Sainte Messe « In Vigilia Nativitatis Domini » (Vigile de la Nativité du Seigneur) :

1ère classe - Ornements violets - Station à Sainte-Marie-Majeure
Cette Vigile si particulière est tout imprégnée de joie et d'émerveillement. L'Eglise attend son Sauveur avec une sainte impatience, Elle sait que demain Il sera là et que Son adorable Naissance se renouvellera dans les âmes fidèles. Ce Saint Jour est, en effet, un Jour de grâce et d’espérance, et nous devons Le passer dans une pieuse allégresse. L’Église, dérogeant à tous Ses usages habituels, veut que si la Vigile de Noël vient à tomber au Dimanche, le jeûne seul soit anticipé au samedi ; mais dans ce cas l’Office et la Messe de la Vigile l’emportent sur l’Office et la Messe du Quatrième Dimanche de l’Avent : tant ces dernières heures qui précèdent immédiatement la Nativité Lui semblent solennelles ! Dans les autres Fêtes, si importantes qu’elles soient, la Solennité ne commence qu’aux premières Vêpres ; jusque-là l’Église se tient dans le silence, et célèbre les divins Offices et le Sacrifice suivant le rite quadragésimal. Aujourd’hui, au contraire, dès le point du jour, à l’Office des Laudes, la grande Fête semble déjà commencer. L’intonation solennelle de cet Office matutinal annonce le rite Double ; et les Antiennes sont chantées avec pompe avant et après chaque Psaume ou Cantique. A la Messe, si l’on retient encore la couleur violette, du moins on ne fléchit plus les genoux comme dans les autres Fériés de l’Avent ; et il n’y a plus qu’une seule Collecte, au lieu des trois qui caractérisent une Messe moins solennelle. Entrons dans l’esprit de la sainte Église, et préparons-nous, dans toute la joie de nos cœurs, à aller au-devant du Sauveur qui vient à nous. Accomplissons fidèlement le jeûne qui doit alléger nos corps et faciliter notre marche ; et, dès le matin, songeons que nous ne nous étendrons plus sur notre couche que nous n’ayons vu naître, à l’Heure sacrée, Celui qui vient illuminer toute créature ; car c’est un devoir, pour tout fidèle enfant de l’Église Catholique, de célébrer avec Elle cette Nuit heureuse durant laquelle, malgré le refroidissement de la piété, l’univers entier veille encore à l’Arrivée de son Sauveur : dernier vestige de la piété des anciens jours, qui ne s’effacerait qu’au grand malheur de la terre.


INTROÏT : (Exode 16, 6-7)
Ce passage de l'Exode se rapporte à la Promesse de la manne faite par Moïse aux Hébreux dans le désert : cette Manne était le Symbole du Verbe Incarné, vrai Pain descendu du Ciel et véritable nourriture des hommes. Nous aussi, nous attendons notre Manne, Jésus-Christ, Pain de Vie, qui va naître dans Bethléhem, la Maison du Pain :

HODIE SCIETIS, quia véniet Dóminus et salvábit nos : et mane vidébitis glóriam eius.
Aujourd’hui, vous saurez que le Seigneur va venir et qu’Il nous sauvera. Et demain matin, vous Le verrez dans sa Gloire.

Ps. 23, 1 : Dómini est terra, et plenitúdo eius : orbis terrárum, et univérsi, qui hábitant in eo.
Ps. 23, 1 : Au Seigneur appartient la terre et tout ce qui la remplit, l’univers et tous ceux qui l’habitent.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « HODIE SCIETIS » . Cette façon de répéter l'introït s'observe pendant toute l'année. Pendant l'Avent, on ne dit pas le « Gloria in excelsis ».


COLLECTE :
Dans la Collecte, l’Église semble encore préoccupée de la Venue du Christ comme Juge ; mais c’est la dernière fois qu’elle fera allusion à ce dernier Avènement. Désormais, Elle sera toute à ce Roi pacifique, à cet Époux qui vient à Elle ; et Ses enfants doivent imiter sa Confiance :
Deus, qui nos redemptiónis nostræ ánnua exspectatióne lætíficas : præsta ; ut Unigénitum tuum, quem Redemptórem læti suscípimus, veniéntem quoque Iúdicem secúri videámus, Dóminum nostrum Iesum Christum, Fílium tuum : Qui tecum vivit et regnat.
Seigneur Dieu, Vous nous donnez chaque année la Joie d’attendre notre Rédemption. Et puisque c’est dans la Joie que nous accueillons votre Fils Unique, lorsqu’Il viendra nous racheter, accordez-nous de pouvoir encore Le regarder sans inquiétude, quand Il reviendra pour nous juger.


ÉPITRE : (Romains 1, 1-6)
En quelques lignes, Saint Paul nous dit qui est Celui qui vient : le Fils de Dieu et le Fils de David, Celui annoncé par les Prophètes. Par Lui, nous avons tout reçu :

Lectio Epístolæ beati Páuli Apóstoli ad Romános
Lecture de l’Epître de Saint Paul aux Romains

Paulus, servus Iesu Christi, vocátus Apóstolus, segregátus in Evangélium Dei, quod ante promíserat per Prophétas suos in Scriptúris sanctis de Fílio suo, qui factus est ei ex sémine David secúndum carnem : qui prædestinátus est Fílius Dei in virtúte secúndum spíritum sanctificatiónis ex resurrectióne mortuórum Iesu Christi, Dómini nostri : per quem accépimus grátiam, et apostolátum ad obœdiéndum fídei in ómnibus géntibus pro nómine eius, in quibus estis et vos vocáti Iesu Christi, Dómini nostri.
Paul, serviteur du Christ-Jésus, apôtre par son Appel, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu, Evangile que Dieu avait promis auparavant par ses Prophètes dans les Saintes Ecritures, touchant son Fils né de la postérité de David selon la chair, et déclaré Fils de Dieu miraculeusement, selon l’Esprit de Sainteté, par une Résurrection d’entre les morts, Jésus-Christ Notre-Seigneur, par qui nous avons reçu la Grâce et l’Apostolat, pour amener en son Nom à l’obéissance de la Foi tous les Gentils, du nombre desquels vous êtes, vous aussi, par Appel de Jésus-Christ.


GRADUEL : (Exode 16, 6-7 / Ps. 79, 2-3)
Le Répons-Graduel ajoute, au verset de l’Exode déjà récité à l’introït, le Psaume Messianique 79, répété bien des fois durant tout ce Temps de l’Avent. L’âme fidèle hâte de ses vœux l’Heure bienheureuse de la Parousie ; alors l’ancien Pasteur d’Israël, Celui qui guidait le docile Joseph à l’égal d’une brebis, apparaîtra à Son peuple et l’illuminera :
Hódie sciétis, quia véniet Dóminus et salvábit nos : et mane vidébitis glóriam eius
Aujourd’hui, vous saurez que le Seigneur va venir et qu’Il nous sauvera. Et demain matin, vous Le verrez dans sa Gloire.

V/. Qui regis Israël, inténde : qui dedúcis, velut ovem, Ioseph : qui sedes super Chérubim, appáre coram Ephraim, Béniamin, et Manásse.
V/. Ecoutez, Pasteur d’Israël, vous qui menez le Peuple de Joseph comme un berger son troupeau. Vous dont le Trône est porté par les Chérubins, montrez-Vous aux descendants d’Éphraïm, de Benjamin et de Manassé.


ALLÉLUIA :
On ne dit pas l’Allelúia ni son Verset, sauf si la Vigile tombe le Dimanche :
Allelúia, allelúia.
V/. Veni, Dómine, et noli tardáre : reláxa facínora plebis tuæ Israël. Allelúia.
V/. Demain sera détruit le péché du monde et sur nous régnera le Sauveur de l’Univers. Alléluia.


ÉVANGILE : (Matth, 1, 18–21)
Joseph apprend par un ange la Naissance Miraculeuse du Fils de Dieu : « Sa conduite est un témoignage en faveur de Marie. Connaissant la chasteté de son épouse et plein d'admiration pour ce qui se passe, il cache sous le voile du silence l'Événement dont il ne comprend point le Mystère » (Saint Jérôme) :

+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Matthǽum
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Mathieu

Cum esset desponsáta Mater Iesu Maria Ioseph, ántequam convenírent, inventa est in útero habens de Spiritu Sancto. Ioseph autem, vir eius, cum esset iustus et nollet eam tradúcere, vóluit occúlte dimíttere eam. Hæc autem eo cogitánte, ecce, Angelus Dómini appáruit in somnis ei, dicens : Ioseph, fili David, noli timére accípere Maríam cóniugem tuam : quod enim in ea natum est, de Spíritu Sancto est. Páriet autem fílium, et vocábis nomen eius Iesum : ipse enim salvum fáciet pópulum suum a peccátis eórum.
Marie, la Mère de Jésus, ayant été fiancée à Joseph, il se trouva, avant qu’ils eussent habité ensemble, qu’Elle avait conçu par la Vertu du Saint-Esprit. Joseph, son mari, qui était juste et ne voulait pas La diffamer, se proposa de La répudier secrètement. Comme il était dans cette pensée, voici qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : « Joseph, fils de David, ne craint point de prendre chez toi Marie ton épouse, car ce qui est conçu en Elle est du Saint-Esprit. Et Elle enfantera un Fils, et tu Lui donneras pour Nom Jésus, car Il sauvera son Peuple de ses péchés. »


OFFERTOIRE : (Psaume 23, 7)
Cet Enfant qui va naître dans une Crèche, c'est le Roi de Gloire qui nous fera entrer à sa Suite dans la Jérusalem Céleste :
Tóllite portas, principes, vestras : et elevámini, portæ æternáles, et introíbit Rex glóriæ.
Portes, relevez vos frontons ! Soulevez-vous, portails antiques, et le Roi de Gloire fera son Entrée.


SECRÈTE :
Da nobis, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, sicut adoránda Fílii tui natalítia prævenímus, sic eius múnera capiámus sempitérna gaudéntes : Qui tecum…
Dieu Tout Puissant, nous accourons dès aujourd’hui pour adorer la Naissance de votre Fils. Permettez-nous de recevoir avec la même joie les Dons éternels qu’Il nous apporte.


PRÉFACE DE L’AVENT :
La Préface suivante est dite pendant tout l’Avent, les Dimanches, les Féries, et les Fêtes auxquels une Préface propre n’est pas assignée, jusqu’à la Vigile de la Nativité du Seigneur incluse.
Vere dignum et iustum est, ǽquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus : per Christum Dóminum nostrum.
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre Salut, de Vous rendre Grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant, par le Christ notre Seigneur.

Quem pérdito hóminum géneri, Salvatórem miséricors et fidélis promisísti :
Lui qu’en votre Miséricorde et votre Fidélité Vous avez promis comme Sauveur au genre humain en perdition :

cuius véritas instruéret ínscios, sánctitas iustificáret ímpios, virtus adiuváret infírmos.
dont la Vérité instruirait les ignorants, dont la Sainteté justifierait les impies, dont la Force soutiendrait les faibles.

Dum ergo prope est ut véniat quem missúrus es, et dies affúlget liberatiónis nostræ, in hac promissiónum tuárum fide piis gáudiis exsultámus.
Maintenant donc qu’approche le moment où doit venir Celui que Vous allez envoyer et que luit déjà le jour de notre délivrance, confiants en vos Promesses, nous exultons de saintes joies.

Et ídeo cum Angelis et Archángelis, cum Thronis et Dominatiónibus, cumque omni milítia cæléstis exércitus, hymnum glóriæ tuæ cánimus, sine fine dicéntes :
C’est pourquoi, avec les Anges et les Archanges, avec les Trônes et les Dominations, avec la troupe entière de l’armée céleste, nous chantons une hymne à votre Gloire, redisant sans fin :


COMMUNION : (Isaïe 40, 5)
C'est par les yeux de la foi que nous voyons notre Sauveur sous les apparences de l'Hostie, comme Marie et les bergers devant l'Enfant de la crèche :
Revelábitur glória Dómini : et vidébit omnis caro salutáre Dei nostri.
La Seigneur apparaîtra dans sa Gloire et tout être vivant verra le Sauveur notre Dieu.


POSTCOMMUNION :
Dans la Collecte d’action de grâces après la Communion, l’humanité opprimée jadis pendant tant de siècles sous le joug honteux du péché, implore douloureusement la Grâce de prendre au moins un bref répit dans sa course vertigineuse vers l’éternité. Mais voici que l’Annonce de la Naissance prochaine du Libérateur lui dilate à l’improviste le cœur et l’ouvre aux plus douces espérances. Ce n’est plus le souffle oppressé du coupable et du condamné, mais le Battement du Cœur affectueux d’un Fils, qui, par l’efficacité du Mystère Eucharistique, sent déjà couler dans ses veines le Sang même du Verbe de Dieu Incarné :
Da nobis, quǽsumus, Dómine : unigéniti Fílii tui recensíta nativitáte respiráre ; cuius cælésti mystério páscimur et potámur. Per eúndem Dóminum.
Nous Vous en prions, Seigneur : en l’Anniversaire de la Nativité de votre Fils Unique, accordez-nous de reprendre vie, puisque déjà nous sommes nourris et abreuvés par son Mystère Céleste. Par…


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe