Sainte « Messe de Saint Pierre et Saint Paul Apôtres » (Ss. Petri et Pauli Apostolorum) :

1re classe - Ornements Rouges
Depuis le IIIème siècle au moins, l'Église unit dans une même Solennité la Fête de Saint Pierre et celle de Saint Paul. Pierre, pêcheur galiléen, frère d'André, fut choisi par le Christ comme chef des douze Apôtres comme pierre fondamentale de l’Eglise. Paul, né à Tarse en Cilicie d'une famille juive, persécuta d'abord les Chrétiens ; converti sur le chemin de Damas vers l'an 36, il prêcha le Christ pendant une trentaine d'années, fondant de nombreuses églises et affermissant, par ses Lettres, la foi de ces jeunes chrétientés. Pierre, c'est l'homme qui s'est écrié : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » et, un autre jour : « Seigneur, Tu sais tout, Tu sais bien que je T’aime ! » Et Paul de son côté, proclamait : « Je sais en qui je crois... Ma vie, c'est le Christ ». Cette foi et cet amour ont fait d’eux les Apôtres par excellence, Pierre surtout parmi les Juifs, Paul davantage parmi les païens. Toute la terre a retenti de leur Parole, ils ont été ces « Témoins qui se font égorger » pour le Christ. Après toutes sortes de tribulations, ils furent martyrisés à Rome, durant la persécution de Néron en 67 ; selon une ancienne tradition, Pierre, condamné au supplice de la croix, obtint d’être crucifié la tête en bas, en signe d'humilité ; Paul fut décapité. En versant ainsi leur sang, ils achevaient de « planter » l’Eglise. Après deux mille ans, ils restent nos Pères dans la foi, et le culte que nous leur rendons n’est qu'un reflet de leur Gloire immense dans le Ciel.


INTROÏT : (Acte des Apôtres 12, 11)

NUNC scio vere, quia misit Dóminus Angelum suum : et erípuit me de manu Heródis et de omni exspectatióne plebis Iudæórum.
Maintenant, je reconnais d’une manière certaine que le Seigneur a envoyé Son ange : qu’Il m’a arraché de la main d’Hérode et à toute l’attente du peuple juif.

Ps. 138, 1-2 : Dómine, probásti me et cognovísti me : tu cognovísti sessiónem meam et resurrectiónem meam.
Ps. 138, 1-2 : Seigneur, Vous m’avez sondé, et Vous me connaissez : Vous savez quand je m’assieds, et quand je me lève.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « NUNC » . Cette façon de répéter l'Introït s'observe pendant toute l'année.


COLLECTE :
La Collecte, qui revient terminer chacune des Heures de l’Office divin, est la formule principale de prière qu’emploie l’Église chaque jour. C’est dans cette formule solennelle qu’on doit chercher sa pensée. La suivante nous indique que l’Église entend bien célébrer conjointement aujourd’hui les deux Princes des Apôtres, et ne les pas séparer dans sa piété reconnaissante :
Deus, qui hodiérnam diem Apostolórum tuórum Petri et Pauli martýrio consecrásti : da Ecclésiæ tuæ, eórum in ómnibus sequi præcéptum ; per quos religiónis sumpsit exórdium. Per Dóminum nostrum.
Dieu, Vous avez consacré ce Jour par le martyre de vos Apôtres Saint Pierre et Saint Paul : faites la Grâce à votre Église de suivre en tout le précepte de ceux par qui la Religion a commencé.


LECTURE : (Actes des Apôtres 12, 1-11)
Pierre est en prison et toute l’Eglise prie pour lui, mais Dieu attend jusqu’au dernier moment pour opérer le Miracle  :

Léctio Actuum Apostolórum
Lecture des Actes des Apôtres

In diébus illis : Misit Heródes rex manus, ut afflígeret quosdam de ecclésia. Occidit autem Iacóbum fratrem Ioánnis gládio. Videns autem, quia placeret Iudǽis, appósuit, ut apprehénderet et Petrum. Erant autem dies azymórum. Quem cum apprehendísset, misit in cárcerem, tradens quatuor quaterniónibus mílitum custodiéndum, volens post Pascha prodúcere eum pópulo. Et Petrus quidem servabátur in cárcere. Orátio autem fiébat sine intermissióne ab ecclésia ad Deum pro eo. Cum autem productúrus eum esset Heródes, in ipsa nocte erat Petrus dórmiens inter duos mílites, vinctus caténis duábus : et custódes ante óstium custodiébant cárcerem. Et ecce, Angelus Dómini ástitit : et lumen refúlsit in habitáculo : percussóque látere Petri, excitávit eum, dicens : Surge velóciter. Et cecidérunt caténæ de mánibus eius. Dixit autem Angelus ad eum : Præcíngere, et cálcea te cáligas tuas. Et fecit sic. Et dixit illi : Circúmda tibi vestiméntum tuum, et séquere me. Et éxiens sequebátur eum, et nesciébat quia verum est, quod fiébat per Angelum : existimábat autem se visum vidére. Transeúntes autem primam et secundam custódiam, venérunt ad portam férream, quæ ducit ad civitátem : quæ ultro apérta est eis. Et exeúntes processérunt vicum unum : et contínuo discéssit Angelus ab eo. Et Petrus ad se revérsus, dixit : Nunc scio vere, quia misit Dóminus Angelum suum, et erípuit me de manu Heródis et de omni exspectatióne plebis Iudæórum.
En ces jours-là : le roi Hérode mit les mains sur quelques membres de l’Église, pour les maltraiter. Il fit mourir par le glaive Jacques, frère de Jean. Et voyant que cela plaisait aux Juifs, il fit aussi arrêter Pierre. C’étaient alors les jours des azymes. L’ayant donc fait arrêter, il le mit en prison, et le donna à garder à quatre escouades, de quatre soldats chacune, avec l’intention de le faire comparaître devant le peuple après la Pâque. Pierre était donc gardé dans la prison ; mais l’église faisait sans interruption des prières à Dieu pour lui. Or, la nuit même avant le jour où Hérode devait le faire comparaître, Pierre dormait entre deux soldats, lié de deux chaînes, et des gardes devant la porte gardaient la prison. Et voici qu’un ange du Seigneur apparut, et une lumière brilla dans la cellule ; et l’ange, touchant Pierre au côté, l’éveilla, en disant : Lève-toi vite. Et les chaînes tombèrent de ses mains. Et l’ange lui dit : mets ta ceinture, et chausse tes sandales. Il le fit. Et l’ange reprit : Enveloppe-toi de ton vêtement, et suis-moi. Pierre sortit et le suivit ; et il ne savait pas que ce qui se faisait par l’ange était véritable, mais il croyait voir une vision. Passant la première et la seconde garde, ils vinrent à la porte de fer qui conduit à la ville ; elle s’ouvrit d’elle-même devant eux, et étant sortis, ils s’avancèrent dans une rue ; et aussitôt l’ange le quitta. Alors Pierre, étant revenu à lui-même, dit : Maintenant je reconnais d’une manière certaine que le Seigneur a envoyé Son ange, et qu’Il m’a arraché à la main d’Hérode et à toute l’attente du peuple juif.


GRADUEL : (Psaume 44, 17-18)
Le Graduel chante la puissance promise dans l’épithalame sacré aux compagnons et fils de l’Époux ; eux aussi ont vu des fils nombreux remplacer les pères qu’ils avaient abandonnés pour suivre Jésus  :
Constítues eos príncipes super omnem terram : mémores erunt nóminis tui. Dómine.
Vous les établirez Princes sur toute la terre : ils se souviendront de votre Nom, de génération en génération, Seigneur.
V/. Pro pátribus tuis nati sunt tibi fílii : proptérea pópuli confítebúntur tibi.
V/. A la place de Vos pères, des fils Vous sont nés : c’est pourquoi les peuples Vous loueront.


ALLÉLUIA : (Matthieu 16, 18)
Le Verset alléluiatique célèbre la pierre qui porte l’Église, dans ce grand Jour qui La voit se fixer pour jamais en son lieu prédestiné  :
Allelúia, allelúia.
V/. Tu es Petrus, et super hanc petram ædificábo Ecclésiam meam. Allelúia.
V/. Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. Alléluia.


ÉVANGILE : (Matth. 16, 13-19)
A l’Évangile, nous sommes témoins du grand Jour de Césarée de Philippe, Jour où le Christ posa la pierre fondamentale de son Église :

+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Matthǽum
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Matthieu

In illo témpore : Venit Iesus in partes Cæsaréæ Philippi, et interrogábat discípulos suos, dicens : Quem dicunt hómines esse Fílium hóminis ? At illi dixérunt : Alii Ioánnem Baptístam, alii autem Elíam, álii vero Ieremíam aut unum ex Prophétis. Dicit illis Iesus : Vos autem quem me esse dícitis ? Respóndens Simon Petrus, dixit : Tu es Christus, Fílius Dei vivi. Respóndens autem Iesus, dixit ei : Beátus es, Simon Bar Iona : quia caro et sanguis non revelávit tibi, sed Pater meus, qui in cælis est. Et ego dico tibi, quia tu es Petrus, et super hanc petram ædificábo Ecclésiam meam, et portæ ínferi non prævalébunt advérsus eam. Et tibi dabo claves regni cælórum. Et quodcúmque ligáveris super terram, erit ligátum et in cælis : et quodcúmque sólveris super terram, erit solútum et in cælis.
En ce temps-là : Jésus vint aux environs de Césarée de Philippe, et Il interrogeait Ses disciples, en disant : Que disent les hommes touchant le Fils de l’homme ? Ils lui répondirent : Les uns, qu’Il est Jean-Baptiste ; les autres, Elie ; les autres, Jérémie, ou quelqu’un des prophètes. Jésus leur dit : Et vous, qui dites-vous que je suis. Simon-Pierre, prenant la parole, dit : Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus lui répondit : Tu es bienheureux, Simon, fils de Jonas, parce que ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les Cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre Elle. Et je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux ; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aussi dans les Cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les Cieux.


OFFERTOIRE : (Ps. 44, 17-18)
Constítues eos príncipes super omnem terram : mémores erunt nóminis tui, Dómine, in omni progénie et generatióne.
Vous les établirez Princes sur toute la terre : ils se souviendront de votre Nom, de génération en génération.


SECRÈTE :
Hóstias, Dómine, quas nómini tuo sacrándas offérimus, apostólica prosequátur orátio : per quam nos expiári tríbuas et deféndi. Per Dóminum.
Ces hosties que nous Vous offrons, Seigneur, comme devant être consacrées à la Gloire de votre Nom, qu’elles soient accompagnées de la prière de vos Apôtres en raison de laquelle Vous nous accorderez Pardon et Protection.


PRÉFACE des APÔTRES :
La Préface suivante est dite aux Messes festives et votives des Apôtres et des Évangélistes :

Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, Te, Dómine, supplíciter exoráre, ut gregem tuum Pastor ætérne non déseras :
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre Salut, que de Vous supplier humblement, Seigneur, de ne pas abandonner, ô Pasteur éternel, votre Troupeau :
Sed per beátos Apóstolos tuos contínua protectióne custódias : Ut iísdem rectóribus gubernétur, quos óperis tui vicários eídem contulísti præésse pastóres.
Mais, par Vos bienheureux Apôtres, gardez-le sous Votre perpétuelle Protection : afin qu’il soit sans cesse gouverné par ces mêmes guides que, chargés comme vicaires de perpétuer votre Œuvre, Vous avez établis sur lui en qualité de pasteurs.
Et ídeo cum Angelís et Archángelis, cum Thronis et Dominatiónibus, cumque omni milítia cæléstis exércitus, hymnum glóriæ tuæ cánimus, sine fine dicéntes.
C’est pourquoi, avec les Anges et les Archanges, avec les Trônes et les Dominations, avec la troupe entière de l’armée céleste, nous chantons une hymne à votre Gloire, redisant sans fin…


COMMUNION : (Matthieu 16, 18)
A la Communion, chacun de nous est Pierre, un rocher sur lequel le Seigneur veut bâtir son Église :
Tu es Petrus, et super hanc petram aedificabo Ecclésiam meam.
Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église


POSTCOMMUNION :
Quos cælésti, Dómine, alimento satiásti : apostólicis intercessiónibus ab omni adversitáte custódi. Per Dóminum nostrum.
Seigneur, par l’intercession de vos Apôtres, défendez contre toute adversité ceux que Vous avez nourris de l’Aliment céleste.


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe