Voici une Prière à Saint Éloi (588-660), Évêque de Noyon et Tournai, fêté le 1er décembre « Seigneur, faites que tant d'artisans qui honorent Saint Éloi comme leur Patron ne travaillent comme lui que pour devenir des Saints » et l’admirable Vie de Saint Éloi racontée par Monsieur l’Abbé Michel Echard (16..-17..) dit l'Abbé de Commanville, Prêtre du diocèse de Rouen à la fin du 17e et au début du 18e, historien ecclésiastique et hagiographe qui a publié « Les nouvelles Vies des Saints pour tous les Jours de l'année ».

La Prière à Saint Éloi fêté le 1er décembre « Seigneur, faites que tant d'artisans qui honorent Saint Éloi comme leur Patron ne travaillent comme lui que pour devenir des Saints » de l'Abbé de Commanville :
Vous nous avez accordé par un délassement d'esprit innocent, ô mon Dieu, dans cette vallée de larmes où nous sommes, les divers talents que chacun a dans les sciences et dans les arts, et auxquels il s'emploie suivant son génie et sa condition ; mais qu'ils nous deviendraient inutiles et même dangereux, si nous n'avions soin d'y agir en conscience, et de les rapporter à votre Gloire. C'est ce qu'on vit excellemment en l'illustre Saint Éloi, qui se signala par sa fidélité, encore plus que par son habileté. Faites que tant d'artisans qui l'honorent comme leur Patron, ne travaillent comme lui que pour devenir des Saints. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Ainsi soit-il.
La Vie de Saint Éloi, Évêque de Noyon, fêté le 1er décembre :
I – Ce Saint fait le métier d’Orfèvre
L’air de la Cour qu'on croit être si nuisible à la Sainteté, est néanmoins celui dans lequel s'est sanctifié ce grand Évêque. Il était natif du petit village de Cadillac dans le Limousin, de parents qui n'étaient que d'une fortune fort médiocre.
Comme ils étaient obligés de gagner leur vie par le travail de leurs mains, et qu'ils lui voyaient de l'esprit et de l'adresse, ils le mirent à Limoge chez un orfèvre, afin qu'il lui apprenne son métier.
Chacun admirait ce jeune homme, qui joignait une habileté merveilleuse dans son art, à une humeur douce, aisée, honnête, obligeante. Tout ce qui sortait de sa main était d'une beauté et d'une perfection à charmer.
Mais sa piété et sa modestie charmaient encore plus. On entendit parler de lui à Paris, et on le fit venir pour le placer chez un Officier du Roi Clotaire nommé Bobbon, qui avait l'Intendance de ses monnaies et de son argenterie.
Ce Prince avait imaginé un trône de son invention, qu'il voulait qu'on lui fît tout d'or et de pierres précieuses. Éloi fut chargé de ce travail, et l'exécuta non seulement avec une propreté qui ravit tous ceux dont il fut vu, mais encore d'une manière si fidèle, qu'il trouva moyen de faire deux trônes, de la matière qu'on lui avait donnée feulement pour en faire un.
Ce premier ouvrage ayant fait connaître de quoi il était capable, on lui en ordonna plusieurs autres, qu'il exécuta avec le même succès. Ce qui étant soutenu par toutes les bonnes qualités, qu'on remarquait en lui, le mit tellement en faveur auprès du Roi, qu'il le prit pour un de ses plus confidents, et lui donna même un appartement dans son palais, et une place dans son conseil.
II- Ses grandes vertus à la Cour
Il est assez ordinaire à ceux que la fortune élève, d'oublier leur salut, et de sacrifier tout à leur ambition ; mais il en fut tout au contraire de saint Éloi.
Quoiqu'il eût mené dès l'enfance une vie très innocente, la vue de ses péchés qu'il avait toujours présente, lui inspira des désirs de pénitence, que toutes les délices de la Cour ne purent étouffer.
Tout embarrassé qu'il était dans les grands emplois il voulut faire une confession générale de ses fautes, et comme s'il avait commis les crimes les plus énormes, il entreprit de les expier par des mortifications qu'on ne peut lire sans admiration.
Il avait jour et nuit le cilice sur sa chair nue, ne couchait que sur le pavé de sa chambre, ne vivait que de pain et d'eau, à quoi il ajoutait quelquefois des légumes, mais jamais de viande, si ce n'était dans les repas de cérémonie, dont il ne pouvait se dispenser.
Autant qu'il était dur à lui-même, autant il était charitable pour son prochain. Il répandait ses aumônes non-seulement avec abondance, mais même avec profusion, donnant ses meubles et ses habits, se réduisant souvent à n'avoir pas à peine une chaise chez soi pour s'asseoir, et à aller par les rues, vêtu d'une grosse bure avec une corde pour ceinture ; de sorte que le Roy était obligé de lui envoyer de quoi se meubler et s'habiller, pour ne le pas laisser exposer à la raillerie de ceux qui n'avaient pas sa même vertu.
Sa grande charité était à racheter les esclaves, leur procurant outre la liberté, les instructions nécessaires à leur salut, et les assistances dont ils avaient besoin pour s'établir et gagner leur vie.
Sa maison était pleine de ces sortes d'affranchis, dont il faisait les domestiques, et qu'il faisait vivre avec autant de régularité que dans un cloître. Il se plaisait aussi à bâtir des monastères, entre lesquels fut célèbre celui qu'il fonda pour des filles dans une place qui lui avait été donnée par le Roi Dagobert, successeur du Clotaire, dont il eut aussi beaucoup la faveur.
III- Ses occupations dans l’Épiscopat
Un homme de ce mérite ne devait-il pas luire dans la maison de Dieu et être fait Évêque ; c'est aussi ce qui arriva.
Le Siège de Noyon ayant vaqué par la mort de Saint Acaire, il y fut élu, ce qu'il n'accepta qu'avec peine. Après avoir pris quelque temps pour s'instruire des devoirs d'un si sublime état, il vint à Rouen se faire sacrer.
Ayant été ensuite faire ses adieux à la Cour, il partit aussitôt pour son Diocèse, et y continua ses mêmes pratiques d'austérité pour lui-même, et de charité pour les pauvres.
Après qu'il eût parcouru les lieux on le christianisme était déjà établi, et qu'il y eut donné les règlements qu'il jugea nécessaires pour le maintien de la foi et de la discipline, il passa dans les endroits qui étaient encore infectés de l'idolâtrie.
Il parcourut la Flandre, la Zelande, le Brabant, et passa jusques dans la Frise. On voyait partout là des troupes d'infidèles se jeter à ses pieds pour recevoir le Baptême.
Il leur bâtissait des Églises, leur ordonnait de saints Prêtres pour les conduire, et afin de les détacher des cérémonies profanes, il en établissait de conformes à l'Évangile.
Revenu de ses saintes expéditions, ce n'était pas pour demeurer inutile, sa vie était une action continuelle. Il avait une manière de prêcher fort touchante, ainsi qu'on en peut juger par quelques Sermons qui nous restent de lui ; et comme il traitait souvent des quatre fins de l'homme, de l'obligation qu'on a de faire pénitence ; et d'autres sujets semblables de morale, il n'y avait point de cœur si dur qui ne fût attendri en l'écoutant.
Se voyant attaqué de sa dernière maladie, il fit assembler ses chanoines autour de son lit, et couché sur son cilice, il leur fit un discours qui leur tira les larmes des yeux.
On lui entendait souvent élever son cœur à Dieu au plus fort de son mal par les plus beaux traits de l'Écriture, dont il avait toujours fait ses oraisons jaculatoires, et répétant ces paroles du vieillard Siméon : Seigneur laissez aller en paix votre serviteur, il s'endormit du sommeil des Justes, l'an six cent soixante-dix-neuf, âgé de soixante et dix ans.
Monsieur l’Abbé Michel Echard (16..-17..) - « Les nouvelles Vies des Saints pour tous les Jours de l'année », tome IV, Vie de Saint Éloi, Évêque de Noyon, fêté le 1er décembre, p. 379-384, chez Jean Baptiste Besongne, 1725
Voir sur Saint Éloi, Évêque de Noyon et Tournai, fêté le 1er décembre :
- La « Vie de Saint Éloi » racontée par l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Éloi « Seigneur, faites que tant d'artisans qui honorent Saint Éloi comme leur Patron ne travaillent comme lui que pour devenir des Saints » de l'Abbé de Commanville
- La Prière de Saint Éloi « Ô mon Dieu, jetez un Regard sur cette sépulture »
- La dernière Prière de Saint Éloi « Seigneur, ayez pitié de moi selon Votre grande Miséricorde »
Voir les autres Prières de Monsieur l’Abbé Michel Echard de Commanville :
- La Prière à Saint Éloi fêté le 1er décembre « Seigneur, faites que tant d'artisans qui honorent Saint Éloi comme leur Patron ne travaillent comme lui que pour devenir des Saints » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Tous les Saints « Saint, Saint, Saint nous disent éternellement Tous les Saints au pied de vôtre Trône » de l'Abbé de Commanville
- La Prière pour les Âmes du Purgatoire « Accordez-nous, Seigneur, la délivrance des Âmes du Purgatoire qui y sont détenues pour lesquelles nous Vous prions » de l'Abbé de Commanville