Sainte « Messe du Cinquième Dimanche après la Pentecôte » (Dominica Quinta post Pentecosten) :

2ème classe - Ornements Verts
Laisse là ton offrande devant l'Autel et va d'abord te réconcilier avec ton frère
Cette Messe nous invite à tout soumettre à la Charité dans nos vies. Nous aimerons en vérité si nous aimons tout ce que Dieu aime, si nous voulons tout ce que Dieu veut et comme Il le veut (Collecte). Telle est la Perfection que le Christ nous a enseignée : Sainteté ou « Justice » d'abord intérieure (Évangile), qui s'étend ensuite à tous, en toutes circonstances (Épître).


INTROÏT : (Psaume 26, 7.9)
L’Introït est tiré du Psaume XXVI, composé par David à l’occasion de son couronnement dans Hébron. Il exprime l’humble et confiante supplication de celui à qui tout fait défaut ici-bas, mais dont le Seigneur est la Lumière et la Force :

EXAUDI, Dómine, vocem meam, qua clamávi ad te : adiútor meus esto, ne derelínquas me neque despícias me, Deus, salutáris meus.
Exaucez, Seigneur, ma voix qui a crié vers Vous : soyez mon aide, ne m’abandonnez pas, et ne me méprisez pas, ô Dieu, qui opérez mon Salut.

Ps. 26, 1 : Dóminus illuminátio mea et salus mea, quem timébo ?
Ps. 26, 1 : Le Seigneur est ma Lumière et mon Salut, qui craindrais-je ?

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « EXAUDI » . Cette façon de répéter l'Introït s'observe pendant toute l'année.


COLLECTE :
L’exorde de la Collecte s’inspire du fameux texte de Saint Paul (I Cor., II, 9) où il enseigne que jamais l’œil n’a vu, ni l’oreille n’a entendu, ni l’intelligence n’a compris le Bien préparé par Dieu à celui qui L’aime. Ce Bien n’est autre que Dieu, Bien entièrement disproportionné à notre pauvre nature humaine, mais auquel Il nous entraîne Lui-même, moyennant l’effusion du Paraclet dans l’âme. Quand l’Esprit Saint allume dans notre cœur la flamme sacrée de la Charité, alors toutes les choses du monde ne peuvent apaiser le feu qui nous consume. En cet état, l’âme se trouve comme plongée dans un creuset d’amour, et attend que Dieu Lui-même mette un terme à ce martyre, en lui donnant enfin ce dont elle a uniquement besoin : le divin Bien. Attirée donc par des Promesses si sublimes, l’Église aujourd’hui dans sa Collecte engage l’âme fidèle à demander précisément le Don de ce saint Amour :
Deus, qui diligéntibus te bona invisibília præparásti : infúnde córdibus nostris tui amóris afféctum ; ut te in ómnibus et super ómnia diligéntes, promissiónes tuas, quæ omne desidérium súperant, consequámur. Per Dóminum.
Dieu, Vous avez préparé des Biens invisibles à ceux qui Vous aiment : répandez dans nos cœurs le sentiment de votre Amour ; afin que, Vous aimant en toutes choses et par-dessus toutes choses, nous obtenions un jour ces Biens que Vous nous avez promis et qui surpassent tous nos désirs.


ÉPITRE : (Pierre 1. 3, 8-15)
Saint Pierre, dont la Fête se célèbre le 29 juin, nous décrit les formes concrètes que doit revêtir notre charité, contre les tentations d'égoïsme et d'indifférence aux besoins des autres  :

Léctio Epístolæ beáti Petri Apóstoli
Lecture de l’Épître du Bienheureux Apôtre Pierre

Caríssimi : Omnes unánimes in oratióne estóte, compatiéntes, fraternitátis amatóres, misericórdes, modésti, húmiles : non reddéntes malum pro malo, nec maledíctum pro maledícto, sed e contrário benedicéntes : quia in hoc vocáti estis, ut benedictiónem hereditáte possideátis. Qui enim vult vitam dilígere et dies vidére bonos, coérceat linguam suam a malo, et lábia eius ne loquántur dolum. Declínet a malo, et fáciat bonum : inquírat pacem, et sequátur eam. Quia óculi Dómini super iustos, et aures eius in preces eórum : vultus autem Dómini super faciéntes mala. Et quis est, qui vobis nóceat, si boni æmulatóres fuéritis ? Sed et si quid patímini propter iustítiam, beáti. Timórem autem eórum ne timuéritis : et non conturbémini. Dóminum autem Christum sanctificáte in córdibus vestris.
Mes bien-aimés : soyez tous unis dans la prière, compatissants, vous aimant en frères, miséricordieux, modestes, humbles : ne rendant point mal pour mal, ni malédiction pour malédiction ; mais au contraire, bénissant parce que c’est à cela que vous avez été appelés, afin de posséder la Bénédiction en héritage. Que celui donc qui veut aimer la vie, et voir des jours bons, défende la langue du mal, et que ses lèvres ne profèrent point les paroles de tromperie. Qu’il se détourne du mal et fasse le bien ; qu’il cherche la paix et la poursuive ; parce que les Yeux du Seigneur sont sur les justes, et ses Oreilles à leurs prières ; mais la Face du Seigneur est sur ceux qui font le mal. Et qui est-ce qui vous nuira, si vous avez le zèle du bien ? Et si même vous souffrez pour la justice, vous serez bienheureux. N’ayez donc aucune crainte d’eux : et ne vous en troublez point. Mais glorifiez dans vos cœurs la Sainteté du Seigneur Jésus-Christ.


GRADUEL : (Psaume 83, 10.9)
Le Graduel, rentrant dans l’ordre d’idées qui inspire l’Introït du Jour, demande la Protection divine pour le Peuple rangé sous le sceptre de l’oint du Seigneur. Le Verset annonce les Victoires du Christ Roi, et le Salut qu’Il apporte à la terre  :
Protéctor noster, áspice, Deus, et réspice super servos tuos.
Ô Dieu, notre protecteur, considérez et jetez un regard sur vos serviteurs.
V/. Dómine, Deus virtútum, exáudi preces servórum tuórum.
V/. Seigneur, Dieu des armées, exaucez les prières de Vos serviteurs.


ALLÉLUIA : (Psaume 20, 1)
Le verset alléluiatique est tiré du psaume 20 : Seigneur, qui employez votre force à abattre les ennemis du vrai Roi Jésus-Christ, voyez comme, avec son Corps mystique, II s’en réjouit et élève vers Vous des hymnes d’action de grâces. Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, faibles créatures, mais à Vous et à votre Christ doivent être attribués la Gloire et le Mérite de cette insigne entreprise d’avoir délivré votre Peuple fidèle de la servitude de l’Égypte, pour l’introduire dans le Royaume de l’éternel Salut  :
Allelúia, allelúia.
V/. Dómine, in virtúte tua lætábitur rex : et super salutáre tuum exsultábit veheménter. Allelúia.
V/. Seigneur, le roi se réjouira dans votre Force : et il tressaillira d’une vive allégresse parce que Vous l’aurez sauvé. Alléluia.


ÉVANGILE : (Matthieu 5, 20-24)
« Dieu ne reçoit pas le sacrifice de ceux qui vivent dans la dissension. Il ordonne que l'on s'éloigne de l'Autel pour se réconcilier d'abord avec son frère, afin que Dieu puisse agréer des prières présentées dans la paix. La plus belle offrande que l'on puisse faire à Dieu c'est notre paix, c'est l'entente fraternelle, c'est le peuple rassemblé par cette Unité qui existe entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit » (Saint Cyprien) :

+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Matthǽum
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Matthieu

In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Nisi abundáverit iustítia vestra plus quam scribárum et pharisæórum, non intrábitis in regnum cælórum. Audístis, quia dic tum est antíquis : Non occídes : qui autem occídent, re us erit iudício. Ego autem dico vobis : quia omnis, qu iráscitur fratri suo, reus erit iudício. Qui autem díxerit fratri suo, raca : reus erit concílio. Qui autem díxerit, fatue : reus erit gehénnæ ignis Si ergo offers munus tuum ad altáre, et ibi recordátus fúeris, quia frater tuus habet áliquid advérsum te : relínque ibi munus tuum ante altáre et vade prius reconciliári fratri tuo : et tunc véniens ófferes munus tuum.
En ce temps-là : Jésus dit à Ses disciples : si votre justice ne surpasse celle des Scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez point dans le Royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne tueras point ; mais qui tuera sera justiciable du tribunal. Et moi, je vous dis : Quiconque se met en colère contre son frère (à la légère) sera justiciable du tribunal ; et qui dira à son frère : Raca ! sera justiciable du Sanhédrin ; et qui lui dira : Fou ! sera justiciable pour la géhenne du feu. Si donc tu viens présenter ton offrande à l’Autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’Autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; et alors viens présenter ton offrande.


OFFERTOIRE : (Psaume 15, 7-8)
Pour ne pas chanceler, nous devons toujours regarder du côté de Dieu, jugeant les choses humaines non avec la seule raison, mais avec les Lumières de la Foi :
Benedícam Dóminum, qui tríbuit mihi intelléctum : providébam Deum in conspéctu meo semper : quóniam a dextris est mihi, ne commóvear.
Je bénirai le Seigneur qui m’a donné l’intelligence : je prenais soin d’avoir toujours le Seigneur devant mes yeux : car Il est à ma droite, pour que je ne sois pas ébranlé.


SECRÈTE :
« Le premier sacrifice qu'il faut offrir à Dieu, c'est un cœur pur de toute froideur et de toute inimitié avec son frère » (Bossuet) :
Propitiáre, Dómine, supplicatiónibus nostris : et has oblatiónes famulórum famularúmque tuárum benígnus assúme ; ut, quod sínguli obtulérunt ad honórem nóminis tui, cunctis profíciat ad salútem. Per Dóminum.
Laissez-Vous fléchir, Seigneur, par nos supplications : et recevez avec bonté ces offrandes de Vos serviteurs et de Vos servantes ; afin que, ce que chacun a offert en l’honneur de votre Nom, profite à tous pour le Salut.


PRÉFACE de la SAINTE TRINITÉ :
La Préface suivante est dite :

Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine sancte, Pater omnípotens, ætérne Deus.
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de Vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père Saint, Dieu Éternel et Tout-Puissant.
Qui cum Unigénito Fílio tuo et Spíritu Sancto unus es Deus, unus es Dóminus : non in uníus singularitáte persónæ, sed in uníus Trinitáte substántiæ.
Avec votre Fils Unique, et le Saint-Esprit, Vous êtes un seul Dieu, Un seul Seigneur, non dans l’unité d’une seule personne, mais dans la Trinité d’une seule substance.
Quod enim de tua glória, revelánte te, crédimus, hoc de Fílio tuo, hoc de Spíritu Sancto, sine discretióne sentímus.
Car ce que nous croyons au sujet de votre Gloire, sur la foi de votre Révélation, de votre Fils et du Saint-Esprit, nous le croyons aussi, sans aucune différence.
Ut, in confessióne veræ sempiternǽque Deitátis, et in persónis propríetas, et in esséntia únitas, et in maiestáte adorétur æquálitas.
En sorte que, confessant la vraie et éternelle Divinité, nous adorons et la propriété dans les Personnes et l’Unité dans l’essence et l’égalité dans la Majesté.
Quam laudant Angeli atque Archángeli, Chérubim quoque ac Séraphim, qui non cessant clamáre cotídie, una voce dicéntes :
C’est Elle que louent les Anges et les Archanges, les Chérubins avec les Séraphins, qui ne cessent chaque jour de chanter en disant d’une voix unanime :


COMMUNION : (Psaume 26, 4)
L’antienne pour la Communion est tirée du psaume 26, et décrit les sentiments de l’âme fidèle inondée de joie par la possession de son Dieu :
Unam pétii a Dómino, hanc requíram : ut inhábitem in domo Dómini ómnibus diébus vitæ meæ.
Il est une chose que j’ai demandé au Seigneur, et je la rechercherai uniquement : c’est d’habiter dans la Maison du Seigneur tous les jours de ma vie.


POSTCOMMUNION :
Nos ennemis, ce sont les démons, qui veulent nous détourner de la vraie perfection qui consiste à aimer Dieu et notre prochain :
Quos cælésti, Dómine, dono satiásti : præsta, quǽsumus ; ut a nostris mundémur occúltis et ab hóstium liberémur insídiis. Per Dóminum nostrum.
Accordez, nous Vous en prions, à ceux que Vous avez rassasiés du Don céleste, que nous soyons purifiés de nos fautes cachées, et délivrés des embûches de nos ennemis.


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe