Voici la Prière d'une personne malade vers Jésus au souvenir de son affliction au Jardin des Oliviers « Qui ne serait pas effrayé en voyant devant ses yeux la mort, quand Vous, ô divin Jésus, êtes Vous-même dans une si extrême anxiété ? » donnée par Monsieur l’Abbé Pierre-Joseph César Bulo (1818-1871), Prêtre du Diocèse de Malines et ancien professeur de Religion à l'Athénée royal d'Anvers, auteur d’un Manuel de Prières dans ces heures d'épreuves de la maladie : « Le Chrétien souffrant ».

La Prière d'un malade au Jardin des Oliviers « Qui ne serait pas effrayé en voyant devant ses yeux la mort, quand Vous, ô divin Jésus, êtes Vous-même dans une si extrême anxiété ? » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo :
« Mon âme est triste jusqu'à la mort » (Matth. 26)
D'où Vous vient cette crainte et cette tristesse, ô Jésus, souverain Maître du Ciel et de la terre, Vous qui êtes la force des Martyrs, Vous qui leur donnez le courage de mépriser les supplices et les faites triompher en mourant ?
Qu'est-ce qui Vous inspire cette prière de l'abattement, et qu'est-ce qui Vous cause cette sueur de sang dont Vous avez donné le miraculeux exemple ?
C'est cependant, comme l'a dit votre Prophète Isaïe, c'est volontairement et librement que Vous avez fait à votre Père céleste le sacrifice de votre vie.
Qui donc ne craindrait pas, ô mon Seigneur, si Vous-même êtes abattu, Vous devant qui tout genou fléchit au Ciel, sur la terre et dans les Enfers ?
Qui ne serait pas effrayé en voyant devant ses yeux la mort, quand Vous, ô divin Jésus, qui allez triompher d'elle, êtes Vous-même dans une si extrême anxiété ?
Ô profond et adorable Mystère de votre dévouement pour l'homme, généreux Jésus !
Que tous nous Vous bénissions et nous Vous aimions des plus brûlantes ardeurs pour avoir voulu Vous soumettre à cette faiblesse de l'humanité, afin de nous consoler, fortifier, et diriger dans les défaillances de notre misérable nature, et pour être notre modèle dans toutes les peines de notre exil en cette vallée de larmes.
Prenez en considération en ma faveur, ô Jésus, cette affliction mortelle, cette terreur extrême et cette indicible angoisse qui fondirent sur Vous comme un torrent impétueux et comme la furie d'une immense mer, au point que, dans votre accablement, Vous priâtes votre céleste Père d'éloigner de vos lèvres cet épouvantable calice.
Ah ! Magnanime Sauveur, c'est pour expier mes folles joies que Vous avez voulu subir une si cruelle et désolante Agonie, dans cette lugubre et dernière nuit de votre vie mortelle, lorsque votre sang adorable ruissela de toutes les parties de votre corps sacré et détrempa la terre sur laquelle Vous étiez prosterné.
De Grâce, ayez pitié de moi en considération de votre indicible tristesse par laquelle Vous voulûtes nous apprendre à verser de saintes larmes sur nos coupables folies.
Souvenez-Vous des vues de miséricorde qui Vous portèrent à Vous soumettre alors, comme l'avait prédit votre Prophète, à des douleurs à nulles autres pareilles, à Vous plonger comme dans un océan de douleurs.
Un jour viendra également pour moi, et peut-être est-il prochain, où je me trouverai aussi dans ce solennel et terrible combat de la vie et de la mort.
Ah ! Seigneur, qu'adviendra-t-il de moi à cette heure de tristesse et d'inquiétude, d'épouvante et d'abattement ?
Si alors Vous me délaissiez, m'abandonnant à mes seules forces, certainement je succomberais dans cette suprême lutte, et la défaite de ma pauvre âme serait certaine ; je deviendrais la proie de tous les ennemis de mon Salut conjurés plus que jamais contre moi.
Mais Vous m'aimez trop, ô mon bon Jésus, Vous avez trop souffert, trop sacrifié pour ne pas me tendre une main secourable dans cette heure décisive ; Vous ne consentirez pas que les fruits de vos sanglants travaux soient perdus pour l'enfant de vos douleurs.
Vous m'assisterez alors que je me traînerai épuisé, languissant, à l'extrémité de ma route sur cette terre vers l'éternité.
Ce secours Vous me l'avez promis, Vous l'avez assuré à tous ceux qui Vous le demandent, avec repentir et amour, et votre promesse fait ma solide espérance.
Ah ! Daignez commencer déjà dès maintenant votre assistance, car, comme votre grand Apôtre, je puis dire que je meurs chaque jour (I. Cor. 15).
Je sens que tout en moi dépérit peu-à-peu ; mon esprit baisse, ma mémoire se perd, mes yeux s'affaiblissent, mes forces diminuent, tout mon corps s'affaisse sous les souffrances de la maladie, sous le poids de mes infirmités ; oui, je meurs chaque jour, ayez pitié de moi, secourez-moi.
Si Vous, ô Jésus, l'innocence même, avez voulu vider jusqu'à la lie le calice des plus poignantes afflictions, moi qui suis un pécheur, un grand coupable, j'aurais honte de Vous demander d'écarter de mes lèvres la coupe d'amertume que Vous me présentez ; je sens que mon devoir est de l'accepter avec soumission, et que Vous ne me traitez pas encore comme je le mériterais ; mais je sens aussi que ma faible nature succombe sous l'épreuve ; permettez-moi donc de Vous demander quelque allégement à mes maux ; envoyez-moi aussi un Ange consolateur, comme celui que votre Père céleste Vous accorda, alors que, quoique innocent, Vous L'avez prié dans l'humiliante position qui convient à un criminel.
Cependant, Seigneur, je ne désire ardemment qu'une seule chose, c'est que votre volonté s'accomplisse parfaitement en moi.
Je ne Vous demande pas une mort douce et sans douleur ; mais bien celle que Vous m'avez destinée, celle que Vous savez pouvoir mieux procurer votre gloire devant les hommes, et à vos yeux la sanctification de mon âme : je m'en repose entièrement sur votre bonté et votre infinie sagesse.
Si donc votre sainte Providence me destine à la fin de ma carrière une agonie douloureuse et terrible, mon cœur est résigné ; mais augmentez ma foi et mon espérance, et distribuez-moi votre secours, vos grâces avec largesse, pour que je me conduise dans cette dure épreuve en véritable et courageux disciple de votre Croix, et afin qu'ayant remporté la victoire dans le dernier combat contre les légions de l'Enfer, je puisse mériter de votre infinie miséricorde le bonheur de participer aussi au calice de votre gloire.
Ô sublime surabondance de biens que Vous réservez à vos élus dans la maison de votre Père céleste pour satisfaire leur faim et les désaltérer dans leur soif !
Ô fleuve de délices que Vous répandrez comme un torrent sur vos amis.
Ah ! Quand je songe que pour quelques moments d'épreuves et de souffrances endurées pour l'amour de Vous, Vous me promettez un poids immense de bonheur, comment une si riante perspective ne me ferait-elle pas supporter avec courage, et même avec joie, quelques maux passagers ?
Je veux donc, ô mon aimable Jésus, non-seulement Vous accompagner dans Gethsémani et y pleurer avec Vous, mais Vous suivre aussi jusqu'au sommet du Calvaire en portant la croix de mes douleurs, pour mériter de votre miséricorde que Vous m'introduisiez un jour dans les splendeurs de votre éternelle Gloire. Ainsi soit-il.
Abbé Pierre-Joseph César Bulo (1818-1871) - « Le Chrétien souffrant » dirigé et sanctifié dans la maladie et les infirmités : Manuel d'instructions, de prières et de lectures pieuses dans ces heures d'épreuves, Prière d'un malade vers Jésus au souvenir de son affliction au Jardin des Oliviers, pages 425-431, chez H. Dessain, 1866
Voir également de l’Abbé Pierre-Joseph César Bulo :
- La Prière du Matin pour une personne malade « Seigneur, je Vous offre toutes mes souffrances dès l'aube du jour » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière du Soir pour une personne malade « Pendant ce jour qui finit, Seigneur, je Vous remercie de votre Secours dans mes souffrances » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière d’un malade insomniaque « Mon Dieu, je suis saisi de crainte à l'entrée de cette nuit » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière pour se préserver d’une Mort Subite « Seigneur, daignez me préserver d'être surpris par la mort dans l'état du péché » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière de reconnaissance d'un Malade « Que rendrai-je donc au Seigneur pour les bienfaits dont Il m’a comblé ? » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière d'un pécheur revenu à Dieu pendant sa maladie « Daignez, ô mon généreux Sauveur, me rendre désormais constant et inébranlable dans ma fidélité » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière d'un malade converti « Ô mon Jésus, je suis encore très-loin de Vous aimer autant que je Vous ai offensé » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière pour un bon usage des maladies « Ô mon Jésus, faites-moi la Grâce de ne pas agir en Païen dans l'état de souffrance où votre Justice m'a réduit » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière d'un malade au Jardin des Oliviers « Qui ne serait pas effrayé en voyant devant ses yeux la mort, quand Vous, ô divin Jésus, êtes Vous-même dans une si extrême anxiété ? » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière d'espérance d'un Malade « Ô mon Jésus, quelles belles espérances me donne votre Passion ! » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière dans les souffrances de la maladie « Ô mon Dieu, opérez en moi la sainte Patience et la résignation qui changent en trésor les maladies et les infirmités » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière dans une longue infirmité « Ô mon divin Docteur, comment se fait-il que je languisse encore dans mon infirmité quand depuis si longtemps Vous êtes mon Médecin ? » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière d’un Agonisant « Seigneur, je Vous remercie de réveiller en moi, par la maladie, la pensée de la Mort » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière pour bien connaître ses péchés « Ne permettez pas, Seigneur, que mon amour-propre me cache ou excuse la moindre de mes hontes » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière de repentir d'un pécheur « Ô mon Dieu, j'ai honte de lever les yeux devant Vous parce que mes iniquités se sont accumulées sur ma tête » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- L’Acte de Contrition avant la Confession « Ô Cœur de Jésus, blessé par tant et de si grands péchés, percez le mien de la plus vive douleur » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- L’Acte de bon propos avant la Confession « Ô mon Jésus, je commence dès maintenant sur mon lit de douleur ma pénitence qui ne doit finir qu'avec ma vie » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- Les Prières après l'examen de conscience « Ô mon Dieu, que de péchés encore je viens de découvrir dans ma conscience depuis que je Vous avais si solennellement promis de Vous être fidèle ! » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- Les Prières après la Confession « Oserai-je espérer, ô mon Dieu, que c'est Vous-même qui m'avez donné l'Absolution de mes offenses par la bouche de votre Prêtre ? » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière de Communion spirituelle pour un Malade « Ô Jésus, combien je regrette de ne pouvoir me rendre dans votre saint Temple parmi vos Fidèles pour Vous y recevoir sacramentalement » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière avant la Communion en Viatique d'un Agonisant « Seigneur, mon âme, bien plus malade encore que mon corps, implore votre généreuse Compassion » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière après la Communion en Viatique « Je Vous remercie, ô mon Sauveur, de ce que Vous avez daigné me visiter dans ma maladie » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière avant l'Extrême-Onction « Par votre saint Sacrement, ô mon Sauveur, Vous venez me revêtir d'une nouvelle armure contre les assauts du Démon acharné plus que jamais à ma perte » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière après l'Extrême-Onction « Ô mon Jésus, Vous m'avez remis jusqu'aux restes de mes iniquités par l'Onction sacrée que votre Église vient de m'appliquer en votre Nom » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière à l'intention du souverain Pontife « Ô Dieu, souverain Pasteur de tous les Fidèles, regardez favorablement Votre serviteur N. que Vous avez donné à votre Église » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière sur les désirs et délices du Ciel « Ô mon Jésus, tournez toutes mes pensées et tous mes désirs vers le Ciel d'où je suis tristement exilé » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo