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Prière à Jésus en Croix pour nous enseigner la Patience

Prières > sur la Patience

Voici une Prière à Notre Seigneur Jésus-Christ en Croix pour nous enseigner la vertu de patience et de longanimité dans les diverses situations de la vie « Ô Jésus-Christ en Croix, Vous nous apprenez ce que doit être la Patience Chrétienne qui consiste à souffrir tout sans se plaindre et même avec joie » donnée par M. l’Abbé Jean-Baptiste Nicaise Civet (1801-1846), Prêtre de Saint Sulpice, Chanoine honoraire de Reims et Vicaire de Charleville qui entra dans l'état ecclésiastique qu’à l'âge de trente ans parce que Veuf après sept ans de Mariage.



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La Prière pour nous enseigner la Patience « Ô Jésus-Christ en Croix, Vous nous apprenez ce que doit être la Patience Chrétienne qui consiste à souffrir tout sans se plaindre et même avec joie » de l’Abbé Nicaise Civet :

Adorer Jésus-Christ souffrant dans tout son être et toutes ses facultés, et nous enseignant la vertu de patience et de longanimité.
Sur la Croix, le Sauveur nous apprend ce que doit être la Patience Chrétienne, qui consiste à souffrir tout sans se plaindre et même avec joie : « Ut ambuletis dignè Deo, in omni patientiâ, cum gaudio » (Col. 1, 10-11).

Voyons et ce qu'Il a souffert, et comment Il l'a souffert, et pourquoi Il l'a souffert.

I - Le Sauveur, sur la Croix, souffre tout ce qu'il est possible de souffrir et d'endurer.
1º D'abord dans son corps, depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, s'écrie le prophète attristé, je ne vois en Lui que plaies sanglantes : « Aplantâ pedis usquè ad verticem, non est in eo sanitas » (Is. 1, 6).
Puis ensuite, dans son âme : « Tristis est anima mea usquè ad mortem » (Matth. XXXVI, 38) ; mon âme est triste jusqu'à la mort, dit-Il lui-même.
2º Dans sa réputation, les représentants de l'autorité, les magistrats de son pays, sur la demande du peuple, Le rangent parmi les criminels et les scélérats : « Cum iniquis reputatus est » (Marc XV, 28) ; « Cum sceleratis reputatus est » (Is. LIII, 12).
On Le traite de séducteur, de possédé du Démon, d'imposteur même après qu'Il a subi son supplice et s'est ainsi lavé et justifié par l'expiation, alors que la consécration du trépas en faisait un objet vénérable ; l'inhumanité est excessive à son égard : « Seductor ille dixit adhuc vivens » (Matth. XXVII, 63).
3º Dans ses biens, Il ne possédait plus que ses habits et sa robe sans couture, doux souvenir de sa Mère affligée.
Il eut la douleur de voir les soldats se les partager même de son vivant : « Diviserunt sibi vestimenta mea, et super vestem meam miserunt sortem » (Ps. XXI, 19).
4° De la part de ses ennemis.
Les Gentils, réunis aux Juifs, attachèrent à la Croix leur commun Sauveur, après L'avoir abreuvé d'outrages et accablé de mauvais traitements.
Ils Le firent monter sur le Calvaire, et là L'immolèrent à leur rage : « Et ibi crucifixerunt eum » (Luc XXIII, 33).
5° De la part du Démon.
Car c'est le Démon qui fut le premier instigateur de sa mort ; c'est lui qui, sans parler de ce qu'il avait fait dans les temps antérieurs, suggéra à Judas l'infâme et sacrilège pensée, le dessein à jamais exécrable, de trahir son divin Maître : « Cum diabolus jam misisset in corut traderet eum Judas » (Jean XIII, 2).
6° De la part de ses amis eux-mêmes et de ceux qui semblaient Lui être restés fidèles et dévoués.
Ils L'abandonnèrent au moment du péril, ils prirent la fuite jusqu'au dernier, sans exception.
« Tunc discipuli omnes, relicto eo, fugerunt » (Matth. XXVI, 56).
Et celui qu'un reste de courage avait timidement amené jusqu'au prétoire, Le renia ouvertement.
Se peut-il une désertion plus complète ?
7° De la part de son Père lui-même, qui Lui présente à boire le calice amer et redoutable qu'Il doit épuiser jusqu'à la lie : « Calicem quem dedit mihi Pater ».
Jésus L'avait supplié, conjuré de ne Le pas astreindre, s'il était possible, à une si dure épreuve.
Dieu s'était montré insensible, sa justice était demeurée inexorable ; et le divin Agneau s'était résigné : « Non mea voluntas, sed tua fiat ».
Ô résignation sublime ! Ô patience incomparable !
8° Il souffre les mauvais traitements les plus cruels et les plus ignominieux : on Le couronne d'épines, on Lui voile le visage, on Le frappe, on Le pousse, on Le bafoue, on Le crucifie, on L'insulte, on L'abreuve de fiel et de vinaigre, on se moque de Lui, après Lui avoir préféré Barabbas.
« Alios salvos fecit, seipsum non potest salvum facere » ; Il a sauvé les autres, et Il ne peut pas se sauver lui-même ; s'Il est vraiment le Fils de Dieu, le roi d'Israël, comme Il le prétend, qu'Il descende maintenant de la Croix, et nous croirons en Lui.
« Si rex Israel est, descendat nunc de cruce, et credimus ei » (Matt. XXVII, 42).
Mais, mon Sauveur, si Vous fussiez descendu de la Croix, l'arrêt porté par votre Père céleste n'eût point été accompli : nous n'eussions pas été rachetés au prix de votre sang et de votre mort sur la Croix !
Vous nous aimiez trop pour ne pas Vous livrer pour chacun de nous.
« Dilexit me et tradidit semet ipsum pro me » (Eph. V, 2).

II - Comment Jésus-Christ a souffert
Les dispositions du Sauveur souffrant sont encore plus étonnantes que ses souffrances mêmes.
Et pourtant ce qu'Il a réellement enduré dans le temps de sa Passion, Il l'a souffert, en esprit et par la pensée, tous les jours de sa vie.
Il savait que l'appréhension seule Lui ferait répandre, au Jardin des Olives, une sueur mêlée de sang, la veille de son supplice ; Il en envisageait à chaque instant les circonstances douloureuses, et cependant Il s'appliquait avec ardeur au ministère de la parole, Il traversait les villes et les bourgades en répandant partout des bienfaits.
Il s'entretenait avec ses disciples des Mystères du Royaume des Cieux, et c'est à peine si son visage s'assombrissait lorsqu'Il leur prédisait ses souffrances.
Image frappante de ce que nous devrions être dans les diverses situations de la vie.
Quand fut venue l'heure suprême, le Fils de l'homme souffrit sans se plaindre.
Il se laissa, comme un doux agneau, conduire à la boucherie, sans ouvrir la bouche, parce que c'était Dieu qui le voulait.
« Ego quasi agnus mansuetus qui portatur ad victimam » (Jerem. XI, 19).
« Obmutui et non aperui os meum, quoniam tu fecisti » (Ps. XXXVIII, 10).
Tous les hommes qui ont cru mourir victimes de l'injustice ont ouvert la bouche, sinon pour se plaindre, au moins pour proclamer leur innocence.
Mais Jésus-Christ, qui accomplissait un Mystère, a enseveli son secret dans le silence le plus profond et le plus incompréhensible.
Seuls les Chrétiens en ont pu pénétrer la raison.
Seuls aussi, durant trois siècles, ils ont souffert, par millions, sans se plaindre ; et ils donneront encore au monde ce spectacle, s'il plaît au monde de se déchaîner encore contre leur vertu.
Ils portent en eux des dispositions semblables à celles de leur Sauveur, dispositions sublimes, surnaturelles, qui seront toujours une énigme pour l'esprit aveugle des enfants du siècle.
Nous avons tous à souffrir en ce monde, et c'est une loi qui pèse sur toute la postérité d'Adam.
Nul n'y échappe ; mais les uns ont appris de Jésus-Christ le secret d'en tirer un parti avantageux et de bénir les conséquences de cette loi terrible ; tandis que les autres, n'y voyant qu'une injustice du sort, s'en scandalisent et succombent misérablement sous ce qu'ils appellent les coups d'une destinée plus forte qu'eux.
Et c'est en quoi consiste la différence qu'il y a entre les enfants de la lumière et les enfants des ténèbres.
La vie de l'homme, ici-bas, est une guerre, un champ de bataille.
« Militia est vita hominis super terram » (Job VII, 1).
Mais les uns savent où sont les ennemis, d'où partent leurs traits et le mal qu'ils peuvent faire ; et ils sont en mesure de les éviter presque tous.
Les autres ne sont pas dans des conditions si favorables, et ils sont à plaindre.
Ils auraient besoin d'étudier Jésus en Croix et de se former sur ce divin modèle ; Il est le chef des prédestinés ; Il nous a montré la route à suivre.
Marchons donc généreusement sur ses traces.
« Christus passus est pro nobis, vobis relinquens exemplum, ut sequamini vestigia ejus » (1 Petr. II, 21).

III - Dans quel but Jésus-Christ a souffert.
Le divin Rédempteur, voulant nous donner jusqu'au bout l'exemple de la Patience et nous apprendre à endurer tout ce qu'il y a de pénible dans la vie, a bien voulu nous laisser entrevoir les motifs qui Le portaient à souffrir.
1º Il a souffert pour nos péchés, en esprit de pénitence et de satisfaction ; c'est pour nos forfaits, dit le prophète, qu'Il a été broyé sous les coups de la Justice divine.
« Attritus est propter scelera nostra » (Is. LIII, 5).
Et Dieu lui-même déclare que, s'Il L'a frappé, c'est à cause des crimes et des péchés de son peuple.
« Propter scelus populi mei percussi eum » (Isai. LIII, 8).
Et Lui, considérant que les rigueurs exercées à son égard n'étaient que le juste châtiment des fautes dont Il s'était chargé, Il se taisait, Il souffrait en silence.
Mon doux Sauveur, c'est moi qu'il faut frapper, c'est moi qui suis coupable.
C'est sur moi que la Justice a droit d'exercer ses rigueurs.
Et si mes faibles satisfactions sont insuffisantes pour l'apaiser, au moins, Seigneur, permettez-moi de les joindre aux Vôtres et de souffrir avec Vous.
Moi aussi, je veux tout endurer sans me plaindre ; je veux tout accepter en esprit de pénitence et d'expiation.
Je sais que la souveraine Justice ne peut rien relâcher de ses droits et que la Patience et l'acceptation des châtiments est une condition du mérite.
Je reconnais donc avec Vous, mon Sauveur, que les peines, les épreuves et les afflictions de cette vie me viennent de la part de Dieu.
Aussi, je bénis la main qui me les envoie, c'est Celle de mon Père, et je m'écrie comme Vous : « Quoi donc, ne boirai-je pas le calice qu'Il m'a préparé ? Calicem quem dedit mihi Pater, non bibam illum ? » (Jean XVIII, 11).
Et si j'éprouvais quelque répugnance, la pensée que j'accomplis une chose juste suffirait pour me soutenir, et je dirais avec le Bon larron : « Ce que je souffre est juste, tandis que Vous, ô mon Sauveur, quel mal avez-Vous fait ? Nos quidem justè, hic verò nihil mali gessit » (Luc XXIII, 41).
Et d'ailleurs quels que soient les châtiments dont l'adorable Justice de Dieu m'accable, ils seront toujours au-dessous de ce que méritent mes péchés, car ils ne seront jamais aussi rigoureux que les peines de l'Enfer ou du Purgatoire.
Or, mes péchés méritent l'Enfer ou du moins le Purgatoire.
2º Jésus-Christ a souffert afin de nous montrer qu'une vie Chrétienne, pour mériter ce titre, doit être une vie de souffrances et de douleurs, et qu'ainsi la Patience nous est grandement nécessaire.
La vertu ne sera jamais sans difficulté en ce monde, la voie du Ciel est jonchée de ronces et d'épines ; que n'en coûte-t-il pas pour pratiquer la charité, la patience, la douceur, l'humilité, l'abnégation, l'oubli de soi !
Quelle force, quel courage ne faut-il pas pour remplir les devoirs de son état avec zèle, exactitude, constance !
Il est vrai de dire que la vertu est un effort sur soi pour faire le bien, depuis que la nature de l'homme est inclinée au mal.
Et s'il y avait, pour arriver au Ciel, un autre chemin que celui des souffrances volontairement acceptées, Jésus-Christ nous l'aurait enseigné.
Mais Il a dû souffrir pour entrer dans sa gloire ; nous devrons souffrir avec Lui.
La Patience vous est nécessaire, dit l'Apôtre, afin que faisant la Volonté de Dieu vous remportiez la Récompense promise.
Mes frères, ajoute Saint Jacques, soyez tout joyeux quand vous tombez en diverses tentations, sachant que l'épreuve soutenue avec Foi opère la Patience, celle-ci conduit à la perfection.
« Patientia enim vobis necessaria est ut voluntatem Dei facientes reportetis promissionem » (Heb. X, 36).
« Omne gaudium existimate, fratres mei, cum in tentationes varias incideretis, scientes quod probatio fidei vestræ patientiam operatur patientia autem opus perfectum habet » (Jac. 1, 2-4).
3º Il a été soutenu, dans ses souffrances par un motif plus noble encore ; c'était son amour pour son Père et pour nous.
Par ses souffrances, Il a glorifié son Père en satisfaisant à sa Justice, et Il a sauvé les hommes en payant la rançon de leurs péchés.
Voilà ce qui L'a soutenu et animé.
Ne rendrons-nous point à Jésus amour pour amour ?
Si nous considérons bien qu'Il est mort par amour pour nous, ce ne sera pas merveille ni un sacrifice de notre part de ne plus vivre que par amour pour Lui, et de nous dévouer complétement à sa Gloire.
Un grand Saint lui disait : « Faites, ô mon Dieu, non pas simplement que je vive, mais que je meure, s'il le faut, pour me rendre digne d'être aimé de Vous, puisque Vous avez, le premier, daigné mourir pour Vous attirer mon amour ».
« Amore amoris tui moriar qui amore amoris mei dignatus es mori ».

Plaise à Dieu de nous inspirer un si noble sentiment !
Mais sans même avoir égard à la satisfaction dont nous sommes redevables à la Justice divine pour nos péchés, ni à la nécessité où nous sommes de pratiquer la vertu, et, par conséquent, de souffrir avec Patience, pour mériter le Ciel ; nous avons à prendre sur nous pour servir Dieu, pour procurer sa Gloire, pour Le faire connaître, aimer, servir de ceux dont nous sommes chargés.
Or, nous pouvons, et, si nous sommes sages, nous devons accepter tout cela, l'embrasser, par amour pour Dieu, par zèle pour sa gloire, par dévouement pour son service.
Et alors nous souffrirons de la manière la plus noble, la plus généreuse, et la plus agréable à Dieu.
4º Jésus-Christ a souffert pour nous apprendre à mourir à nous-mêmes et à nous en rapporter uniquement à la Sagesse divine dans le choix et la dispensation des peines qui nous sont envoyées.
Cette disposition en calmant notre âme la soutiendra.
Elle ne sera pas toutefois de notre fonds, mais viendra de la Grâce divine que la prière attire.
Jésus nous donne l'exemple de ce moyen nécessaire ; Il ne se prépare pas autrement à boire le calice qui Lui est présenté.
Restez là, dit-Il à ses Disciples, jusqu'à ce que je sois allé à distance pour prier : « Sedete hic donec vadam illuc et orem » (Matth. XXXVI, 36).
Nous pourrons cependant demander l'allégement, la délivrance même de nos peines, mais avec résignation, soumission entière, en disant : « Père, s'il est possible, je demande que ce calice s'éloigne de moi, toutefois, si cela n'est pas possible, que votre Volonté soit faite et non pas la mienne ».
« Pater, si possibile est, transeat àme calix iste. Verum tamen, non sicut ego volo, sed sicut tu » (Matth. XXVI, 39).

Résolution : Souffrir : 1º en esprit de pénitence ; 2° avec patience et résignation ; 3º par amour pour Dieu, et, s'il se peut ; 4º avec joie, contentement, plaisir ; puisque telles ont été les dispositions de Jésus-Christ, et que d'ailleurs cette Patience est le moyen d'obtenir la paix, le calme et la tranquillité de nos âmes.
« In patientia vestra possidebitis animas vestras » (Luc XXI, 19). Ainsi soit-il.

Abbé Jean-Baptiste Nicaise Civet (1801-1846) – « Méditations sur la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ », Dix-Septième Méditation : Jésus en Croix nous enseigne la Patience, pages 313-325, chez Adrien Le Clere, 1858

Voir les autres Prières des Méditations sur la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ de M. l’Abbé Jean-Baptiste Nicaise Civet :
- La Prière pour toujours Prier sans se lasser « Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur Vous écoute » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière pour profiter de la Grâce Sanctifiante et devenir un Saint « Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a comblés, en Lui, de toutes sortes de Bénédictions spirituelles et célestes ! » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière au Christ mort sur la Croix « Ô divin Jésus, que je suis obligé de Vous aimer ! » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière pour méditer avantageusement la Passion du Christ « Ô Jésus en Croix, soyez l'objet de mon amour, qu'il Vous rêve la nuit et Vous médite le jour » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière à Jésus souffrant et crucifié, Modèle des Élus « Ô mon Sauveur, accordez-moi de m'instruire à votre École et de profiter des leçons d'un Maître si accompli » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière de Compassion aux Souffrances de la Sainte Vierge « Priez pour nous, ô Vierge des Douleurs, afin que nous devenions dignes des Promesses de Jésus-Christ » de l’Abbé Nicaise Civet
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- La Prière pour le Salut des âmes que nous avons à cœur de convertir « Ô Jésus, Zélateur des âmes, ayez pitié de nous ! » de l’Abbé Nicaise Civet