Sainte Messe du « Dominica Prima Adventus » (1er Dimanche de l’Avent) :

1ère classe - Ornements violet - Station à Sainte Marie Majeure
Le mot « Avent » vient du latin « Adventus » qui veut dire « Venue », « Avènement ». C’est le Temps de l’attente et du désir de Dieu, d’être sauvé et d’être avec Lui…que nous employons par la prière et la pénitence.
En ce Premier Dimanche de l'Avent, l'Église veut réveiller notre désir de Dieu et du Ciel, en nous mettant devant les yeux les perspectives de la fin du monde et du Jugement Dernier (Evangile). Notre vraie richesse, c'est notre attente des Biens futurs. Ainsi le Temps de l'Avent semble plus propice que nul autre pour réveiller en nous cette spiritualité de l'attente où, malgré le bruit à l'entour, rien ne devras distraire notre âme de son face-à-Face avec Dieu. La Messe « Ad te levavi » d’aujourd’hui, la Première que nous célébrions au seuil de l’année nouvelle, nous offre dans ses textes trois choses : un message d’Avent (Évangile), un avertissement d’Avent (Épître) et des prières d’Avent (Introït, Oraisons). Nous entrons dans la Maison de Dieu. Là, vient à notre rencontre la Mère de Dieu qui prépare déjà la Crèche dans laquelle Elle veut déposer le Fils de Dieu. L’église de station est Sainte-Marie-Majeure à la Crèche (dans l’église de station, le Saint de la station vient à notre rencontre). Quel beau symbole ! Aujourd’hui, au premier jour de la préparation à Noël, nous voyons déjà Marie auprès de la Crèche. La Mère de Dieu nous introduit alors au Saint Sacrifice, Elle nous parle et dicte notre prière. Quels accents d’une beauté profonde n’a pas l’Introït dans sa bouche : « J’élève mon âme vers Toi, mon Dieu, en Toi, j’ai confiance... car personne n’est confondu quand il T’attend ». Mieux que personne, la Mère de Dieu peut nous apprendre à prier, à désirer.

INTROÏT : (Psaume 24, 1-4)
Pendant que le Prêtre se rend à l’Autel pour célébrer le Sacrifice, l’Église débute par ce beau chant qui montre si bien sa confiance d’épouse ; répétons-le avec Elle, du fond de notre cœur ; car le Sauveur viendra à nous dans la mesure que nous l’aurons désiré, et fidèlement attendu. Élever son âme pleine de reconnaissance et de confiance vers Dieu, voilà la Prière qui plaît au Seigneur :
Ad te levávi ánimam meam : Deus meus, in te confíde, non erubéscam : neque irrídeant me inimíci mei : étenim univérsi, qui te exspéctant, non confundéntur. Ps 24, 4 : Vias tuas, Dómine, demónstra mihi : et sémitas tuas édoce me.
Vers Vous l’élan de mon âme, ô mon Dieu ! En Vous ma confiance : que je n’aie pas à en rougir et que mes ennemis ne puissent pas se moquer de moi car ceux qui comptent sur votre Venue ne seront pas déçus. Montrez-moi votre Chemin, Seigneur, et apprenez-moi à Le suivre.
V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « Ad te levavi » . Cette façon de répéter l'introït s'observe pendant toute l'année. Pendant l'Avent, on ne dit pas le « Gloria in excelsis ».

COLLECTE :
Tout au long de l'Année Liturgique, l'Église ne cessera de demander pour Ses enfants la libération du péché et le Salut.
Excita, quǽsumus, Dómine, poténtiam tuam, et veni : ut ab imminéntibus peccatórum nostrórum perículis, te mereámur protegénte éripi, te liberánte salvári : Qui vivis et regnas.
Réveillez votre Puissance, Seigneur et venez, pour que, dans le grand péril où nous sommes à cause de nos péchés, nous puissions trouver en Vous le Défenseur qui nous délivre et le Libérateur qui nous sauve.

ÉPITRE : (Rom. 13, 11–14)
Le Sauveur que nous attendons est donc le vêtement qui couvrira notre nudité. Admirons en cela la bonté de notre Dieu, qui, se souvenant que l’homme s’était caché après son péché, parce qu’il se sentait nu, veut bien lui servir lui-même de voile, et couvrir une si grande misère du manteau de sa divinité. Soyons donc attentifs au jour et à l’heure où il, viendra, et gardons-nous de nous laisser appesantir par le sommeil de l’habitude et de la mollesse. La lumière luira bientôt ; que ses premiers rayons éclairent notre justice, ou du moins notre repentir. Si le Sauveur vient couvrir nos péchés, afin qu’ils ne paraissent plus, nous, du moins, détruisons dans nos cœurs toute affection à ces mêmes péchés ; et qu’il ne soit pas dit que nous avons refusé le salut. Les dernières paroles de cette Épître se trouvèrent à l’ouverture du livre, quand saint Augustin, pressé depuis longtemps par la grâce divine de se donner à Dieu, voulut obéir à la voix qui lui disait : Tolle, lege ; prends, et lis. Elles décidèrent sa conversion ; il résolut tout à coup de rompre avec la vie des sens et de revêtir Jésus-Christ. Imitons son exemple en ce jour : soupirons ardemment après le cher et glorieux vêtement qui sera bientôt placé sur nos épaules par la miséricorde de notre Père céleste, et répétons avec l’Église ces touchantes paroles dont nous ne devons pas craindre de fatiguer l’oreille de notre Dieu. « Tout homme doit se préparer pour l'Avènement de notre Sauveur, afin de n'être pas trouvé par Lui encore esclave de ses instincts et empêtré dans les préoccupations du monde » (Saint Léon le Grand)
Lectio Epístolæ beati Páuli Apóstoli ad Romános
Lecture de l’Epître de Saint Paul aux Romains
Fratres : Scientes, quia hora est iam nos de somno súrgere. Nunc enim própior est nostra salus, quam cum credídimus. Nox præcéssit, dies autem appropinquávit. Abiciámus ergo ópera tenebrárum, et induámur arma lucis. Sicut in die honéste ambulémus : non in comessatiónibus et ebrietátibus, non in cubílibus et impudicítiis, non in contentióne et æmulatióne : sed induímini Dóminum Iesum Christum.
Mes Frères : vous savez en quel Temps nous sommes : c’est l’heure de nous réveiller enfin du sommeil ; car maintenant le Salut est plus près de nous que lorsque nous avons embrassé la foi. La nuit est avancée, et le jour approche. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la Lumière. Marchons honnêtement, comme en plein jour, ne nous laissant point aller aux excès de la table et du vin, à la luxure et à l’impudicité, aux querelles et aux jalousies. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et ne prenez pas soin de la chair, de manière à en exciter les convoitises.

GRADUEL : (Psaume 24, 3 et 4)
Dieu est venu parmi nous pour nous sauver et nous apprendre à revenir vers Lui
Univérsi, qui te exspéctant, non confundéntur, Dómine.
Ceux qui comptent sur votre Venue, Seigneur, ne seront pas déçus.
V/. Vias tuas, Dómine, notas fac mihi : et sémitas tuas édoce me.
V/. Montrez-moi votre Chemin, Seigneur, et apprenez-moi à Le suivre

ALLÉLUIA : (Psaume 84, 8)
Allelúia, allelúia.
V/. Osténde nobis, Dómine, misericórdiam tuam : et salutáre tuum da nobis. Allelúia. Allelúia, allelúia.
V/. Faite-nous voir votre Miséricorde, Seigneur, et donnez-nous votre Sauveur. Alléluia.

ÉVANGILE : (Luc 21, 25–33)
« Voyez le figuier et tous les arbres ... Si l'on connaît la proximité de l'été par les fruits des arbres, on peut de même reconnaître par la ruine du monde que le Royaume de Dieu est proche. C'est avec raison que le Royaume de Dieu est comparé à l'été car alors les nuages de notre tristesse passeront, et les jours de la vie brilleront de la clarté du Soleil éternel » (Saint Grégoire le Grand)
+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Lucam
+ Suite du Saint Évangile selon saint Luc
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Erunt signa in sole et luna et stellis, et in terris pressúra géntium præ confusióne sónitus maris et flúctuum : arescéntibus homínibus præ timóre et exspectatióne, quæ supervénient univérso orbi : nam virtútes cælórum movebúntur. Et tunc vidébunt Fílium hóminis veniéntem in nube cum potestáte magna et maiestáte. His autem fíeri incipiéntibus, respícite et leváte cápita vestra : quóniam appropínquat redémptio vestra. Et dixit illis similitúdinem : Vidéte ficúlneam et omnes árbores : cum prodúcunt iam ex se fructum, scitis, quóniam prope est æstas. Ita et vos, cum vidéritis hæc fíeri, scitóte, quóniam prope est regnum Dei. Amen, dico vobis, quia non præteríbit generátio hæc, donec ómnia fiant. Cælum et terra transíbunt : verba autem mea non transíbunt.
En ce Temps-là, Jésus dit à Ses disciples : « Il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les astres, et, sur la terre, une angoisse des nations inquiètes du fracas de la mer et de son agitation, les hommes expirant de frayeur et d’anxiété pour ce qui doit arriver à l’univers, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venant dans une nuée avec grande Puissance et grande Gloire. Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance approche ». Et Il leur dit une Parabole : « Voyez le figuier et tous les arbres : quand déjà ils bourgeonnent, à cette vue vous savez de vous-mêmes que déjà l’été est proche. Ainsi, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Royaume de Dieu est proche. Je vous le dis, en Vérité, cette génération ne passera point que toutes (ces) choses ne soient arrivées. Le ciel et la terre passeront, mais mes Paroles ne passeront point ».

OFFERTOIRE : (Psaume 24, 1-3)
C’est le propre de l'Espérance de tout attendre de Dieu au milieu même des épreuves
Ad te levávi ánimam meam : Deus meus, in te confído, non erubéscam : neque irrídeant me inimíci mei : étenim univérsi, qui te exspéctant, non confundéntur.
Vers Vous l’élan de mon âme, ô mon Dieu ! En Vous ma confiance : que je n’aie pas à en rougir et que mes ennemis ne puissent pas se moquer de moi car ceux qui comptent sur votre Venue ne seront pas déçus.

SECRÈTE :
Le « principe » de l’Eucharistie, c’est le Cœur de Dieu, son Amour miséricordieux
Hæc sacra nos, Dómine, poténti virtúte mundátos ad suum fáciant purióres veníre princípium. Per Dóminum nostrum.
Seigneur, que ces Offrandes sacrées exercent leur pouvoir pour nous purifier, et nous fassent approcher plus purs de Celui qui les a créées. Par…

PRÉFACE DE L’AVENT :
La Préface suivante est dite pendant tout l’Avent, les Dimanches, les Féries, et les Fêtes auxquels une Préface propre n’est pas assignée, jusqu’à la Vigile de la Nativité du Seigneur incluse.
Vere dignum et iustum est, ǽquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus : per Christum Dóminum nostrum.
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre Salut, de Vous rendre Grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant, par le Christ notre Seigneur.
Quem pérdito hóminum géneri, Salvatórem miséricors et fidélis promisísti :
Lui qu’en votre Miséricorde et votre Fidélité Vous avez promis comme Sauveur au genre humain en perdition :
cuius véritas instruéret ínscios, sánctitas iustificáret ímpios, virtus adiuváret infírmos.
dont la Vérité instruirait les ignorants, dont la Sainteté justifierait les impies, dont la Force soutiendrait les faibles.
Dum ergo prope est ut véniat quem missúrus es, et dies affúlget liberatiónis nostræ, in hac promissiónum tuárum fide piis gáudiis exsultámus.
Maintenant donc qu’approche le moment où doit venir Celui que Vous allez envoyer et que luit déjà le jour de notre délivrance, confiants en vos Promesses, nous exultons de saintes joies.
Et ídeo cum Angelis et Archángelis, cum Thronis et Dominatiónibus, cumque omni milítia cæléstis exércitus, hymnum glóriæ tuæ cánimus, sine fine dicéntes :
C’est pourquoi, avec les Anges et les Archanges, avec les Trônes et les Dominations, avec la troupe entière de l’armée céleste, nous chantons une hymne à votre Gloire, redisant sans fin :

COMMUNION : (Psaume 84, 13)
La Sainte Communion est le Bienfait de Dieu par excellence, le Fruit donné au monde par la Très Sainte Vierge Marie
Dóminus dabit benignitátem : et terra nostra dabit fructum suum.
Le Seigneur donnera sa Bénédiction, et notre terre produira son fruit.

POSTCOMMUNION :
C’est dans le Christ que nous recevons la Miséricorde de Dieu
Suscipiámus, Dómine, misericórdiam tuam in médio templi tui : ut reparatiónis nostræ ventúra sollémnia cóngruis honóribus præcedámus. Per Dóminum.
Puissions-nous, Seigneur, recevoir au milieu de votre Temple votre Miséricorde : et préparer avec toute la solennité qui convient les Fêtes prochaines de notre rédemption. Par…


La retransmission vidéo de la « Sainte Messe du Premier Dimanche de l’Avent » (Dominica Prima Adventus) célébrée en l'église Saint Nicolas du Chardonnet à Paris et prêchée par Monsieur l’abbé Pierpaolo Petrucci de la FSSPX en 2020 :



Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe