Sainte « Messe du Dimanche de la Septuagésime » (Dominica in Septuagesima) :

2ème classe - Station à St-Laurent-hors-les-murs - Ornements violets
Aux Matines de ce jour, l'Église commence la Lecture de la Genèse avec le récit de la création et de la chute d'Adam. Cette chute fut si profonde qu'elle dure encore aujourd'hui, puisque toute la nature humaine est tombée en lui. Et depuis ce péché originel, comme nous le rappellent les Lectures, il nous faut lutter et peiner sans cesse. Pour soutenir cette lutte, nous ne pouvons nous appuyer sur nous-mêmes, mais sur Dieu seul et sa Miséricorde. Les prières et les chants de cette Messe disent notre misère et notre angoisse. Mais suivons le mouvement que nous offre la Liturgie : de la mort et de l'abîme où nous gisons à cause de nos péchés (Introït, Collecte et Trait), désirons et allons vers le Visage de Lumière du Christ (Communion), Lui qui « nous a remis sur la bonne route, celle de la Patrie. Comment marcher ? Aime et tu cours. Plus tu aimes fort, plus vite tu cours vers la Patrie » (Saint Augustin).


INTROÏT : (Psaume 17, 5-7)
Adam exilé du paradis expose sa douleur, c'est nous avec lui, et c'est la Voix du nouvel Adam venu prendre sur Lui nos douleurs et nos péchés. Mais l'amour peut tout guérir, comme l'exprime le psaume : « Je vous aimerai... » :

CIRCUMDEDERUT me gémitus mortis, dolóres inférni circumdedérunt me : et in tribulatióne mea invocávi Dóminum, et exaudívit de templo sancto suo vocem meam.
Les gémissements de la mort m’ont environné, les douleurs de l’enfer m’ont entouré ; dans mon affliction j’ai invoqué le Seigneur, et de Son saint Temple, Il a entendu ma voix.

Ps. 17, 2-3 : Díligam te, Dómine, fortitúdo mea : Dóminus firmaméntum meum, et refúgium meum, et liberátor meus.
Ps. 17, 2-3 : Je Vous aimerai, Seigneur, Vous qui êtes ma Force ; le Seigneur est mon ferme Appui, et mon Libérateur.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « Circumdedérut » . Cette façon de répéter l'Introït s'observe pendant toute l'année.


COLLECTE :
Preces pópuli tui, quǽsumus, Dómine, cleménter exáudi : ut, qui iuste pro peccátis nostris afflígimur, pro tui nóminis glória misericórditer liberémur. Per Dóminum nostrum.
Nous Vous en supplions, Seigneur, écoutez avec clémence les prières de votre Peuple, afin que nous qui sommes justement affligés pour nos péchés, nous soyons miséricordieusement délivrés pour la Gloire de votre Nom.


ÉPITRE : (1 Cor. 9, 24-27 ; 10, 1-5.)
La vie des Israélites au désert (avec la nuée, le rocher, la manne...) était une figure de la nôtre avec les Sacrements. Saint Paul nous rappelle qu'il ne suffit pas d'être Baptisé et d'avoir reçu des Grâces ou des Dons particuliers pour être sauvé : la Vie Chrétienne est un combat, il nous faut faire des efforts et avancer dans la voie étroite. Mais ce combat conduit à la Vie !  :

Léctio Epístolæ beáti Páuli Apóstoli ad Corínthios
Lecture de l’Epître de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Fratres : Nescítis, quod ii, qui in stádio currunt, omnes quidem currunt, sed unus áccipit bravíum ? Sic cúrrite, ut comprehendátis. Omnis autem, qui in agóne conténdit, ab ómnibus se ábstinet : et illi quidem, ut corruptíbilem corónam accípiant ; nos autem incorrúptam. Ego ígitur sic curro, non quasi in incértum : sic pugno, non quasi áërem vérberans : sed castígo corpus meum, et in servitútem rédigo : ne forte, cum áliis prædicáverim, ipse réprobus effíciar. Nolo enim vos ignoráre, fratres, quóniam patres nostri omnes sub nube fuérunt, et omnes mare transiérunt, et omnes in Móyse baptizáti sunt in nube et in mari : et omnes eándem escam spiritálem manducavérunt, et omnes eúndem potum spiritálem bibérunt (bibébant autem de spiritáli, consequénte eos, petra : petra autem erat Christus) : sed non in plúribus eórum beneplácitum est Deo.
Mes Frères : Ne le savez-vous pas ? Dans les courses du stade, tous courent, mais un seul emporte le prix. Courez de même, afin de le remporter. Quiconque veut lutter, s’abstient de tout : eux pour une couronne périssable ; nous, pour une impérissable. Pour moi, je cours de même, non comme à l’aventure ; je frappe, non pas comme battant l’air. Mais je traite durement mon corps et je le tiens en servitude, de peur qu’après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé. Car je ne veux pas vous laisser ignorer, frères, que nos pères ont tous été sous la nuée, qu’ils ont tous traversé la mer, et qu’ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer ; qu’ils ont tous mangé le même aliment spirituel, et qu’ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les accompagnait, et ce rocher était le Christ. Cependant ce n’est pas dans la plupart d’entre eux que Dieu trouva son Plaisir.


GRADUEL : (Psaume 9, 10-11.19-20)
Dans toutes nos peines, redisons notre confiance en Dieu :
Adiútor in opportunitátibus, in tribulatióne : sperent in te, qui novérunt te : quóniam non derelínquis quæréntes te, Dómine.
Vous êtes notre Secours au temps du besoin et de l’affliction. Qu’ils espèrent en Vous ceux qui connaissent votre Nom, car Vous n’abandonnez pas ceux qui Vous cherchent, Seigneur.
V/. Quóniam non in finem oblívio erit páuperis : patiéntia páuperum non períbit in ætérnum : exsúrge, Dómine, non præváleat homo.
V/. Car le pauvre ne sera pas en oubli pour toujours ; la patience des pauvres ne périra pas à jamais. Levez-Vous, Seigneur, que l’homme ne triomphe pas.


TRAIT : (Psaume 129, 1-4)
A partir de ce Dimanche et jusqu'à Pâques, on omet l'Alléluia et on dit le Trait à la place. En semaine, quand on reprend la Messe du Dimanche, on dit le Graduel sans le Trait :
De profúndis clamávi ad te. Dómine : Dómine, exáudi vocem meam.
Du fond des abîmes, j’ai crié vers Vous, Seigneur ; Seigneur, exaucez ma voix.
V/. Fiant aures tuæ intendéntes in oratiónem servi tui.
V/. Que Vos oreilles soient attentives à la voix de ma supplication.
V/. Si iniquitátes observáveris, Dómine : Dómine, quis sustinébit ?
V/. Si Vous examinez nos iniquités, Seigneur, qui subsistera devant Vous ?
V/. Quia apud te propitiátio est, et propter legem tuam sustínui te, Dómine.
V/. Mais auprès de Vous est la Miséricorde et à cause de votre Loi j’ai espéré en Vous Seigneur.


ÉVANGILE : (Matth. 20, 1-16)
'' Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. Aussi ne cesse-t-Il de nous appeler et de nous chercher depuis le matin jusqu'au soir, depuis le commencement de notre vie jusqu'à la fin. Il nous appelle par Ses inspirations et par Ses grâces, par Ses anges, par les prédicateurs et les confesseurs, par les bons livres et les bons exemples, par les événements et par les épreuves ... :

+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Matthǽum
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Matthieu

In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis parábolam hanc : Simile est regnum cælórum hómini patrifamílias, qui éxiit primo mane condúcere operários in víneam suam. Conventióne autem facta cum operáriis ex denário diúrno, misit eos in víneam suam. Et egréssus circa horam tértiam, vidit álios stantes in foro otiósos, et dixit illis : Ite et vos in víneam meam, et quod iustum fúerit, dabo vobis. Illi autem abiérunt. Iterum autem éxiit circa sextam et nonam horam : et fecit simíliter. Circa undécimam vero éxiit, et invénit álios stantes, et dicit illis : Quid hic statis tota die otiósi ? Dicunt ei : Quia nemo nos condúxit. Dicit illis : Ite et vos in víneam meam. Cum sero autem factum esset, dicit dóminus víneæ procuratóri suo : Voca operários, et redde illis mercédem, incípiens a novíssimis usque ad primos. Cum veníssent ergo qui circa undécimam horam vénerant, accepérunt síngulos denários. Veniéntes autem et primi, arbitráti sunt, quod plus essent acceptúri : accepérunt autem et ipsi síngulos denários. Et accipiéntes murmurábant advérsus patremfamílias, dicéntes : Hi novíssimi una hora fecérunt et pares illos nobis fecísti, qui portávimus pondus diéi et æstus. At ille respóndens uni eórum, dixit : Amíce, non facio tibi iniúriam : nonne ex denário convenísti mecum ? Tolle quod tuum est, et vade : volo autem et huic novíssimo dare sicut et tibi. Aut non licet mihi, quod volo, fácere ? an óculus tuus nequam est, quia ego bonus sum ? Sic erunt novíssimi primi, et primi novíssimi. Multi enim sunt vocáti, pauci vero elécti.
En ce temps là, Jésus dit à ces disciples cette Parabole : le Royaume des Cieux est semblable à un maître de maison qui sortit de grand matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Etant convenu avec les ouvriers d’un denier par jour, il les envoya à sa vigne. Il sortit vers la troisième heure, en vit d’autres qui se tenaient sur la place sans rien faire, et leur dit : « Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera juste ». Et ils y allèrent. Il sortit encore vers la sixième et la neuvième heure, et fit la même chose. Etant sorti vers la onzième (heure), il en trouva d’autres qui stationnaient, et il leur dit : « Pourquoi stationnez-vous ici toute la journée sans rien faire ? » Ils lui disent : « C’est que personne ne nous a embauchés ». Il leur dit : « Allez, vous aussi, à la vigne ». Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : « Appelle les ouvriers et paie-leur le salaire, en commençant par les derniers jusqu’aux premiers ». Ceux de la onzième heure vinrent et reçurent chacun un denier. Quand vinrent les premiers, ils pensèrent qu’ils recevraient davantage ; mais ils reçurent, eux aussi, chacun un denier. En le recevant, ils murmuraient contre le maître de maison, disant : « Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les as traités comme nous, qui avons porté le poids du jour et la chaleur ». Mais lui, s’adressant à l’un d’eux, répondit : « Ami, je ne te fais point d’injustice : n’es-tu pas convenu avec moi d’un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire en mes affaires ce que je veux ? Ou ton œil sera-t-il mauvais parce que, moi, je suis bon ? Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers derniers ».


OFFERTOIRE : (Psaume 91, 2)
Chantons à notre tour la Bonté du Père de famille qui nous a appelés à Sa vigne :
Bonum est confitéri Dómino, et psállere nómini tuo, Altíssime.
Il est bon de louer le Seigneur et de chanter votre Nom, ô Très-Haut.


SECRÈTE :
Munéribus nostris, quǽsumus, Dómine, precibúsque suscéptis : et cæléstibus nos munda mystériis, et cleménter exáudi. Per Dóminum.
Ayant agréé nos offrandes et nos prières, purifiez-nous grâce à ces Mystères tout célestes, nous Vous en supplions, Seigneur, et exaucez-nous avec clémence.


PRÉFACE DE LA SAINTE TRINITÉ :
La Préface suivante est dite :
Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus :
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre Salut, de Vous rendre Grâces toujours et partout, Seigneur, Père Saint, Dieu Eternel et Tout-Puissant :

Qui cum Unigénito Fílio tuo et Spíritu Sancto unus es Deus, unus es Dóminus : non in uníus singularitáte persónæ, sed in uníus Trinitáte substántiæ.
Avec votre Fils unique, et le Saint-Esprit, Vous êtes un seul Dieu, Un seul Seigneur, non dans l’unité d’une seule personne, mais dans la Trinité d’une seule substance.

Quod enim de tua glória, revelánte te, crédimus, hoc de Fílio tuo, hoc de Spíritu Sancto, sine discretióne sentímus.
Car ce que nous croyons au sujet de votre Gloire, sur la foi de votre Révélation, de votre Fils et du Saint-Esprit, nous le croyons aussi, sans aucune différence.

Ut, in confessióne veræ sempiternǽque Deitátis, et in persónis propríetas, et in esséntia únitas, et in maiestáte adorétur æquálitas.
En sorte que, confessant la vraie et éternelle Divinité, nous adorons et la propriété dans les personnes et l’unité dans l’essence et l’égalité dans la majesté.

Quam laudant Angeli atque Archángeli, Chérubim quoque ac Séraphim, qui non cessant clamáre cotídie, una voce dicéntes :
C’est Elle que louent les Anges et les Archanges, les Chérubins avec les Séraphins, qui ne cessent chaque jour de chanter en disant d’une voix unanime :


COMMUNION : (Ps 30, 17-18)
Illúmina fáciem tuam super servum tuum, et salvum me fac in tua misericórdia : Dómine, non confúndar, quóniam invocávi te.
Faites luire votre Visage sur Votre serviteur, et sauvez-moi par votre Miséricorde ; Seigneur, que je ne sois pas confondu, car je Vous ai invoqué.


POSTCOMMUNION :
« Recevoir sans cesse » les Dons de Dieu, c'est rester toujours uni au Christ, la vraie Vigne :
Fidéles tui, Deus, per tua dona firméntur : ut eadem et percipiéndo requírant, et quæréndo sine fine percípiant. Per Dóminum.
Que Vos fidèles, ô Dieu, soient affermis par vos Dons, afin qu’en Les recevant ils Les recherchent encore et qu’en Les recherchant ils Les reçoivent sans fin.


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe