Voici le Discours pour la Fête de Noël sur les Trois Leçons que nous donne la Crèche, les Trois concupiscences de l’homme et les Trois Remèdes divins que le Christ Nouveau-Né y apporte : l'Humilité contre l'Orgueil, la Pauvreté contre l'Amour des richesses et la Souffrance contre la Sensualité « Naissez en moi, ô divin Jésus, imprimez en moi les Trois Leçons que me fait votre Crèche » prononcé par Monsieur l’Abbé Philibert-Augustin Lacoste (1762-1848) qui entra à quinze ans dans la Congrégation de l’Oratoire pour devenir Vicaire général de Dijon, professeur de théologie au Grand Séminaire et Chanoine théologal à la Cathédrale.

« Ecce evangelizo vobis gaudium magnum » (Luc II, 10)
« Je vous apporte une Nouvelle qui sera pour vous le sujet d'une grande Joie ».
Le Discours pour Noël sur les Leçons que nous donne la Crèche « Naissez en moi, ô divin Jésus, imprimez en moi les Trois Leçons que me fait votre Crèche » de l’Abbé Lacoste :
Cieux et terre, réjouissez-vous !
Nous avons un Adorateur.
Un Dieu, uni à la nature humaine, adore et remercie dignement un Dieu.
Cieux et terre, réjouissez-vous.
Un Enfant divin nous est né ; nous avons un Réparateur.
La Miséricorde et la Vérité sont venues au-devant l'une de l'autre : la Justice et la Paix se sont donné un saint baiser (Psal. LXXXIV, 11).
Gloire présentement, gloire à Dieu au plus haut des Cieux ; et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté (Luc II, 14).
Ne nous bornons pas, mes frères, à une admiration et à une joie stérile.
Allons à la Crèche : les Mages et les Pasteurs nous y appellent.
Allons nous prosterner aux pieds du saint Enfant que nous avons aujourd'hui pour Docteur et pour Maître.
Là, recueillons nous en silence, et écoutons les leçons qu'Il nous fait de sa Crèche.
Les voici :
L'homme était tombé par orgueil : un Dieu s'humilie pour le relever.
L'homme idolâtrait des biens trompeurs : un Dieu consacre la pauvreté et la divinise.
L'homme périssait par la sensualité : un Dieu met en honneur la souffrance.
Trois concupiscences dans l'homme : trois remèdes, l'humilité d'un Dieu, la pauvreté d'un Dieu et la souffrance d'un Dieu :
C'est là tout le Mystère !
Première Réflexion : L'Humilité contre l'Orgueil
Écoutant la voix du Tentateur, le premier homme veut s'élever et devenir Dieu :
« Eritis sicut Dii scientes » (Gen. III, 5)
Sa dégradation ; sa chute.
Depuis ce temps son orgueil égale sa misère.
L'orgueil fait les conquérants : l'orgueil fait oublier que le pouvoir est une paternité, un dépôt, et que le faible doit être protégé à proportion de son dénuement et de sa faiblesse.
Chaque jour un atome dit à un atome : « Je suis plus que toi », et l'atome répond : « Tu n'es ainsi que moi qu'un peu de poussière, un atome ».
A un grand mal, il fallait un grand remède : un Dieu, pour porter coup à notre orgueil, un Dieu s'abaisse ; un Dieu descend de son trône : il se fait homme.
Écoutez :
« Il était Dieu de toute éternité ; Il était le Verbe ; toutes choses avaient été faites par Lui ; Il éclairait tout homme venant au monde » (Jean I, 19).
Eh bien ! Ce Dieu, ce Tout-Puissant, ce Consubstantiel, de Dieu lumière, le dirai-je ?
Il s'est fait chair.
« Et Verbum caro factum est » (Jean I, 14).
Ô homme, s'écrie saint Bernard, cendre immonde, rougis donc !
Un Dieu s'humilie, et tu t'élèves !
Ton divin Chef est là pour t'apprendre que tu ne fléchiras Dieu et que tu ne te sauveras que par la voie des abaissements.
Deuxième Réflexion : La Pauvreté contre l'Amour des richesses
Entraîné par la superbe, l’homme laissait éblouir ses yeux par le faux éclat des biens trompeurs.
Il était ambitieux de richesses, ambitieux d'honneurs.
Tous les moyens pour en avoir lui semblaient légitimes, et rien ne pouvait suffire à l'infinité de ses désirs.
Voici un renversement étrange :
Un Dieu veut mettre au décri, au rabais les richesses et les honneurs ; Il veut relever la pauvreté et la misère.
Que fait-Il ?
Une étable est son palais, une crèche son trône, de simples bergers sont les seigneurs de sa cour ; des langes pauvres et déchirés, voilà son vêtement de gloire (Luc II, 12).
Cela vous confond : il le fallait ainsi pour vous détromper.
Comme Adam cite devant lui les animaux pour leur donner un nom (Gen. II, 19-20), de même le Seigneur appelle devant sa Crèche les insignes, les pompes vaines et les trésors.
Il souffle dessus et leur dit :
« Vous êtes un néant » (Luc VI, 24).
Il ajoute :
« Malheur aux riches, Heureux les pauvres ! » (Matth. V, 3)
Cet oracle est à peine prononcé et confirmé par l'exemple d'un Dieu, que le détachement remplit le monde de merveilles qui semblent incroyables.
Des princes, des reines, des personnes puissantes de tout état veulent suivre la Crèche nue et la Croix nue :
« Nudus nudam crucem sequar » (S. Hier.)
De toutes parts on prélude à la mort qui nous dépouille entièrement pour remettre notre poussière à sa place.
Troisième Réflexion : La Souffrance contre la Sensualité
Esclave de l'orgueil et des faux biens, l'homme l'était encore devenu de ses sens.
Il s'était révolté contre Dieu, et ses sens avaient usurpé l'empire sur lui.
Il se complaisait dans cet assujettissement funeste.
Triste peinture de l'homme déchu et à qui toutes les créatures faisaient éprouver une traîtresse douceur.
Ô chair trop idolâtrée, comment expier, comment finir tes révoltes ?
Le voici :
Un Dieu se revêt de notre nature ; un Dieu pleure ; un Dieu souffre ; un Dieu naît dans une Crèche, vit dans la fatigue ; Il meurt sur une Croix.
Ne murmurez point, mes sens, et taisez-vous.
Un Dieu m'apprend à convoiter les souffrances.
Il faut que le grain soit foulé aux pieds et mis en terre pour qu'il ressuscite de nouveau (I Cor. XV, 37).
C'est à qui châtiera son corps et le réduira en servitude (1 Cor. IX, 27) ; c'est à qui achètera le Ciel par ses tribulations et ses larmes.
Mes yeux se sont ouverts, ô mon Dieu !
Je connais la sublimité de vos abaissements et l'humiliation réelle de mon orgueil.
Je connais l'inanité, le faux de ce qui brille, et tout le prix, tout l'éclat d'une vie pauvre et constamment obscure.
Ô mon Dieu, je déteste de criminelles délices, et je vois d'indicibles trésors dans ce qui persécute la nature et la tient sous le joug.
Naissez en moi, divin Jésus : imprimez en moi les Leçons que me fait votre Crèche.
Rendez-moi conforme à votre sainte Enfance :
« Jesu puer, nos respice ; da moribus castis tuam referre nos infantiam ».
Ainsi soit-il.
Abbé Philibert-Augustin Lacoste (1762-1848) - « Discours VI pour la Fête de Noël sur les Leçons que nous donne la Crèche » dans la Collection intégrale et universelle des Orateurs sacrés de Jacques-Paul Migne, tome 99, pages 988-991, aux Ateliers Catholiques, 1866
Les Saintes Messes de Noël (Vidéo + Texte Liturgique) :
- La « Messe de la Vigile de Noël » le 24 décembre
- La « Messe de Minuit » entre le 24 et le 25 décembre
- La « Messe de l’Aurore » de Noël le 25 décembre
- La « Messe du Jour » de la Nativité du Seigneur le 25 décembre
- La « Messe du Dimanche » dans l’Octave de la Nativité

Les Chants de Noël :
- Le Chant de Noël « Il est né le Divin Enfant ! » dans une ancienne version de 1956 avec les Petits Chanteurs à la Croix de Bois à Belleville
- Le Chant de Noël « Minuit, Chrétiens ! C’est l’Heure Solennelle » de Placide Cappeau
- Le Chant de Noël « Douce nuit, Sainte Nuit » de l’abbé Joseph Mohr
- Le Chant de Noël « Les Anges dans nos campagnes » du R. P. Louis Lambillotte
- Le Chant de Noël « Adeste fideles » de Mgr Jean-François Borderies
- Le Chant de Noël « Venez Divin Messie, sauvez nos jours infortunés » de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
- Le Chant de la Nuit de Noël « Qu’en un instant tout se réveille, cette Nuit vaut le plus beau jour ! » de Jean-Baptiste de Bousset
- La Chanson joyeuse de Noël « Les chœurs angéliques ont chanté Noël ! Chantons tous Noël ! » de François-Auguste Gevaert

Voir également le Jour de la Nativité du Seigneur le 25 décembre :
- Les « 365 Prières pour le Jour de Noël » le 25 décembre
- Tous les « Sermons, Homélies et Méditations pour le Jour de Noël » sur la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ (une centaine)