Voici la Prière « Dieu très clément, parmi tant d’autres qualités éminentes, Vous avez donné à la Bienheureuse Reine Élisabeth la vertu d’apaiser les fureurs de la guerre » et les Leçons des Matines du 8 juillet pour la Fête de Sainte Élisabeth de Portugal (1271-1336), petite-nièce de Sainte Élisabeth de Hongrie (1207-1231) dont elle portait le prénom, fille de Pierre III d'Aragon et épouse du roi Denys Ier de Portugal, Reine du Portugal et veuve en 1325 qui se retira dans la prière et le soin des pauvres dans un Couvent de Clarisses à Coïmbre.

Les Leçons des Matines au Deuxième Nocturne du 8 juillet sur Sainte Élisabeth de Portugal :
Quatrième Leçon : Élisabeth, de la famille royale d’Aragon, naquit l’an du Christ mil deux cent soixante et onze. En présage de sa future Sainteté, ses parents, laissant de côté, contre l’usage, le nom de la mère et de l’aïeule, voulurent qu’on l’appelât au Baptême du nom de sa grande tante maternelle, Sainte Élisabeth, duchesse de Thuringe. Dès qu’elle vint au monde, on vit qu’elle serait l’heureuse pacificatrice des royaumes et des rois, car la joie causée par sa naissance réconcilia son père et son aïeul divisés jusque-là. Son père, admirant les heureuses dispositions qu’elle montrait en grandissant, disait que sa fille surpassait de beaucoup en vertu, à elle seule, toutes les femmes de la maison royale d’Aragon. Dédaignant la parure, fuyant le plaisir, adonnée au jeûne, aux prières continuelles, aux œuvres charitables, elle menait une vie si céleste que le roi, plein de vénération, avait coutume d’attribuer aux mérites de sa fille la prospérité de ses affaires et du royaume. La réputation d’Élisabeth s’étendant partout, plusieurs princes la recherchèrent comme épouse. Ses parents l’accordèrent à Denys, roi de Portugal, et le mariage fut célébré avec les cérémonies de la sainte Église.
Cinquième Leçon : Dans la vie conjugale, Élisabeth ne mettait pas moins de soin à cultiver les vertus qu’à élever ses enfants, s’appliquant à plaire à son époux, mais encore plus à Dieu. Pendant près de la moitié de l’année, elle ne vivait que de pain et d’eau. Étant malade, et les médecins lui ayant prescrit l’usage du vin, comme elle refusait d’en boire, l’eau qu’on lui présenta fut changée en vin. Une pauvre femme dont elle baisa l’horrible ulcère s’en trouva guérie subitement. Les pièces de monnaie qu’elle s’apprêtait à distribuer aux indigents, et qu’elle voulait cacher au roi, furent changées en rosés dans la saison d’hiver. Elle rendit la vue à une jeune fille aveugle de naissance ; délivra, rien que par le Signe de la Croix, quantité de personnes atteintes de graves maladies, et opéra beaucoup d’autres miracles de ce genre. Des monastères, des établissements hospitaliers et des églises furent construits par ses soins, et dotés par sa munificence. Elle fut admirable de zèle pour apaiser les discordes des rois, et infatigable pour secourir les misères publiques et privées de l’humanité.
Sixième Leçon : Modèle de toutes les vertus pour les jeunes filles pendant sa jeunesse, et pour les épouses pendant son mariage, elle le fut aussi pour les veuves, dans l’isolement. Après la mort du roi Denys, prenant aussitôt l’habit des religieuses de Sainte Claire, elle assista sans faiblir aux funérailles du prince, et se rendit peu après à Compostelle, afin d’y offrir pour l’âme de son époux de nombreux présents, des étoffes de soie, de l’argent, de l’or et des pierres précieuses. A son retour, elle convertit en pieux et saints usages tout ce qui lui restait de cher et de précieux. C’est ainsi qu’elle acheva le monastère vraiment royal de Coïmbre qu’elle avait fondé pour des vierges. Nourrir les pauvres, protéger les veuves, défendre les orphelins, soulager tous les malheureux, était toute sa vie ; elle vivait, non pour elle, mais pour Dieu et pour le bien de tous. Dans le but de rétablir la paix entre deux rois, son fils et son gendre, elle se rendit à Estrenoz, place forte célèbre : ce fut là que, tombée malade par suite des fatigues de la route, visitée par la Vierge Mère de Dieu, elle mourut saintement, le quatrième jour de juillet de l’an mil trois cent trente-six. Après sa mort, la Sainteté d’Élisabeth fut marquée par un grand nombre de miracles, spécialement par l’odeur très suave de son corps exempt de corruption depuis bientôt trois siècles ; aussi est-elle restée constamment célèbre sous le surnom de la sainte Reine. Enfin, l’année du jubilé, l’an de notre salut mil six cent vingt-cinq, aux applaudissements de tout le monde Chrétien et au milieu d’un immense concours, Urbain VIII l’a solennellement inscrite au nombre des Saints.
La Collecte de la Fête de Sainte Élisabeth de Portugal le 8 juillet :
Clementíssime Deus, qui beátam Elisabeth regínam, inter céteras egrégias dotes, béllici furóris sedándi prærogatíva decorásti : da nobis, eius intercessióne ; post mortális vitæ, quam supplíciter pétimus, pacem, ad ætérna gáudia perveníre. Per Dominum nostrum Iesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et regnat, in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
Dieu très clément, parmi tant d’autres qualités éminentes, Vous avez donné à la Bienheureuse Reine Élisabeth la vertu d’apaiser les fureurs de la guerre : accordez-nous, par son Intercession, qu’après avoir, pendant cette vie mortelle, joui de la paix, que nous Vous demandons humblement, nous parvenions aux joies éternelles. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Voir sur Sainte Élisabeth, Reine de Portugal :
- La Prière « Dieu très clément, parmi tant d’autres qualités éminentes, Vous avez donné à la Bienheureuse Reine Élisabeth la vertu d’apaiser les fureurs de la guerre » et les Leçons des Matines le 8 juillet pour la Fête de Sainte Élisabeth de Portugal
- La Prière « Ô incomparable Reine Sainte Élisabeth de Portugal, qui avez travaillé à réconcilier les personnes divisées jusqu'à y risquer votre vie » et la Vie de Sainte Élisabeth de Portugal racontée par l'Abbé de Commanville