Sainte « Messe du Quatrième Dimanche après l’Épiphanie » (Dominica Quarta post Epiphaniam) :

2ème classe - Ornements verts
Depuis l'Épiphanie, Jésus s'est manifesté à Ses disciples (Miracle de Cana), à son Peuple Israël (Baptême dans le Jourdain) et aux païens (représentés par les mages et le centurion romain). Ce Dimanche, Il se manifeste comme étant aussi le Maître de la nature et de ses éléments (évangile). Par cet épisode de la tempête apaisée, Il veut encore nous dire qu'Il est présent à son Église (la Barque de Pierre), dans toutes les tempêtes que celle-ci traverse. Les oraisons témoignent de l'époque troublée des V et VI siècles où Rome était menacée par les barbares : elles soulignent la faiblesse de l'homme et son besoin de Dieu.


INTROÏT : (Psaume 96, 7-8)
Comme pour les deux Dimanches suivants, l’Introït est celui du Dimanche après l'Epiphanie :

Adoráte Deum, omnes Angeli eius : audívit, et lætáta est Sion : et exsultavérunt fíliæ Iudæ.
Adorez Dieu, vous tous ses Anges, Sion a entendu et s’est réjouie, et les filles de Juda ont tressailli de joie.

Ps. 96, 1 : Dóminus regnávit, exsúltet terra : læténtur ínsulæ multæ.
Ps. 96, 1 : Le Seigneur est Roi ; que la terre tressaille de joie, que toutes les îles se réjouissent.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « Adoráte Deum » . Cette façon de répéter l'Introït s'observe pendant toute l'année.


COLLECTE :
Confessons humblement notre fragilité au milieu de toutes nos tempêtes extérieures et intérieures, et demandons la Grâce, non pas d'en être préservés, mais de les supporter patiemment en union avec le Christ :
Deus, qui nos, in tantis perículis constitútos, pro humána scis fragilitáte non posse subsístere : da nobis salútem mentis et córporis ; ut ea, quæ pro peccátis nostris pátimur, te adiuvánte vincámus. Per Dóminum.
Ô Dieu, qui savez qu’en raison de la fragilité humaine, nous ne pourrions subsister au milieu de tant de périls, donnez-nous la santé de l’âme et du corps, afin que grâce à votre Secours, nous puissions surmonter ce que nous souffrons pour nos péchés.


ÉPITRE : (Rm 13, 8-10)
L'Amour de Dieu et du prochain est le cœur de toute la Loi et de tous les Commandements. « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'amour » (Saint Jean de la Croix) :

Léctio Epístolæ beáti Páuli Apóstoli ad Romános
Lecture de l’Epître de Saint Paul Apôtre aux Romains

Fratres : Némini quidquam debeátis, nisi ut ínvicem diligátis : qui enim díligit próximum, legem implévit. Nam : Non adulterábis, Non occídes, Non furáberis, Non falsum testimónium dices, Non concupísces : et si quod est áliud mandátum, in hoc verbo instaurátur : Díliges próximum tuum sicut teípsum. Diléctio próximi malum non operátur. Plenitúdo ergo legis est diléctio.
Mes frères : Ne soyez en dette avec personne, si ce n’est de l’amour mutuel ; car celui qui aime son prochain a accompli la Loi. En effet, ces Commandements : « Tu ne commettras point d’adultère ; tu ne tueras point ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignage ; tu ne convoiteras point », et s’il y a quelque autre Commandement, se résument dans cette Parole : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». L’amour ne fait point de mal au prochain ; l’amour est donc la plénitude de la Loi.


GRADUEL : (Psaume 101, 16-17)
Le Répons-Graduel est pris au Psaume 101. Le Seigneur s’est revêtu de Puissance en réédifiant Sion, et Il a répandu la crainte en tous les monarques de la terre :
Timébunt gentes nomen tuum, Dómine, et omnes reges terræ glóriam tuam.
Les nations craignent votre Nom, Seigneur, et tous les rois de la terre votre Gloire.

V/. Quóniam ædificávit Dóminus Sion, et vidébitur in maiestáte sua.
V/. Parce que le Seigneur a bâti Sion et qu’Il sera vu dans sa Majesté.


ALLÉLUIA : (Psaume 96, 1)
Le Psaume 96 est un cantique de triomphe pour l'inauguration du Royaume Messianique :
Allelúia, allelúia.
V/. Dóminus regnávit, exsúltet terra : læténtur ínsulæ multæ. Allelúia.
V/. Le Seigneur est Roi : que la terre tressaille de joie, que toutes les îles se réjouissent. Alléluia.


ÉVANGILE : (Matth. 8, 23-27)
Le Sommeil de Dieu au milieu du remuement du monde ! Le monde s'agite, il soulève contre l'Église d'effroyables tempêtes, Jésus est endormi. Il dort, oui, mais son Cœur veille ; son Amour ne sommeille point. Il est là, c'est bien assez : qu'Il dorme ou qu'Il ne dorme pas, l'essentiel c'est qu'Il soit là, et Il y est » (Dom Emmanuel André).
« Adorons la Puissance de l’Emmanuel qui est venu calmer la tempête au sein de laquelle le genre humain allait périr. Dans leur détresse, toutes les générations L’avaient appelé, et criaient : Seigneur ! Sauvez-nous ; nous périssons. Quand la plénitude des temps a été venue, Il est sorti de Son repos, et Il n’a eu qu’à commander, pour briser la force de nos ennemis. La malice des démons, les ténèbres de l’idolâtrie, la corruption païenne, tout a cédé devant Lui. Les peuples se sont convertis à Lui les uns après les autres ; du sein de leur aveuglement et de leur misère, ils ont dit : Quel est Celui-ci devant Lequel aucune force ne résiste ? Et ils ont embrassé sa Loi. Cette Force de l’Emmanuel à briser les obstacles, au moment même où les hommes s’inquiètent de son repos apparent, se montre souvent dans les annales de son Eglise. Que de fois Il a choisi, pour sauver tout, l’instant où les hommes croyaient tout perdu ! Il en est de même dans la vie du fidèle. Souvent les tentations nous agitent, leurs flots semblent nous submerger, et cependant notre volonté demeure fortement attachée à Dieu. C’est que Jésus dort au fond de la barque, et nous protège par ce sommeil. Si bientôt nos instances Le réveillent, c’est plutôt pour proclamer son Triomphe et le nôtre ; car Il a déjà vaincu, et nous avec Lui » (Dom Guéranger) :

+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Matthǽum
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Matthieu

In illo témpore : Ascendénte Iesu in navículam, secúti sunt eum discípuli eius : et ecce, motus magnus factus est in mari, ita ut navícula operirétur flúctibus, ipse vero dormiébat. Et accessérunt ad eum discípuli eius, et suscitavérunt eum, dicéntes : Dómine, salva nos, perímus. Et dicit eis Iesus : Quid tímidi estis, módicæ fídei ? Tunc surgens, imperávit ventis et mari, et facta est tranquíllitas magna. Porro hómines miráti sunt, dicéntes : Qualis est hic, quia venti et mare obédiunt ei ?
En ce temps là : Jésus monta dans une barque, Ses disciples Le suivirent. Et voici que la mer devint très agitée, au point que la barque était couverte par les vagues : Lui cependant dormait. Ses disciples s’approchèrent, Le réveillèrent et Lui dirent : « Seigneur, sauvez-nous, nous périssons ! » Il leur dit : « Pourquoi êtes-vous peureux, hommes de peu de foi ? » Alors Il se dressa et commanda avec force aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme. Et les hommes, saisis d’admiration, disaient : « Qui est-Il donc, que même les vents et la mer Lui obéissent ? »


OFFERTOIRE : (Psaume 117, 16 et 17)
La Main que Jésus étend sur la mer pour l'apaiser est la Droite même du Seigneur :
Déxtera Dómini fecit virtutem, déxtera Dómini exaltávit me : non móriar, sed vivam, et narrábo ópera Dómini.
La Droite du Seigneur a fait éclater sa Puissance, la Droite du Seigneur m’a exalté. Je ne mourrai point, mais je vivrai et je raconterai les Œuvres du Seigneur.


SECRÈTE :
Concéde, quǽsumus, omnípotens Deus : ut huius sacrifícii munus oblátum fragilitátem nostram ab omni malo purget semper et múniat. Per Dóminum.
Faites, nous Vous en supplions, Dieu Tout-Puissant, que l’offrande de ce Sacrifice nous purifie toujours et garde de tout mal notre fragilité.


PRÉFACE DE LA SAINTE TRINITÉ :
La Préface suivante est dite :
Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus :
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de Vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant :

Qui cum Unigénito Fílio tuo et Spíritu Sancto unus es Deus, unus es Dóminus : non in uníus singularitáte persónæ, sed in uníus Trinitáte substántiæ.
Avec votre Fils unique, et le Saint-Esprit, Vous êtes un seul Dieu, Un seul Seigneur, non dans l’unité d’une seule personne, mais dans la Trinité d’une seule substance.

Quod enim de tua glória, revelánte te, crédimus, hoc de Fílio tuo, hoc de Spíritu Sancto, sine discretióne sentímus.
Car ce que nous croyons au sujet de votre Gloire, sur la foi de votre Révélation, de votre Fils et du Saint-Esprit, nous le croyons aussi, sans aucune différence.

Ut, in confessióne veræ sempiternǽque Deitátis, et in persónis propríetas, et in esséntia únitas, et in maiestáte adorétur æquálitas.
En sorte que, confessant la vraie et éternelle Divinité, nous adorons et la propriété dans les personnes et l’unité dans l’essence et l’égalité dans la majesté.

Quam laudant Angeli atque Archángeli, Chérubim quoque ac Séraphim, qui non cessant clamáre cotídie, una voce dicéntes :
C’est Elle que louent les Anges et les Archanges, les Chérubins avec les Séraphins, qui ne cessent chaque jour de chanter en disant d’une voix unanime :


COMMUNION : (Luc 4, 22)
Croyons aux Paroles Toutes-Puissantes de Jésus : qu'Il parle à notre cœur et nous recevrons sa Paix :
Mirabántur omnes de his, quæ procedébant de ore Dei.
Tous admiraient les Paroles qui sortaient de la Bouche de Dieu


POSTCOMMUNION :
Múnera tua nos, Deus, a delectatiónibus terrenis expédiant : et cæléstibus semper instáurent aliméntis. Per Dóminum.
Ô Dieu, que vos Dons nous détachent des jouissances terrestres et que votre Grâce nous fortifie toujours au moyen de cet Aliment tout céleste.




Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe