Voici une Prière de Compassion aux Souffrances de la très Sainte Vierge Marie qui vit, en esprit, son divin Fils, le Fruit béni de ses entrailles, au Jardin des Olives, Le suivit chez Caïphe, fut témoin de sa Flagellation, de sa Condamnation à mort, de son Chemin de Croix et de son Crucifiement, et qui savait que la Gloire de Dieu ne pouvait être réparée, sa Justice satisfaite et les hommes sauvés, qu'au prix de la Mort de son Fils Bien-aimé « Priez pour nous, ô Vierge des Douleurs, afin que nous devenions dignes des Promesses de Jésus-Christ » donnée par M. l’Abbé Jean-Baptiste Nicaise Civet (1801-1846), Prêtre de Saint Sulpice, Chanoine honoraire de Reims et Vicaire de Charleville qui entra dans l'état ecclésiastique qu’à l'âge de trente ans parce que Veuf après sept ans de Mariage.

La Prière de Compassion aux Souffrances de la Sainte Vierge « Priez pour nous, ô Vierge des Douleurs, afin que nous devenions dignes des Promesses de Jésus-Christ » de l’Abbé Nicaise Civet :
Adorer Notre-Seigneur Jésus-Christ dans toutes les circonstances où Il a souffert, L'y suivre en esprit et compatir à ses souffrances, penser à ce qu'Il ressentit dans son cœur en voyant l'immense affliction de sa sainte Mère.
A l'exemple de Jésus, compatissons aux Douleurs de Marie et méditons les trois points suivants :
I. L'étendue des Souffrances de Marie.
Pauvre mère, elle ressent toutes les douleurs dont son divin Fils est abreuvé : celles qui atteignent son corps sont bien cuisantes, sans doute, puisqu'elles vont jusqu'à Lui donner la mort ; mais celles qui navrent son âme deviennent pour le Cœur si aimant de Marie comme un glaive qui le transperce.
En vain l'esprit de l'homme chercherait à mesurer, à apprécier ce que Marie eut à souffrir des tourments et des douleurs de son Jésus.
Il fut révélé à une sainte âme, Catherine Emmerich, que la Sainte Vierge vit, en esprit, Notre-Seigneur au Jardin des Olives ; elle Le suivit chez Caïphe, elle fut témoin de sa Flagellation, de sa Condamnation à mort, de son Crucifiement.
Or, plus elle aimait le Fruit béni de ses entrailles, plus elle était sensible à ses douleurs.
L'insensibilité nous est à peine possible à l'égard de ceux que nous n'aimons pas ; mais quand nous aimons, oh ! alors, il n'est pas une douleur de l'objet aimé qui ne nous frappe directement au cœur ; nous éprouvons tout ce qu'il éprouve, nous y ajoutons même souvent par de légitimes appréhensions.
Et s'il en est ainsi de nous, dans les conditions ordinaires, que n'a pas dû éprouver la sainte Mère du Fils de Dieu !
L'amour extrême, ineffable, surhumain de Marie pour Jésus devait lui inspirer un sentiment profond des tortures de sa Passion ; elle a dû les redouter avec effroi et les ressentir avec une indicible angoisse.
Mais ne savait-elle pas, cette Mère affligée, cette inconsolable fille de Sion, que la Gloire de Dieu ne pouvait être réparée, sa Justice satisfaite et les hommes sauvés, qu'au prix de la Mort de son Bien-aimé ?
Aussi, son cœur si généreux et si tendre était en proie à des déchirements affreux ; il était comme divisé par deux sentiments contraires et inconciliables : d'un côté, son ardent amour pour son divin Fils lui inspirait un violent désir d'écarter de Lui les souffrances ; mais de l'autre, sa charité pour Dieu, le zèle qu'elle avait pour sa Gloire, et la compassion qu'elle portait aux hommes la pressaient de souscrire au seul moyen possible de renouer l'antique Alliance entre la créature et le Créateur, de glorifier Dieu et, en même temps, de sauver le genre humain.
Mais quels serrements de cœur dans cette lutte suprême !
Enfin, la charité, le dévouement l'emportèrent.
Marie, à l'exemple de la sainte Victime, se résigna volontairement au plus grand, au plus douloureux de tous les sacrifices, elle consentit à la Mort de son Fils !
Et quelle Mort, grand Dieu !
C'est au prix de ces inexprimables douleurs que Marie devient notre Mère, dans l'ordre de la Grâce.
Or l'amour, la reconnaissance, nous prescrivent de compatir à ses souffrances, et rien ne saurait lui être plus agréable, bien que ses douleurs soient maintenant passées ; car :
1º Si l'on voit souvent des personnes sensibles et reconnaissantes raconter avec bonheur les bienfaits qu'elles ont reçus et faire voir qu'elles savent apprécier tout ce qu'il en a coûté à leur bienfaiteur, si elles en parlent encore avec attendrissement lors même que ces sacrifices sont depuis longtemps passés, si ce souvenir seul suffit pour faire couler de douces larmes de leurs yeux ; combien ne devons-nous pas nous montrer plus sensibles encore à l'amour de Marie, à ses bienfaits pour nous !
Quelle compassion ne devons-nous pas avoir pour ses douleurs !
Quelle reconnaissance pour ses sacrifices !
Car nous seuls en avons été l'objet, et notre Salut, le motif.
2º Rien ne saurait être plus doux pour le Cœur de cette divine Mère.
Quel délicieux sentiment, quelle agréable satisfaction n'éprouvons-nous pas nous-mêmes lorsque nous savons que ceux à qui nous avons fait du bien en parlent volontiers, y pensent et s'en occupent !
C'est qu'en effet, ce souvenir, en même temps qu'il est un témoignage de l'amour qu'ils conservent pour nous, est encore le motif le plus puissant pour l'entretenir ; personne ne saurait être insensible au plaisir d'être aimé.
Aussi, l'admirable Cœur de Marie est doucement touché de voir que nous nous occupons de ses douleurs.
II. Ses Vertus que nous devons imiter.
Il n'est pas une Vertu que la Sainte Vierge n'ait pratiquée dans le cours de sa vie ; mais les plus difficiles, les plus héroïques ont brillé au temps de la douloureuse Passion de son Fils.
Avec quelle perfection ne pratiquât-elle pas la conformité à la souveraine Volonté de Dieu, qui lui demandait le plus grand de tous les sacrifices !
Toutes ses répugnances décédèrent devant cette considération : Dieu le veut !
Avec quelle excellence ne pratiquât-elle pas la charité !
Elle offrit et son sacrifice et Celui de son divin Fils, pour le Salut de tous les hommes, par amour, par commisération pour eux.
Elle poussa même la charité jusqu'à prier, elle aussi, pour les bourreaux qui égorgeaient l'Agneau divin ; elle priait, en les voyant exercer sur le plus beau des enfants des hommes toute la violence de leur rage forcenée.
Et qui pourrait dire combien cette séparation d'avec son adorable Fils acheva de la détacher des choses de la terre et d'attirer vers le Ciel toutes ses affections ?
Voilà comme elle nous encourage par son exemple à tirer profit de nos peines, de nos contrariétés, de nos afflictions, de nos épreuves.
Elle nous apprend à y trouver la matière et l'occasion de toutes les Vertus.
Prenons donc garde que nos douleurs ne nous conduisent qu'à de nouveaux murmures, à des impatiences, au découragement et au désespoir, ces maladies des âmes qu'il est si difficile de guérir.
III. Les voies de Dieu sur les Élus
Ne semblait-il pas que Marie, qui n'avait aucun péché à expier, dût être exemptée de la Loi générale et dispensée de souffrir pour aller au Ciel ?
Mais les pensées de Dieu sont bien différentes de celles des hommes.
La suprême Sagesse lui prépara de plus dures souffrances qu'aux autres âmes, comme si elle avait voulu donner à ce diamant un éclat d'autant plus vif dans les Cieux qu'il avait moins brillé aux yeux des hommes sur la terre ; car les âmes que Dieu destine à construire ou à orner le Temple de la Jérusalem céleste, doivent être taillées et polies par la douleur et la souffrance.
Les tribulations, les peines et les épreuves ne sont pas seulement le salaire et la punition du péché, elles sont encore la voie de la Perfection.
La divine bonté destinait Marie à la Vertu la plus excellente, comme au plus haut degré de Gloire.
Il fallait donc qu'elle fût éprouvée en proportion de sa grandeur future.
Et ainsi, alors même que je ne devrais pas souffrir comme pécheur, ce serait encore une présomption de ma part de prétendre arriver au Ciel sans souffrir.
Car le Ciel n'est la récompense que de la vertu, la vertu est fille de la patience, et la patience c'est la perfection :
« Patientia autem opus perfectum habet » (Jac. I, 4).
Apprends donc, ô mon âme, à connaître les voies de Dieu, à ne te point décourager dans tes peines et tes afflictions, et à savoir, au contraire, en tirer parti par une pratique plus parfaite de la Vertu.
Oraison jaculatoire :
« Ora pro nobis, Virgo dolorosissima, ut digni efficiamur promissionibus Christi ! »
Priez pour nous, ô Vierge des Douleurs, afin que nous devenions dignes des Promesses de Jésus-Christ. Ainsi soit-il.
Abbé Jean-Baptiste Nicaise Civet (1801-1846) – « Méditations sur la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ », Vingt-Huitième Méditation : la Compassion de la Sainte Vierge, pages 487-494, chez Adrien Le Clere, 1858
Voir sur Notre-Dame des Sept Douleurs :
- La retransmission vidéo avec les Textes Liturgiques de la « Sainte Messe de Notre-Dame des Sept Douleurs » (Septem Dolorum Beátæ Maríæ semper Vírginis) célébrée le 15 septembre
- Le « Stabat Mater dolorosa » du Franciscain Jacopone da Todi
- Le Stabat Mater Dolorosa « A l’école de Notre-Dame des Sept Douleurs » de l’Abbé Patrick de La Rocque
- L’Hymne à N-D des Douleurs « Console-toi, fille des hommes, dans sa Mort ton Christ te rejoint » de Patrice de La Tour du Pin
- La Prière à Notre-Dame des Douleurs « Sainte Vierge, ce petit ouvrage vient se rendre à vos Pieds sacrés » du Très Vénérable Abbé Henry-Marie Boudon
- La Prière à Notre Dame des Douleurs « Ô Vierge sacrée, votre Peine a été la plus grande qu'une pure créature ait jamais endurée » de Saint Anselme de Cantorbéry
- La Prière à Notre Dame des Douleurs « Nous Te louons, Mère des sept Douleurs ! » de Guy Jampierre
- Les « 7 Prières à Notre-Dame des sept Douleurs » de Saint Alphonse de Liguori
- La Prière à la Mère de Douleurs « Souvenez-Vous, ô très miséricordieuse Marie, des prières que nous répandons maintenant en Votre présence » de Saint Bonaventure
- La Prière à Notre-Dame des Douleurs « Ô Vierge Marie, par la vertu de tant de Douleurs, faites que nous moissonnions enfin la joie dans le Royaume céleste ! » de Mgr Louis-Edouard Pie
- La Prière « Ô Mère de douleur, souffrez donc que nous Vous appelions notre Mère » de Mgr Félix Dupanloup
- La Prière « Notre-Dame des Douleurs, c’est au pied de la Croix que Vous êtes devenue notre Mère » d’Édith Stein
- La Prière à Notre-Dame des Douleurs « Ô douloureuse Mère, c’est Votre chair crucifiée qui saigne sur cette Croix » de Serge Barrault
- La Prière de Salutation Mariale à Notre-Dame des Douleurs « Je Vous salue, Marie, pleine de douleurs » de Saint Bonaventure
- La Prière « Notre-Dame des Douleurs, c’est au pied de la Croix que Vous êtes devenue notre Mère » de Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
- La Prière à Notre-Dame des Sept Douleurs « Ô Mère des Sept Douleurs, je Vous en conjure par la Passion de votre Fils et par votre Compassion, obtenez-nous de nous tenir avec Vous au pied de la Croix » du R. P. Dominique Bouix
- La Prière aux Sept Douleurs de Marie « Prosterné à vos pieds, ô Mère d'amour et de douleur, j’honore vos Souffrances et Vous demande la conversion des Pécheurs » du R. P. François de Ligny
- La Prière à Notre Dame des Sept Douleurs « Ô Mère de Douleurs, obtenez-moi de sanctifier mes peines en les unissant aux Vôtres sur le Calvaire » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière de Compassion aux Souffrances de la Sainte Vierge « Priez pour nous, ô Vierge des Douleurs, afin que nous devenions dignes des Promesses de Jésus-Christ » de l’Abbé Nicaise Civet
- Le Sermon du 15 septembre sur Notre-Dame des Sept Douleurs « Un Cœur Douloureux mais Immaculé » de l'Abbé Denis Puga
- Le Sermon sur les Sept Douleurs de la Très Sainte Vierge Marie « L'art de mal souffrir et l'art de bien souffrir » de l'Abbé François-Marie Chautard
- Le Sermon sur la Séquence du Stabat Mater Dolorosa « Le Stabat, École de Sainteté » de l'Abbé Gabriel Billecocq