Sainte « Messe du Mercredi Saint » (Feria Quarta Maioris Hebdomadæ) :

1ère classe - Ornements Violets - Station à Sainte-Marie-Majeure

Cette Messe très ancienne est une des plus douloureuses de la Semaine Sainte : tous les textes nous parlent de la Passion du Seigneur toute proche. Les premiers mots de l'introït prophétisent cependant l'Entrée de Jésus dans la Gloire du Père : l'Eglise veut ainsi confirmer notre foi, afin que Vendredi, voyant Jésus crucifié entre deux voleurs, nous nous souvenions que c'est précisément par Son obéissance et Son humiliation qu'Il a mérité le triomphe de la Résurrection et la destruction du règne de Satan. A plusieurs reprises, le psaume 101 - prière d'un pauvre qui se lamente sur ses propres souffrances, tout en gardant sa confiance dans l'Intervention du Seigneur - nous fait entendre les Appels du Christ angoissé à son Père.


INTROÏT : (Phil. 2, 10, 8 et 11)
La Sainte Église débute dans l’Introït par la Glorification du Saint Nom de Jésus, si outragé aujourd’hui par les hommes infâmes qui Le prononcent avec tant de haine, dans l’odieux complot qu’ils ourdissent contre Celui auquel Il fut imposé, par Ordre du Ciel, pour annoncer notre Salut. Ce Nom béni signifie Sauveur ; nous voici dans les jours où Il doit recevoir toute Sa signification :
In nómine Iesu omne genu flectátur, cæléstium, terréstrium et infernórum : quia Dóminus factus est obœdiens usque ad mortem, mortem autem crucis : ideo Dóminus Iesus Christus in glória est Dei Patris.
Qu’au Nom de Jésus tout genou fléchisse dans le Ciel, sur la terre et dans les enfers ; car le Seigneur s’est fait obéissant jusqu’à la mort et la mort de la Croix : c’est pourquoi le Seigneur Jésus-Christ est dans la Gloire de Dieu le Père.
Ps. 101, 2 : Dómine, exáudi oratiónem meam : et clamor meus ad te véniat.
Ps. 101, 2 : Seigneur, écoutez ma prière, et que mon cri parvienne jusqu’à Vous.
Puis on répète l'antienne « In nómine Iesu omne genu flectátur » . Cette façon de répéter l'Introït s'observe pendant toute l'année.


Après le « Kýrie, eléison », le Prêtre dit :
Orémus. Flectámus génua.
Prions. Fléchissons les genoux
V/. Leváte.
V/. Levez-vous.


1ère COLLECTE :
Dans la Première Collecte, l’Église confesse que Ses enfants ont péché ; mais Elle représente au Seigneur la Passion qu’a soufferte pour eux son Fils unique, et Elle se laisse aller à l’espérance :
Præsta, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, qui nostris excéssibus incessánter afflígimur, per unigéniti Fílii tui passiónem liberémur : Qui tecum vivit.
Faites, nous Vous en prions, Dieu Tout-Puissant, que sans cesse affligés par nos débordements, nous soyons libérés par la Passion de votre Fils.


LECTURE : (Isaïe 62, 11 ; 63, 1-7)
Cette prophétie est un dialogue émouvant entre un guerrier tout sanglant et ceux que sa victoire vient de libérer. Le Christ sera, Lui aussi le vainqueur du péché ; mais le Sang qui tachera Ses vêtements sera Son propre Sang, et non celui de Ses ennemis  :

Léctio Isaíæ Prophétæ
Lecture du Prophète Isaïe

Hæc dicit Dóminus Deus : Dícite fíliæ Sion : Ecce, Salvátor tuus venit : ecce, merces eius cum eo. Quis est iste, qui venit de Edom, tinctis véstibus de Bosra ? Iste formósus in stola sua, grádiens in multitúdine fortitúdinis suæ. Ego, qui loquor iustítiam, et propugnátor sum ad salvándum. Quare ergo rubrum est induméntum tuum, et vestiménta tua sicut calcántium in torculári ? Tórcular calcávi solus, et de géntibus non est vir mecum : calcávi eos in furóre meo, et conculcávi eos in ira mea : et aspérsus est sanguis eórum super vestiménta mea, et ómnia induménta mea inquinávi. Dies enim ultiónis in corde meo, annus redemptiónis meæ venit. Circumspéxi, et non erat auxiliátor : quæsívi, et non fuit, qui adiuváret : et salvávit mihi bráchium meum, et indignátio mea ipsa auxiliáta est mihi. Et conculcávi pópulos in furóre meo, et inebriávi eos in indignatióne mea, et detráxi in terram virtútem eórum. Miseratiónum Dómini recordábor, laudem Dómini super ómnibus, quæ réddidit nobis Dóminus, Deus noster.
Voici ce que le Seigneur Dieu a dit : Dites à la fille de Sion : « Voici que ton Sauveur vient ; voici que sa récompense est avec lui ». Qui est celui-là qui vient d’Edom, de Bosra en habits écarlates ? Il est magnifique dans son vêtement, il se redresse dans la grandeur de sa force. C’est moi, qui parle avec justice, et qui suis puissant pour sauver. Pourquoi y a-t-il du rouge à ton vêtement, et tes habits sont-ils comme ceux du pressureur ? Au pressoir j’ai foulé seul, et, parmi les peuples, personne n’a été avec moi. Et je les ai foulés dans ma colère, piétinés dans ma fureur ; le jus en a jailli sur mes habits, et j’ai souillé tout mon vêtement. Car un jour de vengeance était dans mon cœur, et l’année de ma rédemption était venue. J’ai regardé, et personne pour m’aider ; j’étais étonné, et personne pour me soutenir. Alors mon bras m’a sauvé, et ma fureur m’a soutenu. J’ai écrasé les peuples dans ma colère, et je les ai enivrés de ma fureur, et j’ai fait couler leur sang à terre ». Je célébrerai les Miséricordes du Seigneur, les Louanges du Seigneur, selon tout ce que le Seigneur a fait pour nous, Lui notre Dieu.


GRADUEL : (Psaume 68, 18.2-3)
« Comment Lui, l'Homme-Dieu, comment peut-Il être accessible au trouble ? C'est qu'Il porte en Lui notre faiblesse. Quand Il se trouble ainsi à l'approche de la mort, c'est notre propre peur qu'Il porte en Lui » (Saint Augustin) :
Ne avértas fáciem tuam a púero tuo, quóniam tríbulor : velóciter exáudi me.
Ne cachez pas votre Face à votre serviteur, parce que je suis dans l’angoisse : vite, exaucez-moi.
V/. Salvum me fac, Deus, quóniam intravérunt aquæ usque ad ánimam meam : infíxus sum in limo profúndi, et non est substántia.
V/. Sauvez-moi, mon Dieu, les eaux me montent à la gorge ; je suis enlisé dans la fange du gouffre, et rien de solide où poser le pied.


2ème COLLECTE :
Ici le Prêtre dit « Dominus vobiscum », sans « Flectamus genua » :
Deus, qui pro nobis Fílium tuum Crucis patíbulum subire voluísti, ut inimíci a nobis expélleres potestatem : concéde nobis fámulis tuis ; ut resurrectiónis grátiam consequámur. Per eúndem Dóminum nostrum.
Ô Dieu, qui avez voulu que pour nous, votre Fils subît le gibet de la Croix afin de nous arracher à la puissance de l’ennemi, accordez à Vos serviteurs de parvenir à la Grâce de la Résurrection.


LECTURE : (Isaïe 53, 1-12)
Cette Lecture est appelée avec raison le Cinquième Évangile, parce que le Prophète Isaïe y contemple, plusieurs siècles avant leur réalisation, les humiliations et les douleurs subies par Jésus durant sa Passion, et il en décrit les moindres détails. Il y est appelé le « serviteur de Dieu » ; car pour réparer la désobéissance de l'homme, notre Sauveur s’est consacré entièrement à accomplir la Volonté de son Père  :

Léctio Isaíæ Prophétæ
Lecture du Prophète Isaïe

In diébus illis : Dixit Isaías : Dómine, quis crédidit auditui nostro ? et bráchium Dómini cui revelátum est ? Et ascéndet sicut virgúltum coram eo, et sicut radix de terra sitiénti : non est spécies ei neque decor : et vídimus eum, et non erat aspéctus, et desiderávimus eum : despéctum et novíssimum virórum, virum dolórum, et sciéntem infirmitátem : et quasi abscónditus vultus eius et despéctus, unde nec reputávimus eum. Vere languóres nostros ipse tulit, et dolóres nostros ipse portávit : et nos putávimus eum quasi leprósum, et percússum a Deo, et humiliátum. Ipse autem vulnerátus est propter iniquitátes nostras, attrítus est propter scélera nostra : disciplína pacis nostræ super eum, et livóre eius sanáti sumus. Omnes nos quasi oves errávimus, unusquísque in viam suam declinávit : et pósuit Dóminus in eo iniquitátem ómnium nostrum. Oblátus est, quia ipse vóluit, et non apéruit os suum : sicut ovis ad occisiónem ducátur, et quasi agnus coram tondénte se obmutéscet, et non apériet os suum. De angústia et de iudício sublátus est : generatiónem eius quis enarrábit ? quia abscíssus est de terra vivéntium : propter scelus pópuli mei percússi eum. Et dabit ímpios pro sepultúra, et dívitem pro morte sua : eo quod iniquitátem non fécerit, neque dolus fúerit in ore eius. Et Dóminus vóluit contérere eum in infirmitáte : si posúerit pro peccáto ánimam suam, vidébit semen long.vum, et volúntas Dómini in manu eius dirigátur. Pro eo, quod laborávit ánima eius, vidébit, et saturábitur : in sciéntia sua iustificábit ipse iustus servus meus multos, et iniquitátes eórum ipse portábit. Ideo dispértiam ei plúrimos : et fórtium dívidet spólia, pro eo, quod trádidit in mortem ánimam suam, et cum scelerátis reputátus est : et ipse peccáta multórum tulit, et pro transgressóribus rogávit.
En ces jours-là, Isaïe dit : Qui a cru ce que nous avons entendu, et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé ? Il s’est élevé devant lui comme un frêle arbrisseau ; comme un rejeton gui sort d’une terre desséchée ; il n’avait ni forme ni beauté pour attirer nos regards, ni apparence pour exciter notre amour. Il était méprise et abandonné des hommes, homme de douleurs et familier de la souffrance, comme un objet devant lequel on se voile la face ; en butte au mépris, nous n’en faisions aucun cas. Vraiment c’était nos maladies qu’il portait, et nos douleurs dont il s’était chargé ; et nous, nous le regardions comme un puni, frappé de Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun de nous suivait sa propre voie ; et le Seigneur a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. On le maltraite, et lui se soumet et n’ouvre pas la bouche, semblable à l’agneau qu’on mène à la tuerie, et à la brebis muette devant ceux qui la tondent ; il n’ouvre point la bouche. l a été enlevé par l’oppression et le jugement, et, parmi ses contemporains, qui a pensé qu’il était retranché de la terre des vivants, que la plaie le frappait à cause des péchés de mon peuple ? On lui a donné son sépulcre avec les méchants, et dans sa mort il est avec le riche, alors qu’il n’a pas commis d’injustice, et qu’il n’y a pas de fraude dans sa bouche. Il a plu au Seigneur de le briser par la souffrance ; mais quand son âme aura offert le sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et le dessein du Seigneur prospérera dans ses mains. A cause des souffrances de son âme, il verra et se rassasiera. Par sa connaissance le juste, mon Serviteur, justifiera beaucoup d’hommes, et lui-même se chargera de leurs iniquités. C’est pourquoi je lui donnerai sa part parmi les grands ; il partagera le butin avec les forts. Parce qu’il a livré son âme à la mort et qu’il a été compté parmi les malfaiteurs ; et lui-même a porté la faute de beaucoup, et il intercédera pour les pécheurs.


TRAIT : (Psaume 101, 2-5.14)
Dómine, exáudi oratiónem meam, et clamor meus ad te véniat.
Seigneur, écoutez ma prière et que mon cri parvienne jusqu’à Vous.
V/. Ne avértas fáciem tuam a me : in quacúmque die tríbulor, inclína ad me aurem tuam.
V/. Ne me cachez pas votre Face au jour de ma détresse ; inclinez vers moi votre Oreille.
V/. In quacúmque die invocávero te, velóciter exáudi me.
V/. Au jour où je Vous invoque, vite, exaucez-moi.
V/. Quia defecérunt sicut fumus dies mei : et ossa mea sicut in frixório confríxa sunt.
V/. Car mes jours se consument en fumée ; mes os brûlent comme un brasier.
V/. Percússus sum sicut fænum. et áruit cor meum : quia oblítus sum manducáre panem meum.
V/. Comme l’herbe mon cœur se dessèche, j’en oublie de manger mon pain.
V/. Tu exsúrgens, Dómine, miseréberis Sion : quia venit tempus miseréndi eius.
V/. Vous Vous lèverez, Seigneur, prenez en pitié Sion ; le temps est venu de lui faire Grâce.


ÉVANGILE : (Luc 22, 39-71 ; 23, 1-53)
Dans le récit que Saint Luc nous fait de la Passion, Jésus est présenté comme le « Patient », Celui qui livre combat à la puissance des ténèbres non par la force extérieure, mais par la force d'âme et la bonté. Cette Bonté, Jésus La manifeste, tant à l'égard de Pierre après sa faute qu'à l'égard de Judas, envers Malchus, les femmes de Jérusalem et le bon larron. Et l'Une des dernières Paroles de Jésus sera une Parole de Pardon : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font ». Dans ce combat, Jésus triomphe par la reconnaissance que l'on fait de son Innocence. C'est un Innocent qui est condamné ; Jésus le déclare Lui-même. Cette Innocence du Christ, Saint Luc souligne que tous les acteurs du drame en ont conscience. Par trois fois, Pilate répète qu'il ne trouve en cet homme aucun motif de condamnation. Le bon larron s’écrie : « Lui n'a rien fait de mal » ; et le centurion affirme : « Vraiment, cet homme est un Juste ». C’est parce que Jésus, le « Bois vert », 1a Victime Innocente, est immolé sur la Croix, que l'on peut parler d'un « triomphe des Ténèbres ». Triomphe provisoire, car en pardonnant à Ses bourreaux, Jésus a vaincu le mal par le Bien :

Pássio Dómini nostri Iesu Christi secúndum Lucam
Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ selon Saint Luc

In illo témpore : Egréssus Iesus ibat secúndum consuetúdinem in montem Olivárum. Secúti sunt autem illum et discípuli. Et cum pervenísset ad locum, dixit illis : + Oráte, ne intrétis in tentatiónem. C. Et ipse avúlsus est ab eis, quantum iactus est lápidis, et pósitis génibus orábat, dicens : + Pater, si vis, transfer cálicem istum a me : verúmtamen non mea volúntas, sed tua fiat. C. Appáruit autem illi Angelus de cælo, ccnfórtans eum. Et factus in agónia, prolíxius orábat. Et factus est sudor eius, sicut guttæ sánguinis decurréntis in terram. Et cum surrexísset ab oratióne, et venísset ad discípulos suos, invénit eos dormiéntes præ tristítia. Et ait illis : + Quid dormítis ? súrgite, oráte, ne intrétis in tentatiónem. C. Adhuc eo loquénte, ecce turba : et qui vocabátur Iudas, unus de duódecim, antecedébat eos : et appropinquávit Iesu, ut oscularétur eum. Iesus autem dixit illi : + Iuda, ósculo Fílium hóminis tradis ? C. Vidéntes autem hi, qui circa ipsum erant, quod futúrum erat, dixérunt ei : S. Dómine, si percútimus in gladio ? C. Et percússit unus ex illis servum príncipis sacerdótum, et amputávit aurículam eius déxteram. Respóndens autem Iesus, ait : + Sínite usque huc. C. Et cum tetigísset aurículam eius, sanávit eum. Dixit autem Iesus ad eos, qui vénerant ad se, príncipes sacerdótum et magistrátus templi et senióres : + Quasi ad latrónem exístis cum gládiis et fústibus ? Cum cotídie vobíscum fúerim in templo, non extendístis manus in me : sed hæc est hora vestra et potéstas tenebrárum. C. Comprehendéntes autem eum, duxérunt ad domum príncipis sacerdótum : Petrus vero sequebátur a longe. Accénso autem igne in médio átrii, et circumsedéntibus illis, erat Petrus in médio eórum. Quem cum vidísset ancílla quædam sedéntem ad lumen, et eum fuísset intúita, dixit : S. Et hic cum illo erat. C. At ille negávit eum, dicens : S. Múlier, non novi illum. C. Et post pusíllum álius videns eum, dixit : S. Et tu de illis es. C. Petrus vero ait : S. O homo, non sum. C. Et intervállo facto quasi horæ uníus, álius quidam affirmábat, dicens : S. Vere et hic cum illo erat : nam et Galilǽus est. C. Et ait Petrus : S. Homo, néscio, quid dicis. C. Et contínuo adhuc illo loquénte cantávit gallus. Et convérsus Dóminus respéxit Petrum. Et recordátus est Petrus verbi Dómini, sicut díxerat : Quia priúsquam gallus cantet, ter me negábis. Et egréssus foras Petrus flevit amáre. Et viri, qui tenébant illum, illudébant ei, cædéntes. Et velavérunt eum et percutiébant fáciem eius : et interrogábant eum, dicéntes : S. Prophetíza, quis est, qui te percússit ? C. Et alia multa blasphemántes dicébant in eum. Et ut factus est dies, convenérunt senióres plebis et príncipes sacerdótum et scribæ, et duxérunt illum in concílium suum, dicente ? S. Si tu es Christus, dic nobis. C. Et ait illis : + Si vobis díxero, non credétis mihi : si autem et interrogávero, non respondébitis mihi, neque dimítte ti S. Ex hoc autem erit Fílius hóminis sedens a dextris virtútis Dei. C. Dixérunt autem omnes : S. Tu ergo es Fílius Dei ? C. Qui ait : + Vos dicitis, quia ego sum. C. At illi dixérunt : S. Quid adhuc de sider ámus te stimónium ? Ipsi enim audívimus de ore eius. C. Et surgens omnis multitúdo eórum, duxérunt illum ad Pilátum. Coepérunt autem illum accusáre, dicéntes : S. Hunc invénimus subverténtem gentem nostram, et prohibéntem tribúta dare C.sari, et dicéntem se Christum regem esse. C. Pilátus autem interrogávit eum, dicens : S. Tu es Rex Iudæórum ? C. At ille respóndens, ait : + Tu dicis. C. Ait autem Pilátus ad príncipes sacerdótum et turbas : S. Nihil invénio causæ in hoc hómine. C. At illi invalescébant, dicéntes : S. Cómmovet pópulum, docens per univérsam Iudǽam, incípiens a Galilǽa usque huc. C. Pilátus autem áudiens Galilǽam, interrogávit, si homo Galilǽus esset. Et ut cognóvit, quod de Heródis potestáte esset, remísit eum ad Heródem, qui et ipse Ierosólymis erat illis diébus. Heródes autem, viso Iesu, gavísus est valde. Erat enim cúpiens ex multo témpore vidére eum, eo quod audíerat multa de eo, et sperábat signum áliquod vidére ab eo fíeri. Interrogábat autem eum multis sermónibus. At ipse nihil illi respondébat. Stabant autem príncipes sacerdótum et scribæ, constánter accusántes eum. Sprevit autem illum Heródes cum exércitu suo : et illúsit indútum veste alba, et remísit ad Pilátum. Et facti sunt amíci Heródes et Pilátus in ipsa die : nam ántea inimíci erant ad ínvicem. Pilátus autem, convocátis princípibus sacerdótum et magistrátibus et plebe, dixit ad illos : S. Obtulístis mihi hunc hóminem, quasi averténtem pópulum, et ecce, ego coram vobis intérrogans, nullam causam invéni in hómine isto ex his, in quibus eum accusátis. Sed neque Heródes : nam remísi vos ad illum, et ecce, nihil dignum morte actum est ei. Emendátum ergo illum dimíttam. C. Necésse autem habébat dimíttere eis per diem festum, unum. Exclamávit autem simul univérsa turba, dicens : S. Tolle hunc, et dimítte nobis Barábbam. C. Qui erat propter seditiónem quandam fáciam in civitáte et homicídium missus in cárcerem. Iterum autem Pilátus locútus est ad eos, volens dimíttere Iesum. At illi succlamábant, dicéntes : S. Crucifíge, crucifíge eum. C. Ille autem tértio dixit ad illos : S. Quid enim mali fecit iste ? Nullam causam mortis invénio in eo : corrípiam ergo illum et dimíttam. C. At illi instábant vócibus magnis, postulántes, ut crucifigerétur. Et invalescébant voces eórum. Et Pilátus adiudicávit fíeri petitiónem eórum. Dimísit autem illis eum, qui propter homicídium et seditiónem missus fúerat in cárcerem, quem petébant : Iesum vero trádidit voluntáti eórum. Et cum dúcerent eum, apprehendérunt Simónem quendam Cyrenénsem, veniéntem de villa : et imposuérunt illi crucem portáre post Iesum. Sequebátur autem illum multa turba pópuli, et mulíerum, quæ plangébant et lamentabántur eum. Convérsus autem ad illas Iesus dixit : + Filiæ Ierúsalem, nolíte flere super me, sed super vos ipsas flete et super fílios vestros. Quóniam ecce vénient dies, in quibus dicent : Beátæ stériles, et veníres, qui non genuérunt, et úbera, quæ non lactavérunt. Tunc incípient dícere móntibus : Cádite super nos ; et cóllibus : Operíte nos. Quia si in víridi ligno hæc fáciunt, in árido quid fiet ? C. Ducebántur autem et alii duo nequam cum eo, ut interficeréntur. Et postquam venérunt in locum, qui vocátur Calváriæ, ibi crucifixérunt eum : et latrónes, unum a dextris et álterum a sinístris. Iesus autem dicebat : + Pater, dimítte illis : non enim sciunt, quid fáciunt. C. Dividéntes vero vestiménta eius, misérunt sortes. Et stabat pópulus spectans, et deridébant eum príncipes cum eis, dicéntes : S. Alios salvos fecit : se salvum fáciat, si hic est Christus Dei electus. C. Illudébant autem ei et mílites accedéntes, et acétum offeréntes ei, et dicéntes : S. Si tu es Rex Iudæórum, salvum te fac. C. Erat autem et superscríptio scripta super eum lítteris græcis et latínis et hebráicis : Hic est Rex Iudæórum. Unus autem de his, qui pendébant, latrónibus, blasphemábat eum, dicens : S. Si tu es Christus, salvum fac temetípsum, et nos. C. Respóndens autem alter increpábat eum, dicens : S. Neque tu times Deum, quod in eadem damnatióne es. Et nos quidem iuste, nam digna factis recípimus : hic vero nihil mali gessit. C. Et dicebat ad Iesum : S. Dómine, meménto mei, cum véneris in regnum tuum. C. Et dixit illi Iesus : + Amen, dico tibi : Hódie mecum eris in paradíso. C. Erat autem fere hora sexta, et ténebræ factæ sunt in univérsam terram usque in horam nonam. Et obscurátus est sol : et velum templi scissum est médium. Et clamans voce magna Iesus, ait : + Pater, in manus tuas comméndo spíritum meum. C. Et hæc dicens, exspirávit. (Hic genuflectitur, et pausatur aliquántulum) Videns autem centúrio quod factum fúerat, glorificávit Deum, dicens : S. Vere hic homo iustus erat. C. Et omnis turba eórum, qui simul áderant ad spectáculum istud et vidébant, quæ fiébant, percutiéntes péctora sua revertebántur. Stabant autem omnes noti eius a longe, et mulíeres, quæ secútæ eum erant a Galilǽa, hæc vidéntes. Et ecce, vir nómine Ioseph, qui erat decúrio, vir bonus et iustus : hic non consénserat consílio et áctibus eórum, ab Arimathǽa civitáte Iudǽæ, qui exspectábat et ipse regnum Dei. Hic accéssit ad Pilátum et pétiit corpus Iesu : et depósitum invólvit síndone, et pósuit eum in monuménto excíso, in quo nondum quisquam pósitus fúerat.
En ce Temps-là : Etant sorti, Jésus s’en alla, comme de coutume, vers le Mont des Oliviers ; les disciples aussi L’accompagnèrent. Lorsqu’Il fut à l’endroit, Il leur dit : « Priez afin de ne pas entrer en tentation ». Et Il s’éloigna d’eux environ d’un jet de pierre ; et, s’étant mis à genoux, Il priait, disant : « Père, si Vous voulez, détournez de moi ce calice. Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la Vôtre qui soit faite ». Et Lui apparut, (venant) du Ciel, un ange qui Le réconfortait. Et, se trouvant en agonie, Il priait plus instamment, et Sa sueur devint comme des gouttes de sang, qui tombaient sur la terre. S’étant relevé de (Sa) prière, Il vint vers les disciples, qu’Il trouva plongés dans le sommeil à cause de la tristesse. Et Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, afin que vous n’entriez point en tentation ». Comme Il parlait encore, voici (venir) une foule, et le nommé Judas, l’un des Douze, les précédait. Il s’approcha de Jésus pour Lui donner un baiser. Et Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ! » Ceux qui étaient autour de Lui, voyant ce qui allait arriver, dirent : « Seigneur, si nous frappions du glaive ? » Et l’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui emporta l’oreille droite. Jésus répondit : « Laissez (faire) jusque là ! » Et touchant l’oreille, Il le guérit. Et Jésus dit à ceux qui étaient venus contre Lui, grands prêtres, commandants du temple et anciens : « Comme contre un brigand, vous êtes sortis avec des glaives et des bâtons ! Alors que chaque jour j’étais avec vous dans le temple, vous n’avez pas porté les mains sur moi. Mais c’est (maintenant) votre heure et la puissance des Ténèbres ». S’étant saisis de Lui, ils L’emmenèrent et Le firent entrer dans la maison du grand prêtre. Or Pierre suivait de loin. Ayant allumé du feu au milieu de la cour, ils s’assirent autour, et Pierre s’assit parmi eux. Une servante, qui le vit assis près de la flamme, le dévisagea et dit : « Celui-là aussi était avec Lui ». Mais il nia, en disant : « Femme, je ne Le connais point ». Un peu après, un autre, l’ayant vu, dit : « Toi aussi, tu en es ». Mais Pierre dit : « Homme, je n’en suis point ». Et une heure environ s’étant écoulée, un autre affirma avec force : « pour sûr, celui-là aussi était avec Lui ; aussi bien, il est Galiléen ». Pierre dit : « Homme, je ne sais ce que tu dis ». Et à l’instant, comme il parlait encore, un coq chanta. Et le Seigneur, s’étant retourné, arrêta son Regard sur Pierre, et Pierre se souvint de la Parole du Seigneur, comme Il lui avait dit : « Avant que le coq ait chanté aujourd’hui, tu me renieras trois fois ». Et étant sorti, il pleura amèrement. Et ceux qui Le tenaient se moquaient de Lui et Le frappaient. Et Lui ayant voilé (le Visage), ils L’interrogeaient, disant : « Prophétise ! Quel est celui qui T’a frappé ? » Et ils proféraient contre Lui beaucoup d’autres injures. Quand il fit jour, se réunit le conseil des anciens du peuple, grands prêtres et scribes ; et ils L’amenèrent à leur tribunal. Ils dirent : « Si Tu es le Christ, dis-le-nous ». Il leur dit : « Si je vous le dis, vous ne le croirez pas ; et si je vous interroge, vous ne répondrez pas. Mais dès maintenant le Fils de l’homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu ». Ils dirent tous : « Tu es donc le Fils de Dieu ? » Il leur répondit : « Vous le dites : je le suis ». Et ils dirent : « Qu’avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous l’avons nous-mêmes entendu de Sa bouche ». Alors toute l’assemblée s’étant levée, ils Le menèrent à Pilate ; et ils se mirent à L’accuser, en disant : « Nous avons trouvé que cet homme détourne notre nation en l’empêchant de payer les impôts à César et en disant de Lui-même qu’Il est Christ-Roi ». Pilate L’interrogea, disant : « Es-Tu le Roi des Juifs ? » Jésus lui répondit : « Tu le dis ». Pilate dit aux grands prêtres et aux foules : « Je ne trouve rien de coupable en cet homme ». Mais eux insistaient avec force, disant : « Il soulève le peuple, enseignant par toute la Judée, depuis la Galilée, où Il a commencé, jusqu’ici ». A ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen ; et apprenant qu’Il était de la juridiction d’Hérode, il Le renvoya à Hérode, qui, lui aussi, était à Jérusalem en ces jours-là. Hérode, en voyant Jésus, se réjouit fort, car depuis longtemps il avait le désir de Le voir, pour ce qu’il entendait dire de Lui, et il espérait Lui voir faire quelque miracle. Il Lui adressa beaucoup de questions, mais Lui ne répondit rien. Or les grands prêtres et les scribes se trouvaient là, L’accusant avec force. Hérode Le traita avec mépris, ainsi que ses hommes d’armes, se moqua de Lui et, après L’avoir revêtu d’un vêtement de couleur éclatante, il Le renvoya à Pilate. En ce jour même, Hérode et Pilate devinrent amis, eux qui auparavant étaient en inimitié entre eux. Pilate, ayant convoqué les grands prêtres, les chefs et le peuple, leur dit : « Vous m’avez amené cet homme comme détournant le peuple ; or j’ai instruit l’affaire devant vous et je n’ai rien trouvé de coupable en cet homme quant aux choses dont vous L’accusez ; ni Hérode non plus, car il nous L’a renvoyé ; c’est bien qu’Il n’a rien fait qui mérite la mort. Je Le relâcherai donc après L’avoir fait châtier ». Or il était obligé, à chaque fête, de leur relâcher quelqu’un. Mais tous ensemble ils crièrent : « Fais mourir celui-Ci, et relâche-nous Barabbas ! » lequel était en prison à cause d’une sédition qui avait eu lieu dans la ville et d’un meurtre. Et de nouveau Pilate, qui désirait relâcher Jésus, s’adressa à eux ; mais ils clamaient, disant : « Crucifie ! Crucifie-Le ! » Pour la troisième fois, il leur dit : « Qu’a-t-Il donc fait de mal ? Je n’ai rien trouvé en Lui qui mérite la mort. Donc, après L’avoir fait châtier, je Le relâcherai ». Mais ils insistaient avec de grands cris, demandant qu’Il fût crucifié, et leurs cris allaient grandissant. Alors Pilate décréta qu’il serait fait selon leur demande. Il relâcha celui qui avait été mis en prison pour sédition et meurtre, qu’ils demandaient, et il livra Jésus à leur volonté. Comme ils L’emmenaient, ils saisirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait de la campagne, et ils le chargèrent de la Croix, pour qu’il la portât derrière Jésus. Or, Il était suivi d’une grande masse du peuple et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Lui. Se tournant vers elles, Jésus dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants, car voici venir des jours où l’on dira : Heureuses les stériles, et les entrailles qui n’ont point enfanté et les mamelles qui n’ont point allaité ! Alors on se mettra à dire aux montagnes : Tombez sur nous ! et aux collines : Recouvrez-nous ! Car, si l’on traite ainsi le bois vert, qu’en sera-t-il du sec ? » On menait aussi deux autres, des malfaiteurs, pour être exécutés avec Lui. Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Calvaire, ils L’y crucifièrent, ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche. Et Jésus disait : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Et se partageant Ses vêtements, ils Les tirèrent au sort. Le peuple se tenait là et regardait. Même les chefs raillaient, disant : « Il en a sauvé d’autres, qu’Il se sauve Lui-même, s’Il est le Christ de Dieu, l’Élu ! » Les soldats aussi se moquèrent de Lui, s’avançant pour Lui présenter du vinaigre, et disant : « Si tu es le Roi des Juifs, sauve-Toi Toi-même ! » Il y avait aussi au-dessus de Lui une inscription en caractères grecs, latins et hébraïques : « Celui-ci est le Roi des Juifs ». Or, l’un des malfaiteurs, mis en croix L’injuriait, disant : « N’es-Tu pas le Christ ? Sauve-Toi Toi-même et sauve-nous ! » Mais l’autre le reprenait, disant : « Tu n’as pas même la crainte de Dieu, toi qui subis la même condamnation ! Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons faites ; mais Lui n’a rien fait de mal ». Et il dit : « Jésus, souvenez-Vous de moi, quand Vous reviendrez avec votre Royauté ». Et Il lui dit : « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis ». Il était alors environ la Sixième Heure, et il se fit des ténèbres sur la terre entière jusqu’à la Neuvième Heure, le soleil s’étant éclipsé, et le voile du sanctuaire se fendit par le milieu. Et Jésus clama d’une voix forte : « Père, je remets mon esprit entre Vos mains ». Et, ce disant, Il expira. (Ici, on fléchit le genou, et on fait une pause).Le centurion, ayant vu ce qui s’était passé, glorifia Dieu, disant : « Réellement, cet homme était un Juste ». Et toutes les foules rassemblées à ce spectacle, après avoir regardé ce qui s’était passé, s’en retournaient en se frappant la poitrine. Tous ceux de Sa connaissance se tenaient à distance, ainsi que les femmes qui L’avaient suivi depuis la Galilée, pour voir (tout) cela. Et alors un homme, nommé Joseph, qui était membre du conseil, homme bon et juste, il n’avait donné son assentiment à leur résolution ni à leur acte, d’Arimathie, ville juive, qui attendait le Royaume de Dieu, cet (homme) alla trouver Pilate pour lui demander le Corps de Jésus ; il Le descendit, L’enveloppa d’un linceul, et Le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n’avait encore été mis.


OFFERTOIRE : (Psaume 101, 2-3)
C’est encore la Voix suppliante du Christ que L’on entend, à l’Offertoire, implorer le Secours divin, et demander au Père céleste qu’Il daigne ne pas détourner son Visage de Son propre Fils, qui est en proie à toutes les douleurs du corps et de l’âme :
Dómine, exáudi oratiónem meam, et clamor meus ad te pervéniat : ne avértas fáciem tuam a me.
Seigneur, écoutez ma prière et que mon cri parvienne jusqu’à Vous : Ne me cachez pas votre Face.


SECRÈTE :
Dans la Secrète, l’Église demande que nous ayons un sincère amour pour le divin Mystère dans lequel la Passion du Sauveur est retracée chaque jour :
Súscipe, quǽsumus, Dómine, munus oblátum, et dignánter operáre : ut, quod passiónis Fílii tui, Dómini nostri, mystério gérimus, piis afféctibus consequámur. Per eúndem Dóminum.
Accueillez, Seigneur, l’offrande que nous Vous présentons, et, dans votre Bienveillance, faites-nous obtenir, par notre ferveur, ce que nous célébrons en ces Mystères de la Passion de votre Fils, notre Seigneur


PRÉFACE DE LA SAINTE CROIX :
La Préface suivante est dite :
a) comme Préface propre aux Messes du Temps du 1er Dimanche de la Passion jusqu’au Jeudi en la Cène du Seigneur ; aux Messes tant festives que votives de la Sainte Croix, de la Passion du Seigneur et d’un instrument de la Passion du Seigneur, du très précieux Sang de N.S. Jésus-Christ, du Très St Rédempteur ;
b) comme Préface du Temps à toutes les Messes du Temps du 1er Dimanche de la Passion jusqu’au Mercredi de la Semaine Sainte qui n’ont pas de Préface propre.

VERE dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus :
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de Vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père Saint, Dieu Éternel et Tout-Puissant :
Qui salútem humáni géneris in ligno Crucis constituísti : ut, unde mors oriebátur, inde vita resúrgeret : et, qui in ligno vincébat, in ligno quoque vincerétur : per Christum Dóminum nostrum.
Vous avez placé le Salut du genre humain dans le bois de la Croix : pour, là-même où la mort été née, y faire surgir la Vie : et pour que Celui qui vainquit par le bois, fut aussi vaincu par le bois : par le Christ Notre Seigneur.
Per quem maiestátem tuam laudant Angeli, adórant Dominatiónes, tremunt Potestátes. Cæli cælorúmque Virtútes ac beáta Séraphim sócia exsultatióne concélebrant. Cum quibus et nostras voces ut admítti iúbeas, deprecámur, súpplici confessióne dicentes.
Par Lui les Anges louent votre Majesté, les Dominations Vous adorent, les Puissances se prosternent en tremblant. Les Cieux, les Vertus des cieux et les bienheureux Séraphins La célèbrent, unis dans une même allégresse. A leurs chants, nous Vous prions, laissez se joindre aussi nos voix pour proclamer dans une humble louange.


COMMUNION : (Psaume 101, 10-14)
Le Calice du Seigneur est un calice de souffrance mais aussi d’espérance :
Potum meum cum fletu temperábam : quia élevans allisísti me : et ego sicut fænum árui : tu autem, Dómine, in ætérnum pérmanes : tu exsúrgens miseréberis Sion, quia venit tempus miseréndi eius.
J’avale mes larmes avec mon pain, car Vous m’avez soulevé et jeté au loin. Je me dessèche comme l’herbe, mais Vous, Seigneur, Vous trônez à jamais. Dressez-Vous, Seigneur, prenez en pitié Sion ; le temps est venu de lui faire Grâce.


POSTCOMMUNION :
Largíre sénsibus nostris, omnípotens Deus : ut, per temporálem Fílii tui mortem, quam mystéria veneránda testántur, vitam te nobis dedísse perpétuam confidámus. Per eúndem Dóminum.
Dieu Tout-Puissant, donnez-nous de croire en toute assurance que par la mort temporelle de votre Fils, dont témoignent ces augustes Mystères, Vous nous avez donné la Vie éternelle. Par le même Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur.


ORAISON SUR LE PEUPLE :
À toutes les Messes de Carême, en semaine, on ajoute après les postcommunions l'Oraison sur le Peuple. A l'invitation du Célébrant (ou, à la Messe Solennelle, du diacre, qui se tourne alors vers le peuple), les fidèles inclinent la tête :
OREMUS. Humiliáte cápita vestra Deo.
PRIONS. Humiliez vos têtes devant Dieu
Réspice, quǽsumus, Dómine, super hanc famíliam tuam, pro qua Dóminus noster Iesus Christus non dubitávit mánibus tradi nocéntium, et Crucis subíre torméntum : Qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus : per ómnia sǽcula sæculórum.
Jetez les yeux, Seigneur, sur votre Famille que voici, pour Laquelle notre Seigneur Jésus-Christ n’a pas hésité à se livrer aux mains des méchants et à subir la torture de la Croix.


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe