Voici une Prière à Notre-Dame du Mont-Carmel fêtée le 16 juillet pour combattre dans les derniers temps pour le Règne de Dieu, contre la tyrannie de l'Antéchrist et de tous ses suppôts « Vous êtes, ô Vierge très Immaculée, la Dame et la Patronne du Carmel par les soins amoureux que Vous avez toujours pris de cet Ordre » donnée par Monsieur l'Abbé Henry-Marie Boudon (1624-1702), Docteur en Théologie, grand Archidiacre de l’église d'Évreux en 1654 qui fut le Fondateur à Paris de la Société des Bons-Amis très dévots à la Sainte Vierge.

La Prière à Notre-Dame du Mont Carmel « Vous êtes, ô Vierge très Immaculée, la Dame et la Patronne du Carmel par les soins amoureux que Vous avez toujours pris de cet Ordre » de l'Abbé Henry-Marie Boudon :
Admirable Mère de Dieu, prosterné à vos pieds sacrés, le lieu de ma retraite ordinaire, appuyé sur les bontés incomparables de votre Cœur très-miséricordieux, j'ose Vous présenter cette prière, qui d'autre part est tout à Vous par la profession que je fais de votre servitude, aussi bien que la personne qui Vous l'offre avec tout ce qu'elle a et tout ce qu'elle peut faire de bien en la vertu de votre Fils bien-aimé.
Mais comme cette prière ne respire que l’oraison et le zèle du règne de Dieu, c'est avec bien de la justice, mon aimable Souveraine, que je Vous la dédie sous la qualité de Notre-Dame du Mont-Carmel, puisque les âmes qui s'y retirent sont obligées par leur règle, de méditer en la Loi du Seigneur, de veiller dans l'exercice de la sainte oraison ; que la solitude dont elles font profession leur donne le privilège de parler cœur à cœur au divin Époux ; que le saint patriarche qui est fondateur de cet Ordre d'oraison, est destiné avec ses enfants, pour combattre dans les derniers temps pour le Règne de Dieu, contre la tyrannie de l'Antéchrist et de tous ses suppôts.
Vous êtes, ô très-pure Vierge, la Dame du Carmel ; le saint prophète Élie, après la révélation de vos grandeurs qu'il eut, selon le sentiment des saints Pères, sous la figure de la petite nue qui lui parut, ayant commencé de Vous honorer par la lumière prophétique plusieurs siècles auparavant votre heureuse naissance.
Vous êtes, ô Vierge très Immaculée, la Dame du Carmel, en ayant honoré les habitants de vos charitables visites durant les jours de votre sainte vie, et d'une affection toute singulière, selon l'ancienne tradition de cet Ordre ; ce qui a donné lieu aux souverains Pontifes de les appeler vos frères, et d'accorder des indulgences à ceux qui les qualifieraient d'un titre si glorieux.
Aussi ce furent ces saints personnages qui, après votre triomphante Assomption, consacrèrent à Dieu la première Chapelle sous l'invocation de votre divin Nom. Vous êtes, ô bienheureuse Vierge, la Dame du Carmel par toutes les Grâces et Dons extraordinaires dont Vous l'avez enrichi, par cette multitude prodigieuse de Miracles que Vous avez impétrés de la toute-puissance de Dieu votre Fils, en sa faveur ; par ces privilèges singuliers dont Vous l'avez ennobli, et très-spécialement par ces secours miséricordieux que Vous rendez dans les flammes du Purgatoire et aux âmes qui en ont porté, avec les conditions requises, le Scapulaire, le premier samedi d'après leur mort, comme sept souverains Pontifes l'ont déclaré en divers temps ; ce privilège ayant été examiné tout à loisir successivement en la longueur de plusieurs siècles ; et tout de nouveau dans le nôtre, par Paul cinquième, qui a confirmé par un jugement contradictoire, ce que ses prédécesseurs avaient autorisé, et permis par une bulle particulière qu'on prêchât ce Privilège à tous les fidèles.
En cela, ô Mère de miséricorde, l'on peut dire que Vous êtes la Fontaine des cantiques, à laquelle l'Épouse sacrée est comparée, dont Salomon parle et qui n'était pas loin de la ville de Tripoli, qui partagent ses eaux en une multitude de ruisseaux différents, arrosait tous les jardins de cette contrée. Fontaine appelée par Josèphe, sabbatique, ou du samedi, parce qu'en ce jour, selon le rapport de cet auteur, elle coulait avec plus d'impétuosité, et répandait ses eaux en plus grande abondance, par un miracle que nous pouvons bien dire être la figure des Grâces extraordinaires que Vous répandez ce même jour dans les feux du Purgatoire, pour en éteindre les ardeurs à l'égard des âmes qui se sont acquittées dignement des devoirs de votre Scapulaire.
Vous êtes, ô Mère toute d'amour, la Dame du Carmel par les soins amoureux que Vous avez toujours pris de cet Ordre, mais singulièrement par la réforme qui s'en est faite dans ces derniers temps par votre fidèle servante Sainte Thérèse qui, dans cette vue s'écriait : Arrière la prudence de la chair, je sais que la Sainte Vierge m'a en sa protection, et que c'est par Elle que le Carmel est renouvelé ; et qui parlant des fondations de ses Couvents, protestait que c'étaient des purs effets des soins de sa glorieuse Mère, Dame et Patronne du Carmel ; qui déclare encore nettement que la permission de la réforme accordée par le Père Rubeo, général, ayant été demandée au Nom de la très-sacrée Vierge, fut un coup de sa puissante main, ce général l'ayant refusée absolument à toutes les personnes qui l'en avaient sollicité auparavant, quoique de grand mérite et d'autorité.
Mais, ô Mère tout aimable, que n'avez-Vous point fait pour cette sainte réforme ! Vous avez obtenu de votre Fils, selon la révélation qui en a été faite à votre chère fille Sainte Thérèse, que le frère de l'évêque d'Avila, mort subitement, fût préservé de l'Enfer, à raison qu'il était fondateur de l'un de ses Couvents. Vous avez revêtu d'une robe blanche et miraculeuse le Père Pierre Yvagnez, Dominicain, parce qu'il y avait contribué de ses soins. Vous avez paru à Sainte Thérèse et à sa fidèle compagne, Anne de Saint Barthélemi, étendant votre manteau royal sur toutes les Religieuses de cet Ordre, et faisant voir qu'elles étaient sous votre maternelle protection. L'on Vous a vue, pendant que les Religieuses récitaient le Salve Regina, laisser couler de vos yeux divins des rayons d'une tendresse admirable sur toutes ces bonnes filles.
Mais, ô Reine de toutes les douceurs du Paradis, jusqu'à quel excès de bonté votre amour s'est-il porté, ayant envoyé des Anges, comme il est rapporté dans l'histoire de l'Ordre, au couvent de Malagon, pour aider à la Sacristine ? Ayant de plus miraculeusement assisté et aidé une infirmière qui était fatiguée ; ayant paru visiblement plusieurs fois aux Novices, pour les fortifier dans leurs tentations ; ayant guéri le mal du pied d'une Religieuse, qui l'empêchait d'aller au chœur ; mais enfin ayant impétré des faveurs sans nombre et incroyables à ceux qui ne sauraient pas vos miséricordes excessives.
Vous êtes, ô la Souveraine des Anges et des hommes, la Dame du Carmel, et il faut bien dire qu'il Vous appartient d'une manière bien singulière, puisque notre Seigneur, votre Fils bien-aimé, donna une couronne à Sainte Thérèse, et la remercia du service qu'elle Vous rendait, dans les soins qu'elle prenait de sa réforme. Aussi cette Sainte que Dieu avait choisie pour rétablir par elle le premier esprit du Carmel, Vous en regardait toujours comme la Dame et Patronne. Elle ne se pouvait lasser de dire qu'elle portait votre habit, considérant l'Ordre et tout ce qui y était, jusqu'aux habits mêmes, comme des choses qui Vous appartiennent ; et parce qu'elle en devait être l'un des plus précieux ornements, la Grâce lui a toujours inspiré des mouvements d'une dévotion extraordinaire pour votre sacrée personne. A l'âge de six ou sept ans, elle Vous prit pour son avocate ; et à environ l'âge de douze, pour sa très-chère Mère. A l'âge de quinze, elle fut pensionnaire dans un Monastère qui Vous était dédié sous la qualité de Notre Dame, et c'est dans cette maison qui était Vôtre qu'elle reçut les premiers sentiments de la vie religieuse. A l'âge de vingt-un ans elle prit l'habit de Religion dans un Monastère qui Vous était consacré sous le titre de Notre-Dame du Mont-Carmel ; et ce fut dans ce lieu qu'elle fit honorer votre Immaculée Conception, faisant chanter tous les samedis une antienne en l'honneur de ce très-pur et tout saint Mystère. C'est dans ce lieu qu'elle procura que l'on célébrât la Fête de vos douleurs ; et c'est dans ce lieu qu'elle prenait un goût singulier à réciter votre saint Rosaire. Étant élue Prieure au Couvent de l'Incarnation, elle fit mettre votre sainte image en sa place, et mit entre ses mains les clefs de la maison, comme Vous y cédant tout le droit qu'elle y avait ; et enfin, durant tout le cours de sa précieuse vie, elle a eu recours à votre bonté en ses besoins, elle Vous a honorée comme sa Dame et Patronne, et aimée comme sa bonne et très-chère Mère.
Ensuite il ne faut pas s'étonner si l'un de vos serviteurs a écrit que Dieu a opéré en nos jours des miracles inouïs, des prodiges extraordinaires de vertus tout à fait admirables ; que l'Europe a vu avec étonnement et avec respect cette ancienne ferveur, cet esprit si sublime, cette abnégation et ce mépris universels de toutes choses, dont plusieurs saintes Vierges ont éclaté, et dont elles ont ennobli l'Ordre sacré du grand prophète Élie ; et que non-seulement toute l'Europe, mais encore tout l'univers a admire les vertus des anciens Pères et des Vierges solitaires, ramenées à leur première pureté, et comme ressuscitées et renouvelées dans leur première beauté ; si votre Fils même a dit à la glorieuse réformatrice du Carmel qu'elle verrait de grandes choses ; car que ne peut-on point attendre de vos soins maternels, Vous qui êtes la Trésorière et la Dispensatrice de toutes les plus précieuses faveurs du Ciel ? Surtout il faut avouer que la grande Grâce particulière que Vous avez obtenue pour cet Ordre, est le don d'oraison qui est la source féconde de toutes ses autres Grâces.
Ô Mère de bonté, de toute douceur, Mère de bonté et de miséricorde, faites part de ce Don précieux à ceux qui liront cette prière et à celui qui l'a composé. Donnez-y votre sainte Bénédiction avec votre pieux Enfant ; donnez-la à votre indigne serviteur, à tous vos serviteurs et servantes, afin que Dieu seul vive et règne en tout ce que nous sommes pour jamais. Ainsi soit-il.
Abbé Henry-Marie Boudon (1624-1702) - « Œuvres complètes de Boudon », Prière à Notre-Dame du Mont-Carmel, p. 607-612, chez J.-P. Migne, 1856
Voir pour la Fête de Notre-Dame du Mont-Carmel le 16 juillet :
- La Prière « Malgré les ravages de l'impiété, il est encore, Vierge Sainte, des familles où l'on bénit et où l'on révère votre Saint Nom » du Révérend Père Jean Couturier
- La Prière « Ne puis-je pas reconnaître ici Marie, l'auguste Reine du Ciel et la beauté du Carmel » du R. P. Fyot de Vaugimois
- La Prière à Notre-Dame du Mont Carmel « Vous êtes, ô Vierge très Immaculée, la Dame et la Patronne du Carmel par les soins amoureux que Vous avez toujours pris de cet Ordre » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière sur tous les avantages du « Saint Scapulaire » de Saint Alphonse-Marie de Liguori

Voir également de Monsieur l'Abbé Henry-Marie Boudon :
- La Prière de dévotion au Règne de Dieu « Ô Très-Sainte et Suradorable Trinité, Père, Fils, et Saint-Esprit » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière de dévotion Mariale au Règne de Dieu « Ô sainte Vierge, toujours vierge, Immaculée en votre toute sainte Conception, vraie Mère de Dieu » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière « Ô Père éternel, Vous avez voulu que je Vous prie : c’est ce que je fais » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière sur l’Amour de Dieu « Ô mon Souverain, votre Amour me semble si fort » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière à Notre tout aimable Seigneur Jésus-Christ « Adorable Jésus, Vous êtes le tout aimable, et il n'y a rien d'aimable que Vous ou pour Vous » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière au Saint-Esprit de confiance en la divine Providence « Ô Saint-Esprit, soyez à jamais mon grand et unique Tout en toutes choses et pour toutes choses » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière à l’infiniment aimable et adorable Providence de Dieu « Ô divine Providence, je me suis toujours appuyé sur Vous, Vous m'avez conduit et je n'ai manqué de rien » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière d'abandon à la divine Providence « Ô Grands Saints, que je meure plutôt que d'avoir l'ombre du plus petit appui sur aucune chose créée » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière à la sainte Mère de Dieu« Ô Grande Reine de l'empyrée où le divin Amour règne » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière à la très-aimable Vierge Marie « Ô Mère de Jésus, c'est avec grande justice que l'Église Vous appelle la Mère du bel Amour » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière de Salutations à la très-sacrée Vierge « Je Vous salue, ô Marie, la Fille bien-aimée de Dieu le Père » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière de Consécration à la sainte Famille « Adorable Jésus, nous consacrons notre petite famille à votre Sainte Famille » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière de Consécration au Saint Cœur de Jésus « Ô mon Jésus, je ne veux plus rien faire du tout par mon propre mouvement » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière au très-saint Cœur de Marie « Je Vous salue, ô Cœur Très-Saint de Marie » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière à Saint Joseph « Je me prosterne en votre Sainte présence, ô grand Saint Joseph ! » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière à Notre-Dame des Douleurs « Sainte Vierge, ce petit ouvrage vient se rendre à Vos pieds sacrés » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière sur la Sainte Croix « Ô mon Sauveur, Chemin royal du Paradis par votre Sainte Croix » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière de Contrition « Ô aimable Jésus, jamais plus de péché parce que je Vous aime » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière à Notre-Dame du Mont Carmel « Vous êtes, ô Vierge très Immaculée, la Dame et la Patronne du Carmel par les soins amoureux que Vous avez toujours pris de cet Ordre » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière à Notre-Dame des Anges « Ô Grande Reine du Paradis, je Vous offre toutes ces dévotions aux Saints Anges » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière aux Saints Anges « Saints Anges de Dieu, venez au secours du Peuple de Dieu » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière aux neuf Chœurs des Saints Anges « Ô redoutables Princes de la milice céleste, ruinez la malice de tous les sorciers, magiciens et autres ennemis de Dieu » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière « Ô bienheureux Anges, répandez dans mon âme vos bienheureuses influences » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière à son Ange Gardien « Ô fidèle Guide de ma vie » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière au Saint Sacrement « Je Vous adore, mon Seigneur, dans le Très-Saint Sacrement de l’Autel » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière devant le Saint Sacrement « Ô mon Dieu, je désire de toutes mes forces de Vous recevoir dedans moi » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière « Ô Jésus-Christ, je crois fermement que Vous êtes sous le voile et les espèces du Saint Sacrement » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière de Réparation devant le Très Saint Sacrement « Ouvrez nos yeux, Divin Amour, et changez nos cœurs » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière pour adorer le Saint Sacrement « Je me prosterne devant Votre Sainte Majesté pour Vous y adorer » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière devant le très-saint Sacrement « Ô mon Jésus qui souffre et endure tout » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière au Saint-Esprit pour la Pentecôte « Venez, ô Père des pauvres, dans l'esprit et le cœur de la plus pauvre et de la dernière de toutes vos créatures » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière à la Vierge Marie pour la Pentecôte « Ô Amante sacrée de l’Époux céleste, Vous êtes le sacré Canal par lequel Il influe et fait couler ses plus divines Grâces » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière pour l’Immaculée Conception de Marie « Ô Vierge Immaculée, non pas choisie entre mille autres mais entre toutes les pures créatures » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière pour obtenir beaucoup de saints Prêtres « Ô Notre-Dame du Sacerdoce, donnez-nous beaucoup de bons et zélés Pasteurs qui donnent fructueusement aux peuples la science du Salut » de l'Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière pour secourir les âmes du Purgatoire « Ô glorieuse Trinité, je Vous prie pour le repos des âmes du Purgatoire, parce qu'en étant délivrées, elles Vous glorifieront hautement dans la bienheureuse Éternité » de l'Abbé Henry-Marie Boudon