Sainte « Messe du Très Saint Nom de Jésus » (Sanctissimi Nominis Iesu) :

2ème classe - Ornements blancs
Le nom, originairement, devait exprimer l'essence d'une chose. Ainsi Adam, au paradis terrestre, donna à tous les animaux des noms conformes à leur nature intime. De même, le Nom de Dieu signifiait chez les Juifs son Essence : Yahvé, c'est-à-dire : Je suis Celui qui suis, l'Etre éternel. C'est pourquoi les Juifs avaient un si grand respect du Nom de Dieu qu'ils s'interdisaient le droit de Le prononcer. Ce respect est également inclus dans le Notre Père : « Que votre Nom soit sanctifié ». Les personnes qui, dans l'Histoire Sainte, ont joué un rôle important, ont reçu leur nom de Dieu Lui-même. Adam - l'homme de la terre ; Eve - la mère des vivants ; Abraham - le père d'une multitude ; Pierre - le rocher. Le Précurseur de Notre-Seigneur a reçu lui aussi un nom que Dieu lui a imposé. Après avoir manifesté l'Incarnation du Fils de Dieu, l'Eglise nous révèle toutes les Grandeurs de son Nom. Le Nom de Jésus signifie Sauveur et « il n'y a pas d'autre Nom qui ait été donné aux hommes par lequel nous puissions être sauvés ». C'est à l'occasion du rite de la circoncision qu'on imposait chez les Juifs, un nom aux enfants mâles. Aussi l'Eglise emploie-t-Elle le même Evangile qu’à la Fête de la Circoncision. Nous lisons dans l'Evangile que l’ange Gabriel annonça à la Vierge Marie le Nom de Notre-Seigneur : « Vous Lui donnerez le Nom de Jésus ». À Saint Joseph, l'ange dit davantage : « Vous Lui donnerez le Nom de Jésus, car Il rachètera son Peuple de ses péchés ». Les premières origines de cette Fête remontent au XVI siècle où on La célèbre dans l'ordre de Saint François. Mais la dévotion au Saint Nom de Jésus était déjà développée au XV siècle, sous l'influence, principalement, de Saint Bernardin de Sienne. Si nous voulons « nous réjouir de voir nos noms inscrits dans les Cieux au titre de l'éternelle prédestination, sous le glorieux Nom de Jésus », mettons-Le souvent sur nos lèvres ici-bas.


INTROÏT : (Phil. 2, 10-11)
Prononçons toujours le Nom de Jésus avec respect et vénération, pour qu'Il s'imprime toujours plus profondément en nous :

In nómine Iesu omne genu flectátur, cæléstium, terréstrium et infernórum : et omnis lingua confiteátur, quia Dóminus Iesus Christus in glória est Dei Patris.
Qu’au Nom de Jésus tout genou fléchisse dans le Ciel, sur la terre et dans les enfers ; et que toute langue proclame que le Seigneur Jésus-Christ est dans la Gloire de Dieu le Père.

Ps. 8, 2 : Dómine, Dóminus noster, quam admirábile est nomen tuum in univérsa terra !
Ps. 8, 2 : Seigneur, notre Maître, que votre Nom est admirable dans toute la terre.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « In nómine Iesu omne genu flectátur » . Cette façon de répéter l'introït s'observe pendant toute l'année.


COLLECTE :
Dans la Collecte, l’Église, qui trouve dans le Nom de son Époux la consolation de son exil, demande de jouir bientôt de la vue de Celui que ce Nom chéri Lui représente :
Deus, qui unigénitum Fílium tuum constituísti humáni géneris Salvatórem, ei Iesum vocári iussísti : concéde propítius ; ut, cuius sanctum nomen venerámur in terris, eius quoque aspéctu perfruámur in cœlis. Per eúndem Dóminum.
Ô Dieu qui avez établi votre Fils unique Sauveur du genre humain, et avez ordonné qu’on L’appelât Jésus, faites, dans votre Miséricorde, que nous jouissions dans les Cieux de la vue de Celui dont nous vénérons le Saint Nom sur la terre.


ÉPITRE : (Actes des Apôtres 4, 8-12)
Premier Miracle de l'histoire de l'Église : après avoir guéri un boiteux au Nom du Christ, Pierre cité devant le Sanhédrin affirme qu'il n’y a de Salut que dans le Nom de Jésus :

Léctio Actuum Apostolorum
Lecture des Actes des Apôtres

In diébus illis : Petrus, replétus Spíritu Sancto, dixit : Príncipes pópuli et senióres, audíte : Si nos hódie diiudicámur in benefácto hóminis infírmi, in quo iste salvus factus est, notum sit ómnibus vobis et omni plebi Israël : quia in nómine Dómini nostri Iesu Christi Nazaréni, quem vos crucifixístis, quem Deus suscitávit a mórtuis, in hoc iste astat coram vobis sanus. Hic est lapis, qui reprobátus est a vobis ædificántibus : qui factus est in caput ánguli : et non est in alio áliquo salus. Nec enim aliud nomen est sub cœlo datum homínibus, in quo opórteat nos salvos fíeri.
En ce jours là : Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit : « Chefs du peuple et Anciens, puisqu’on nous interroge aujourd’hui sur un bienfait (accordé) à un infirme, (pour savoir) comment cet homme a été guéri, sachez-le bien, vous tous, et tout le peuple, d’Israël : C’est par le Nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, que Dieu a ressuscité des morts, c’est par Lui que cet homme est présent devant vous en pleine santé. C’est Lui, la Pierre rejetée par vous les constructeurs, qui est devenue Tête d’angle. Et le Salut n’est en aucun autre, car il n’est sous le Ciel aucun autre Nom donné parmi les hommes, par Lequel nous devions être sauvés.


GRADUEL : (Psaume 105, 47 ; Isaïe 63, 16)
Le Graduel se rattache à la Leçon qui se terminait par ces mots : « salvos fieri » (recevoir le Salut), le Graduel continue : « Salvos fac nos » (donne-nous le Salut) :
Salvos fac nos, Dómine, Deus noster, et cóngrega nos de natiónibus : ut confiteámur nómini sancto tuo, et gloriémur in glória tua.
Sauvez-nous Seigneur, notre Dieu, et rassemblez-nous du milieu des nations, afin que nous célébrions Votre Saint Nom et que nous mettions notre gloire à Vous louer.

V/. Tu, Dómine, Pater noster et Redémptor noster : a sǽculo nomen tuum.
V/. C’est Vous Seigneur, qui êtes notre Père et notre Libérateur, Vous dont le Nom est Éternel.


ALLÉLUIA : (Psaume 144, 21)
« Jésus, Miel merveilleux dans la bouche : qui Vous goûte a faim de Vous, qui Vous boit a encore soif ; il ne saurait plus rien désirer que Jésus, son Bien-Aimé » (Hymne de la Fête) :
Allelúia, allelúia.
V/. Dóminus regnávit, decórem índuit : índuit Dóminus fortitúdinem, et præcínxit se virtúte. Allelúia.
V/. Le Seigneur a régné et a été revêtu de Gloire ; le Seigneur a été revêtu et s’est ceint de Force. Alléluia.


ÉVANGILE : (Luc 2, 21)
« C'est à juste titre que l'Enfant Né pour nous reçoit, au moment de la circoncision, le Nom de Sauveur. Ce Nom, c'est le Sien de toute éternité. C'est Sa nature propre d'être Sauveur » (Saint Bernard) :

+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Lucam
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Luc

In illo témpore : Postquam consummáti sunt dies octo, ut circumciderétur Puer : vocátum est nomen eius Iesus, quod vocátum est ab Angelo, priúsquam in útero conciperétur.
En ce temps-là, le huitième jour, auquel l’Enfant devait être circoncis, étant arrivé, on Lui donna le Nom de Jésus, que l’ange avait indiqué avant qu’Il fût conçu dans le sein de sa Mère.


OFFERTOIRE : (Psaume 85, 12.5)
« Rien n'est plus doux à chanter, rien n'est plus doux à méditer que Jésus » (Hymne de la fête) :
Confitébor tibi, Dómine, Deus meus, in toto corde meo, et glorificábo nomen tuum in ætérnum : quóniam tu, Dómine, suávis et mitis es : et multæ misericórdiæ ómnibus invocántibus te, allelúia.
Je Vous louerai, Seigneur, mon Dieu, de tout mon cœur, et je glorifierai éternellement votre Nom. Car Vous êtes, Seigneur, suave et doux, et plein de Miséricorde pour tous ceux qui Vous invoquent, alléluia.


SECRÈTE :
La Bénédiction qui est demandée ici ne concerne pas seulement les offrandes, afin que la matière du Sacrifice soit convenablement préparée, mais aussi les sacrificateurs, pour que leur foi et leur charité rende l’oblation glorieuse à Dieu et salutaire et profitable au peuple fidèle :
Benedíctio tua, clementíssime Deus, qua omnis viget creatúra, sanctíficet, quǽsumus, hoc sacrifícium nostrum, quod ad glóriam nóminis Fílii tui, Dómini nostri Iesu Christi, offérimus tibi : ut maiestáti tuæ placére possit ad laudem, et nobis profícere ad salútem. Per eúndem Dóminum.
Nous Vous en supplions, Dieu Très Clément, que votre Bénédiction, où toute créature puise la vie, sanctifie ce Sacrifice qui est nôtre et que nous Vous offrons pour glorifier le Nom de votre Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ ; afin qu’Il plaise à votre Majesté comme une digne louange et qu’Il nous soit profitable pour le Salut.


PRÉFACE DE LA NATIVITÉ :
La Préface suivante est dite :
a) comme Préface propre aux Messes de la Nativité du Seigneur et de son Octave, ainsi qu’à la Fête de la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie ;
b) comme Préface du Temps, pendant l’Octave de la Nativité du Seigneur, même aux Messes qui auraient une préface propre, excepté s’il s’agit d’une préface propre d’un mystère ou des Personnes divines ; et du 2 au 5 janvier :
Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus :
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de Vous rendre Grâces toujours et partout, Seigneur, Père Saint, Dieu Éternel et Tout-Puissant :

Quia per incarnáti Verbi mystérium, nova mentis nostræ oculis lux tuæ claritátis infulsit ut, dum visibíliter Deum cognóscimus, per hunc in invisibílium amórem rapiámur.
Car par le Mystère de l’Incarnation du Verbe un nouveau Rayon de Votre splendeur a brillé aux yeux de notre âme afin que, connaissant Dieu sous une forme visible nous soyons ravis par Lui en l’amour des choses invisibles.

Et ídeo cum Angelis et Archángelis, cum Thronis et Dominatiónibus, cumque omni milítia cæléstis exércitus, hymnum glóriæ tuæ cánimus, sine fine dicéntes.
C’est pourquoi, avec les Anges et les Archanges, avec les Trônes et les Dominations, avec la troupe entière de l’armée céleste, nous chantons une hymne à votre Gloire, redisant sans fin.


COMMUNION : (Psaume 85, 9-10)
Que toutes nos puissances intérieures adorent Jésus venu en nous par la Sainte Communion :
Omnes gentes, quascúmque fecísti, vénient et adorábunt coram te, Dómine, et glorificábunt nomen tuum : quóniam magnus es tu et fáciens mirabília : tu es Deus solus, allelúia.
Toutes les Nations que Vous avez créées viendront et se prosterneront devant Vous Seigneur, et elles rendront Gloire à votre Nom ; car Vous êtes Grand et Vous faites des Prodiges ; Vous Seul êtes Dieu, alléluia.


POSTCOMMUNION :
Pour être sauvés, nous devons par toute notre vie exprimer Jésus, « gage de prédestination » :
Omnípotens ætérnæ Deus, qui creásti et redemísti nos, réspice propítius vota nostra : et sacrifícium salutáris hóstiæ, quod in honórem nóminis Fílii tui, Dómini nostri Iesu Christi, maiestáti tuæ obtúlimus, plácido et benígno vultu suscípere dignéris ; ut grátia tua nobis infúsa, sub glorióso nómine Iesu, ætérnæ prædestinatiónis titulo gaudeámus nómina nostra scripta esse in cælis. Per eúndem Dóminum.
Dieu Tout-Puissant et Éternel, qui nous avez créés et rachetés, soyez propice à nos vœux ; et daignez agréer avec un visage doux et bienveillant le Sacrifice de l’Hostie Salutaire que nous avons offert à votre Majesté en l’honneur du Nom de votre Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ ; afin que votre Grâce étant répandue dans nos âmes, nous nous réjouissions de ce que nos noms auront été écrits dans les Cieux, au titre de l’éternelle prédestination, sous le glorieux Nom de Jésus.


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe