Sainte « Messe du 4ème Dimanche du Carême » (Dominica Quarta in Quadragesima) :

1ère classe - Ornements Roses - Station à Sainte-Croix en Jérusalem

André dit : « Voici un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ? »

Le Dimanche de Laetare, d'après le premier mot de l'Introït, est un appel à la joie. C'est la joie de l'étape au milieu du Carême ; anticipation de celle de Pâques et qui doit jaillir de la Croix. A Rome, la Station est à Sainte-Croix-de-Jérusalem où est conservée une partie importante du Bois de la Sainte Croix, choisie à dessein pour chanter les joies et les grandeurs de la Jérusalem nouvelle, l'Église de la terre et la Cité des Cieux. Ce pèlerinage symbolique que nous accomplissons avec les Chrétiens de Rome nous rappelle que, libérés par notre Baptême, nous sommes les fils de l'Église, la Jérusalem d'en Haut (Épître).
Aujourd’hui l'orgue se fait entendre, l'Autel est orné de fleurs et le Célébrant peut revêtir des ornements roses. A Rome, le Pape bénit une Rose d’or qu'il porte durant la procession.


INTROÏT : (Isaïe 66, 10-11)
Les Juifs montaient processionnellement au Temple en chantant le Psaume 121 ; nous chantons de même notre espérance de rentrer un jour à la Maison du Père (Introït, Graduel et Communion) :

LÆTARE, Ierúsalem : et convéntum fácite, omnes qui dilígitis eam : gaudéte cum lætítia, qui in tristítia fuístis : ut exsultétis, et satiémini ab ubéribus consolatiónis vestræ.
RÉJOUIS-TOI, Jérusalem, et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez ; tressaillez de joie avec elle, vous qui avez été dans la tristesse afin que vous exultiez et soyez rassasiés à la mamelle de vos consolations.

Ps. 121, 1 : Lætátus sum in his, quæ dicta sunt mihi : in domum Dómini íbimus.
Ps. 121, 1 : Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la Maison du Seigneur.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « LÆTARE » . Cette façon de répéter l'Introït s'observe pendant toute l'année.


COLLECTE :
Dans la Collecte, l’Église confesse que Ses enfants ont mérité la pénitence qu’ils s’imposent ; mais Elle demande pour eux la faveur de pouvoir aujourd’hui respirer un peu, en se livrant à l’espérance des consolations qui leur sont réservées :
CONCEDE, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, qui ex merito nostræ actiónis afflígimur, tuæ grátiæ consolatióne respirémus. Per Dóminum nostrum.
FAITES, s’il Vous plaît, Dieu Tout-Puissant, que, justement affligés à cause de nos péchés, nous respirions par la consolation de votre Grâce. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ.


ÉPITRE : (Gal. 4, 22-31)
Les deux femmes d'Abraham dont nous parle l'apôtre sont l'image des deux alliances : l'esclave Agar, mère d'Ismaël, représente la religion juive dont les fils sont esclaves de la Loi ; Sara, la femme libre et mère d'Isaac, le fils de la promesse, est la figure de l'Église, dont les fils sont libres et héritiers du Royaume de Dieu. Et plus encore que Sara, l'Eglise se réjouit de mettre au monde les fils de la Promesse, de faire accéder par le Baptême les esclaves du péché à la liberté spirituelle des Enfants de Dieu, grâce au Sacrifice du Christ  :

Léctio Epístolæ beáti Páuli Apóstoli ad Gálatas
Lecture de l’Épître du Saint Paul Apôtre aux Galates

FRATRES : Scriptum est : Quóniam Abraham duos fílios habuit : unum de ancílla, et unum de líbera. Sed qui de ancílla, secúndum carnem natus est : qui autem de líbera, per repromissiónem : quæ sunt per allegóriam dicta. Hæc enim sunt duo testaménta. Unum quidem in monte Sina, in servitútem génerans : quæ est Agar : Sina enim mons est in Arábia, qui coniúnctus est ei, quæ nunc est Ierúsalem, et servit cum fíliis suis. Illa autem, quæ sursum est Ierúsalem, líbera est, quæ est mater nostra. Scriptum est enim : Lætáre, stérilis, quæ non paris : erúmpe, et clama, quæ non párturis : quia multi fílii desértæ, magis quam eius, quæ habet virum. Nos autem, fratres, secúndum Isaac promissiónis fílii sumus. Sed quómodo tunc is, qui secúndum carnem natus fúerat, persequebátur eum, qui secúndum spíritum : ita et nunc. Sed quid dicit Scriptura ? Eíce ancillam et fílium eius : non enim heres erit fílius ancíllæ cum fílio líberæ. Itaque, fratres, non sumus ancíllæ fílii, sed líberæ : qua libertáte Christus nos liberávit.
MES FRERES, il est écrit qu’Abraham eut deux fils, l’un de l’esclave, et l’autre de la femme libre. Mais celui de l’esclave naquit selon la chair ; et celui de la femme libre, naquit en vertu de la Promesse. Cela a été dit par allégorie ; car ces femmes sont deux alliances : l’une sur le mont Sina, qui enfante pour la servitude, et c’est Agar ; car Sina est une montagne d’Arabie, qui correspond à la Jérusalem d’à présent, laquelle est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalem d’en-Haut est libre, et c’est notre Mère. En effet, il est écrit : Réjouis-toi, stérile, qui n’enfantes pas ; éclate, pousse des cris de joie, toi qui ne deviens pas mère ; parce que les enfants de la délaissée sont plus nombreux que ceux de la femme mariée. Pour nous, mes frères, nous sommes, comme Isaac, les enfants de la Promesse. Et de même qu’alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’esprit, ainsi en est-il encore maintenant. Mais que dit l’Écriture ? Chasse l’esclave et son fils ; car le fils de l’esclave ne sera pas héritier avec le fils de la femme libre. Ainsi, mes frères, nous ne sommes point les enfants de l’esclave, mais de la femme libre ; et c’est par cette liberté que le Christ nous a rendus libres.


GRADUEL : (Psaume 121, 1 et 7)
Le secret de la joie de l'Église est le fruit de son Amour : l'Église aime son Dieu de qui Elle a tout reçu, et dans Son amour Elle trouve le principe de Sa joie :
LÆTÁTUS sum in his, quæ dicta sunt mihi : in domum Dómini íbimus.
JE me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la Maison du Seigneur.

V/. Fiat pax in virtúte tua : et abundántia in túrribus tuis.
V/. Que la Paix soit dans Tes forteresses, et l’abondance dans Tes tours.


TRAIT : (Psaume 124, 1-2)
Le Trait célèbre la Protection de Dieu sur l’Église, la nouvelle Jérusalem qui ne sera point ébranlée comme la première. Cette sainte Cité communique à Ses enfants la sécurité dont Elle jouit : car le Seigneur veille sur son Peuple comme sur Elle-même :
QUI confídunt in Dómino, sicut mons Sion : non commovébitur in ætérnum, qui hábitat in Ierúsalem.
CEUX qui se confient dans le Seigneur, sont comme la montagne de Sion. Il ne sera jamais ébranlé, celui qui habite dans Jérusalem.
V/. Montes in circúitu eius : et Dóminus in circúitu pópuli sui, ex hoc nunc et usque in sǽculum.
V/. Des montagnes sont autour d’elle ; et le Seigneur est autour de son Peuple, dès maintenant et à jamais.


ÉVANGILE : (Ioann. 6, 1-15)
Comme les Hébreux dans le désert, en marche vers la terre promise, reçurent la manne, les Chrétiens reçoivent du Christ le vrai Pain de route, le Viatique du Ciel : « Vos pères ont mangé la manne au désert et sont morts. Je suis le Pain Vivant descendu du Ciel ; si quelqu'un mange de ce Pain, il vivra éternellement. Et le Pain que je donnerai c'est ma Chair, pour la Vie du monde ». Ce Miracle de la multiplication des pains est une image de l'Eucharistie :

+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Joánnem
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Jean

IN ILLO TEMPORE : Abiit Iesus trans mare Galilǽæ, quod est Tiberíadis : et sequebátur eum multitúdo magna, quia vidébant signa, quæ faciébat super his, qui infírmabántur. Súbiit ergo in montem Iesus : et ibi sedébat cum discípulis suis. Erat autem próximum Pascha, dies festus Iudæórum. Cum sublevásset ergo óculos Iesus et vidísset, quia multitúdo máxima venit ad eum, dixit ad Philíppum : Unde emémus panes, ut mandúcent hi ? Hoc autem dicebat tentans eum : ipse enim sciébat, quid esset factúrus. Respóndit ei Philíppus : Ducentórum denariórum panes non suffíciunt eis, ut unusquísque módicum quid accípiat. Dicit ei unus ex discípulis eius, Andréas, frater Simónis Petri : Est puer unus hic, qui habet quinque panes hordeáceos et duos pisces : sed hæc quid sunt inter tantos ? Dixit ergo Iesus : Fácite hómines discúmbere. Erat autem fænum multum in loco. Discubuérunt ergo viri, número quasi quinque mília. Accépit ergo Iesus panes, et cum grátias egísset, distríbuit discumbéntibus : simíliter et ex píscibus, quantum volébant. Ut autem impléti sunt, dixit discípulis suis : Collígite quæ superavérunt fragménta, ne péreant. Collegérunt ergo, et implevérunt duódecim cóphinos fragmentórum ex quinque pánibus hordeáceis, quæ superfuérunt his, qui manducáverant. Illi ergo hómines cum vidíssent, quod Iesus fécerat signum, dicébant : Quia hic est vere Prophéta, qui ventúrus est in mundum. Iesus ergo cum cognovísset, quia ventúri essent, ut ráperent eum et fácerent eum regem, fugit íterum in montem ipse solus.
EN CE TEMPS-LA, Jésus s’en alla au-delà de la mer de Galilée ou de Tibériade ; et une multitude nombreuse Le suivait, parce qu’elle voyait les Miracles qu’Il opérait sur les malades. Jésus monta donc sur une montagne, et là Il s’assit avec Ses disciples. Or la Pâque, jour de fête des Juifs, était proche. Ayant donc levé les yeux, et voyant qu’une très grande multitude venait à Lui, Jésus dit à Philippe : Où achèterons-nous des pains pour leur donner à manger ? Mais Il disait cela pour l’éprouver ; car, Lui, Il savait ce qu’Il allait faire. Philippe Lui répondit : Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour que chacun en reçût un peu. Un de Ses disciples, André, frère de Simon-Pierre, Lui dit : Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? Jésus dit donc : Faites asseoir ces hommes. Or il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Jésus prit alors les pains et ayant rendu grâces, Il les distribua à ceux qui étaient assis ; Il leur donna de même des poissons, autant qu’ils en voulaient. Lorsqu’ils furent rassasiés, Il dit à Ses disciples : Ramassez les morceaux qui sont restés, pour qu’ils ne se perdent pas. Ils les ramassèrent donc, et ils remplirent douze corbeilles avec les morceaux qui étaient restés des cinq pains d’orge après que tous eurent mangé. Ces hommes, ayant donc vu le Miracle qu’avait fait Jésus, disaient : Celui-là est vraiment le Prophète, qui doit venir dans le monde. Mais Jésus, sachant qu’ils allaient venir L’enlever pour le faire roi, s’enfuit de nouveau, tout seul, sur la montagne.


OFFERTOIRE : (Psaume 134, 3 et 6)
Dans l’Offertoire, l’Église continue d’employer les paroles de David pour louer le Seigneur ; mais c’est sa Bonté et sa Puissance qu’Elle se plaît à célébrer aujourd’hui :
LAUDATE Dóminum, quia benígnus est : psállite nómini eius, quóniam suávis est : ómnia, quæcúmque vóluit, fecit in cælo et in terra.
LOUEZ le Seigneur, car Il est Bon : chantez à la Gloire de son Nom, car Il est Doux : tout ce qu’Il a voulu, le Seigneur l’a fait au Ciel et sur la terre.


SECRÈTE :
La Secrète demande pour le peuple fidèle un accroissement de dévotion, par les Mérites du Sacrifice qui va s’offrir, et qui est le principe du Salut :
SACRIFICIIS præséntibus, Dómine, quǽsumus, inténde placátus : ut et devotióni nostræ profíciant et salúti. Per Dóminum.
JETEZ un Regard favorable sur le présent sacrifice, nous Vous en supplions, Seigneur, afin qu’il accroisse notre dévotion et contribue à notre Salut. Par Notre-Seigneur.


PRÉFACE DU CARÊME :
La Préface du Carême (Præfatio de Quadragesima) suivante est dite jusqu’au samedi avant le Dimanche de la Passion inclus, selon les rubriques :
VERE dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus :
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de Vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant :

Qui corporáli jejúnio vitia cómprimis, mentem élevas, virtútem largíris et prǽmia : per Christum Dóminum nostrum.
Vous qui, par le jeûne corporel, réprimez les vices, élevez l’âme, accordez la force et la récompense : par le Christ notre Seigneur.

Per quem maiestátem tuam laudant Angeli, adórant Dominatiónes, tremunt Potestátes. Cæli cælorúmque Virtútes ac beáta Séraphim sócia exsultatióne concélebrant. Cum quibus et nostras voces ut admítti iúbeas, deprecámur, súpplici confessióne dicentes.
Par Lui les Anges louent votre Majesté, les Dominations Vous adorent, les Puissances se prosternent en tremblant. Les Cieux, les Vertus des cieux et les bienheureux Séraphins La célèbrent, unis dans une même allégresse. A leurs chants, nous Vous prions, laissez se joindre aussi nos voix pour proclamer dans une humble louange.


COMMUNION : (Ps 121, 3-4)
« Où se trouve la source de la Joie chrétienne sinon dans l'Eucharistie, que le Christ nous a laissée comme nourriture spirituelle, alors que nous sommes pèlerins sur cette terre ? L'Eucharistie nourrit chez les croyants de toutes les époques cette joie profonde qui ne fait qu’un avec l'amour et la paix, et qui trouve son origine dans la Communion avec Dieu et nos frères » (Benoît XVI) :
IERUSALEM, quæ ædificátur ut cívitas, cuius participátio eius in idípsum : illuc enim ascendérunt tribus, tribus Dómini, ad confiténdum nómini tuo. Dómine.
JÉRUSALEM qui est bâtie comme une ville, dont toutes les parties se tiennent ensemble. Car c’est là que montaient les tribus, les tribus du Seigneur, pour célébrer votre Nom, ô Seigneur !


POSTCOMMUNION :
En ce Jour où le divin Mystère du Pain de Vie est proposé à notre foi et à notre amour, l’Église demande pour nous, dans la Postcommunion, la Grâce d’y participer toujours avec le respect et la préparation qui conviennent à un si auguste Mystère :
DA NOBIS, quǽsumus, miséricors Deus : ut sancta tua, quibus incessánter explémur, sincéris tractémus obséquiis, et fidéli semper mente sumámus. Per Dóminum.
DONNEZ-NOUS, s’il Vous plaît, ô Dieu Miséricordieux, de traiter avec un respect sincère Vos choses saintes dont nous sommes sans cesse nourris et de nous en approcher avec esprit de foi. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ.


ORAISON SUR LE PEUPLE :
À toutes les Messes de Carême, en semaine, on ajoute après les postcommunions l'Oraison sur le Peuple. A l'invitation du Célébrant (ou, à la Messe Solennelle, du diacre, qui se tourne alors vers le peuple), les fidèles inclinent la tête :
Orémus. Humiliáte cápita vestra Deo.
Prions. Humiliez vos têtes devant Dieu
INCLINANTES se, Dómine, maiestáti tuæ, propitiátus inténde : ut, qui divíno múnere sunt refécti, cæléstibus semper nutriántur auxíliis. Per Dóminum.
Jetez un regard favorable, ô Seigneur, sur ceux qui s’inclinent devant votre Majesté, afin que ceux qui ont été nourris de Vos dons divins soient toujours soutenus par les Secours célestes.


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe