítiæ in domo eius : et iustítia eius manet in sǽculum sǽculi.
V/. La gloire et les richesses sont dans sa maison, et sa justice demeure dans tous les siècles.


ÉVANGILE : (Matt. 1, 18-21)
Abraham avait cru contre toute espérance ; Joseph crut contre toute évidence et, sur la parole de l'ange, fit un acte de foi en l'Origine divine du Fils de Marie. « Joseph, qui se regardait comme pécheur, se disait qu'il était indigne de garder plus longtemps dans sa maison une femme dont l'excellence et la supériorité lui inspiraient la crainte. Il La voyait porter en Elle le Signe indubitable de la Présence divine ; incapable de comprendre le Mystère, il voulait La renvoyer » (Saint Bernard) :

+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Matthǽum
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Matthieu

CUM esset desponsáta Mater Iesu Maria Ioseph, ántequam convenírent, inventa est in útero habens de Spiritu Sancto. Ioseph autem, vir eius, cum esset iustus et nollet eam tradúcere, vóluit occúlte dimíttere eam. Hæc autem eo cogitánte, ecce, Angelus Dómini appáruit in somnis ei, dicens : Ioseph, fili David, noli timére accípere Maríam cóniugem tuam : quod enim in ea natum est, de Spíritu Sancto est. Páriet autem fílium, et vocábis nomen eius Iesum : ipse enim salvum fáciet pópulum suum a peccátis eórum.
MARIE, la Mère de Jésus, ayant été fiancée à Joseph, il se trouva, avant qu’ils eussent habité ensemble, qu’Elle avait conçu par la vertu du Saint-Esprit. Joseph, son mari, qui était juste et ne voulait pas La diffamer, se proposa de La répudier secrètement. Comme il était dans cette pensée, voici qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : « Joseph, fils de David, ne craint point de prendre chez toi Marie ton épouse, car Ce qui est conçu en Elle est du Saint-Esprit. Et Elle enfantera un Fils, et tu Lui donneras pour Nom Jésus, car Il sauvera son Peuple de ses péchés ».


OFFERTOIRE : (Psaume 88, 25)
Chantons, dans l’Offertoire, cette effusion des largesses divines élevant au-dessus de tous les rois ses aïeux l’humble artisan de Nazareth :
VERITAS mea et misericórdia mea cum ipso : et in nómine meo exaltábitur cornu eius.
MA Vérité et ma Miséricorde seront avec lui et par mon Nom s’élèvera sa puissance.


SECRÈTE :
Sachons avec l’Église, dans la Secrète, confier au bienheureux gardien de l’Enfant-Dieu la protection des Dons du Seigneur en nos âmes ; il nourrira Jésus en nous, et L’amènera à la mesure de l’homme parfait, comme il le fit il y a dix-huit siècles :
DEBITUM tibi, Dómine, nostræ réddimus servitútis, supplíciter exorántes : ut, suffrágiis beáti Ioseph, Sponsi Genetrícis Fílii tui Iesu Christi, Dómini nostri, in nobis tua múnera tueáris, ob cuius venerándam festivitátem laudis tibi hóstias immolámus. Per eúndem Dóminum nostrum.
SEIGNEUR, nous Vous rendons l’hommage de soumission qui Vous est dû, en Vous priant et en Vous suppliant : par les suffrages du Bienheureux Joseph, l’Époux de la Mère de votre Fils Jésus-Christ Notre-Seigneur, protégez en nous Vos propres Dons, car nous Vous immolons des hosties de louanges en sa Fête vénérable.


PRÉFACE de SAINT JOSEPH :
La Préface suivante est dite aux Messes festives et votives de Saint Joseph :
VERE dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus :
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de Vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant :

Et te in Festivitáte (Veneratióne) beáti Ioseph débitis magnificáre præcóniis, benedícere et prædicáre.
Et, en cette Fête (Vénération) du Bienheureux Joseph de magnifier comme il convient Vos grandeurs, de Vous bénir et de Vous proclamer.

Qui et vir iustus, a te Deíparæ Vírgini Sponsus est datus : et fidélis servus ac prudens, super Famíliam tuam est constitútus : ut Unigénitum tuum, Sancti Spíritus obumbratióne concéptum, paterna vice custodíret, Iesum Christum, Dóminum nostrum.
Lui, l’homme juste, que Vous avez donné pour Époux à la Mère de Dieu : lui, le fidèle et prudent serviteur, que Vous avez établi sur votre Famille : afin qu’il garde, comme un père, votre Fils conçu par l’opération du Saint-Esprit, Jésus-Christ, Notre-Seigneur.

Per quem maiestátem tuam laudant Angeli, adórant Dominatiónes, tremunt Potestátes. Cæli cælorúmque Virtútes ac beáta Séraphim sócia exsultatióne concélebrant. Cum quibus et nostras voces ut admítti iúbeas, deprecámur, súpplici confessióne dicentes.
Par Lui les Anges louent votre Majesté, les Dominations Vous adorent, les Puissances se prosternent en tremblant. Les Cieux, les Vertus des cieux et les bienheureux Séraphins la célèbrent, unis dans une même allégresse. A leurs chants, nous Vous prions, laissez se joindre aussi nos voix pour proclamer dans une humble louange.


COMMUNION : (Matthieu 1, 20)
« Le fait de prendre soin, de garder, demande bonté, demande d'être vécu avec tendresse. Dans les Evangiles, Saint joseph apparaît comme un homme fort, courageux, travailleur, mais dans son âme émerge une grande tendresse, qui n’est pas 1a vertu du faible. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, de la tendresse ! » (Pape François) :
IOSEPH, fili David, noli timére accípere Maríam cóniugem tuam : quod enim in ea natum est, de Spíritu Sancto est.
JOSEPH, fils de David, ne craint point de prendre chez toi Marie ton épouse, car Ce qui est conçu en Elle est du Saint-Esprit.


POSTCOMMUNION :
La Postcommunion exprime de nouveau la pensée qui déjà inspirait la Secrète : daigne Dieu remettre ses Dons, et Jésus même que nous venons de recevoir, à la garde si sûre du glorieux patriarche ! :
ADESTO nobis, quǽsumus, miséricors Deus : et, intercedénte pro nobis beáto Ioseph Confessóre, tua circa nos propitiátus dona custódi. Per Dóminum.
SOYEZ-NOUS présent, nous Vous en prions, Dieu de Miséricorde : et le Bienheureux Confesseur Joseph intercédant pour nous, conservez en nous les Dons de Votre faveur.


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe