Sainte « Messe du 3ème Dimanche après Pâques » (Dominica Tertia post Pascha) :

2ème classe - Ornements Blancs
Les Textes de cette Messe nous parlent de la Joie : l'Église est dans la Joie parce que son Époux est ressuscité et nous a délivrés (Introït, Alléluia et Offertoire) ; « parce que celui qu'elle désire, elle le porte déjà en son cœur ; et parce que, en bonne éducatrice, elle veut que ses enfants adoptent les mœurs du paradis qui est le lieu de la joie sans mélange et de la louange ininterrompue. Cependant, ici-bas, le chant de l'Église, même dans l'allégresse pascale, reste teinté d'une douce tristesse (Évangile), parfois d'un gémissement, parce que l'épouse a reçu une blessure d'amour qui ne guérira qu’au Ciel, et qu'elle reste ici-bas comme une femme en travail de vie éternelle » (Dom Gérard).


« En vérité, je vous le dis : vous pleurerez tandis que le monde se réjouira ...Mais votre tristesse se changera en Joie »


INTROÏT : (Psaume 65, 1-2)
L’Introït est emprunté au Psaume 65, qui n’est qu’un hymne triomphal. « Élevez vers Dieu des cris de joie, vous tous sur la terre ; chantez à son Nom l’hymne de la rédemption universelle ; rendez glorieuse sa Louange » — voilà la splendeur de la Liturgie Catholique — exprimée, mieux qu’avec des paroles, dont Isaïe reprochera aux Juifs de se contenter, par les œuvres d’une vie sur laquelle se reflète la Gloire et la Sainteté du Christ Ressuscité :

IUBILATE DEO, omnis terra, allelúia : psalmum dícite nómini eius, allelúia : date glóriam laudi eius, allelúia, allelúia, allelúia.
Poussez vers Dieu des cris de joie, ô terre entière, alléluia ; chantez un hymne à son Nom, alléluia ; rendez glorieuse sa Louange, alléluia, alléluia, alléluia.

Ps. 65, 3 : Dícite Deo, quam terribília sunt ópera tua, Dómine ! in multitúdine virtútis tuæ mentiéntur tibi inimíci tui.
Ps. 65, 3 : Dites à Dieu, que vos Œuvres sont terribles, Seigneur. A cause de la Grandeur de votre Puissance, vos ennemis Vous adressent des hommages menteurs.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « IUBILATE DEO » . Cette façon de répéter l'Introït s'observe pendant toute l'année.


On dit le « Glória in Excélsis » ce Dimanche et les Dimanches suivants après Pâques, même quand on reprend en semaine la Messe du Dimanche précédent.


COLLECTE :
Dans la Collecte, on fait allusion à la sublimité de la Vocation Chrétienne et de la Sainteté éminente qu’exige cet état, lequel prend directement son Nom du Christ Lui-même. Demandons donc à Dieu par des vœux suppliants que, en vertu de cette Bonté même par laquelle Il a fait briller sur nous la Lumière de la Vérité, Il nous accorde, à nous et à tous ceux qui ont reçu le même Baptême, d’en réaliser aussi la signification :
Deus, qui errántibus, ut in viam possint redíre iustítiæ, veritátis tuæ lumen osténdis : da cunctis, qui christiána professióne censéntur, et illa respúere, quæ huic inimíca sunt nómini ; et ea, quæ sunt apta, sectári. Per Dóminum nostrum.
Ô Dieu, qui montrez à ceux qui errent la Lumière de votre Vérité, afin qu’ils puissent rentrer dans la Voie de la Justice : donnez à tous ceux qui sont placés dans les rangs de la profession chrétienne, la Grâce de rejeter tout ce qui est contraire à ce Nom, et d’embrasser tout ce qui Lui convient.


ÉPITRE : (Pierre 1. 2, 11-19)
Nous devons nous considérer ici-bas comme des étrangers et des voyageurs, habités toujours plus par le désir de la Patrie céleste, détachés des vains plaisirs de ce monde, attachés aux Commandements du Seigneur et à faire le bien : « Ô aimable et douce servitude de Dieu, dans laquelle l'homme retrouve la vraie Liberté et la Sainteté ! » (Imitation de Jésus-Christ)  :

Léctio Epístolæ beáti Petri Apóstoli
Lecture de l’Épître du Bienheureux Apôtre Pierre

Caríssimi : Obsecro vos tamquam ádvenas et peregrínos abstinére vos a carnálibus desidériis, quæ mílitant advérsus ánimam, conversatiónem vestram inter gentes habéntes bonam : ut in eo, quod detréctant de vobis tamquam de malefactóribus, ex bonis opéribus vos considerántes, gloríficent Deum in die visitatiónis. Subiécti ígitur estóte omni humánæ creatúræ propter Deum : sive regi, quasi præcellénti : sive dúcibus, tamquam ab eo missis ad vindíctam malefactórum, laudem vero bonórum : quia sic est volúntas Dei, ut benefaciéntes obmutéscere faciátis imprudéntium hóminum ignorántiam : quasi líberi, et non quasi velámen habéntes malítiæ libertátem, sed sicut servi Dei. Omnes honoráte : fraternitátem dilígite : Deum timéte : regem honorificáte Servi, súbditi estóte in omni timóre dóminis, non tantum bonis et modéstis, sed étiam dýscolis. Hæc est enim grátia : in Christo Iesu, Dómino nostro.
Mes bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs, à vous abstenir des désirs charnels qui combattent contre l’âme. Ayez une bonne conduite au milieu des païens, afin que, là même où ils vous calomnient comme des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres et glorifient Dieu au Jour de sa Visite. Soyez donc soumis à toute institution humaine, à cause de Dieu : soit au roi, comme au souverain, soit aux gouverneurs, comme étant envoyés par lui pour châtier les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien. Car c’est la Volonté de Dieu, qu’en faisant le bien vous réduisiez au silence l’ignorance des hommes insensés ; comme étant libres, non pour faire de la liberté une sorte de voile dont se couvre la méchanceté, mais comme des serviteurs de Dieu. Honorez tous les hommes ; aimez vos frères, craignez Dieu, honorez le roi. Serviteurs, soyez soumis en toute crainte à vos maîtres ; non seulement à ceux qui sont bons et humains, mais aussi à ceux qui sont difficiles. Car cela est agréable à Dieu ; en Jésus-Christ Notre-Seigneur.


ALLÉLUIA : (Ps 110, 9 ; Luc 24, 46)
Allelúia, allelúia.
V/. Redemptiónem misit Dóminus pópulo suo. Allelúia
V/. Le Seigneur a envoyé la délivrance à son Peuple. Allelúia
V/. Oportebat pati Christum, et resúrgere a mórtuis : et ita intráre in glóriam suam. Allelúia
V/. Il fallait que le Christ souffrît, et qu’Il ressuscitât d’entre les morts, et qu’Il entrât ainsi dans sa Gloire. Alléluia.


ÉVANGILE : (Jean 16, 16-22)
Ce « peu de temps », dont nous parle Jésus, nous paraît long parce qu’il est encore en train de s'écouler ; lorsqu'il sera fini, alors nous sentirons combien il a été court. Car notre vie ici-bas est un mystère d’enfantement ; mais le fruit de ce travail « sera sans fin, car rien ne saurait nous combler sinon ce qui est infini » (Saint Augustin)  :

+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Ioánnem.
+ Lecture du Saint Evangile selon saint Jean.

In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Módicum, et iam non vidébitis me : et íterum módicum, et vidébitis me : quia vado ad Patrem. Dixérunt ergo ex discípulis eius ad ínvicem : Quid est hoc, quod dicit nobis : Módicum, et non vidébitis me : et íterum módicum, et vidébitis me, et quia vado ad Patrem ? Dicébant ergo : Quid est hoc, quod dicit : Modicum ? nescímus, quid lóquitur. Cognóvit autem Iesus, quia volébant eum interrogáre, et dixit eis : De hoc quǽritis inter vos, quia dixi : Modicum, et non vidébitis me : et íterum módicum, et vidébitis me. Amen, amen, dico vobis : quia plorábitis et flébitis vos, mundus autem gaudébit : vos autem contristabímini, sed tristítia vestra vertétur in gáudium. Múlier cum parit, tristítiam habet, quia venit hora eius : cum autem pepérerit púerum, iam non méminit pressúræ propter gáudium, quia natus est homo in mundum. Et vos igitur nunc quidem tristítiam habétis, íterum autem vidébo vos, et gaudébit cor vestrum : et gáudium vestrum nemo tollet a vobis.
En ce temps-là, Jésus dit à Ses disciples : Encore un peu de temps, et vous ne Me verrez plus ; et encore un peu de temps, et vous Me verrez, parce que je M’en vais auprès du Père. Alors, quelques-uns de Ses disciples se dirent les uns aux autres : Que signifie ce qu’Il nous dit : Encore un peu de temps, et vous ne Me verrez plus ; et encore un peu de temps, et vous Me verrez, et : Parce que je M’en vais auprès du Père ? Ils disaient donc : Que signifie ce qu’Il dit : Encore un peu de temps ? Nous ne savons de quoi Il parle. Jésus connut qu’ils voulaient L’interroger, et Il leur dit : Vous vous demandez entre vous pourquoi J’ai dit : Encore un peu de temps, et vous ne Me verrez plus ; et encore un peu de temps, et vous Me verrez. En Vérité, en Vérité, Je vous le dis, vous pleurerez et vous gémirez, vous, et le monde se réjouira. Vous, vous serez dans la tristesse ; mais votre tristesse sera changée en Joie. Lorsqu’une femme enfante, elle a de la tristesse, parce que son heure est venue ; mais, lorsqu’elle a enfanté un fils, elle ne se souvient plus de la souffrance, dans la joie qu’elle a d’avoir mis un homme au monde. Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse ; mais Je vous verrai de nouveau, et votre cœur se réjouira, et personne ne vous ravira votre joie.


OFFERTOIRE : (Psaume 145, 2)
Dans l’antienne ad offerendum (Ps. 145) l’âme est invitée à louer Dieu, à Le louer dans la nouvelle Vie de Résurrection à laquelle Il nous a élevés ; Vie perpétuelle qui ne connaît point de mort. Le verset se rapporte avant tout au Christ, à la Vie de qui nous participons grâce aux Sacrements :
Lauda, anima mea, Dóminum : laudábo Dóminum in vita mea : psallam Deo meo, quámdiu ero, allelúia.
Ô mon âme, loue le Seigneur. Je louerai le Seigneur pendant ma vie ; je chanterai mon Dieu tant que je serai, alléluia.


SECRÈTE :
Dans la Collecte de préparation à l’anaphore consécratoire, il est fait allusion à l’un des plus importants effets de la Sainte Communion. Elle est ce vin annoncé par le Prophète, et qui fait germer la tige de la virginité. L’Eucharistie éteint en nous les flammes de la concupiscence et allume dans le cœur un saint Amour pour les choses divines. Elle infuse en nos âmes la nostalgie du Paradis :
His nobis, Dómine, mystériis conferátur, quo, terréna desidéria mitigántes, discámus amáre cæléstia. Per Dóminum nostrum.
Que grâce à ces Mystères, ô Seigneur, nous soit accordé ce qui, en modifiant nos convoitises terrestres, nous apprendra à aimer les choses célestes.


PRÉFACE de PÂQUES
La Préface suivante est dite :
a) comme Préface propre aux Messes du Temps de la Messe de la Vigile Pascale jusqu’à la Vigile de l’Ascension du Seigneur ;
b) comme Préface du Temps aux autres Messes qui se célèbrent dans le même Temps et qui n’ont pas de Préface propre.

Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, Te quidem, Dómine, omni témpore, sed in (***hoc potíssimum) gloriósius prædicáre, cum Pascha nostrum immolátus est Christus.
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de Vous louer, Seigneur, en tout temps, mais surtout avec encore plus de Gloire en (***ce temps) où le Christ, notre Pâque, a été immolé.
Ipse enim verus est Agnus, qui ábstulit peccáta mundi. Qui mortem nostram moriéndo destrúxit et vitam resurgéndo reparávit.
Car Il est le Véritable Agneau qui a ôté les péchés du monde. Il a détruit notre mort par la Sienne et nous a rendu la Vie en Réssuscitant.
Et ídeo cum Angelis et Archángelis, cum Thronis et Dominatiónibus cumque omni milítia cæléstis exércitus hymnum glóriæ tuæ cánimus, sine fine dicéntes :
C’est pourquoi, avec les Anges et les Archanges, avec les Trônes et les Dominations, et avec toute la milice de l’armée céleste nous chantons l’Hymne de votre Gloire en disant sans cesse :


COMMUNION : (Jean 16, 16)
« Dieu se donne à nous tout entier. Encore un peu, et nous Le verrons, nous L'aimerons, assurés de ne jamais cesser de Le voir et de L'aimer ! » (Bossuet) :
Módicum, et non vidébitis me, allelúia : íterum módicum, et vidébitis me, quia vado ad Patrem, allelúia, allelúia.
Encore un peu de temps et vous ne Me verrez plus, alléluia ; et encore un peu de temps et vous Me verrez, parce que je M’en vais auprès du Père, alléluia, alléluia.


POSTCOMMUNION :
Sacramenta quæ súmpsimus, quǽsumus, Dómine : et spirituálibus nos instáurent aliméntis, et corporálibus tueántur auxíliis. Per Dóminum nostrum.
Nous Vous en supplions, Seigneur, que le Sacrement par nous reçu, nous restaure en tant qu’aliment spirituel et nous protège comme secours pour nos corps.


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe