Site-Catholique.fr
home Actualités Messes Sermons Prières Chapelets Chemins de Croix Sacrements Livres Humour
×

Prière d'une âme pieuse dans la Maison de Dieu

Prières > sur la Piété

Voici la Prière d'une âme pieuse dans la Maison de Dieu qui dans l'attente de l'Éternité Bienheureuse cherche en Dieu seul toute sa consolation sur la terre et paraphrase le Psaume 83 « Que j'aime, ô mon Dieu, vos Tabernacles et vos Autels où Vous résidez sur la terre ! » du Révérend Père Louis Le Valois (1639-1700), Prêtre jésuite, Recteur du Collège de Caen puis Père spirituel au Collège de Clermont à Paris nommé en 1697 Confesseur des petits-fils de Louis XIV.



Collegiale-de-Saint-Martin-La-Brigue.jpg

La Prière d'une âme pieuse dans la Maison de Dieu « Que j'aime, ô mon Dieu, vos Tabernacles et vos Autels où Vous résidez sur la terre ! » du R. P. Louis Le Valois :

I. Que j'aime vos Tabernacles, ô mon Dieu ; que j'aime les Autels où Vous résidez sur la terre ! Mais que je Vous aime surtout Vous-même, quand je vois que, tout grand, tout saint que Vous êtes, Vous voulez demeurer parmi des pécheurs ; que Vous souffrez qu'ils entrent dans vos temples, qu'ils paraissent devant Vous ; et qu'ils y restent tout le temps qu'il leur plaît ! Que les hommes sensuels, qui ne Vous connaissent point, s'arrêtent aux biens périssables, au vain éclat et aux plaisirs passagers de cette vie ; qu'ils cherchent dans le tumulte et le bruit du monde à satisfaire leurs désirs aveugles et criminels ; c'est après Vous et pour Vous que mon cœur soupire ; et quand je me trouve éloigné de Vous, mon âme en souffre, elle languit, elle tombe dans la défaillance. Mais au contraire quand je vais à Vous, Seigneur, il me semble que je commence à respirer : la joie que je ressens se répand jusque sur mon corps et paraît sur mon visage ; ma langue et ma voix Vous bénissent ; votre Présence me rend la vie ; du moins elle me la rend non-seulement plus pure et plus sainte, mais même mille fois plus douce et plus tranquille.
II. Mon esprit volage et dissipé cherche, comme le passereau, un lieu de sûreté contre les dangers qui m'environnent ; mon âme, gémissant dans l'attente de cet heureux jour où je Vous verrai à découvert et sans voile, cherche, comme la tourterelle, un lieu de repos où elle puisse au moins gémir en paix. Je trouve l'un et l'autre à vos Autels. Oui, mon Dieu, j'y trouve en Vous y trouvant et un asile assuré, et une félicité anticipée et aussi réelle qu'elle est peu connue des mondains.
III. Si dans ce corps de péché et de mort, si dans ce lieu d'exil, au milieu de tant de craintes et de pièges, de tant de faiblesses et de misères, je suis heureux d'être seulement auprès de Vous, quoique les occupations humaines ne me permettent pas d'y être autant que je le voudrais ; quoique je ne Vous aperçoive point quand j'y suis, et que je ne Vous y possède que par une foi très-imparfaite : quel doit être le bonheur de ces solitaires, de ces religieux qui demeurent dans votre maison et qui ne la quittent jamais ; qui, n'étant point distraits par les soins et par les compagnies du siècle, n'ont point d'autre fonction que celle de chanter vos louanges, ni d'autre vue que celle de Vous honorer et de Vous plaire ? Quel doit être dans le Ciel le bonheur des Saints, qui, dégagés de toutes les choses terrestres et mortelles, exempts de péché et de douleur, ont l'avantage d'être avec Vous et de Vous posséder, non pas dans un lieu de bannissement, mais dans leur éternelle Patrie ; non pas imparfaitement comme nous, et dans les ténèbres de la foi, mais très-parfaitement et dans la lumière de la gloire ; non pas pour un temps ni pour quelques moments interrompus, mais sans interruption et pour tous les siècles des siècles ! Qu'ils sont heureux, Seigneur ! Toujours ravis de Vous voir, toujours charmés des perfections qu'ils verront en Vous, ils Vous aimeront toujours également ; et comme ils ne se lasseront jamais de Vous aimer, ils trouveront toujours, dans la possession d'un bien aussi grand que Vous l'êtes, le même goût et les mêmes délices. Je n'en suis pas encore là, Seigneur ; mais après tout n'est-ce pas pour moi dans cette vallée de larmes une espèce de béatitude, que d'être toute ma vie ou au-dedans ou auprès de quelques-uns de ces lieux sacrés où Vous avez établi votre demeure ; de Vous y pouvoir visiter tous les jours, et, si je le veux, plusieurs fois le jour, et de vivre dans la douce espérance de parvenir bientôt au Séjour de la parfaite félicité, et à ce Royaume que Vous avez préparé dès le commencement du monde à vos fidèles amis (Matth. XXV, 34).
IV. Il est vrai que Vous êtes un législateur exact ; que Vous avez attaché à l'observation de votre Loi et la solide consolation de cette vie et les récompenses éternelles de l'Autre. Mais si Vous êtes exact, et si exact, Vous êtes encore infiniment bon. Si Vous portez vos Lois, Vous nous donnez au même temps la force de les observer, et Vous nous comblez pour cela de toutes vos bénédictions. Avec un secours aussi puissant que celui de votre Grâce, je m'attacherai à vos divins Commandements. J'irai de vertu en vertu ; je m'établirai, je me confirmerai tous les jours de plus en plus dans vos voies. Je m'élèverai au-dessus de tous les objets sensibles et matériels, pour m'unir étroitement à Vous. Et après Vous avoir cherché par la foi, après Vous avoir adoré mille et mille fois sous les ombres de l'Eucharistie, après Vous avoir mille et mille fois visité dans votre temple sans Vous y voir, je Vous verrai enfin dans la céleste Sion, comme Vous me voyez présentement : j'y reconnaîtrai ce que je reconnais dès à présent, que les rois el les princes, regardés de leurs sujets et des autres hommes comme les dieux de la terre, ne sont que vos esclaves ; que Vous êtes le Dieu des dieux (Deut. X, 17), le seul immortel, le seul adorable, en un mot, le seul Dieu.
V. Dieu de toute vertu, Seigneur, écoutez ma prière. Ouvrez vos oreilles à ma voix, et vos yeux aux dispositions intérieures de mon cœur. Souvenez-Vous que Vous êtes le Dieu de Jacob, et que je suis un de ses enfants selon l'esprit. Souvenez-Vous que dès mon enfance Vous Vous êtes fait mon protecteur, et que Vous l'avez toujours été. Et si cela ne suffit pas pour Vous toucher, Père tout-puissant, regardez votre Fils. Considérez l'état de pauvreté où Vous L'avez réduit dans sa naissance ; l'état de douleur où Il a souffert que les Juifs L'aient mis dans sa Passion ; l'état d'anéantissement où Lui-même Il s'est mis dans le Sacrement de l’Autel. C'est par Lui que je Vous adresse mes vœux, ou plutôt c'est Lui qui Vous prie pour moi. Que pouvez-Vous refuser à votre Christ et à un Dieu ? Ce serait un supplice intolérable pour les Bienheureux que d'être séparés un moment de Vous ; ils goûtent en un jour dans vos tabernacles éternels plus de douceur qu'ils n'en ont goûté, et qu'ils n'en pourraient goûter dans la vie durant des millions d'années. Ils sont plus glorieux d'avoir la dernière place dans le Ciel, que s'ils étaient sur les premiers trônes du monde. Et moi, je trouve qu'une heure passée avec Vous dans votre Temple vaut mieux qu'une année passée dans tous les plaisirs du siècle. J'aime mieux m'humilier ici en votre Présence, que d'être dans de superbes palais parmi ces faux grands, qui ont le malheur de n'être devant Vous la plupart que de grands pécheurs.
VI. Mon Dieu, Vous aimez la miséricorde, la vérité et la justice. Parce que Vous aimez la miséricorde, Vous aurez compassion de moi, et quand Vous me verrez abaissé, confus et repentant de mes fautes, Vous me les pardonnerez ; quand Vous me verrez timide et tremblant dans la considération de ma faiblesse, Vous me soutiendrez, Vous m'assisterez, Vous me ferez persévérer jusqu'à la mort. Parce que Vous aimez la vérité et la justice, Vous me donnerez après ma mort la couronne que Vous avez promise à ceux qui Vous servent. Consolez-vous, mon âme : si vous marchez sous la conduite de Dieu, vous devez tout attendre de Lui ; il est trop bon pour refuser les biens de la grâce et de la gloire à ceux qui purifiés par la pénitence, tâchent de se conserver dans l'innocence et dans la sainteté. Heureux qui, vigilant sans inquiétude, et tranquille sans présomption, fait de sa part tout ce qu'il peut, et du reste connait et sent, ô mon Dieu, qu'il peut tout par Vous et avec Vous ! Ainsi soit-il.


R. P. Louis Le Valois (1639-1700) - « Collection intégrale et universelle des Orateurs Sacrés du Premier et du Second Ordre », Septième entretien sur les sentiments d'une âme qui dans l'attente de l'Éternité Bienheureuse cherche en Dieu seul toute sa consolation sur la terre, Paraphrase du Psaume LXXXIII, pages 746-749, chez J.P. Migne, 1866

Louis-Le-Valois.jpg

Voir également du Révérend Père Louis Le Valois :
- La Prière sur la Conception de la Sainte Vierge « Ô Vierge Immaculée, Vous êtes conçue avec la Grâce et dans la Grâce » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur le Très Saint Nom de Marie « Marie, ô Nom sous Lequel nul ne doit désespérer ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur l’Annonciation de la Sainte Vierge « Ô Marie, c'est aujourd'hui que Vous devenez la Mère du Seigneur du Ciel » du R. P. Louis Le Valois
- La Paraphrase du Cantique de la Sainte Vierge « Ô Bienheureuse Vierge Marie, heureuse d'avoir été tout ensemble Mère et Vierge » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour l’Avent « Seigneur, j'irai au pied de Votre crèche pour connaître toute la profondeur de mes plaies » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Nativité de Notre Seigneur « Ô Amour efficace, puisqu'Il Vous fait descendre du Ciel même pour nous ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Foi des Rois Mages à l’Épiphanie « Ô Seigneur Jésus, comblez-nous des mêmes trésors, conduisez-nous par la même route et faites-nous parvenir à la même fin » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Présentation de Jésus-Christ au Temple « Voici, mon Père, la Victime que Vous attendiez depuis tant de siècles » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Passion de Notre Seigneur « Seigneur, par les Mérites de votre Croix, accordez-moi la Grâce de Vous aimer comme Vous m'avez aimé » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Résurrection de Notre Seigneur « Heureuse nouvelle pour moi, Seigneur, Vous êtes Ressuscité ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur l’Ascension de Notre Seigneur « Souvenez-Vous, Seigneur, de ne nous pas laisser sur la terre comme des orphelins, sans secours, sans soutien et sans appui » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour la Fête de la Pentecôte « Venez, Esprit-Saint, sanctifiez-moi comme Vous êtes Saint » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour la Fête de la Sainte Trinité « Au nom du Père qui m’a créé, au nom du Fils qui m'a racheté, et au nom du Saint-Esprit qui m’a sanctifié » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour la Fête du Très Saint-Sacrement « Ô Saint Sacrement de l’Autel, Vous nous permettez de nous entretenir avec Vous, de Vous y parler avec confiance et de Vous y parler même avec une espèce de familiarité » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour le Dimanche de l'Octave du Saint-Sacrement « Ô Jésus, ô mon Roi, ô souverain Maître du monde et de tout le monde » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour le Jour de l'Octave du Saint-Sacrement « Ô Jésus, notre Seigneur et Juge sévère après la mort mais si miséricordieux et si bon pendant la vie » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur l’Assomption de la Sainte Vierge « Jouissez, Vierge incomparable, d'une Gloire qui Vous est si légitimement acquise » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur le renouvellement des Vœux de Religion « Seigneur, donnez-Vous à moi comme je me donne à Vous » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière d'une âme pénitente « Reprenez-moi et châtiez-moi, Seigneur, humiliez mon orgueil et faites souffrir mon amour-propre » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière dans l’épreuve « Seigneur, considérez l'extrême danger où je me trouve, ayez pitié de moi et sauvez-moi ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur les Grandeurs de Dieu « Seigneur, que votre Nom est en Lui-même admirable » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur le Psaume 22 « Ô Bon Pasteur, Vous m'avez fait entrer et Vous me retenez dans votre Église comme dans un grand et riche pâturage » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Présence de Dieu dans notre vie « Ô Seigneur, Vous voyez toutes mes pensées de bien loin puisque Vous les voyez avant que je commence à les former » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière d'une âme pieuse dans la Maison de Dieu « Que j'aime, ô mon Dieu, vos Tabernacles et vos Autels où Vous résidez sur la terre ! » du R. P. Louis Le Valois