Sainte Messe de l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie (In Conceptione Immaculata Beatæ Mariæ Virginis)  :

1ère classe - Ornements blancs
Le 8 décembre 1854, la proclamation du Dogme de l'Immaculée Conception par le Bienheureux Pape Pie IX est venue confirmer une ancienne tradition de la piété chrétienne. Dès le VIIIe siècle l'Orient Chrétien célébrait la Fête de la Conception de Marie, et cette fête se répandit en Occident à partir du XIIe siècle. Marie est Immaculée dans sa conception : seule parmi l'humanité déche, Elle n’a jamais contracté la tâche du péché originel ; dans Sa personne, la Victoire du Christ sur Satan est complète ; elle est la réussite la plus parfaite de la Rédemption, car c'est bien en vertu de la Croix et des Mérites de Jésus que Marie est préservée de toute souillure par « préservation » et non par purification. C’est Elle qui chante en cette Messe sa Joie d'être pour son divin Fils une Demeure Immaculée. Suivant la prophétie du Magnificat, c'est toute l’humanité qui s'unit à Elle pour célébrer son Privilège.
« La Vierge Marie dans le premier instant de sa Conception, a été, par une Grâce et un Privilège du Dieu Tout-Puissant en vue des Mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tâche du péché originel : cette Doctrine est révélée de Dieu, et par conséquent Elle doit être crue fermement et inviolablement par tous les Fidèles » (Définition de Pie IX)

INTROÏT : (Isaïe 61, 10)
Le verset du psaume rappelle que le Seigneur, après le péché originel, avait annoncé la lutte entre la Vierge et Satan : la Femme devait écraser la tête du serpent qui chercherait vainement à La mordre au talon :
Gaudens gaudébo in Dómino, et exsultábit ánima mea in Deo meo : quia índuit me vestiméntis salútis : et induménto iustítiæ circúmdedit me, quasi sponsam ornátam monílibus suis.
Je me réjouirai avec effusion dans le Seigneur, et mon âme sera ravie d’allégresse en mon Dieu : car Il m’a revêtu des vêtements du Salut : et Il m’a entouré des ornements de la Justice, comme une épouse parée de ses bijoux.
Ps. 29, 2 : Exaltábo te, Dómine, quóniam suscepísti me : nec delectásti inimícos meos super me.
Ps. 29, 2 : Je Vous exalterai, Seigneur, parce que Vous m’avez relevé, et que Vous n’avez pas réjoui mes ennemis à mon sujet.
V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « Gaudens gaudébo » . Cette façon de répéter l'introït s'observe pendant toute l'année. Pendant l'Avent, on ne dit pas le « Gloria in excelsis ».

COLLECTE :
La Collecte présente l’application morale du Mystère. Marie a été préservée de la tache originelle, parce qu’Elle devait être l’Habitation du Dieu trois fois Saint. Que cette pensée nous engage à recourir à la Bonté divine pour en obtenir la purification de nos âmes
Deus, qui per immaculátam Vírginis Conceptiónem dignum Fílio tuo habitáculum præparásti : quǽsumus ; ut, qui ex morte eiúsdem Filii tui prævísa eam ab omni labe præservásti, nos quoque mundos eius intercessióne ad te perveníre concédas. Per eúndem Dóminum.
Ô Dieu, qui, par l’Immaculée Conception de la Vierge, avez préparé à votre Fils une Demeure digne de Lui, nous Vous en supplions, Vous qui, en prévision de la mort de ce même Fils, L’avez préservée de toute tache, accordez-nous, par son Intercession, d’être purifiés et de parvenir à Vous.

ÉPITRE : (Prov. 8. 22-35)
Ce texte peut se comprendre dans un double sens : il désigne directement la Sagesse de Dieu, cette Parole éternelle qui a présidé à la création du monde et qui, par Amour pour les hommes, devait s’incarner dans la Vierge Marie. Dans un sens allégorique, il peut s’entendre de Marie Elle-même, à Laquelle Dieu a songé de toute éternité et dont la parfaite Sainteté fait la Joie du Père.
Léctio libri Sapiéntiæ
Lecture du Livre de la Sagesse
Dóminus possedit me in inítio viárum suárum, ántequam quidquam fáceret a princípio. Ab ætérno ordináta sum, et ex antíquis, ántequam terra fíeret. Nondum erant abýssi, et ego iam concépta eram : necdum fontes aquárum erúperant : necdum montes gravi mole constíterant : ante colles ego parturiébar : adhuc terram non fécerat et flúmina et cárdines orbis terræ. Quando præparábat cælos, áderam : quando certa lege et gyro vallábat abýssos : quando .thera firmábat sursum et librábat fontes aquárum : quando circúmdabat mari términum suum et legem ponébat aquis, ne transírent fines suos : quando appendébat fundaménta terræ. Cum eo eram cuncta compónens : et delectábar per síngulos dies, ludens coram eo omni témpore : ludens in orbe terrárum : et delíciæ meæ esse cum filiis hóminum. Nunc ergo, filii, audíte me : Beáti, qui custódiunt vias meas. Audíte disciplínam, et estóte sapiéntes, et nolíte abiícere eam. Beátus homo, qui audit me et qui vígilat ad fores meas cotídie, et obsérvat ad postes óstii mei. Qui me invénerit, invéniet vitam et háuriet salútem a Dómino.
Le Seigneur m’a possédée au commencement de ses Voies, avant de faire quoi que ce soit, dès le Principe. J’ai été établie dès l’éternité, et dès les temps anciens, avant que la terre fût créée. Les abîmes n’étaient pas encore, et déjà j’étais conçue ; les sources des eaux n’avaient pas encore jailli ; les montagnes ne s’étaient pas encore dressées avec leur pesante masse ; j’étais enfantée avant les collines. Il n’avait pas encore fait la terre, ni les fleuves, ni les bases du globe terrestre. Lorsqu’Il préparait les cieux, j’étais là ; lorsqu’Il environnait les abîmes de leurs bornes, par une loi inviolable ; lorsqu’Il affermissait l’air dans les régions supérieures, et qu’Il équilibrait les sources des eaux ; lorsqu’Il entourait la mer de ses limites, et qu’Il imposait une loi aux eaux, pour qu’elles ne franchissent point leurs bornes, lorsqu’Il posait les fondements de la terre, j’étais avec Lui, réglant toutes choses, et j’étais chaque jour dans les délices, me jouant sans cesse devant Lui, me jouant sur le globe de la terre, et mes délices sont d’être avec les enfants des hommes. Maintenant donc, mes fils, écoutez-moi : Heureux ceux qui gardent mes Voies. Écoutez mes instructions et soyez sages, et ne les rejetez pas. Heureux l’homme qui m’écoute, et qui veille tous les jours à ma porte, et qui se tient à la porte de ma maison. Celui qui me trouvera, trouvera la Vie, et puisera le Salut dans le Seigneur.

GRADUEL : (Judith 13, 23 ; 15, 10)
Le Graduel est formé des éloges que les anciens de Béthulie adressèrent à Judith, après qu’elle eut frappé l’ennemi de son peuple. Judith est un des types de Marie qui a brisé la tête du serpent :
Benedícta es tu. Virgo María, a Dómino, Deo excélso, præ ómnibus muliéribus super terram.
Bénie êtes-Vous, ô Vierge Marie, par le Seigneur Dieu Très-Haut, plus que toutes les femmes sur la terre.
V/. Tu glória Ierúsalem, tu lætítia Israël, tu honorificéntia pópuli nostri.
V/. Vous, gloire de Jérusalem ; Vous, joie d’Israël ; Vous, honneur de notre peuple.

ALLÉLUIA : (Cant. 4, 7)
Le Verset alléluiatique applique à Marie les Paroles du divin Cantique où l’Épouse de Dieu est déclarée toute belle et sans tache :
Allelúia, allelúia.
V/.Tota pulchra es, María : et mácula originális non est in te. Allelúia.
V/. Vous êtes toute belle, ô Marie, et la tache originelle n’est pas en Vous. Alléluia.

ÉVANGILE : (Luc 1, 26-28)
La Conception immaculée de Marie est donc exprimée dans la Salutation que Lui adresse Gabriel ; et nous comprenons maintenant le motif qui a porté la Sainte Église à faire choix de ce passage de l’Évangile, pour le faire lire aujourd’hui dans l’assemblée des fidèles  :
+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Lucam
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Luc
In illo témpore : Missus est Angelus Gábriël a Deo in civitátem Galilǽæ, cui nomen Názareth, ad Vírginem desponsátam viro, cui nomen erat Ioseph, de domo David, et nomen Vírginis María. Et ingréssus Angelus ad eam, dixit : Ave, grátia plena ; Dóminus tecum : benedícta tu in muliéribus.
En ce Temps-là, l’Ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le Nom de la vierge était Marie. L’ange, étant entré auprès d’Elle, Lui dit : Je Vous salue, pleine de Grâce ; le Seigneur est avec Vous, Vous êtes bénie entre les femmes.

OFFERTOIRE : (Luc 1, 28)
Le verset de l’Offertoire répète le Salut angélique à la Vierge et il est à peu près identique à celui du IVe dimanche de l’Avent. Cet Offertoire est formé des Paroles de la Salutation de l’Ange. Disons à Marie avec Gabriel : « Vous êtes véritablement pleine de toute Grâce » :
Ave, María, grátia plena ; Dóminus tecum : benedícta tu in muliéribus, Allelúia.
Je Vous salue, Marie, pleine de Grâce : le Seigneur est avec Vous : Vous êtes bénie entre les femmes, Alléluia.

SECRÈTE :
La Secrète de ce Jour a un sens tout spécial, parce que le Sacrifice que nous allons offrir à l’auguste Trinité représente le prix auquel Jésus acquit précisément à sa Bienheureuse Mère le privilège de l’Immaculée Conception. Et, Grâces à Dieu, nous sommes frères de Jésus, aussi nous unissons-nous à Lui en un même Amour pour Marie sa Mère et la Nôtre, et nous présentons avec Lui au Père le Fruit de sa Passion et sa Mort, comme le prix auquel Il voulut que fût mérité par la Vierge le Privilège commémoré par la Liturgie de ce Jour :
Salutárem hóstiam, quam in sollemnitáte (commemoratióne) immaculátæ Conceptiónis beátæ Vírginis Maríæ tibi, Dómine, offérimus, súscipe et præsta : ut, sicut illam tua grátia præveniénte ab omni labe immúnem profitémur ; ita eius intercessióne a culpis ómnibus liberémur. Per Dóminum…
Recevez, Seigneur, l’Hostie Salutaire que nous Vous offrons en la Solennité commémoraison de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, et accordez-nous que, de même que nous confessons qu’Elle a été exempte de toute tâche par votre Grâce qui L’a prévenue, nous soyons ainsi, par son Intercession, délivrés de toutes nos fautes. Par…

PRÉFACE DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE :
La Préface suivante est dite aux Messes festives et votives de la Bienheureuse Vierge Marie, sauf à la Fête de la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie. Cependant, on dit « Et en l’Annonciation », ou « Visitation », ou « Assomption », ou « Nativité », ou « Présentation », selon l’appellation de la Fête.
Mais aux Messes de l’Immaculée Conception on dit : « Et en l’Immaculée Conception ».
Aux Messes des Sept Douleurs, on dit : « Et en la Transfixion ».
En la Commémoraison du Mont Carmel, on dit : « En cette Commémoraison ».
A toutes les autres Fêtes de la Bienheureuse Vierge Marie, on dit : « Et en cette Fête ».
Aux Messes de la Sainte Vierge au samedi, et aux Messes votives où un Mystère particulier ne doit pas être exprimé, on dit : « Et en cette Vénération ».
Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus :Et te in * * * beátæ Maríæ semper Vírginis collaudáre, benedícere et prædicáre. Quæ et Unigénitum tuum Sancti Spíritus obumbratióne concépit : et, virginitátis glória permanénte, lumen ætérnum mundo effúdit, Iesum Christum, Dóminum nostrum. Per quem maiestátem tuam laudant Angeli, adórant Dominatiónes, tremunt Potestátes. Cæli cælorúmque Virtútes ac beáta Séraphim sócia exsultatióne concélebrant. Cum quibus et nostras voces ut admítti iúbeas, deprecámur, súpplici confessióne dicentes.
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de Vous rendre Grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant : Et, en * * * de la Bienheureuse Marie toujours Vierge de Vous louer, de Vous bénir et de Vous proclamer. C’est Elle qui a conçu Votre Fils Unique par l’opération du Saint-Esprit : et qui, sans rien perdre de la Gloire de Sa virginité, a mis au monde la Lumière éternelle, Jésus-Christ, Notre-Seigneur. Par Lui les Anges louent Votre Majesté, les Dominations Vous adorent, les Puissances se prosternent en tremblant. Les Cieux, les Vertus des cieux et les bienheureux Séraphins La célèbrent, unis dans une même allégresse. A leurs chants, nous Vous prions, laissez se joindre aussi nos voix pour proclamer dans une humble louange.

COMMUNION :
Par la Communion, nous comprenons mieux qu'en faisant de Marie sa Demeure, Dieu accomplit en Elle de grandes choses :
Gloriósa dicta sunt de te, María : quia fecit tibi magna qui potens est.
Des choses glorieuses ont été dites de Vous, Marie : parce que le Puissant Vous a fait de grandes choses.

POSTCOMMUNION :
Dans la Postcommunion, nous supplions le Seigneur afin que, comme la Grâce prévint sa Bienheureuse Mère de telle sorte que sa Conception Immaculée L’exempta de la contagion commune du péché, ainsi la divine Eucharistie soit également pour nous l’antidote contre le poison qui infecte nos veines, conséquence du fruit mortel de l’Éden. La blessure de notre nature viciée par le péché originel est telle que, avec notre intelligence obscurcie, notre volonté affaiblie et nos passions déréglées, nous ne pouvons espérer surmonter les obstacles. Nous avons donc besoin de la Grâce de Jésus-Christ, et, pour L’obtenir, nous devons nous y préparer par l’humilité, la prière et la docilité. Une tendre dévotion envers l’Immaculée Mère de Dieu est parmi les moyens les plus puissants pour neutraliser en nous les effets du virus de l’arbre néfaste du paradis terrestre :
Sacraménta quæ súmpsimus, Dómine, Deus noster : illíus in nobis culpæ vúlnera réparent ; a qua immaculátam beátæ Maríæ Conceptiónem singuláriter præservásti. Per Dóminum…
Seigneur, notre Dieu, que ce Sacrement que nous avons reçu, répare en nous les blessures de cette faute dont, par un Privilège tout spécial, Vous avez préservé la Bienheureuse Marie dans sa Conception Immaculée. Par…


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe