Sainte « Messe du Dixième Dimanche après la Pentecôte » (Dominica Decima post Pentecosten) :


2ème classe - Ornements Verts

« Ô Dieu, je Vous rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes... Ô Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur ! »

La Liturgie de ce Dimanche nous parle de la véritable humilité, laquelle consiste à attribuer à Dieu tous les dons que nous avons reçus (Épître), comme tout le bien que nous pouvons faire (Évangile), sans juger les autres ni se comparer à eux ; car « Dieu seul sait ce que valent et surtout ce que vaudront les âmes pendant l'Éternité. Il fut un temps où Sainte Madeleine ne valait pas cher, et un temps où Judas était bon… Le Juste donc ne se compare à personne et ne méprise personne. Il sait que la Justice est un Don de Dieu, et qu'on La perd dès qu’on devient orgueilleux. Alors, il se tient humble devant Dieu, Lui demandant tous les jours la Grâce, qui Seule peut le conserver dans la Justice » (Père Emmanuel). Les chants nous disent combien Dieu accueille avec Miséricorde ceux qui se repentent humblement et reviennent à Lui avec confiance.


INTROÏT : (Psaume 54, 17-23)
L’Introït est particulièrement triste. Le Psaume 54 est un des Psaumes de Prière les plus désolés. C’est ce Psaume qui contient la prédiction de la trahison de Judas. Ces sombres accents du Psaume s’éclairent par la Parole consolante de notre Mère l’Église dans l’antienne. L’Église a l’expérience des siècles. Songeons à tous les pays où l’on persécute la Religion Catholique :

Cum clamárem ad Dóminum, exaudívit vocem meam, ab his, qui appropínquant mihi : et humiliávit eos, qui est ante sǽcula et manet in ætérnum : iacta cogitátum tuum in Dómino, et ipse te enútriet.
Lorsque je criais vers le Seigneur, Il a exaucé ma voix, me mettant à l’abri de ceux qui m’assiégeaient. Il les a humiliés, Lui qui est avant tous les siècles et demeure à jamais. Jetez vos préoccupations aux mains du Seigneur, et Lui-même vous nourrira.

Ps. 54, 2 : Exáudi, Deus, oratiónem meam, et ne despéxeris deprecatiónem meam : inténde mihi et exáudi me.
Ps. 54, 2 : Exaucez, ô Dieu, ma prière et ne méprisez pas ma supplication, écoutez-moi et exaucez-moi.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « Cum clamárem ad Dóminum » . Cette façon de répéter l'Introït s'observe pendant toute l'année.


COLLECTE :
La conversion d'un pécheur « est une œuvre plus grande que la création du ciel et de la terre » (Saint Augustin) :
Deus, qui omnipoténtiam tuam parcéndo máxime et miserándo maniféstas : multíplica super nos misericórdiam tuam ; ut, ad tua promíssa curréntes, cæléstium bonórum fácias esse consórtes. Per Dóminum.
Ô Dieu, qui montrez particulièrement votre Toute Puissance en pardonnant et en compatissant, multipliez sur nous votre Miséricorde, afin qu’après avoir recherché les Biens que Vous avez promis, nous soyons rendus participants de ces Biens dans le Ciel.


ÉPITRE : (1. Cor. 12, 2-11)
Dieu départit ses Dons en vue du bien de tous ; leur diversité manifeste la richesse de son Esprit dans une communauté. Tout homme est vraiment, selon Saint Irénée, « le réceptacle des Dons divins »  :

Léctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Corinthios
Lecture de l’Épître du Bienheureux Apôtre Paul aux Corinthiens

Fratres : Scitis, quóniam, cum gentes essétis, ad simulácra muta prout ducebámini eúntes. Ideo notum vobisfacio, quod nemo in Spíritu Dei loquens, dicit anáthema Iesu. Et nemo potest dícere, Dóminus Iesus, nisi in Spíritu Sancto. Divisiónes vero gratiárum sunt, idem autem Spíritus. Et divisiónes ministratiónum sunt, idem autem Dóminus. Et divisiónes operatiónum sunt, idem vero Deus, qui operátur ómnia in ómnibus. Unicuíque autem datur manifestátio Spíritus ad utilitátem. Alii quidem per Spíritum datur sermo sapiéntiæ álii autem sermo sciéntiæ secúndum eúndem Spíritum : álteri fides in eódem Spíritu : álii grátia sanitátum in uno Spíritu : álii operátio virtútum, álii prophétia, álii discrétio spirítuum, álii génera linguárum, álii interpretátio sermónum. Hæc autem ómnia operátur unus atque idem Spíritus, dívidens síngulis, prout vult.
Mes frères, vous savez que, lorsque vous étiez païens, vous vous laissiez entraîner vers les idoles muettes, selon qu’on vous menait. C’est pourquoi je vous déclare que personne, parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus ; et personne ne peut dire : ‘Seigneur Jésus’, si ce n’est par Esprit-Saint. Sans doute il y a diversité de Grâces ; mais il n’y a qu’un même Esprit. Il y a diversité de Ministères ; mais il n’y a qu’un même Seigneur. Et il y a aussi diversité d’opérations ; mais il n’y a qu’un même Dieu, qui opère tout en tous. Or la Manifestation de l’Esprit est donnée à chacun pour l’utilité commune. En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une Parole de Sagesse ; à un autre, une Parole de Science, selon le même Esprit ; à un autre la Foi, par le même Esprit ; à un autre, la Grâce des guérisons par le même Esprit ; à un autre, le Don d’opérer des Miracles ; à un autre, la Prophétie ; à un autre, le Discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l’interprétation des langues. Or c’est un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses, les distribuant à chacun comme Il veut.


GRADUEL : (Psaume 16, 8.2)
Nous sommes venus à l’Église. Or Dieu nous couvre de Ses ailes pour nous protéger ; nous sommes chers au Seigneur, comme la prunelle de Son œil  :
Custódi me, Dómine, ut pupíllam óculi : sub umbra alárum tuárum prótege me.
Défendez-moi, Seigneur, comme la prunelle de l’œil, protégez-moi à l’ombre de Vos ailes.
V/. De vultu tuo iudícium meum pródeat : óculi tui vídeant æquitátem.
V/. Que mon jugement procède de votre Face ; que Vos yeux voient dans l’équité.


ALLÉLUIA : (Psaume 64, 2)
Allelúia, allelúia.
V/. Te decet hymnus, De us, in Sion : et tibi redde tu votum in Ierúsalem. Allelúia.
V/. L’hymne de louange Vous est due, ô Dieu, dans Sion, et on Vous rendra des vœux dans Jérusalem. Alléluia.


ÉVANGILE : (selon Saint Luc 18, 9-14)
L'humilité attire la miséricorde, l'orgueil au contraire la détourne. « Le publicain se tenait à distance, et pourtant il s'approche de Dieu ; les reproches de son cœur l'en éloignaient, mais son amour le rapproche de Dieu et le Seigneur s'approche de lui pour l'écouter ... Sa conscience l'abaisse, mais l'espérance le soulève » (Saint Augustin) :

+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Lucam
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Luc

In illo témpore : Dixit Iesus ad quosdam, qui in se confidébant tamquam iusti et aspernabántur céteros, parábolam istam : Duo hómines ascendérunt in templum, ut orárent : unus pharisǽus, et alter publicánus. Pharisǽus stans, hæc apud se orábat : Deus, grátias ago tibi, quia non sum sicut céteri hóminum : raptóres, iniústi, adúlteri : velut étiam hic publicánus. Ieiúno bis in sábbato : décimas do ómnium, quæ possídeo. Et publicánus a longe stans nolébat nec óculos ad cælum leváre : sed percutiébat pectus suum, dicens : Deus, propítius esto mihi peccatóri.Dico vobis : descéndit hic iustificátus in domum suam ab illo : quia omnis qui se exáltat, humiliábitur : et qui se humíliat, exaltábitur.
En ce temps-là, Jésus dit cette Parabole à quelques-uns qui se confiaient en eux-mêmes, comme étant justes, et qui méprisaient les autres : Deux hommes montèrent au Temple pour prier ; l’un était pharisien, et l’autre publicain. Le pharisien, se tenant debout, priait ainsi en lui-même : Ô Dieu, je Vous rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, injustes, adultères, ni même comme ce publicain. Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. Et le publicain, se tenant éloigné, n’osait pas même lever les yeux au Ciel ; mais il frappait sa poitrine, en disant : Ô Dieu, ayez pitié de moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison Justifié, plutôt que l’autre ; car quiconque s’élève sera humilié, et quiconque s’humilie sera élevé.


OFFERTOIRE : (Psaume 24, 1-3)
Comme pour le publicain, « c'est l'Humilité qui donne à l'Église la confiance dont Elle fait preuve. Plus, en effet, cette Vertu fait sentir à l’homme sa faiblesse, plus Elle lui montre en même temps la Puissance de Dieu qui se tient toujours prêt à sauver ceux qui L'invoquent » (Dom Guéranger) :
Ad te, Dómine, levávi ánimam meam : Deus meus, in te confído, non erubéscam : neque irrídeant me inimíci mei : étenim univérsi, qui te exspéctant, non confundéntur.
Vers Vous, Seigneur, j’ai élevé mon âme ; mon Dieu, je mets ma confiance en Vous, que je n’aie pas à rougir. Et que mes ennemis ne se moquent point de moi, car tous ceux qui espèrent en Vous, ne seront pas confondus.


SECRÈTE :
La Messe est à la fois le suprême honneur qui puisse se rendre à la divine Majesté, et le remède souverain de nos misères. C’est ce qu’exprime la Secrète :
Tibi, Dómine, sacrifícia dicáta reddántur : quæ sic ad honórem nóminis tui deferénda tribuísti, ut eadem remédia fíeri nostra præstáres. Per Dóminum.
Qu’ils Vous rendent gloire, Seigneur, les sacrifices qui Vous sont dédiés et que Vous nous avez accordé d’offrir à l’honneur de votre Nom, afin qu’ils deviennent aussi des remèdes pour nos âmes.


PRÉFACE de la SAINTE TRINITÉ :
La Préface suivante est dite :

Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine sancte, Pater omnípotens, ætérne Deus.
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de Vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père Saint, Dieu Éternel et Tout-Puissant.
Qui cum Unigénito Fílio tuo et Spíritu Sancto unus es Deus, unus es Dóminus : non in uníus singularitáte persónæ, sed in uníus Trinitáte substántiæ.
Avec votre Fils Unique, et le Saint-Esprit, Vous êtes un seul Dieu, Un seul Seigneur, non dans l’unité d’une seule personne, mais dans la Trinité d’une seule substance.
Quod enim de tua glória, revelánte te, crédimus, hoc de Fílio tuo, hoc de Spíritu Sancto, sine discretióne sentímus.
Car ce que nous croyons au sujet de votre Gloire, sur la foi de votre Révélation, de votre Fils et du Saint-Esprit, nous le croyons aussi, sans aucune différence.
Ut, in confessióne veræ sempiternǽque Deitátis, et in persónis propríetas, et in esséntia únitas, et in maiestáte adorétur æquálitas.
En sorte que, confessant la vraie et éternelle Divinité, nous adorons et la propriété dans les Personnes et l’Unité dans l’essence et l’égalité dans la Majesté.
Quam laudant Angeli atque Archángeli, Chérubim quoque ac Séraphim, qui non cessant clamáre cotídie, una voce dicéntes :
C’est Elle que louent les Anges et les Archanges, les Chérubins avec les Séraphins, qui ne cessent chaque jour de chanter en disant d’une voix unanime :


COMMUNION : (Psaume 50, 21)
Par la Communion, nous nous unissons au « Sacrifice de Justice » du Christ, Tout-Puissant sur le Cœur de Dieu :
Acceptábis sacrificium iustítiæ, oblatiónes et holocáusta, super altáre tuum, Dómine.
Vous agréerez, Seigneur, un Sacrifice de Justice, les oblations et les holocaustes sur votre Autel.


POSTCOMMUNION :
Les Secours de Dieu, ce sont ses Grâces, sa Miséricorde, son Pardon ... :
Quǽsumus, Dómine, Deus noster : ut, quos divínis reparáre non désinis sacraméntis, tuis non destítuas benígnus auxíliis. Per Dóminum nostrum.
Nous Vous en supplions, Seigneur, notre Dieu, dans votre Bonté, ne privez pas de votre Secours ceux que Vous ne cessez de fortifier au moyen de Vos divins Sacrements.


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe



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Voir également sur la Parabole du Pharisien et du Publicain (Luc 19, 41-47) :
- La Méditation « Ô Jésus, Modèle parfait d'Humilité, donnez-moi cette Vertu » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Prière sur l’Humilité du Publicain en Prière d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Dieu, rendez-moi Humble dans ma piété et dans les actes de ma dévotion »
- Les Prières et Résolutions pour chaque Jour de la Semaine du Xe Dimanche après la Pentecôte de l’Abbé Jean-Baptiste La Sausse « Seigneur, ayez pitié de moi, donnez-moi le cœur d'un vrai Pénitent »
- La Prière d’un humble pécheur du R. P. Luis de la Puente « Ô mon Seigneur, transformez-moi comme le Publicain en un vrai Pénitent agréable à Vos yeux »
- Le Sermon sur la « Parabole du Pharisien et du Publicain » de Monsieur l’abbé Georges de Nantes