La « VIIIème Rencontre Mondiale des Familles à Philadelphie en 2015 » avec notre Pape François :

L’origine des Rencontres Mondiales des Familles :

Les Rencontres Mondiales des Familles sont nées à l’initiative du Conseil Pontifical de la Famille dans l’élan de l’année 1994 proclamée par l’ONU comme « Année de la Famille ». Tous les trois ans, elles passent d’un continent à l’autre, mettant ainsi l’accent sur tel ou tel point du pays d’accueil. Rio de Janeiro en 1997 ; Rome dans le cadre du Jubilé en octobre 2000 sous la présidence de Jean-Paul II ; Manille en Janvier 2003 ; Valence (Espagne) en 2006 sous la présidence de Benoît XVI ; Mexico en Janvier 2009 ; Milan en Juin 2012 sous la présidence de Benoît XVI et Philadelphie en septembre 2015 avec notre Pape François.

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Philadelphie : huitième Rencontre Mondiale des Familles :

La Cloche de la Liberté, connue dans le monde entier, est l’icône de la ville de Philadelphie où se tiendra du 22 à 27 Septembre 2015, la VIIIème Rencontre Mondiale des Familles. C’est cette cloche qui sonna pour rassembler les citoyens américains à l’occasion de la Déclaration d’Indépendance en 1776. L’image de la cloche a donc été choisie comme logo de la Rencontre mondiale afin de mettre en évidence le rôle de la ville de Pennsylvanie pour la reconnaissance et la défense des droits civils et de la liberté religieuse. La cloche sonne pour annoncer la bonne nouvelle de la famille. La petite cloche blanche en argent de Philadelphie est le symbole iconique des innombrables cloches du monde qui appellent les familles à se rendre à l’église. À l’intérieur de la cloche, comme partie intégrante composant une Croix, signe de la centralité du Christ dans la vie familiale et de l’Église, est représentée une famille de cinq personnes, de tailles et d’âges différents, comme à vouloir montrer les différents rôles dans l’unité des différents membres de la Famille : le père, la mère, le fils, la fille, le frère, la sœur, les grands-parents, les oncles et les tantes, ainsi que tous les autres membres de la Famille.


Le Thème de la VIIIème Rencontre Mondiale des Familles à Philadelphie en 2015 :

La Famille, on le sait, est plus que jamais au cœur des préoccupations de l’Eglise et du Pape François. Philadelphie ouvre ses portes à la huitième Rencontre Mondiale des Familles pour faire entendre un nouvel appel à la liberté, un autre son de cloche sur le mystère de la Famille, lieu de l'annonce de l'Amour de Dieu, de l'épanouissement humain, de l'apprentissage du respect de l'autre et de l'ouverture à la différence. « Nous sommes appelés - souligne le pape François - à retrouver toujours de nouveau la voie maîtresse, pour vivre et proposer la grandeur et la beauté du Mariage et la joie d'être Famille » . À quelques jours de l'ouverture de la seconde partie du Synode sur la Famille, cette Rencontre est une invitation à l'écoute et à la prière. À l'écoute de la Parole de Dieu sur « Laquelle repose le fondement de la famille Église domestique et Famille de Dieu » et à la prière pour que nous accueillions la Volonté de Dieu en toute chose et particulièrement au sein de nos Familles, notre Pape François nous alerte sur la mission urgente de l’Eglise auprès des Familles : « la Famille aujourd’hui est dépréciée, elle est maltraitée, et ce qui nous est demandé, c’est de reconnaître combien il est beau, vrai et bon de former une Famille, d’être une Famille aujourd’hui ; combien c’est indispensable pour la vie du monde, pour l’avenir de l’humanité. Il nous est demandé de mettre en évidence le lumineux Plan de Dieu sur la Famille et d’aider les conjoints à le vivre avec joie dans leur existence, en les accompagnant dans beaucoup de difficultés, avec une pastorale intelligente, courageuse et pleine d’amour » .

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La Prière pour la VIIIème Rencontre Mondiale des Familles à Philadelphie en 2015 :

« Dieu qui es à l'origine de la Famille et qui l'as voulue comme lieu de l'amour et de la vie, accorde à toutes les familles de la terre de ressembler à Celle que Tu as donnée à ton Fils, d'être unies comme Elle par les liens de ta Charité, et d'être ouvertes comme Elle aux appels de l'Esprit. Amen. »


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Discours du Pape François aux Evêques invités à la VIIIème Rencontre Mondiale des Familles :

Chers frères Évêques !

Je suis heureux de pouvoir partager ces moments de réflexion pastorale avec vous, dans le cadre des joyeuses célébrations de la Rencontre Mondiale des Familles.

Pour l’Église, la Famille n’est pas d’abord et avant tout une cause de préoccupations, mais plutôt la joyeuse confirmation de la bénédiction de Dieu sur le chef d’œuvre de la création. Chaque jour, à travers le monde, l’Église peut se réjouir du don du Seigneur de tant de Familles qui, même au milieu de dures épreuves, restent fidèles à leurs promesses et gardent la foi !

Je voudrais dire que le principal défi pastoral de notre époque en évolution est d’aller résolument vers la reconnaissance de ce don. Malgré tous les obstacles devant nous, gratitude et appréciation devraient prévaloir sur les préoccupations et les plaintes. La Famille est le lieu fondamental de l’alliance entre l’Église et la création de Dieu. Sans la Famille, même l’Église n’existerait pas. Et elle ne pourrait pas non plus être ce qu’elle est appelée à être, à savoir « le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Lumen Gentium, n. 1).

Cela va sans dire, notre compréhension, forgée par l’interaction de la foi de l’Église et l’expérience conjugale de la grâce sacramentelle, ne doit pas nous conduire à faire fi des changements sans précédent en cours dans la société contemporaine, avec leurs effets sociaux, culturels – et désormais juridiques – sur les liens familiaux. Ces changements nous affectent tous, croyants comme non-croyants. Les chrétiens ne sont pas « immunisés » contre les changements de leurs temps. Ce monde concret, avec tous ses nombreux problèmes et ses nombreuses possibilités, est là où nous devons vivre, croire et témoigner.

Jusqu’à récemment, nous avons vécu dans un contexte social où les similitudes entre l’institution civile du Mariage et le sacrement chrétien étaient considérables et partagées. Les deux étaient en corrélation et se soutenaient mutuellement. Ce n’est plus le cas. Pour décrire notre situation aujourd’hui, j’utiliserais deux images familières : les boutiques de quartier et nos grands supermarchés.

Il y eut une époque où une boutique de quartier avait tout ce qui était nécessaire pour la vie personnelle et familiale. Les produits pouvaient n’être pas exposés adéquatement, ou ne pas offrir beaucoup de choix, mais il y avait un lien personnel entre le marchand et ses clients. Le commerce se faisait sur la base de la confiance, les gens se connaissaient, ils étaient des voisins. Ils se faisaient confiance mutuellement. Ils avaient construit la confiance. Ces boutiques étaient souvent connus simplement comme « le marché local ».

Par la suite, un autre genre de commerce s’est répandu : le supermarché. D’immenses espaces avec une gamme variée de marchandises. Le monde semble devenir l’un de ces grands supermarchés ; notre culture est devenue de plus en plus compétitive. Le commerce n’est plus mené sur la base de la confiance ; on ne peut plus faire confiance aux autres. Il n’y a plus de relations personnelles de proximité. La culture d’aujourd’hui semble encourager les gens à ne nouer de relations avec rien ni avec personne, à ne pas faire confiance. Aujourd’hui, suivre la dernière tendance ou activité semble être la chose la plus importante. C’est vrai, même de la religion. De nos jours, le consumérisme détermine ce qui est important. Consommer les relations, consommer les amitiés, consommer les religions, consommer, consommer... Peu importent le coût ou les conséquences. Une consommation qui ne favorise pas la relation, une consommation qui a peu à voir avec les relations humaines. Les liens sociaux sont de purs « moyens » pour la satisfaction de « mes besoins ». Ce qui est important, ce n’est plus notre voisin, avec son visage familier, son histoire et sa personnalité.

Le résultat est une culture qui écarte tout ce qui, au goût du consommateur, n’est plus « utile » ou « satisfaisant ». Nous avons transformé notre société en une énorme vitrine multiculturelle liée uniquement aux goûts de certains « consommateurs », tandis que tant d’autres sont réduits à manger « les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres » (Mt 15, 27).

Cela provoque de grands dommages. Je voudrais dire qu’à la racine de nombreuses situations contemporaines se trouve un genre d’appauvrissement né d’un sens de la solitude, répandu et radical. En courant après la dernière mode, en accumulant les « amis » sur l’un des réseaux sociaux, nous sommes pris au piège de ce que la société contemporaine a à offrir. La solitude avec la peur de l’engagement dans un effort, sans limites, de nous sentir reconnus.

Devrions-nous blâmer nos jeunes gens parce qu’ils ont grandi dans ce genre de société ? Devrions-nous les condamner parce qu’ils vivent dans ce genre de monde ? Devraient-ils écouter leurs pasteurs qui disent que tout était mieux avant, que le monde s’écroule et que si les choses continuaient ainsi, qui sait où nous aboutirions ? Non, je ne pense pas que ce soit la bonne voie. En tant que pasteurs suivant les pas du Dieu Pasteur, nous sommes appelés à rechercher, à accompagner, à relever, à soigner les blessures de notre temps ; à regarder les choses de manière réaliste, avec les yeux de quelqu’un qui se sent appelé à l’action, à la conversion pastorale. Le monde, de nos jours, demande cette conversion de notre part. « Il est vital qu’aujourd’hui l’Église sorte pour annoncer l’Évangile à tous, en tous lieux, en toutes occasions, sans hésitation, sans répulsion et sans peur. La joie de l’Évangile est pour tout le peuple, personne ne peut en être exclu » (Evangelii Gaudium, n. 23).

Nous nous méprendrions, cependant, si nous voyions cette « culture » du monde contemporain comme une pure indifférence vis-à-vis du Mariage et de la Famille, comme un pur et simple égoïsme. Est-ce que les jeunes d’aujourd’hui sont irrémédiablement timides, faibles, inconsistants ? Nous ne devons pas tomber dans ce piège. Beaucoup de jeunes gens, dans le contexte de cette culture de découragement, ont cédé à une forme de consentement inconscient. Ils sont paralysés lorsqu’ils rencontrent les beaux défis, nobles et vraiment nécessaires, auxquels la foi les confronte. Beaucoup reportent le Mariage, attendant des conditions idéales, quand tout sera parfait. Pendant ce temps, la vie continue, sans être réellement vécue pleinement. Car, les vrais plaisirs de la vie s’expérimentent seulement comme le fruit d’un investissement à long terme de notre intelligence, de notre enthousiasme et de notre passion.

En tant que pasteurs, nous, Évêques, sommes appelés à unir nos forces et à rebâtir l’enthousiasme pour faire en sorte que les Familles correspondent toujours davantage pleinement à la bénédiction de Dieu, selon leur vocation ! Nous avons besoin d’investir nos énergies non pas tant en ressassant les problèmes du monde qui nous entourent et les mérites du christianisme, mais en adressant une invitation sincère aux jeunes à être courageux et à opter pour le Mariage et la Famille. Ici aussi, il nous faut une sainte parrhesia ! Un christianisme qui « fait » peu concrètement, tout en « dispensant » son enseignement, est dangereusement déséquilibré. Je voudrais même dire qu’il est coincé dans un cercle vicieux. Un pasteur doit montrer que « l’Evangile de la Famille » est vraiment « bonne nouvelle » dans un monde où l’égoïsme semble régner de façon absolue ! Nous ne parlons pas d’un rêve romantique : la persévérance nécessaire pour avoir une Famille et pour la faire grandir transforme le monde et l’histoire humaine.

Un pasteur proclame la parole de Dieu sereinement mais passionnément. Il encourage les croyants à viser haut. Il rendra ses frères et sœurs capables d’écouter et d’expérimenter la promesse de Dieu, qui peut étendre leur expérience de la maternité et de la paternité à l’horizon d’une nouvelle « familiarité » avec Dieu (cf. Mc 3, 31-35).

Un pasteur veille sur les rêves, les vies et la croissance de son troupeau. Cette « veille » n’est pas le résultat de paroles mais celui du fait de paître. Seul quelqu’un capable d’être « au milieu » du troupeau peut être attentif, pas quelqu’un qui a peur des questions, du contact, de l’accompagnement. Un pasteur veille d’abord et avant tout grâce à la prière, en soutenant la foi de son peuple et en inculquant la confiance au Seigneur, en sa présence. Un pasteur reste vigilant en aidant les personnes à élever leur regard aux moments de découragement, de frustration et d’échec. Nous pourrions aussi nous demander si dans notre ministère pastoral nous sommes prêts à « perdre » du temps avec les Familles. Si nous sommes prêts à leur être présents, en partageant leurs difficultés et leurs joies.

Bien entendu, expérimenter l’esprit de cette joyeuse familiarité avec Dieu, et en diffusant sa puissante fécondité évangélique, doit être la première caractéristique de notre style de vie en tant qu’évêques : un style de vie de prière et de prédication de l’Evangile (cf. Ac 6, 4). Par notre humble apprentissage chrétien des vertus de la vie familiale caractérisant le peuple de Dieu, nous deviendrons toujours davantage (comme) des pères et des mères (à l’instar de saint Paul : cf. 1Tm, 7, 11), et moins (comme) des personnes qui ont juste appris à vivre sans Famille. Notre idéal n’est pas de vivre sans amour ! Un bon pasteur renonce à l’amour d’une Famille précisément afin de focaliser toutes ses énergies, et la grâce de sa vocation particulière, sur la bénédiction évangélique de l’amour des hommes et des femmes qui font avancer le plan divin de la création, en commençant par ceux qui sont perdus, abandonnés, blessés, brisés, abattus et privés de leur dignité. Cette oblation à l’agapè de Dieu n’est certainement pas une vocation qui manque de tendresse et d’affection ! Il nous suffit de regarder Jésus pour le comprendre (cf. Mt 19, 12). La mission du bon pasteur à la manière de Dieu – et seulement Dieu peut le permettre ; nous ne pouvons pas en présumer – imite sous toutes les formes et pour toutes les personnes l’amour du Fils pour le Père. Cela se reflète dans la tendresse avec laquelle un pasteur se dévoue aux soins pleins d’amour pour les hommes et les femmes de notre Famille humaine.

Aux yeux de la foi, c’est un signe très précieux. Notre ministère a besoin d’approfondir l’alliance entre l’Église et la Famille. Autrement, il devient aride, et la Famille humaine sera irrémédiablement toujours plus loin, par notre faute, de la joyeuse Bonne Nouvelle de Dieu.

Si nous nous révélons capables de l’exigeante tâche de refléter l’amour de Dieu, armés de patience infinie ainsi que de sérénité, en nous efforçant de semer les graines de cet amour dans les sillons souvent tortueux où nous sommes appelés à planter, alors même une Samaritaine avec cinq « hommes qui ne sont pas ses maris » découvrira qu’elle est capable de témoigner. Et pour chaque jeune homme riche, sentant avec tristesse qu’il a encore besoin de réfléchir, un publicain avancé en âge descendra de l’arbre et donnera le quadruple aux pauvres, à ceux pour qui, jusqu’alors, il n’avait jamais eu la moindre pensée.

Puisse Dieu nous accorder ce don d’une proximité renouvelée entre la Famille et l’Église. La Famille est notre alliée, notre fenêtre sur le monde, et l’évidence d’une bénédiction irrévocable de Dieu destinée à tous les enfants qui, à chaque époque, sont nés dans cette création difficile et cependant belle que Dieu nous a demandé de servir !


Pape François - Dimanche 27 septembre 2015 - Rencontre Mondiale des Familles au Séminaire Saint-Charles-Borromée à Philadelphie


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Discours du Pape François pour la Fête des Familles de la __ VIIIème Rencontre Mondiale des Familles :

Chers frères et sœurs,
Chères Famille,

Merci à ceux qui ont donné un témoignage. Merci à ceux qui nous ont réjouis par l’art, par la beauté, qui est le chemin pour rejoindre Dieu. La beauté nous conduit à Dieu. Et un témoignage vrai nous conduit à Dieu, parce que Dieu est aussi la vérité. Il est la beauté et il est la vérité. Et un témoignage donné pour servir est bon, il nous rend bons, car Dieu est bonté. Il nous conduit à Dieu. Tout ce qui est bon, tout ce qui est vrai et tout ce qui beau nous conduit à Dieu. Car Dieu est bon, Dieu est beau, Dieu est vérité.

Merci à vous tous. A ceux qui ont livré un message ici et merci pour votre présence, qui est aussi un témoignage. Un vrai témoignage que la vie en Famille vaut la peine. Qu’une société devient forte, croît dans la beauté et croît dans la vérité si elle s’édifie sur la base de la Famille.

Un jour, un jeune m’a demandé – vous savez que les jeunes posent des questions difficiles -, il m’a demandé : « Père, que faisait Dieu avant de créer le monde ? ». Je vous assure qu’il a été difficile pour moi de répondre. Et je lui ai dit ce que je vous dis maintenant : avant de créer le monde, Dieu aimait, parce que Dieu est amour, mais l’amour qu’il avait en lui-même était tel, cet amour entre le Père et le Fils, dans l’Esprit-Saint, était si grand, si débordant – je ne sais pas si c’est très théologique, mais vous le comprendrez – cet amour était si grand qu’il ne pouvait pas être égoïste. Il devait sortir de lui-même pour avoir quelqu’un à aimer hors de lui-même. Et là, Dieu a créé le monde. Là, Dieu a créé cette merveille dans laquelle nous vivons. Et que, comme nous sommes un peu étourdis, nous sommes en train de la détruire. Mais le plus beau que Dieu ait fait – a dit la Bible – a été la Famille. Il a créé l’homme et la femme. Et il leur a tout confié. Il leur a confié le monde : « Croissez et multipliez-vous, cultivez la terre, faites-la fructifier, faites-la croître ». Tout l’amour qu’il a mis dans cette Création merveilleuse, il l’a confié à une Famille.

Retournons un peu en arrière. Tout l’amour que Dieu a en lui-même, toute la beauté que Dieu a en lui-même, toute la vérité que Dieu a en lui-même, il donne tout cela à la Famille. Et une Famille est vraiment Famille lorsqu’elle est capable d’ouvrir les bras et de recevoir tout cet amour. Évidemment, le paradis terrestre n’est plus ici, il y a les problèmes de la vie, les hommes – par l’astuce du démon – ont appris à se diviser. Et tout cet amour que Dieu nous a donné, se perd presque. Et en peu de temps, le premier crime, le premier fratricide. Un frère tue son frère : la guerre. L’amour, la beauté et la vérité de Dieu, et la destruction de la guerre. Et entre ces deux positions, nous marchons aujourd’hui. Il nous revient de choisir, il nous revient de décider du chemin à suivre.

Mais, retournons en arrière. Quand l’homme et son épouse se sont trompés et se sont éloignés de Dieu, Dieu ne les pas abandonnés. Un amour si grand ! Un amour si grand que Dieu a commencé à cheminer avec l’humanité, il a commencé à cheminer avec son peuple, jusqu’à ce qu’arrive le moment approprié et il lui a donné la preuve d’amour plus grande : Son Fils. Et Son Fils, où l’a-t-il envoyé ? Dans un palais, dans une ville, pour créer une entreprise ? Il l’a envoyé à une Famille. Dieu est entré dans le monde par une Famille. Et il a pu le faire parce que cette Famille était une Famille qui avait le cœur ouvert à l’amour, qui avait les portes ouvertes. Pensons à Marie, jeune fille ! Elle ne pouvait le croire : « Comment cela peut-il arriver ? » Et quand on le lui a expliqué, elle a obéi. Pensons à Joseph, rêvant de former un foyer, et il se trouve devant cette surprise qu’il ne comprend pas. Il accepte, il obéit. Et dans l’obéissance par amour de cette femme, Marie, et de cet homme, Joseph, se forme une Famille dans laquelle Dieu vient. Dieu frappe toujours aux portes des cœurs. Il aime à le faire. Cela lui vient du cœur. Mais savez-vous ce qu’il aime le plus ? Frapper aux portes des Familles. Et trouver les Familles unies, trouver les Familles qui s’aiment, trouver les Familles qui aident leurs enfants à grandir et les éduquent, et qui les font progresser, et qui créent une société de bonté, de vérité et de beauté.

Nous sommes à la fête des Familles. La Famille a droit de cité divin. Est-ce clair ? Le droit de cité que possède la Famille, Dieu le lui a donné pour qu’en son sein croissent toujours plus la vérité, l’amour et la beauté. Bien sûr, certains d’entre vous peuvent me dire : « Père, vous parlez ainsi parce que vous êtes célibataire ». Dans la Famille, il y a des difficultés. Dans les Familles, nous discutons. Dans les Familles, parfois il y a de la bagarre. Dans les Familles, les enfants provoquent des maux de tête. Je ne parlerai pas des belles-mères. Mais dans les Familles, toujours, toujours, il y a la croix. Toujours. Car, l’amour de Dieu, le Fils de Dieu nous ont ouvert aussi ce chemin. Mais dans les Familles, après la croix, il y a aussi la résurrection, car le Fils de Dieu nous a ouvert ce chemin. C’est pourquoi, la Famille est – excusez le mot – une usine d’espérance, d’espérance de vie et de résurrection, car Dieu a été celui qui a ouvert ce chemin. Et les enfants. Les enfants donnent du travail. En tant qu’enfants, nous donnons du travail. Parfois, à la maison, je vois certains de mes collaborateurs qui viennent au travail, les yeux cernés. Ils ont un bébé d’un mois, de deux mois. Et je leur demande : « N’as-tu pas dormi ? » ? Et : « Non, il a pleuré toute la nuit ». En Famille, il y des difficultés, mais ces difficultés se surmontent par l’amour. La haine ne surmonte aucune difficulté. La division des cœurs ne surmonte aucune difficulté. Seul l’amour est capable de surmonter la difficulté. L’amour est fête, l’amour est joie, l’amour, c’est aller de l’avant.

Et je ne veux pas continuer de parler, car cela devient trop long, mais je voudrais souligner deux petits points de la Famille auxquels je voudrais que vous consacriez une attention spéciale. Je ne voudrais pas seulement. Nous devons y faire spécialement attention. Les enfants et les grands-parents. Les enfants et les jeunes sont l’avenir, ils constituent la force, ceux qui font progresser. C’est en eux que nous mettons notre espérance. Les grands-parents sont la mémoire de la Famille. Ce sont eux qui nous ont donné la foi, nous ont transmis la foi. Prendre soin des grands-parents et prendre soin des enfants sont preuve d’amour, je ne sais si c’est une preuve plus grande, mais – je dirais – plus prometteuse de la Famille, car elle promet l’avenir. Un peuple qui ne sait pas prendre soin des enfants et un peuple qui ne sait pas protéger les grands-parents est un peuple sans avenir, car il n’a ni la force ni la mémoire qui font progresser. Et bon, la Famille est belle, mais elle a un prix, elle comporte des problèmes. En Famille, parfois, il y a des inimitiés. Le mari se querelle avec la femme, ou bien ils ne sont pas en bons termes entre eux ni les enfants avec leur père. Je vous donne un conseil : ne terminez jamais une journée sans faire la paix en Famille. En Famille, on ne peut terminer la journée en guerre. Que Dieu vous bénisse ! Que Dieu vous donne la force ! Que Dieu vous encourage à aller de l’avant ! Protégeons la Famille ! Défendons la Famille, car là se joue notre avenir. Merci ! Que Dieu vous bénisse et priez pour moi, s’il vous plaît !

Avant tout, je veux remercier les Familles qui ont souhaité partager l’histoire de leurs vies avec nous. Merci pour votre témoignage ! C’est toujours un don d’écouter les Familles partager leurs expériences de vie. Cela touche nos cœurs. Nous sentons qu’elles nous parlent de choses qui sont très personnelles et uniques, de choses qui, d’une certaine manière, nous concernent tous. En écoutant leurs expériences, nous pouvons nous sentir nous-mêmes impliqués, mis au défi en tant que couples mariés et parents, en tant qu’enfants, frères et sœurs et grands-parents.

Pendant que j’écoutais, je pensais combien il est important pour nous de partager nos vies de Famille et de nous entraider dans cette merveilleuse et exaltante tâche d’« être une Famille ».

Etre avec vous me fait penser à l’un des plus beaux mystères de notre foi chrétienne. Dieu n’a pas voulu venir dans le monde autrement que dans une Famille. Dieu n’a pas voulu approcher l’humanité autrement que dans un foyer. Dieu n’a pas voulu pour lui-même d’autre nom qu’Emmanuel (cf. Mt 1, 23). Il est « Dieu avec nous ». C’était son désir depuis le commencement, son objectif, son effort constant : nous dire : « Je suis Dieu avec vous, je suis Dieu pour vous ». Il est le Dieu qui, dès le début de la création, dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Gn 2, 18). Nous pouvons ajouter : il n’est pas bon que la femme soit seule, il n’est pas bon pour les enfants, pour les personnes âgées, pour les jeunes, d’être seuls. Ce n’est pas bon. C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère, et s’attache à sa femme, et les deux deviennent une seule chair (cf. Gn 2, 24). Les deux sont destinés à devenir un foyer, une Famille.

Depuis des temps immémoriaux, au plus profond de notre cœur, nous avons entendu ces mots puissants : il n’est pas bon pour toi d’être seul. La Famille est la grande bénédiction, le grand don de ce « Dieu avec nous » qui n’a pas voulu nous abandonner à la solitude d’une vie sans les autres, sans défis, sans foyer.

Dieu ne rêve pas en solitaire, il essaye de faire toute chose « avec nous ». Son rêve permanent devient réalité dans les rêves de nombreux couples qui travaillent à faire de leur vie une vie de Famille.

C’est pourquoi la Famille est le symbole vivant du plan d’amour que le Père a rêvé autrefois. Vouloir fonder une Famille, c’est se décider à faire partie du rêve de Dieu, choisir de rêver avec lui, vouloir construire avec lui, se joindre à lui dans cette épopée de la construction d’un monde où personne ne se sentira seul, indésirable, ou sans foyer.

En tant que chrétiens, nous apprécions la beauté de la Famille et de la vie de Famille comme le lieu où nous apprenons la signification et la valeur des relations humaines. Nous apprenons qu’« aimer quelqu’un n’est pas seulement un sentiment fort – c’est une décision, c’est un jugement, c’est une promesse » (Erich Fromm, The Art of Loving). Nous apprenons à tout miser sur une autre personne, et nous apprenons que cela vaut la peine.

Jésus n’était pas un célibataire endurci, loin de là ! Il a pris l’Eglise comme épouse, et a fait d’elle un peuple à lui. Il a donné sa vie pour ceux qu’il aimait, de sorte que son épouse, l’Église, puisse toujours savoir qu’il est Dieu avec nous, avec son peuple, avec sa Famille. Nous ne pouvons pas comprendre le Christ sans son Église, comme nous ne pouvons pas comprendre l’Église sans son époux, le Christ Jésus, qui a donné sa vie par amour, et qui nous a fait voir que cela vaut la peine.

Donner sa vie par amour n’est pas facile. Comme pour le Maître, « tout miser » peut parfois entraîner la croix. Parfois quand tout semble difficile. Je pense à tous ces parents, à toutes ces Familles qui n’ont pas de travail ou qui n’ont pas les droits des travailleurs, et combien cela est une vraie croix. Que de sacrifices font-ils pour gagner leur pain quotidien ! Il est compréhensible que, lorsque ces parents rentrent à la maison, ils soient si exténués qu’ils ne peuvent pas donner le meilleur d’eux-mêmes à leurs enfants.

Je pense à toutes ces Familles qui n’ont pas de logement ou qui vivent entassées. Des Familles qui manquent du minimum pour être en mesure de construire des liens d’intimité, de sécurité et de protection face aux ennuis de toutes sortes.

Je pense à toutes ces Familles qui n’ont pas accès aux services élémentaires de santé. Des Familles qui, lorsqu’elles affrontent des problèmes médicaux, surtout quand il s’agit des membres les plus jeunes ou les plus âgés, dépendent d’un système qui ne satisfait pas leurs besoins, qui est insensible à leur peine et leur impose de lourds sacrifices pour recevoir un traitement approprié.

On ne peut pas qualifier de saine une société lorsqu’elle ne garantit pas une réelle place à la vie de Famille. On ne peut pas penser qu’une société a un avenir lorsqu’elle ne fait pas passer des lois capables de protéger les Familles et d’assurer leurs besoins fondamentaux, surtout ceux des Familles qui sont à leurs débuts. Que de problèmes seraient résolus si nos sociétés protégeaient les Familles et offraient aux ménages, spécialement aux couples récemment mariés, la possibilité d’avoir un travail digne, un logement et des services médicaux pour les accompagner au cours de la vie.

Le rêve de Dieu est inchangé ; il demeure intact et nous invite à travailler pour une société qui soutienne les Familles. Une société où le pain, « fruit de la terre et du travail des hommes » continue à être mis sur la table de chaque foyer, pour nourrir l’espérance des enfants.

Les Familles parfaites n’existent pas. Cela ne doit pas nous décourager. Tout au contraire ! L’amour est une chose que nous apprenons ; l’amour est une chose que nous vivons ; l’amour grandit dans la mesure où il est « forgé » par les situations concrètes dont chaque Famille fait l’expérience. L’amour naît et se développe constamment entre ombres et lumières. L’amour peut s’épanouir entre l’homme et la femme qui essayent de ne pas faire du conflit le dernier mot, mais plutôt une nouvelle opportunité. Une opportunité pour chercher de l’aide, une opportunité pour nous demander en quoi nous avons besoin de nous améliorer, une opportunité pour découvrir le Dieu qui est avec nous et qui ne nous abandonne jamais. C’est le grand héritage que nous pouvons donner à nos enfants, une très bonne leçon : nous faisons des erreurs, oui ; nous avons des problèmes, oui. Mais nous savons que ce n’est pas cela qui compte vraiment. Nous savons que les erreurs, les problèmes, les conflits sont une occasion de nous approcher les uns des autres, de nous approcher de Dieu.

Ce soir nous sommes venus prier ensemble, prier en tant que Famille, pour faire de nos foyers le visage joyeux de l’Église. Pour rencontrer ce Dieu qui n’a pas voulu venir dans notre monde d’une autre manière que dans une Famille. Pour rencontrer « Dieu avec nous », le Dieu qui est toujours parmi nous. Amen !


Pape François - Samedi 26 septembre 2015 - Rencontre Mondiale des Familles à Philadelphie

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La Prière du Pape François à l'Immaculée Conception « Ô Marie, notre Mère, aujourd’hui, ton peuple en fête Te vénère »
La Prière du Pape François aux JMJ 2013 « Seigneur, Tu as laissé ta Mère au milieu de nous pour qu’Elle nous accompagne »
La Prière du Pape François pour les chômeurs « Seigneur Jésus, à Toi le travail ne manqua pas, donne-nous du travail ! »
La Prière du Pape François pour la Paix au Proche-Orient « Seigneur Dieu de paix, écoute notre supplication ! »
La Prière de Consécration à « Notre-Dame d'Aparecida » de notre Pape François
La Prière pour les Malades du Pape François « Ô Marie, Siège de la Sagesse, intercède comme notre Mère pour tous les malades »
La Prière pour les Vocations du Pape François « Père infiniment saint, tous Tes enfants sont appelés par Toi à être saints »
La Prière pour les jeunes du Pape François « Seigneur Jésus, maintenant que nous sommes des personnes âgées, nous intercédons pour les jeunes »
La Prière du Pape François pour le Carême 2015 « Seigneur Jésus-Christ, guéris-moi de la dureté de mon cœur »
La Catéchèse du Pape François sur les « Fiançailles »
Le « Mariage et la Famille » selon le Pape François
La Catéchèse du Pape François sur le Sacrement du Mariage « Le Lien avec Dieu qui est à la base du lien conjugal »
La Catéchèse du Pape François sur le Mariage « Pourquoi les jeunes ne veulent pas se marier ? »
La Catéchèse du Pape François sur le Mariage « L’Amour entre les conjoints est l’image de l’Amour entre le Christ et l’Église »
La Prière pour les Familles du Pape François et du Cardinal André Vingt-Trois « Cœur Sacré de Jésus, Source de tout Amour, nous plaçons devant Toi nos familles »
Le Message de la Journée pour la Vie du Pape François « Cultiver la vie et accepter la mort »
La « Correction Fraternelle » selon le Pape François
La Prière du Pape François pour le Jubilé de la Miséricorde « Seigneur Jésus-Christ, Toi qui nous a appris à être miséricordieux comme le Père céleste »
La Prière du Pape François « Loué sois-Tu ! » extraite de son Encyclique « Laudate Si »
La « VIIIème Rencontre Mondiale des Familles » en 2015 à Philadelphie avec notre Pape François
La Bulle d'indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde du Pape François « Misericordiae Vultus »
La Prière du Pape François pour le Jubilé de la Miséricorde « Seigneur Jésus-Christ, Toi qui nous a appris à être Miséricordieux comme le Père céleste »
La Prière du Pape François « Vierge de la Charité del Cobre, Patronne de Cuba ! »