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« Nouvelles de Rome » de Monsieur l’Abbé François-Marie Chautard

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Voici la retransmission vidéo et le texte intégral des « Nouvelles de Rome » de Monsieur l’Abbé François-Marie Chautard, Recteur de l'Institut Saint Pie X de la FSSPX, en l'église Saint Nicolas du Chardonnet à Paris lors de la Sainte Messe du Dix-Septième Dimanche après la Pentecôte le 5 octobre 2025 : Où en sommes-nous dans l'Église de Dieu à Rome ?



Les « Nouvelles de Rome » de Monsieur l’Abbé François-Marie Chautard :





Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Mes bien chers frères, le 11 décembre 1925, il y aura bientôt un siècle, le Pape Pie XI publiait une magnifique encyclique Quas Primas sur la Royauté de notre Seigneur, enseignant avec force que notre Seigneur doit régner dans la société civile ecclésiastique, c'est-à-dire que les institutions doivent être Christianisées.
Trois ans plus tard, le même Pape publiait devant la montée des faux œcuménismes, une autre encyclique, Mortalium Animos, dénonçant, interdisant ses réunions écuméniques entre Chrétiens.

Un siècle plus tard, où en sommes-nous dans l'Église de Dieu ?
Où en sommes-nous à Rome ?

Peut-être avons-nous espéré qu'avec l'élection d'un nouveau Pape bien plus digne de sa fonction que son prédécesseur, plus recueilli dans les cérémonies, plus surnaturel dans ses propos les choses changeraient. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Vous le savez, deux erreurs gangrènent tout particulièrement l'Église de Dieu encore de nos jours, le Modernisme et le Libéralisme, lesquels s'enracinent dans une fallacieuse ouverture au monde tout opposé à l'esprit du Christianisme.

Alors, revenons ce matin sur ces erreurs et leur application malheureusement actuelle.
Le Modernisme, tout d'abord, comme vous le savez, comme le nom l'indique, il s'agit d'une volonté de moderniser l'Église, de l'harmoniser avec le monde moderne, de repenser la Foi, la Révélation avec les idées, les mentalités du moment quitte à changer complètement le sens du Dogme, le sens de la Foi, de transformer la Morale, la Liturgie, la Piété, le Gouvernement de l'Église.
Tout cela, ce sont des choses que nous avons constatés peu ou prou depuis le Concile.
En somme, le Modernisme est un progressisme, un évolutionnisme qui entend changer la Foi, l'enseignement de l'Église, la pratique de l'Église, qui admet la légitimité du changement sur ce que l'Église a jusqu'à toujours considéré comme étant intangible, inchangeable, intouchable.

Alors, malheureusement nous avons pu lire récemment des propos du Pape qui vont dans ce sens progressiste.
Il répondait à des questions de journaliste dans sa toute première interview, détail significatif. On lui pose la question de savoir si les mariages contre nature pourront être reconnus par l'Église et si ce genre de chose pourra être reconnu.
Et il répond : Cela me semble très improbable, du moins dans un avenir proche, que la Doctrine de l'Église change en ce qui concerne son enseignement sur la sexualité et le mariage.
Et on lui soumet la question de l'évolution de la position de l'Église sur le Diaconat des femmes et il répond : Pour l'instant, je n'ai pas l'intention de changer l'enseignement de l'Église sur ce sujet.

Ce qui est frappant dans ces deux réponses, c'est leur caractère dilatoire. Au lieu de dire que la Doctrine ou la Morale ne peut pas changer, ne peuvent pas changer, qu'elles ne changeront jamais… Le Pape laisse la porte ouverte : Je n'ai pas l'intention pour l'instant de changer cela.
Il me semble très improbable dans un avenir proche que la Doctrine de l'Église change.
Voyez, de tels propos mettre en cause la pérennité de l'enseignement de l'Église sur des questions non pas disciplinaires, non pas administratives qui peuvent changer, c'est entendu, mais sur des questions de fond, des questions de Doctrine, des questions de Morale, qui Elles ne peuvent pas changer, sur Lesquelles le Pape n'a pas d'autorité pour changer cela.
Et bien ce genre de propos est typique d'une pensée progressiste et disons-le soit Moderniste, soit teinté profondément de Modernisme.
Et c'est là qu'il faut quant à nous prêter attention à une erreur qui pourrait arriver, celle d'en rester au niveau des personnes, de comparer les personnes, François, Léon XIV.
Bien entendu, ces questions de personnes sont importantes, mais au-dessus d'elles se trouvent les questions de principes, car ce sont les principes qui façonnent les personnes.
Les personnes passent, les principes demeurent et s'appliquent toujours.
Même si vous avez une personne tout à fait recueillie, tout à fait digne, tout à fait de bonne volonté, si elle a des mauvais principes, elle prendra de mauvaises décisions, elle défendra de mauvaises causes, elle défendra la planète au lieu de défendre le bien des âmes.
Ce que ce que je redoute le plus, disait le Cardinal Pie, ce ne sont pas les doctrines violentes et par conséquent peu durable de nos adversaires, mais c'est l'absence de vraies et salutaires Doctrines chez nos partisans.
Le temps des malheurs n'est pas fini puisque le Jour de la Vérité n'est pas encore venu.
Et il faut bien avoir cela à l'esprit.
Mes bien chers frères, nous ne luttons pas contre des personnes. Nous luttons contre de faux principes, de faux principes hérités du Concile Vatican II, lequel a puisé à des erreurs déjà condamnées moulte fois dans l'Église.
Peut-être pourriez-vous m'objecter que je tire de trop grandes conséquences de ces propos de Léon XIV et qu'il a peut-être tout simplement voulu éviter de braquer les personnes et de gagner du temps ?

Et là, nous touchons du doigt une autre erreur très profonde et hélas très présente, c'est le Libéralisme. Erreur qui semblait aux yeux de notre vénéré fondateur de la Fraternité Saint Pie X, Monseigneur Lefèbvre, l'erreur la plus grave de notre temps dans l'Église. Il le disait encore quelques mois avant de mourir : Le Libéralisme est une hydre à plusieurs têtes, peut être absolu et faire de la liberté la valeur suprême, la valeur à laquelle on sacrifie tout le reste.
Et puis il peut être aussi cette mentalité, cette atmosphère qui ne veut jamais trancher entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal, qui dit un jour une chose bonne et qui laisse l'erreur se propager, qui n'agit pas, qui ne tranche pas.
Et bien quand le Pape dit : Pour l'instant je n'ai pas l'intention de changer l'enseignement de l'Église sur ce sujet, s'il le fait dans un esprit tactique pour gagner du temps, c'est une grave erreur parce qu’il met en doute la Vérité.
Voyez, pour ces personnes qui vivent dans le péché, si elles entendent : oh pour l'instant, on ne va pas changer les choses. Mais alors, elles vont attendre.
Enfin, la tentation pour elles plus exactement c'est d'attendre justement que les choses changent.
Si on leur dit au contraire, non, la Doctrine de l'Église c'est ça. La Morale de l'Église c'est ça. On ne peut pas La changer. Soit vous L'acceptez, soit vous La refusez, mais on ne peut pas La changer.
Et bien ces âmes qui sont dans le péché, si on leur dit la Vérité et là si elles ont un petit peu de bonne volonté, elles pourront vouloir justement se caler sur cette Vérité.
Et voyez, lorsqu'on met en jeu la Vérité, elle est toujours amoindrie.
Et le Christianisme a déjà connu ça de manière tragique.
C'était le Vendredi Saint. Au lieu de proclamer clairement l'innocence de Notre Seigneur Jésus-Christ et de renvoyer les calomniateurs, Pilate n'a pas voulu trancher. Alors, il a proposé à la populace de choisir entre Jésus et Barabbas. C'était mettre en parallèle, sur le même pied, la Sainteté même et un criminel de droit commun. Qu'a choisi la populace ? Vous connaissez la suite de l'histoire.
Et bien cette attitude de Pilate, attitude de libéral qui ne veut pas trancher alors par peur, par tout ce que vous voulez, mais il y a cette attitude-là.
Et bien, ce n'est pas l'attitude de Jésus. Ce n'est pas l'attitude des Saints et des saints Papes qui ont confirmés leurs frères dans la Foi en condamnant les erreurs.

Et malheureusement encore une fois, que la crise dure, nous avons eu une autre illustration de cette erreur du Libéralisme. C'est l'accueil du pèlerinage LGBT à Rome. C'est l'accueil par le Pape lui-même d'une délégation de ce mouvement. C'est à Rome dans une belle et grande église de Rome, une Messe célébrée pour ce groupe par, excusez du peu, le vice-président de la Conférence Épiscopale Italienne.
Alors, sans doute, le Pape a-t-il pu rappeler heureusement qu'une véritable famille est seulement entre un homme et une femme, mais c'est peu et il n'empêche pas ces personnes-là, ces activistes LGBT qui revendiquent ce péché, qui ont pu entrer publiquement, communier sans difficulté, avoir une église, avoir la Messe et alors que quand on pense que les presque 8 000 fidèles de la Fraternité, femmes, enfants, personnes âgées ont été interdits de Messe à Rome, qu'ils ont été enjoint de ne pas prier à haute voix dans la Basilique Sainte Marie-Majeur, qu'on les a fait attendre une heure au soleil pour ne pas gêner, nous a-t-on dit, une messe. Il y avait une trentaine de personnes dans une chapelle latérale.
Eh bien, regardez les faits, simplement les faits. Il semble plus grave de défendre, de s'opposer plus exactement aux erreurs conciliaires et de dire la Messe Traditionnelle que de revendiquer la légitimité du péché de de Sodome.

Et au fond, mes bien chers frères, il y a une troisième erreur, celle d'une Ouverture au monde. Ces hommes d'Église veulent adapter l'Église au monde selon les critères du monde. Ils ne veulent plus condamner le monde. Ils ne veulent plus être en opposition avec ce monde.
Mais n'est-ce pas le Christ qui a dit : Je ne prie pas pour le monde.

Si on veut aller encore plus loin, on peut voir dans ces erreurs un manque de Foi, un manque d'Espérance et un manque de Charité.
Un manque de Foi, parce que c'est la Foi qui doit éclairer la raison. C'est la Foi qui doit purifier la raison de ces erreurs. Ce n'est pas à la Foi d'emprunter les raisonnements du monde, la philosophie du moment. C'est à la raison humaine malade de se laisser éclairer par la Foi, de se laisser soigner par la Foi. Sans doute la raison humaine doit-elle prêter son concours pour une meilleure perception, une meilleure compréhension de la Foi, mais elle doit se plier à l'enseignement de la Foi.
Ce n'est pas à la Révélation de s'adapter à la philosophie de l'époque.

C'est un manque d'Espérance ensuite parce que l'Espérance Théologale nous fait attendre avec une confiance inébranlable la Grâce de Jésus-Christ pour agir selon l'enseignement de Jésus-Christ.
Lorsque Saint-Pierre est arrivé à Rome dans la ville de Néron, dans cette ville décadente de l'Empire romain, il n'a pas songé à baisser les exigences de la Morale Chrétienne en se disant que ces Païens seraient incapables soit de comprendre cette Morale de Jésus-Christ, soit incapable de La mettre en pratique.
Il a prêché tel qu’elle, sachant que la Grâce de Jésus-Christ était toute puissante pour convertir le monde, fusse la Rome païenne.
Et c'est en cela qu’a été le cas de tous ces Martyrs, de tous ces Missionnaires.
Or, l'Église considère, on l'a vu tout particulièrement avec le document Amoris Laétitia qui a contredit des exigences de la Morale Chrétienne, faute d'espérance dans la Grâce de Dieu, dans la toute-puissance de Dieu, de ses moyens surnaturels.

Et puis enfin, c'est un manque de Charité. Il n'est pas rare d'entendre que les modernistes ont péché contre la Foi, mais garde la Charité et ce serait l'inverse de notre côté.
Mais c'est faux, mes bien chers frères, la Charité est un Amour surnaturel de Dieu avant toute chose. On l'a entendu dans l'Évangile, le Premier Commandement, c'est d'aimer Dieu par-dessus toute chose, de toutes ses forces.
Or, quand on met sur le même pied les fausses religions et la Religion de Jésus-Christ, comme l'ont fait les Papes conciliaires, lorsqu'on promeut le dialogue interreligieux, on offense gravement Notre Seigneur Jésus-Christ. On pêche contre Notre Seigneur Jésus-Christ.
Peut-on dire qu'on L'aime de tout son cœur lorsqu'on L'offense ainsi ?
Et quand on laisse les gens dans l'erreur, quand on ne leur donne plus les vrais Biens surnaturels, lorsqu'on les laisse dans le doute de la Morale intangible de l'Église, peut-on dire qu'on les aime vraiment ? De Charité ?
Comme le disait Saint Pie X, le premier devoir de la Charité n'est pas dans la tolérance des convictions erronées, quelques sincères qu'elles soient, ni dans la différence théorique ou pratique pour l'erreur ou le vice où nous voyons nos frères, mais poursuit Saint Pie X, pour leur amélioration intellectuelle et morale, non moins que pour leur bien-être matériel.
Alors, quant à nous, mes bien chers frères, nous devons continuer notre combat pour Notre Seigneur Jésus-Christ, par amour de notre Seigneur Jésus-Christ, pour l'Église, pour les âmes, avec esprit de Foi, appuyé sur la Parole infaillible de l'Église, sur la Tradition bimillénaire de l'Église ; avec esprit d'Espérance fondé sur la bonté infinie et la toute-puissance de Dieu. Et nous ne devons pas nous décourager en nous disant que la crise demeure, dure, ni plus baisser nos exigences, mais nous devons continuer appuyés sur cette Grâce de Dieu. Et puis avec esprit de Charité.
Enfin, nous devons défendre l'honneur de Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous devons éclairer notre prochain. Nous devons sans le juger bien sûr, l'aimer d'un amour surnaturel apostolique.

Alors en ce mois d'octobre, ce mois du Rosaire et bien nous prierons tout spécialement la Vierge Marie. Nous La prierons pour l'Église, nous La prierons pour le Pape et nous La prierons pour notre propre Persévérance.
Nous demanderons toutes ces Grâces à la Vierge Marie, à Celle qui écrase la tête du serpent.
Ainsi soit-il.
Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Monsieur l’Abbé François-Marie Chautard« Nouvelles de Rome », le 5 octobre 2025

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Voir en ce Dimanche de l'Amour de Dieu :
- La « Sainte Messe du Dix-Septième Dimanche après la Pentecôte » (Vidéo + Textes Liturgiques)
- La Prière du XVIIe Dimanche après la Pentecôte « Ô Jésus, donnez-moi cette pierre précieuse de la Charité et je serai riche » de l’Abbé Julien Barbé
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