Voici le Poème sur « La grande Bataille de l’Antéchrist » de Jacopo dei Benedetti (1228-1306) dit Jacopone da Todi parce que né à Todi en Ombrie, Frère Franciscain (ofm) qui écrivit surtout des poèmes en dialecte ombrien (italien ancien) ainsi que quelques traités de vie spirituelle, à qui l’on attribue la composition du fameux « Stabat Mater dolorosa ».

Le Poème sur « La grande Bataille de l’Antéchrist » de Jacopone da Todi :
Ore on verra vraiment qui aura courage !
La tribulation qui fut prophétisée,
De tous côtés, la vois en foudre éclater.
La lune est obscure, le soleil ténébré,
Les étoiles du ciel vois toutes tomber ;
L’antique serpent semble être déchaîné,
Tous les peuples du monde vois à sa suite ;
Toutes les eaux a bu, par toute la terre,
Le fleuve Jourdain espère déglutir,
Le peuple du Christ tout entier dévorer.
Le soleil, c’est Christ, qui ne fait plus de signes,
Pour fortifier ceux qui le servent encore ;
Miracle ne vois qui puisse soutenir
La fidélité des peuples égarés ;
Sujet de dispute en fait la gent maligne,
Opprobres en disent très mauvaisement,
En les raisonnant, ne les pouvons tirer.
La lune, oui, c’est bien l’Église obscurcie,
Laquelle, la nuit, au monde reluisait,
Pape et cardinaux par elle nous guidaient ;
La lumière s’est retournée en ténèbre ;
C’est l’universelle assemblée du clergé,
Qui se fourvoya et prit mauvaise voie ;
Ô Sire Dieu, qui se pourra échapper ?
Les étoiles que du ciel voyons tomber,
C’est l’ensemble des familles religieuses,
Beaucoup de la voie droite ainsi sont sorties,
Pour s’engager dans la route périlleuse ;
Les eaux du déluge très haut sont montées,
Couvert ont les monts, submergé toute chose ;
Aide, ô mon Dieu, aide le peu qui surnage !
Tout le monde entier je vois qui se concasse,
Et qui, précipité, s’en va à la ruine ;
Comme l’homme qui est rendu frénétique,
Auquel on ne peut appliquer médecine,
Tant les médecins en ont désespéré,
Que rien ne lui sert, ni magie, ni doctrine,
Et que le voyons à toute extrémité.
Tout le genre humain vois qu’a été signé
Du caractère de l’antique serpent,
Et en trois partis s’en trouve divisé ;
Qui campe dans l’un, l’autre le fait dolent ;
L’avarice dans le camp s’est introduite,
Les a déconfits et tué tant de gens,
Que bien peu il en est qui veuillent rester.
Si quelqu’un échappe à ce terrible assaut,
Décerner lui peux couronne de sagesse ;
S’enfle la science et au plus haut se monte,
Vilipende les autres et pour soi maintient ;
De tous autres gens les peccadilles compte,
Les siennes met derrière, qu’on ne les voie ;
Veulent parler beaucoup et jamais rien faire.
Les quelques peu nombreux qui ont échappé
À toutes ces deux attaches douloureuses
En autre piège aussi les a enchaînés :
De produire signes sont fort désireux,
Faire des miracles, rendre les santés,
D’extases et de prophéties sont goulus ;
Si aucun en réchappe, on peut Dieu louer.
Arme-toi, homme, car vite passe l’heure
Que puisses esquiver une telle mort ;
Qu’aucune ne fut encore aussi cruelle,
Ni autre ne sera jamais si terrible ;
Tous les Saints en ont eu très grande épouvante
D’avoir à subir une pareille épreuve :
Se croire en sûreté, bien sot me paraît.
Jacopone da Todi (1228-1306) – « De la grande Bataille de l’Antéchrist » traduit de l’ombrien par Pierre Barbet

Voir également du Franciscain Jacopone da Todi :
- Le « Stabat Mater » de Jacopone da Todi
- La Prière de Jacopone de Todi « Ô Mère, Source d'Amour, faites-moi sentir la violence de Votre douleur afin que je pleure avec Vous »
- La Prière de Jacopone da Todi « Ô mon Seigneur, tout empressé Vous avez couru vers la Croix, où il Vous tardait de mourir pour moi ! »
- La Prière de Jacques de Benedetti « Jésus, donne-moi de couper tout lien qui puisse me retenir »
- Le Poème sur « L’Incarnation du Verbe divin » de Jacopone da Todi
- La Prière pour Noël « Ô Mater amabilis » de Jacopone da Todi
- La Prière pour Noël « Dis, ô douce Marie, combien amoureusement Tu regardais Ton petit enfant, le Christ, mon Dieu » de Jacopone da Todi
- La Prière pour Noël « Debout se tenait la Vierge, auprès de la paille, tandis que gisait son Enfant au milieu des bêtes et livré à la froidure » de Jacopone da Todi
- Le Poème « Comment les Anges s’émerveillent du pèlerinage du Christ sur terre » de Jacopone da Todi
- La Prière pour l’Épiphanie « Avec grande révérence, les Rois Mages L’adorèrent » de Jacopone da Todi
- La Prière du Frère Jacques de Benedetti « Que chaque amant qui aime le Seigneur vienne à la danse en chantant d'amour »
- Le Poème « Comment l’âme par Foi vient aux choses invisibles » de Jacopone da Todi
- La Prière au Sacré Cœur de Jésus « Ô Amour, comment après m'être en Toi transformé, pourrais-je encore être le même ? » de Jacopone da Todi
- La Prière de Jacopone da Todi « Regarde-moi qui nu fus étendu en Croix »
- La Prière de Jacopone da Todi « Ô Marie, Vierge si belle, viens à mon aide »
- La Prière de Jacopone da Todi « Ô mon âme, regarde ici ton Seigneur qui en Croix cloué t’attend »
- La Prière de Jacopone da Todi « Seigneur, donne-moi la mort, avant que plus je ne T’offense »
- La Prière sur la Crucifixion « Ô Dame du Paradis, ton Enfant vient d’être pris » de Jacopone da Todi
- La Prière de Jacopone da Todi « Ô Amour, Divin Amour, Tu sembles épris de moi jusqu’à la folie »
- La Prière pour l’Amour Divin « Je meurs d’amour pour Toi, ô mon Rédempteur » de Jacopone da Todi
- Le Poème sur « Saint François d’Assise et des batailles de l’ennemi contre lui » de Jacopone da Todi
- Le Poème sur « La grande Bataille de l’Antéchrist » de Jacopone da Todi
- Le Poème sur le Jugement personnel « Ô Jésus-Christ, prends pitié, pardonne-moi mon péché » de Jacopone da Todi
- La Prière sur le Jugement Universel « Ô Seigneur très Doux, très Calme et très Patient » de Jacopone da Todi
- Le Poème de la « Plainte de l’Église réduite à mauvais état » de Jacopone da Todi
- La Prière sur la Ronde des Saints dans le Ciel « Una Rota si fa in Cielo... » de Jacopone da Todi
- Le Poème sur la Ballade du Paradis « Une Ronde se fait au Ciel de tous les Saints en ce Jardin où réside l’Amour Divin qui l’enflamme de son Amour » de Jacopone da Todi
- La Prière du Dernier cri d’amour du Frère Jacopone da Todi « Ô Jésus, mon Espérance... que je m’endorme dans l’Amour ! »