Sainte Messe du « Dominica Tertia Adventus » (Troisième Dimanche de l’Avent) :

1ère classe - Ornements roses - Station à Saint Pierre
C'est le Dimanche de la Joie – « Gaudete » - parce que le Seigneur est proche (épître). Cette proximité du Seigneur peut se comprendre des trois Avènements auxquels nous prépare le Temps de l'Avent : proximité de Noël, de son Retour glorieux à la fin des temps, et auprès de chacun de nous par la Grâce. Saint Paul et Saint Jean-Baptiste, dans les deux Lectures de ce Dimanche, insistent sur les conséquences dans notre vie et dans nos actes de cette proximité de la Venue du Seigneur : pénitence et joie, prière et conversion. L’Église veut ainsi réveiller notre foi, laquelle doit s’épanouir en joie profonde pour dépasser les tristesses et les soucis terrestres. Car toute avancée dans la vie spirituelle part d'une prise de conscience toujours plus vive de la Présence de Dieu si proche de nous. Aujourd'hui l'orgue se fait entendre, l'Autel est orné de fleurs et le Célébrant peut revêtir des ornements roses.


INTROÏT : (Phil. 4, 4-6)
L’introït provient de l’épître de Saint Paul aux Philippiens (IV, 4) et s’adapte très bien à la circonstance. Le Seigneur est désormais proche, et cette Annonce inonde le cœur de joie : joie, d’ailleurs, bien différente de celle à laquelle s’abandonne le monde, puisqu’elle est le fruit de la Paix intérieure que le Saint-Esprit communique à l’âme, quand celle-ci se maintient fidèle à la Sainte Volonté de Dieu. Cette fidélité, c’est-à-dire l’accomplissement exact des devoirs d’état, est appelée modestie par Saint Paul, comme le mode et la mesure exacte de toutes les vertus. La Paix intérieure pourrait trouver un obstacle, il est vrai, dans les douleurs et dans les inquiétudes de la vie extérieure ; mais Saint Paul veut que nous écartions de notre cœur toutes les sollicitudes désordonnées. Recourons à Dieu dans la prière avec une humble confiance et présentons nos besoins à Celui qui est appelé Père des Miséricordes et Dieu de toute Consolation. Le Psaume qui suit l’antienne d’introït est le 84e, qui est proprement le Cantique de la Libération.

« Ce qui nous pousse à vivre avec joie, c'est que nous avons Jésus avec nous et qu'Il nous aime » (Bse Mère Teresa)

GAUDETE in Dómino semper : íterum dico, gaudéte. Modéstia vestra nota sit ómnibus homínibus : Dóminus enim prope est. Nihil sollíciti sitis : sed in omni oratióne petitiónes vestræ innotéscant apud Deum.
Soyez toujours joyeux dans le Seigneur ! Je vous le répète : soyez joyeux. Votre sérénité dans la vie doit frapper tous les regards, car le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien, mais dans toutes vos prières exposez à Dieu vos besoins.

Ps. 84, 2 : Benedixísti, Dómine, terram tuam : avertísti captivitátem Iacob.
Ps. 84, 2 : Seigneur, Vous avez béni votre Domaine, Vous avez délivré Jacob de la captivité.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « Gaudéte » . Cette façon de répéter l'introït s'observe pendant toute l'année. Pendant l'Avent, on ne dit pas le « Gloria in excelsis ».



COLLECTE :
L’Église demande, dans la Collecte, la Grâce de cette visite qui apporte la Lumière et dissipe les ténèbres. Les ténèbres causent la terreur à l’âme ; la Lumière, au contraire, réjouit et raffermit le cœur. Reconnaissons humblement qu'il existe en nous des zones de ténèbres et que nous avons besoin de la Lumière véritable.
Aurem tuam, quǽsumus, Dómine, précibus nostris accómmoda : et mentis nostræ ténebras, grátia tuæ visitatiónis illústra : Qui vivis.
Seigneur, prêtez l’oreille à nos prières : et quand Vous nous ferez la Grâce de venir parmi nous, apportez votre Lumière dans l’obscurité de nos âmes.


ÉPITRE : (Philippiens IV, 4-7)
Nous devons, nous réjouir dans le Seigneur ; car le Prophète et l’Apôtre s’accordent à encourager nos désirs vers le Sauveur : l’un et l’autre nous annoncent la Paix. Soyons donc sans inquiétude : Le Seigneur est proche ; Il est proche de son Église ; Il est proche de chacune de nos âmes. Pouvons-nous demeurer auprès d’un feu aussi ardent, et demeurer glacés ? Ne Le sentons-nous pas venir, à travers tous les obstacles que Sa souveraine élévation, notre profonde bassesse, nos nombreux péchés Lui suscitaient ? Il franchit tout. Encore un pas, et Il sera en nous. Allons au-devant de Lui par ces prières, ces supplications, ces actions de grâces dont parle l’Apôtre :

« La Joie continuelle est le Commandement de Dieu même. Et cette Joie que rien ne peut nous ravir vient de Dieu, et de Dieu seul. Dieu qui est là : « Prope est ». Il habite en nous, Il est notre Joie. Ne nous laissons assombrir par rien. Tout, dans le Christ Jésus, devient Source de la Joie parfaite » (Dom Placide de Roton)

Lectio Epístolæ beati Páuli Apóstoli ad Philippénses
Lecture de l’Epître de Saint Paul aux Philippiens

Fratres : Gaudéte in Dómino semper : íterum dico, gaudéte. Modéstia vestra nota sit ómnibus homínibus : Dóminus prope est. Nihil sollíciti sitis : sed in omni oratióne et obsecratióne, cum gratiárum actióne, petitiónes vestræ innotéscant apud Deum. Et pax Dei, quæ exsúperat omnem sensum, custódiat corda vestra et intellegéntias vestras, in Christo Iesu, Dómino nostro.
Mes Frères : Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps ; je le répète, réjouissez-vous. Que votre modération soit connue de tous les hommes : le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute circonstance faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâce. Et la Paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.


GRADUEL : (Psaume 79, 2-3)
Celui qui délivra Israël de sa captivité en Égypte peut encore manifester sa Puissance en nous libérant de la captivité du péché et de tout ce qui nous empêche de vivre dans la Joie :
Qui sedes, Dómine, super Chérubim, éxcita poténtiam tuam, et veni.
Vous, Seigneur, dont le Trône est porté par les Chérubins, réveillez votre Puissance et venez.

V/. Qui regis Israël, inténde : qui dedúcis, velut ovem, Ioseph.
V/. Ecoutez-nous, Pasteur d’Israël, Vous qui menez le peuple de Joseph comme un berger son troupeau.


ALLÉLUIA : (Psaume 79, 2)
Allelúia, allelúia.
V/. Excita, Dómine, potentiam tuam, et veni, ut salvos fácias nos. Allelúia.
V/. Réveillez votre Puissance Seigneur, et venez pour nous sauver. Alléluia.


Jean-Baptiste-en-prison.jpg
ÉVANGILE : (Jean I, 19–28)
Saint Jean-Baptiste nous exhorte à préparer le chemin de notre cœur à la Venue de Jésus. Et il nous en donne l'exemple par son humilité et son effacement pour que Jésus prenne toute la place : « Il faut qu'Il croisse et que je diminue »

+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Joánnem
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Jean

In illo tempore : Misérunt Iudǽi ab Ierosólymis sacerdótes et levítas ad Ioánnem, ut interrogárent eum : Tu quis es ? Et conféssus est, et non negávit : et conféssus est : Quia non sum ego Christus. Et interrogavérunt eum : Quid ergo ? Elías es tu ? Et dixit : Non sum. Prophéta es tu ? Et respondit : Non. Dixérunt ergo ei : Quis es, ut respónsum demus his, qui misérunt nos ? Quid dicis de te ipso ? Ait : Ego vox clamántis in desérto : Dirígite viam Dómini, sicut dixit Isaías Prophéta. Et qui missi fúerant, erant ex pharisǽis. Et interrogavérunt eum, et dixérunt ei : Quid ergo baptízas, si tu non es Christus, neque Elías, neque Prophéta ? Respóndit eis Ioánnes, dicens : Ego baptízo in aqua : médius autem vestrum stetit, quem vos nescítis. Ipse est, qui post me ventúrus est, qui ante me factus est : cuius ego non sum dignus ut solvam eius corrígiam calceaménti. Hæc in Bethánia facta sunt trans Iordánem, ubi erat Ioánnes baptízans.
En ce temps-là : Les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites vers Jean pour demander : « Qui êtes-vous ? » Il déclara, et ne le nia point ; il déclara : « Je ne suis point le Christ ». Et ils lui demandèrent : « Quoi donc ! Etes-vous Elie ? » Il dit « Je ne le suis point » « Etes-vous le prophète ? » Il répondit « Non ». « Qui êtes-vous donc », lui dirent-ils, « afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés ». « Que dites-vous de vous-même ? » Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l’a dit le prophète Isaïe ». Or ceux qu’on lui avait envoyés étaient des Pharisiens. Et ils l’interrogèrent, et lui dirent : « Pourquoi donc baptisez-vous, si vous n’êtes ni le Christ, ni Elie, ni le Prophète ? » Jean leur répondit : « Moi je baptise dans l’eau ; mais au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas, C’est Celui qui vient après moi ; je ne suis pas digne de délier la courroie de Sa chaussure. » Cela se passait à Béthanie, au-delà du Jourdain, où Jean baptisait.


OFFERTOIRE : (Psaume 84, 2)
La Venue de Jésus sur la terre est la Bénédiction et la Libération promises par Dieu :
Benedixísti, Dómine, terram tuam : avertísti captivitátem Iacob : remisísti iniquitatem plebis tuæ.
Seigneur, Vous avez béni votre Domaine, Vous avez délivré Jacob de la captivité. Vous avez pardonné les fautes de votre Peuple.


SECRÈTE :
Pour que le Mystère du Salut continue de s'accomplir en nous, nous devons sans cesse nous offrir au Père en union avec le Christ sur la Croix :
Devotiónis nostræ tibi, quǽsumus, Dómine, hóstia iúgiter immolétur : quæ et sacri péragat institúta mystérii, et salutáre tuum in nobis mirabíliter operétur. Per Dóminum.
Faites, Seigneur, que sans cesse Vous soit offerte la Victime de notre sacrifice, pour que s’accomplisse le Mystère divin que Vous avez institué, et que s’opère en nous l’œuvre merveilleuse de notre Salut. Par…


Dimanche-III-de-l-Avent-Gaudete.jpg
PRÉFACE DE L’AVENT :
La Préface suivante est dite pendant tout l’Avent, les Dimanches, les Féries, et les Fêtes auxquels une Préface propre n’est pas assignée, jusqu’à la Vigile de la Nativité du Seigneur incluse.
Vere dignum et iustum est, ǽquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus : per Christum Dóminum nostrum.
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre Salut, de Vous rendre Grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant, par le Christ notre Seigneur.

Quem pérdito hóminum géneri, Salvatórem miséricors et fidélis promisísti :
Lui qu’en votre Miséricorde et votre Fidélité Vous avez promis comme Sauveur au genre humain en perdition :

cuius véritas instruéret ínscios, sánctitas iustificáret ímpios, virtus adiuváret infírmos.
dont la Vérité instruirait les ignorants, dont la Sainteté justifierait les impies, dont la Force soutiendrait les faibles.

Dum ergo prope est ut véniat quem missúrus es, et dies affúlget liberatiónis nostræ, in hac promissiónum tuárum fide piis gáudiis exsultámus.
Maintenant donc qu’approche le moment où doit venir Celui que Vous allez envoyer et que luit déjà le jour de notre délivrance, confiants en vos Promesses, nous exultons de saintes joies.

Et ídeo cum Angelis et Archángelis, cum Thronis et Dominatiónibus, cumque omni milítia cæléstis exércitus, hymnum glóriæ tuæ cánimus, sine fine dicéntes :
C’est pourquoi, avec les Anges et les Archanges, avec les Trônes et les Dominations, avec la troupe entière de l’armée céleste, nous chantons une hymne à votre Gloire, redisant sans fin :


COMMUNION : (Isaïe 35, 4)
Par la Sainte Communion, Dieu, Source de toute joie, vient en nous : n'ayons plus peur !
Dícite : pusillánimes, confortámini et nolíte timére : ecce, Deus noster véniet et salvábit nos.
Dites à ceux dont le cœur défaille : « Courage ! N’ayez plus peur ! Voici notre Dieu qui vient : Il va nous sauver »


POSTCOMMUNION :
La Sainte Église, dans la Postcommunion, demande que la Visite secrète qu’elle vient de recevoir de son Époux la dispose à la solennelle Visite qu’il s’apprête à Lui faire dans la Solennité de Noël :
Implorámus, Dómine, cleméntiam tuam : ut hæc divína subsídia, a vítiis expiátos, ad festa ventúra nos prǽparent. Per Dóminum.
Nous implorons Votre clémence, Seigneur : que cette Nourriture divine nous purifie de nos fautes et nous prépare ainsi aux Fêtes qui approchent. Par…


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe