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Prière de Réparation des sacrilèges et blasphèmes dans une Paroisse

Prières > de Réparation

Voici la Prière d’amende honorable au jour de la Réconciliation solennelle d'une Paroisse après la triste Révolution française sur les Autels renversés, les Fonts Baptismaux brisés, les statues de la Vierge et des Saints détruites, le vol des Vases sacrés utilisés pour des fêtes profanes ou des débauches publiques dans la sainte Église Catholique « Voilà, Seigneur, où ont abouti tant d'irrévérences et d'immodesties pour lesquels je viens Vous faire une Réparation authentique et solennelle » donnée par Monsieur l’Abbé Philibert-Augustin Lacoste (1762-1848) qui entra à quinze ans dans la Congrégation de l’Oratoire pour devenir Vicaire général de Dijon, professeur de théologie au Grand Séminaire et Chanoine théologal à la Cathédrale.



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La Prière de Réparation des sacrilèges et blasphèmes dans une Paroisse « Voilà, Seigneur, où ont abouti tant d'irrévérences et d'immodesties pour lesquels je viens Vous faire une Réparation authentique et solennelle » de l’Abbé Lacoste :

Prosterné à Vos pieds, je révère, ô mon Dieu, dans le très saint Sacrement de l'Autel, votre Corps, votre Sang, votre Âme et votre Divinité.
Je Vous y crois réellement Présent sous les espèces et apparences du pain et du vin.
Vos délices, ô mon Dieu, sont d'habiter avec les enfants des hommes.
Tel a été votre Amour pour nous qu'en quittant la terre Vous avez su rester au milieu de nous, Vous avez institué ces augustes Symboles pour y continuer jusqu'à la fin des siècles l'oblation mystique et non sanglante de Votre adorable personne, pour nous y donner un avant-goût des Consolations célestes et le gage de la Félicité future.
Vous avez, Seigneur, épuisé Votre tendresse ; et nous, le dirai-je, nous avons épuisé l'ingratitude.
Qui donnera des eaux à ma tête et des fontaines de larmes à mes yeux ?
Et je pleurerai jour et nuit les effroyables sacrilèges qui ont été commis contre mon Sauveur dans le très saint Sacrement de l'Autel.
Ah ! Que mon cœur se brise de regret ; que mes entrailles se déchirent de douleur ; que ma bouche pousse des cris et des sons lugubres ; que tout retentisse de mes soupirs et de mes sanglots au seul souvenir des attentats qui Vous ont outragé, ô mon Créateur et mon Père !
Pardon, je Vous conjure, pardon pour tout ce que la malice des Juifs, la fureur des infidèles et la rage des hérétiques n’ont jamais osé contre nos plus saints Mystères ; pardon pour tous les excès incroyables qui ces années dernières ont ravagé votre Église et L'ont rassasiée de fiel et d'amertume.
Hélas, nous avons réuni dans un court espace de temps plus de forfaits et d'horreurs, qu'on n'en trouve dans toute la suite des siècles qui nous ont précédés.
Des hommes marqués du sceau de l'adoption, des hommes qui si longtemps avaient été comblés de vos Grâces et de vos Bienfaits.
Ils ont osé porter des mains impures et sacrilèges sur l'Arche Sainte, s'efforçant de La renverser et de La détruire ; ils ont dans ce Lieu saint ; ce Lieu même, préconisé l'impiété et la démence, égaré la multitude, raillé les Mystères les plus révérés et vomi d'horribles blasphèmes contre Votre saint Nom ; ils ont persécuté les Prêtres fidèles et introduit à leur place, dans le bercail épouvanté, des ministres prévaricateurs et rebelles dont les sacrifices furent autant de déicides.
Poussés par un exécrable vertige, ils n'ont rien épargné de ce qui servait à l'appareil et à la majesté de notre saint Culte.
Cieux, vous frémîtes d'horreur !
Ils ont arraché les pierres saintes et les Autels, brisé les fonts de Baptême et les Tribunaux de repentir, enlevé les ornements et les linges Sacerdotaux, déchiré les images des Saints, écrasé et mis en pièces les douces et consolantes représentations de la Glorieuse Mère de Jésus-Christ.
Ils ont, ô honte, ô crime pour lequel il n'y a pas de nom, ils ont enlevé les Vaisseaux sacrés où Vous reposiez, pour les faire servir à leurs débauches et à des profanations publiques.
L'Enfer, ô mon Dieu, s'est lui-même étonné de son propre ouvrage ; vos Anges en pleurs, poussant un long gémissement, s'éloignèrent d’un parvis et d'un Sanctuaire où jadis ils recueillaient nos prières et nos vœux pour les porter aux pieds de votre Grandeur ineffable.
Voilà donc, Seigneur, où ont abouti tant d'irrévérences et d'immodesties, tant de scandales que nous avions multipliés jusque dans nos saints Temples, et pour lesquels je viens aussi témoigner mon repentir et Vous faire une réparation authentique et solennelle.
Voilà donc les suites affreuses que nous faisions ici de l'autorité des Pasteurs et de la Parole de Dieu.
Voilà les suites de tant de froideurs et de négligences que nous apportions à Vous recevoir à la Table sainte ; de tant de Confessions nulles, de Communions sacrilèges, de tant de résistances à la Grâce et à Vos inspirations les plus Salutaires.
C'est ici qu'a commencé la trame de nos fautes ; c'est ici que nous les avons consommées.
Les yeux pleins de larmes, le cœur pénétré de douleur et le visage couvert de confusion, que chaque pécheur s'accuse en ce moment et s'écrie :
« Oui, mille et mille fois plus criminel que le disciple qui Vous a renoncé, que celui qui Vous a trahi, que ceux qui Vous abandonnèrent, que les Juifs qui demandaient que leur sang retombât sur eux et sur leurs enfants ; plus criminel, ô mon Sauveur adorable, que les bourreaux qui prolongeaient l'horreur de vos souffrances, que le voleur qui blasphémait à vos côtés ».
Oui, je me reproche toutes les douleurs et ignominies de votre Immolation.
C'est moi qui, Vous ayant attaqué sur le Trône de votre Amour, et précipité par des Communions indignes dans une demeure où le Démon était le maître, c'est moi qui par là même ai converti votre Face adorable de crachats, meurtri votre sacré Corps par une flagellation cruelle, déchiré votre divin Chef par des épines sanglantes, irrité votre Soif par le fiel et le vinaigre, enfoncé les clous qui Vous attachent, dressé l'instrument de votre supplice et crucifié de nouveau l'Auteur de la Vie.
Non, Seigneur, non, le Ciel n'a pas assez de foudres, ni l'Enfer assez de supplices pour punir dignement mes excès.
Mais désespérerai-je ?
Ce serait, ô mon Dieu, une nouvelle injure à Vos bontés et le pire des outrages.
Pour être coupable, ai-je donc cessé d'être Votre enfant ?
Et cesseriez-Vous jamais d'être mon Père ?
Mes iniquités se sont élevées et ont crû jusqu'au Ciel : votre Clémence infinie les surpasse.
Plein de confiance en Vous, j'arrose Vos pieds de mes pleurs ; je Les baise avec respect ; je Vous demande Grâce et Miséricorde.
Le flambeau à la main, je veux manifester mes hommages et mon repentir ; je veux confesser, reconnaitre et détester publiquement mes crimes.
Je parais en ce moment devant Votre redoutable Sanctuaire comme victime ; je viens recevoir le châtiment qui m'est dû.
Frappez dans le temps, ô mon Dieu ; frappez, coupez, tranchez, taillez ; épargnez-moi dans l'Éternité.
Seigneur la voix de mes iniquités crie vengeance ; mais celle du nouvel Abel, celle de votre divin Fils crie Pardon et Miséricorde.
Espérant en ses Mérites, rougi de son Sang, Vous invoquant en son Nom, ce Nom auguste auquel rien ne peut être refusé, je me tiens assuré que Vous exaucerez ma prière, que Vous remettrez nos crimes et que Vous nous rendrez les Consolations et les Bienfaits que nous avons mérité de perdre à jamais.
Redressez-Vous, saints Autels ; rouvrez-Vous, Sources et Canaux des Grâces.
Pasteurs vénérables, faites entendre la Parole Sainte ; rompez le pain aux petits qui en demandent.
Et nous tous, promettons de n'entrer dorénavant dans ce saint Temple qu'avec un tremblement religieux ; d'y assister avec un recueillement profond et d'employer le reste de nos jours à pleurer amèrement nos fautes et à les réparer par nos respects et nos adorations.
Je Vous rends dès ce moment au pied de cet Autel, ô mon Dieu, tout l'Honneur et toute la Gloire qu'une créature est capable de Vous rendre ; et je conjure tous les Anges, les Bienheureux du Ciel et tous les Fidèles de la terre de Vous honorer et glorifier avec moi pour compenser tant d'anciens outrages et sacrilèges.
Je Vous offre à Vous-même, mon divin Rédempteur, comme Hostie et Victime.
Je souhaite dans l'ardeur de mon âme et avec les plus vifs transports que Vous soyez éternellement Loué, Adoré et Glorifié d'une manière proportionnée à Votre divine Grandeur dans le très saint Sacrement de l'Autel. Ainsi soit-il.


Abbé Philibert-Augustin Lacoste (1762-1848) - « Amende honorable au jour de la réconciliation solennelle d'une Paroisse » dans la Collection intégrale et universelle des Orateurs sacrés de Jacques-Paul Migne, tome 99, pages 1208-1210, aux Ateliers Catholiques, 1866

Voir également de M. l’Abbé Philibert-Augustin Lacoste :
- Le Discours pour Noël sur les Leçons que nous donne la Crèche « Naissez en moi, ô divin Jésus, imprimez en moi les Trois Leçons que me fait votre Crèche » de l’Abbé Lacoste
- Le Discours de l'Épiphanie sur la Manifestation de Notre-Seigneur « Appelés à la Gloire, rois futurs, montrons-nous dignes de nos hautes destinées » de l’Abbé Lacoste
- Le Discours de l'Ascension sur le Bonheur du Ciel « Fuyez terre, taisez-vous mes sens, je m'élance au Ciel et j'anticipe sur l'Éternité » de l’Abbé Lacoste
- Le Discours de la Pentecôte sur les Effets du Saint-Esprit « Ô Grâce de mon Dieu, que ne pouvez-Vous pas produire en nous ! » de l’Abbé Lacoste
- Le Discours sur nos rapports avec la Sainte Trinité « Un Dieu en Trois Personnes, Père, Fils, et Saint-Esprit » de l’Abbé Lacoste
- Le Discours sur la Salutation Angélique « Ave, Maria, gratia plena » de l’Abbé Lacoste
- La Prière sur la Première Communion « Ô Solennité à jamais mémorable que je n'oublierai de ma vie » de l’Abbé Lacoste
- La Prière sur le Sacrifice du Christ le Vendredi Saint « Ô divin Réparateur, triomphez de mes fautes par votre Grâce » de l’Abbé Lacoste
- La Prière contre les tentations « Ô mon Dieu, enflammez mon cœur de Votre saint Amour » de l’Abbé Lacoste
- La Prière pour ne pas succomber aux tentations « Vous serez, ô mon Dieu, toujours à ma droite pour repousser le Démon » de l’Abbé Lacoste
- La Prière de Contrition « Ô mon Dieu, donnez-moi une douleur de mes fautes qui naisse du fond de mon cœur » de l’Abbé Lacoste
- La Prière de Repentance « Mes plus belles années, ô mon Dieu, je les ai perdues en ne Vous les consacrant pas » de l’Abbé Lacoste
- La Prière de Réparation des sacrilèges et blasphèmes dans une Paroisse « Voilà, Seigneur, où ont abouti tant d'irrévérences et d'immodesties pour lesquels je viens Vous faire une Réparation authentique et solennelle » de l’Abbé Lacoste