Sainte « Messe de Minuit » de la Nativité du Seigneur (In Nativitate Domini ad primam Missam in nocte) :

1ère classe - Ornements blancs - Station à Sainte-Marie-Majeure à l'Autel de la Crèche
Cette Première Messe se célèbre à minuit dans la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, où l'on conserve des reliques de la crèche de Bethléem. Nous célébrons ainsi la Naissance historique du Fils de Dieu dans une étable de Judée, au cœur de la nuit. Tous les textes soulignent le contraste entre cet Enfant couché dans une crèche et ce qu'Il est : l'Admirable, le Prince de la Paix, le Père du monde à venir. II est né d'une humble Vierge du peuple juif, et Il est le Verbe de Dieu, la seconde Personne de la Sainte Trinité. II est enveloppé de langes, et Il est notre Sauveur.


INTROÏT : (Psaume 2, 7)
C'est sur un accent de certitude victorieuse que s'ouvre le Mystère de la Nativité du Sauveur :

DOMINUS DIXIT ad me : Fílius meus es tu, ego hódie génui te.
Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon Fils. C’est Moi qui T’engendre aujourd’hui »

Ps. 2, 1 : Quare fremuérunt gentes : et pópuli meditáti sunt inánia ?
Ps. 2, 1 : Pourquoi les nations ont-elles frémi ? Pourquoi les peuples ont-ils tramé de vains complots ?

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « DOMINUS DIXIT » . Cette façon de répéter l'introït s'observe pendant toute l'année.


COLLECTE :
Ces « Mystères de Lumière » que sont l'Incarnation et la Rédemption seront notre joie pour l'éternité :
Deus, qui hanc sacratíssimam noctem veri lúminis fecísti illustratióne claréscere : da, quǽsumus ; ut, cuius lucis mystéria in terra cognóvimus, eius quoque gáudiis in cælo perfruámur : Qui tecum vivit…
Seigneur Dieu, Vous avez illuminé cette Nuit sainte de l’éclat de la vraie Lumière : nous Vous en prions, faites que cette Lumière dont le Mystère nous est révélé sur la terre nous fasse goûter dans le Ciel la plénitude de la Joie.


ÉPITRE : (Saint Paul à Tite 2, 11-15)
Dieu « s'est manifesté » (en grec, épiphanie) : c'est une irruption de la Lumière divine dans notre monde plein de ténèbres et de péché, pour nous faire vivre et nous indiquer le chemin :

Lectio Epístolæ beati Páuli Apóstoli ad Titum
Lecture de l’Epître de Saint Paul à Tite

Caríssime : Appáruit grátia Dei Salvatóris nostri ómnibus homínibus, erúdiens nos, ut, abnegántes impietátem et sæculária desidéria, sóbrie et iuste et pie vivámus in hoc sǽculo, exspectántes beátam spem et advéntum glóriæ magni Dei et Salvatóris nostri Iesu Christi : qui dedit semetípsum pro nobis : ut nos redímeret ab omni iniquitáte, et mundáret sibi pópulum acceptábilem, sectatórem bonórum óperum. Hæc lóquere et exhortáre : in Christo Iesu, Dómino nostro.
Très cher ami : La Grâce de Dieu notre Sauveur s’est manifestée à tous les hommes ; nous enseignant à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, pour que nous vivions sobrement, et justement, et pieusement dans ce siècle, attendant la bienheureuse Espérance et l’Avènement de la Gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, qui s’est livré Lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire de nous un peuple purifié, agréable, et zélé pour les bonnes œuvres. Dis ces choses, et exhorte : dans le Christ Jésus, Notre-Seigneur.


GRADUEL : (Psaume 109, 3.1)
Les deux Psaumes 109 et 2 chantent la Naissance éternelle du Fils de Dieu :
Tecum princípium in die virtútis tuæ : in splendóribus Sanctórum, ex útero ante lucíferum génui te.
A Toi la Puissance au Jour de ton Triomphe ! Dans les splendeurs des Cieux, je T’ai engendré avant l’aurore du monde.

V/. Dixit Dóminus Dómino meo : Sede a dextris meis : donec ponam inimícos tuos, scabéllum pedum tuórum.
V/. Le Seigneur a dit à mon Seigneur : « Assieds-Toi à ma Droite, jusqu’à ce que j’écrase Tes ennemis sous Tes pieds. »


ALLÉLUIA : (Psaume 2, 7)
Allelúia, allelúia.
V/. Dóminus dixit ad me : Fílius meus es tu, ego hódie génui te. Allelúia.
V/. Venez, Seigneur, ne tardez plus ! Délivrez de ses péchés Israël votre Peuple. Alléluia.


ÉVANGILE : (Luc 2, 1-14)
« Un Sauveur nous est né, réjouissons-nous. Il ne peut y avoir de tristesse en ce Jour où naît la Vie ; Elle qui, dissipant la crainte de la mort, répand en nos âmes la Joie par la Promesse de l'éternité » (Saint Léon)
La Lecture de l’Évangile selon Saint Luc (II, 1-14), décrit la Naissance de Jésus au cœur de la nuit à Bethlehem. Le Saint-Esprit Lui-même a daigné commenter ce texte sacré par l’intermédiaire de l’évangéliste Saint Jean, et nous lirons ses Paroles aujourd’hui à la Troisième Messe. Toute autre explication humaine serait donc superflue. Jésus naît dans une étable, II érige son Trône et sa Chaire dans une mangeoire entre deux vils animaux. Viens, chrétien, agenouille-toi au pied de cette crèche. C’est de là que Jésus condamne ton faste, ton orgueil, ta sensualité, et t’apprend au contraire l’obéissance, l’humilité, la pénitence, la mortification :

+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Lucam
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Luc

In illo témpore : Exiit edíctum a Cǽsare Augústo, ut describerétur univérsus orbis. Hæc descríptio prima facta est a prǽside Sýriæ Cyríno : et ibant omnes ut profiteréntur sínguli in suam civitátem. Ascéndit autem et Ioseph a Galilǽa de civitáte Názareth, in Iudǽam in civitátem David, quæ vocatur Béthlehem : eo quod esset de domo et fámilia David, ut profiterétur cum María desponsáta sibi uxóre prægnánte. Factum est autem, cum essent ibi, impléti sunt dies, ut páreret. Et péperit fílium suum primogénitum, et pannis eum invólvit, et reclinávit eum in præsépio : quia non erat eis locus in diversório. Et pastóres erant in regióne eádem vigilántes, et custodiéntes vigílias noctis super gregem suum. Et ecce, Angelus Dómini stetit iuxta illos, et cláritas Dei circumfúlsit illos, et timuérunt timóre magno. Et dixit illis Angelus : Nolíte timére : ecce enim, evangelízo vobis gáudium magnum, quod erit omni pópulo : quia natus est vobis hódie Salvátor, qui est Christus Dóminus, in civitáte David. Et hoc vobis signum : Inveniétis infántem pannis involútum, et pósitum in præsépio. Et súbito facta est cum Angelo multitúdo milítiæ cæléstis, laudántium Deum et dicéntium : Glória in altíssimis Deo, et in terra pax hóminibus bonæ voluntátis.
En ce temps-là : Un édit de César Auguste fut publié, pour le recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s’appelle Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où Elle devait enfanter s’accomplit, et Elle mit au monde son Fils Premier-Né, L’emmaillota et Le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. Il y avait dans la même région des bergers qui vivaient aux champs et qui veillaient la nuit sur leur troupeau. Un ange du Seigneur parut auprès d’eux et la Gloire du Seigneur les enveloppa de clarté, et ils furent saisis d’une grande crainte. Mais l’ange leur dit : « Ne craignez point, car je vous annonce une Nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande Joie : Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ Seigneur. Et voici ce qui vous en sera le Signe : vous trouverez un Nouveau-Né emmailloté et couché dans une crèche. » Tout à coup se joignit à l’ange une troupe de la milice céleste, louant Dieu et disant : « Gloire, dans les hauteurs, à Dieu ! Et, sur terre, Paix chez les hommes de bonne volonté ! »


OFFERTOIRE : (Psaume 95, 11.13)
Le Verset d’offertoire est tiré du Psaume 95, où sont invités à se réjouir et les Cieux et la terre, parce que le Seigneur est venu. En effet, la Venue de Jésus sur la terre a consacré le monde, comme s’exprimait hier l’Église dans sa Liturgie. Cette Consécration se reflète aussi en partie sur les créatures sans raison et insensibles, soit parce que le Verbe incarné a voulu s’en servir durant Sa vie passible, soit encore parce que certaines d’entre elles, comme l’eau, le vin, le pain, l’huile, ont été élevées à la dignité de matière des divins Sacrements, et qu’en général toutes aident l’homme à la facile obtention de sa fin dernière surnaturelle :
Læténtur cæli et exsúltet terra ante fáciem Dómini : quóniam venit.
Les Cieux se réjouissent, la terre bondit de joie en Présence du Seigneur, parce qu’Il est venu.


SECRÈTE :
Admirable Échange : en s'incarnant, Dieu prend notre nature humaine et nous donne en retour une participation de sa Vie divine :
Accépta tibi sit, Dómine, quǽsumus, hodiérnæ festivitátis oblátio : ut, tua gratia largiénte, per hæc sacrosáncta commércia, in illíus inveniámur forma, in quo tecum est nostra substántia : Qui tecum vivit.
En ce Jour de Fête, Seigneur, rendez notre offrande digne de Vous. Et dans l’Échange infiniment Saint que réalise ce Sacrifice, accordez-nous la Grâce de ressembler au Christ Jésus, en qui notre nature humaine se trouve unie à Vous.


PRÉFACE DE LA NATIVITÉ :
La Préface suivante est dite :
a) comme Préface propre aux Messes de la Nativité du Seigneur et de son Octave, ainsi qu’à la Fête de la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie ;
b) comme Préface du Temps, pendant l’Octave de la Nativité du Seigneur, même aux Messes qui auraient une préface propre, excepté s’il s’agit d’une préface propre d’un mystère ou des Personnes divines ; et du 2 au 5 janvier :
Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus :
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de Vous rendre Grâces toujours et partout, Seigneur, Père Saint, Dieu Éternel et Tout-Puissant :

Quia per incarnáti Verbi mystérium, nova mentis nostræ oculis lux tuæ claritátis infulsit ut, dum visibíliter Deum cognóscimus, per hunc in invisibílium amórem rapiámur.
Car par le Mystère de l’Incarnation du Verbe un nouveau Rayon de Votre splendeur a brillé aux yeux de notre âme afin que, connaissant Dieu sous une forme visible nous soyons ravis par Lui en l’amour des choses invisibles.

Et ídeo cum Angelis et Archángelis, cum Thronis et Dominatiónibus, cumque omni milítia cæléstis exércitus, hymnum glóriæ tuæ cánimus, sine fine dicéntes.
C’est pourquoi, avec les Anges et les Archanges, avec les Trônes et les Dominations, avec la troupe entière de l’armée céleste, nous chantons une hymne à votre Gloire, redisant sans fin.


COMMUNION : (Psaume 109, 3)
Par la Communion et par la Grâce, le Père veut continuer d'engendrer son Fils éternel en notre âme :
In splendóribus Sanctórum, ex útero ante lucíferum génui te.
Dans les Splendeurs des Cieux, je T’ai engendré avant l’aurore du monde.


POSTCOMMUNION :
Après la Communion, l’Église, qui vient de s’unir au Dieu-Enfant par la participation de ses Mystères, chante encore une fois la Gloire de l’éternelle génération de ce Verbe divin qui est sorti du sein de son Père avant toute créature, et qui, cette nuit, a apparu au monde avant le lever de l’étoile du matin :
Da nobis, quǽsumus, Dómine, Deus noster : ut, qui Nativitátem Dómini nostri Iesu Christi mystériis nos frequentáre gaudémus ; dignis conversatiónibus ad eius mereámur per veníre consórtium : Qui tecum…
Nous avons la joie, Seigneur notre Dieu, de célébrer tous ensemble dans ces saints Mystères la Naissance de Notre Seigneur Jésus Christ : faites, nous Vous en prions, qu’au terme d’une vie sainte, nous méritions de partager sa Gloire.


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe